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Accueil du site > Culture & Loisirs > Parodie > Les disques, c’est démodé, vive les billes !

Les disques, c’est démodé, vive les billes !

Histoire de caverne (épisode 5) : Je n’étais plus seul. Non seulement mon monopole de pierres « magiques » venait de s’effondrer, mais elles avaient été démodées par des disques de couleur.

Au début, je me suis dit que ce n’était pas si grave. Pourquoi ne pas laisser cohabiter mes pierres et ses disques ? Le monde était vaste – on comptait au dernier recensement 2327 cavernes –, largement assez grand pour nous deux.

Mais Johnny était trop ambitieux, et je voyais qu’il voulait tout pour lui. Dernière alerte : le devin, mon ami de toujours, venait de passer des pierres aux disques. Les conséquences étaient sérieuses : le devin était un leader d’opinion, il avait largement contribué à la dimension magique de mes pierres, son business propre et via ses franchisés représentait plus de 1000 pierres par mois. Son départ était une catastrophe, non une trahison !

Il fallait que je fasse quelque chose ou j’allais disparaître.

La peur me rendit créatif et, après avoir inventé l’arithmétique sans m’en être rendu compte, j’inventais le marketing en réalisant la première étude de marché comparative. L’étude fut menée par mon fils et 10 de ses amis. Elle porta sur un échantillon représentatif – je ne savais ce que voulais dire représentatif, mais cela sonnait bien – de 50 cavernes.

Les résultats m’amenèrent à prendre les décisions suivantes :

1. Il avait joué les femmes, j’allais jouer les enfants.

2. Son idée de couleur était incontournable, d’ailleurs comment avais-je pu ne pas y penser le premier.

3. Au lieu de faire des disques qui plaisaient aux femmes, j’allais lancer des pierres polies pour qu’elles roulent facilement et petites pour tenir dans toutes les poches.

4. Mon fils Thomas, lui qui aimait tellement jouer avec ces pierres (voir l’épisode précédent), allait lancer la mode chez ses copains : on pouvait jouer à faire rouler ces pierres.

Restait à trouver un nom à ces pierres. Je ne sais pas ce qui me prit, mais un nom qui ne voulait rien dire me vint à l’esprit : bille.

« Allez, va pour bille, pensai-je »

Une semaine plus tard, je lançais sur le marché ma collection de billes. Pour les couleurs, j’avais fait simple, j’avais repris le code de Johnny. Pour la valeur, la parité : un bille = un disque de la même couleur. Ce qui fut le plus difficile ce fut de retirer toutes les pierres en circulation. Pour accélérer l’échange, je m’étais appuyé sur l’équipe qui avait fait l’étude.

Un mois plus tard, le succès était là : les billes supplantaient les disques. Je regagnais des parts de marché et le devin était revenu chez moi. Tout allait bien. Ma divinité retrouvait sa suprématie un moment contesté.

Pour preuve, je venais d’apprendre que Johnny n’arrêtait pas de racheter des pierres. Selon mes calculs, il était même de loin le plus gros détenteur de pierres, peut-être même devant moi. Un comble !

Mais comme je contrôlais l’émission des pierres, je n’avais rien à craindre. Pourtant, je ne pouvais m’empêcher de trouver bizarre sa volonté d’accroître sans cesse son stock de pierres…

(à suivre)


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1 réactions à cet article    


  • L'enfoiré L’enfoiré 13 juillet 2009 14:31

    @L’auteur,
     J’ai connu l’épisode « billes ».
     Combien de fois y ai-je joué dans la cours de l’école ?
     Faire sauter les billes des autres hors des carrés dessinés sur le sol pour gagner la partie des autres, je me défendais pas mal.
     Cela a suivi d’ailleurs mes fleurs en papier qui se trouvaient dans l’épisode précédent.
     Comme quoi tout est une question d’époque.

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