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Le problème ferroviaire

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Voyage en classe à faire !

Il faut remonter le temps pour comprendre le cœur des difficultés du moment entre nos bons cheminots et les lycéens et étudiants sans entrain au moment de passer leurs examens. Tout est venu de la suppression des problèmes épineux et indigestes que l'on assénait aux valeureux candidats du Certificat de fin d'étude. Leur disparition a provoqué une rancune durable et tenace de la part des hommes du rail pour ceux de la classe.

Ce n'est d'ailleurs pas la première ni même la seconde fois que surgit, au moment des examens, ce serpent de mer des grèves ferroviaires. Tout est parti d'une terrible incompréhension ! « Pourquoi l'éducation nationale a-t-elle supprimé les trains qui se croisent et qui refusent d'arriver à l'heure ? Par mesure de rétorsion, les roulants préfèrent désormais se croiser les bras quand vient le bac.

Il y maintenant de l'électricité dans l'air entre les usagers et les professionnels du chemin de fer. La pression étant montée au fil des années, il y eut jadis de l'eau dans le gaz, la vapeur finit par exploser. Les grandes vitesses du moment n'arrangent rien à ce conflit dramatique entre les poseurs de rails et ceux qui s'en font un petit afin de supporter le stress.

Le gouvernement refusant de mettre les pendules à l'heure et l'éducation nationale n'acceptant pour une fois, aucun retard, la machine s'emballe et le risque est grand de voir dérailler tout ce joli monde. Le train qui a toujours été la locomotive du service public, risque de rester à quai, d'autant que désormais ceux-ci manquent de largeur.

À l'heure de chercher des responsabilités au marasme actuel, nous ne pouvons ignorer une hypothèse qui a échappé aux usagers à pied. Les professeurs, de plus en plus dépourvu devant leurs jeunes passagers, se sont vus interdits de leur donner des lignes. Les cheminots, par solidarité inter-professionnelle ont pris au pied de la lettre cette mesure. Comment sérieusement le leur reprocher ?

Du quai à la grève, il y a forcément quelques grains de sable qui viennent enrayer les rouages de la paix sociale et de la quiétude scolaire. Pour les candidats sans transport, les vacances seront avancées de quelques jours sans, pour une fois, les transporter de joie. Le chef de gare devrait se garder de s'en réjouir, s'il agite son drapeau rouge, ce sont bien des jeunes taureaux furieux qui risquent de l'encorner.

J'avoue ne pas tout saisir au mouvement du moment. Je fais seulement le constat suivant : des jeunes gens que de mauvaises langues prétendent de plus en plus sans bagages, ne peuvent pas se rendre à l'épreuve qui démentirait cette affirmation calomnieuse. Ils ont laissé à la consigne leurs espoirs et regardent passer le train de la croissance. Il y a de quoi s'énerver.

Le cheminot quant à lui ne reconnaît plus sa maison. Elle s'est perdue en chemin abandonnant les grands principes d'égalité devant le service et les prix qui prévalaient jadis dans cette belle étoile ferrée. Celui qui cherche sa voie ne peut même plus consulter les horaires ; ils sont devenus si complexes que les retraités y perdre leur entrain. Le train ne passe plus partout et surtout n'arrive plus jamais à l'heure ; seul le TGV conserve encore ce privilège.

Il n'y a plus de garde-barrière pour laisser passer les moutons qu'il faut tondre en leur proposant des tarifs toujours plus élevés. Le passage à niveau se referme pour les plus humbles, le train ne fait de l'œil qu'aux voyageurs d'affaires. Les écoliers et les travailleurs de nos banlieues ont en effet remplacé les bidasses d'antan dans l'occupation des couloirs surchargés.

Tout cela manque vraiment de classe. De là à interférer sur le passage du bac, par esprit mesquin de jalousie entre le rail et le fluvial, il y a un pas qui ne saurait être franchi. Je suis certain que nos amis cheminots vont aiguiller convenablement nos chers futurs bacheliers. Il faut sortir de l'ornière, refuser de rester sur le ballast et aller de l'avant en bonne intelligence.

Il est grand temps de remettre les convois sur les rails, de siffler la fin de cette comédie qui tourne en eau de boudin. Je tire le signal d'alarme pour que le ticket demeure valable au-delà de cette limite qu'il ne convient pas de dépasser. Le wagon de queue de poisson doit se remettre en marche. Nos jeunes ont besoin de contrôleurs pour se rendre auprès de leurs examinateurs. C'est un curieux clin d'œil des mots et qu'importe si les peaux de vache regardent passer les trains avec des airs méprisants ! La continuité du service passe par là, il n'est plus temps d'obstruer la voie ferrée !

Ferroviairement vôtre.


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2 réactions à cet article    


  • bnosec bnosec 19 juin 2014 12:41

    Le problème ferroviaire ?
    Facile : Sud Rail, CGT, FO
     smiley

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