Philippe Val.
Philippe Val, donc.
Philippe Val, enfin, puisqu’il s’agit de lui.
Philippe Val, contre tous les intégrismes, contre la bêtise bien -pensante. Philippe Val, à la plume acérée, au regard clair, qui osa, un jour où il faisait sombre, se dresser, tel un nouveau Voltaire, face à l’hydre verte qui menaçait de placer nos libertés sous l’éteignoir après avoir fait couler tant de sang de New York à Jérusalem en passant par Madrid, qui se dressa, donc, et cria, non, hurla ces paroles fortes : « Non, vous ne nous empêcherez pas ! Vos menaces n’y feront rien ! Il ne sera pas dit que, seule des trois grandes religions du livre, l’islam échappera à la critique nécessaire et à l’âcre caricature ».
Philippe Val, c’est toi aussi (tu me passeras le « tu », mais comme le disait celui qui, à n’en pas douter, serait aujourd’hui à tes côtés dans la tourmente, le grand Prévert, pour ne pas le nommer, « je dis tu à tous ceux que j’aime ») qui osa, avec moi et quelques autres, briser le silence et l’indifférence médiatique qui recouvraient le sort d’un homme dont le seul « crime » était d’avoir osé appliquer au Coran le même traitement que celui qui est réservé tous les jours à la Torah ou à l’Evangile. Un homme qui, du jour au lendemain, s’était vu traqué, pourchassé, menacé de mort, contraint de quitter son métier et de se terrer à domicile, abandonné de tous et qui, comble d’ignominie !, dut aussi subir les attaques de salopards qui prétendaient discuter le contenu de son texte, en inventant pour l’occasion un nouveau concept : la « liberté d’expression conditionnelle » (sic !) Cet homme, donc, tu lui tendis une main secourable, l’arrachant de l’abîme où il se noyait, avant de t’écrier : « Non, nous n’oublierons pas Redeker ».
Cet homme, cet esprit libre donc, pour reprendre une expression quelque peu galvaudée mais qui lui correspond pourtant si bien, est aujourd’hui la proie d’un véritable lynchage médiatique, d’une campagne de presse haineuse, digne de la pire presse antisémite des années 30 (on pense ici naturellement à la campagne contre Roger Salengro qui aboutit au suicide du ministre…). Son « crime » ? N’avoir pas supporté que, dans son journal, on puisse affirmer impunément que Juifs=Réussite sociale=Argent, cette équation ignominieuse de l’antisémitisme « ordinaire », celle-là même qui conduisit le jeune Ilan Halimi à la mort. Haine des Juifs et d’Israël, racisme anti-riches, antisionisme de bon ton, mais qui ne trompe personne sur sa véritable cible, on aura évidement reconnu là le cocktail ordinaire de l’islamo-gauchisme radical.
Face à cette ignominie, la réaction de Philippe Val, il faut avoir le courage de le dire, a été bonne. Plus que ça, elle a été juste, elle a été saine, elle a surtout été, et j’insiste sur ce terme, courageuse. Bravant le dogme qui voudrait qu’aujourd’hui tout puisse être dit, tout doive être toléré, il a répliqué très clairement : « Non, tout ne doit pas être dit, tout ne peut pas être dit ! La liberté d’expression elle-même doit avoir des bornes ».
La réaction ne s’est pas fait attendre. Les islamo-gauchistes ont trouvé là une occasion de revanche et une manière de lever l’offense juridique faite aux « frères » de l’UOIF. « On aura ta peau, crient-ils, ce que ni nos menaces ni nos procès n’auront réussi à obtenir, nous l’obtiendrons par le chantage et la pression médiatique ». Dans les années 40, on vidait les facultés et la fonction publique de leurs juifs et on rêvait d’« aryanniser » la presse. Aujourd’hui, certains rêvent de rééditer le coup : la Sainte-Alliance d’un antiaméricanisme radical, virant très vite à l’antisémitisme, et d’une gauche archaïque, ivre de grands soirs totalitaires et de petits matins bruns, sans Grand Capital et de préférence, bien sûr, sans Juifs (« L’émancipation sociale du Juif, c’est l’émancipation de la société du judaïsme », disait déjà Karl Marx), tente aujourd’hui d’éliminer l’un des derniers symboles de la liberté et de l’esprit des Lumières du paysage médiatique français. Nous ne pouvons, nous ne devons pas laisser faire ! Philippe Val doit recevoir tout notre soutien : il ne faut pas laisser Siné imposer plus longtemps sa tyrannie.

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