• AgoraVox sur Twitter
  • RSS
  • Agoravox TV
  • Agoravox Mobile

Accueil du site > Culture & Loisirs > Parodie > Pont du Maréchal Pétanque, ou les arcanes de l’odonymie**

Pont du Maréchal Pétanque, ou les arcanes de l’odonymie**

Vue satyrique sur une archétypique polémique. Le pont, dont l’inauguration est prévue samedi, devait s’appeler « Pont de l’Europe ». Le nom faisait l’unanimité, d’autant qu’il relie, enjambant la Saône, l’Ancienne France aux anciennes terres d’Empire.. L’unanimité, oui.. jusqu’à ce qu’un élucule local rescapé des reliefs de la sub-gauche nostalgique, histoire de contrer les éclectiques raisons des troupes de Zébulon majoritaires en la circonscription, élucubre une idée lumineuse et rassembleuse : le pont s’appellera François Mitrand (comme disait de Gaulle).. Effervescence dans le canton ! Pagaille dans les rangs ! Emois dans les chaumières umpières..

D’aucuns se récrièrent : tant qu’à servir en loucedé - ou sans en avoir conscience - les fantômes de l’époque de vichy, tout en conservant l’essentiel de ce qu’exige l’esprit moderne, très-attaché à la ludicité, pourquoi ne pas baptiser le nouvel ouvrage "Pont Maréchal Pétanque ? L’idée est d’autant plus judicieuse que, sept jours après, la petite ville chef-lieu accueillera "Le Mondial de boules" (voir illustration - citation graphique du Journal de Saône-et-Loire, avec nos remerciements). D’autres proposèrent, comme alternative, "Pont Tonton", moins marqué politiquement, plus convivial comme dit la télévision. D’autres encore, en accord avec l’essentiel des aspirations véhiculées par l’élucule local rescapé, mais plus ouverts syncrétiquement aux notions de famille et de Patrie, avancèrent une trouvaille : "Pont Maréchal Lebeauf". Mémoire du temps où Monsieur Mitrand grimpait vaillamment la croupe de Solutré, toute proche, en famille, avec Roger, juste avant d’aller se restaurer.. Mémoire d’un temps où ne manquait pas un coup de fourchette dans l’exercice du pouvoir..

Toponymie miroir de l’histoire

L’attribution de noms aux objets de l’espace géographique façonné par l’homme n’en finit pas de poser questions et problèmes, en tous pays, en tous temps. Le pouvoir de nommer est un pouvoir supérieur qui conjugue ceux attachés au juridique, aux idéologies dominantes, à la volonté collective, au droit coutumier, aux usages et conventions de pensées, à l’exercice de l’interdit. Il en résulte qu’en premier lieu la toponymie, comme l’histoire, signe l’image des vainqueurs, des puissants du moment. Dés octobre 1870, à Metz, sans "consultation démocratique", Place de la Poste et Place de la Gare deviennent Bahnhofsplatz und Hauptpostamtsplatz.. Trafalgar Square et Waterloo, en Angleterre, illustrent parfaitement le propos. Manhattan, York, Nouvelle Orange, Petersbourg, Petrograd, Leningrad témoignent des aléas de l’histoire. A Munich, tout un quartier s’appelle en allemand "Franzosenviertel", le quartier des Français. Rien à voir avec l’origine de ses habitants.. Tous les noms de rues ou de places renvoient aux batailles de la guerre Franco-Prussienne : Metzstraße, Sedanstraße, Gravelottestraße, Belfortstraße, Lothringerstraße, Elsässerstraße, Orleansstraße, Pariserstraße, Pariserplatz... Dans le sillage des armées alliées en 44, de la Normandie à l’Allemagne, on ne compte plus les rues, places ou boulevards rebaptisés : XXème Corps américain, Patton*, Eisenhower, 2ème DB, Leclerc de Hautecloque.. Le nombre de Adolf Hitler Platz est conséquent en Europe jusqu’en 44. Aujourd’hui plus une. Mais on trouve ça et là du Joseph Staline. Subtile hiérarchie dans la malédiction.

Peut-on donner à un Lycée le nom d’un auteur maudit ?

Philippe Juvin, maire de la Garennes-Colombes, avait exprimé l’intention de baptiser un nouveau collège "Kleber Haedens".. En octobre 2008, Rue89 écrivait : "L’écrivain Kléber Haedens aura un collège à son nom à la Garenne-Colombes dans les Hauts-de-Seine (92). Le conseil général, à majorité UMP, a voté pour ce choix de Philippe Juvin, maire UMP de la ville". Entre temps, huit recours en annulation ont été déposés au tribunal administratif de Versailles, par des enseignants et des parents d’élèves de ce futur collège. Le jour de la pose de la première pierre du collège, en novembre 2008, des dizaines de personnes, élus locaux MoDem et PS en tête, avaient manifesté pour dénoncer la décision. Les établissement portant le nom d’écrivains comme Georges Bernanos, Maurice Blanchot, Maurice Barrès, Paul Déroulède devront-ils un jour être débaptisés ? Pour Paul Déroulède, il suffira de revenir à l’usage populaire d’antan : Place des Roulettes, collège des Roulettes.. Dans la même logique, on pourra fort placidement utiliser le beau nom Louis-Ferdinand Céline Dion. Espièglerie en Alsace : la rue principale de Mulhouse qui s’appelle la rue du Sauvage fut rebaptisée quelques jours Adolf-Hitler-Straße.

Toponymie et organisation sociale

Si vous habitez Avenue Pierre Premier de Serbie, ou Avenue Général de Gaulle, quelques fragments de la puissance et de la célébrité des personnages viendront naturellement colorer votre statut social et votre identité, même aux yeux des moins informés. Tollé général s’il venait à l’idée d’un élu courte-vue de vous déposséder de cet avantage en rebaptisant la rue en "Commandant Massoud" ou "Sœur Theresa".. Nous sommes ici au niveau des constatations ou des suppositions bien évidemment, pas des opinions ou prises de position. Maintenant, si vous habitez rue des Bégonias Bâtiment B entrée 2, la négligence des Pouvoirs Publics face à la question des noms vous marquera, à tort bien évidemment, mais vous marquera quand-même, "France d’en bas". La négligence des Pouvoirs Publics peut ainsi désigner avec légèreté une foule de gens pour aller remplir ce que Ricœur appelait les "poubelles de l’Histoire".. Rien d’innocent donc à l’attribution d’un nom, la puissance symbolique expliquant la force de la polémique. Des exemples sont pourtant là pour témoigner de toutes les bonnes intentions, de l’intelligence et de la sensibilité d’élus confronté à ce type de problèmes ardus. Il en existe des milliers en France. Mais il me vient à l’esprit ce si curieux Quartier Vauban à Fribourg-en-Brisgau, qu’on pourrait qualifier de populaire, qui offre le modèle d’une réalisation écologique et sociale exemplaire, avant-gardiste. Vauban a conservé son nom, alors qu’il pouvait y avoir mille raison d’en changer. Les rues s’appellent Marie Curie, "Lise Meitner", célèbre physicienne et chimiste nucléaire autrichienne, Walter Gropius, architecte, designer et urbaniste allemand, fondateur du Bauhaus, "Clara Immerwahr"* célèbre chimiste, Astrid Lindgren.. Verra-t-on un jour une impasse Sarkozy en souvenir du Grand Homme dans le Grand Paris ?

Et notre pont alors ? Pont François Mitterrand ? Pont de l’Europe ?

Pont de l’Europe, tout le monde était d’accord.

 

** Un odonyme peut aussi bien être le nom d’une rue, d’une route, d’un pont, d’un chemin.. Le terme odonyme vient du grec hodos (« la route »)

* Bel exemple cependant de la complexité de la question et des dangers d’envers de décor dans l’attribution d’un nom : "Clara Immerwahr has since the 1970s been inextricably connected with the history of weapons of mass destruction.."

* Idem. Patton aurait écrit : « The more I see of Arabs the less I think of them. By having studied them a good deal I have found out the trouble. They are the mixture of all the bad races on earth.. En revanche, toutes les citations d’Eisenhower forcent le respect et l’admiration. http://en.wikiquote.org/wiki/Eisenhower

On peut encore voir l’ancienne plaque « Place Louis XVI » à l’angle de la rue Boissy d’Anglas et de la Place de la Concorde.

http://www.naturconcept-eco.de/angebotsseite/fuehrung-f.html : de la Caserne au Quartier modèle

http://www.gestiondifferenciee.org/spip.php?article117

Voir l’excellente étude de Jean Loicq, Professeur émérite de l’Université de Liège, Membre de la Commission royale de Toponymie et de Dialectologie : « La toponymie ou science des noms de lieux » http://bcs.fltr.ucl.ac.be/fe/05/toponymie.html ainsi que http://fr.wikipedia.org/wiki/Odonymie


Moyenne des avis sur cet article :  3.86/5   (7 votes)




Réagissez à l'article

14 réactions à cet article    


  • Lapa Lapa 11 septembre 2009 12:39

    qui sait ? n’oublions la malédiction présidentielle. Toute nouveauté baptisée d’un nom d’ancien président de la Vème se trouve couverte de problèmes :
    le porte avions Charles de Gaulle, l’hôpital G.Pompidou, la Bibliothèque François Mitterrand...


    Cette polémique mise à part, votre article est rafraichissant. Les noms de rue indiquaient souvent la tendance municipale du coin (en gros le stade Youri Gagarine à côté de l’avenue Lénine pas loin de la place Robespierre signalait rarement un coin huppé). j’ai quand même la nostalgie des ru d’antan ; simples et efficaces :
    rue des coordoniers, rue croix des teinturiers... rue des juifs (celle là ne passerait plus le politiquement correct)... pourquoi vouloir toujours mettre le nom d’un Homme, qui de toute façon aura bien des casseroles au cul....


  • Montagnais Montagnais 11 septembre 2009 13:04

    Bah.. J’ai pris la peine de préciser : vue satyrique.. Humour qui peut paraitre certes inélégant, un peu gras et copieux.. comme les repas qu’on faisait à La Grange du Bois autrefois.

    En fait, un petit événement local qui donne l’occasion, en ce jour de préparation d’inauguration, d’étudier quelques éléments de toponymie. Sans prise de positions politiques.

    Quant à l’ancien Président, unanimement, on le préfère à celui de maintenant.. L’Histoire devrait confirmer. Mais je vois déjà se pointer l’essaim de commentateurs stipendiés pour donner la chasse..

    On attend surtout des info’s sur de semblables désaccords autour d’un nom, qui seraient en cours.


  • CAMBRONNE CAMBRONNE 11 septembre 2009 19:13

    SALUT FURTIF

    Merci pour ce lien , mais vous faites dans le sommaire en accusant monsieur Thiers de tous les morts de la commune car je pense que c’est d’eux que vous voulez parler .

    L’histoire de la commune et le partage des responsabilités mérite mieux de votre part .

    Certes le père Thiers n’y est pas allé avec le dos de la cuillère mais .............

    Bien à vous


  • Fan de Caster Semenya Fan de Caster Semenya 11 septembre 2009 19:16

    Heu, le dernier pont en date à Bordeaux est le Pont François Mitterand, et il n’a aucun problème, celui là.


  • ASINUS 12 septembre 2009 10:03

    yep Cambronne je vous concede les degats colateraux de la fureur populaire, reste que des Galiffet massacrerent si volontiers que l on peut se demander si la honte de la dérouillée de 70 n y est pas pour beaucoup !


  • Montagnais Montagnais 14 septembre 2009 23:38

    Là, il s’agit bien d’un point de vue satyrique à proprement parler, relatif au satyre, cornu, à pieds de bouc.. http://photomaniak.com/upload/out.php/i518999_Thiers1.jpg .. ça en fait des byères !


  • BRUDEL BRUDEL 11 septembre 2009 13:27

    Et pourquoi pas Pont : « Ponlame »


    • SANDRO FERRETTI SANDRO 11 septembre 2009 15:08

      Attiré par les leurres en forme d’appel metonimiques du titre, j’ai cru à un article venu de Vergèze.
      Mais non, on y cause gaudriolesques politicailleries fluviales, c’est donc du sérieux.
      A propos de pont, vous étes trop politiquement correct. On aurait pu l’apeller Pont Destouches

      « De loin, le remorqueur a sifflé ; son appel a passé le pont, encore une arche, une autre, l’écluse, un autre pont, loin, plus loin... Il appelait vers lui toutes les péniches du fleuve toutes, et la ville entière, et le ciel et la campagne, et nous, tout qu’il emmenait, la Seine aussi, tout, qu’on n’en parle plus.  »

      Le reste est littérature, sans doute.


      • moebius 11 septembre 2009 21:48

        hi ! hi !


        • ASINUS 12 septembre 2009 10:08

          @Montagnais
          article plaisant à lire , personnellement j ai la chance de travailler dans une rue a mon nom, las pas d hommes politiques ni de sabreurs celebres juste un faiencier de son état.
          Sinon pour le pont il me semble que les bateliers de cette regions usaient des termes
          rive empire ou rive royaume reference a charles quint ,
          pourquoi nos doctes barbons n ont ils pas chercher de ce coté plutot qu un enieme
          ediffice a la gloire de celui qui fut certainement un des derniers « rois de France »




          • Montagnais Montagnais 12 septembre 2009 10:46

            Bien vu les comments. Evidemment qu’une référence historique lointaine, et d’ampleur, aurait satisfait tout le monde. On ne recommanderait cependant pas « Pont du Saint-Empire Germanique »..

            Pour le projet Sarkozy lancé par renève :

            Rue de la Râpe, rue des Veaux à Strasbourg

            Rue des minimes, rue Mabille à Metz

            Rue du petit bourgeois à Nancy


            • yves avranches 13 septembre 2009 22:52

              Pourquoi associez-vous « Georges Bernanos », « Maurice Blanchot », « Maurice Barrès », « Paul Déroulède » en posant la question de savoir si des établissements portant leur nom devraient être débaptisés ? Qu’est-ce ces auteurs sont supposés avoir en commun ? S’agit-il de leur origine politique en lien avec une droite dite nationaliste, comme celle de l’action française ? Savez-vous que de Gaulle, ainsi qu’un grand nombre de résistants, et Mitterrand lui-même, étaient, plus ou moins, issus de cette tendance nationaliste, au moins dans leurs contextes familiaux, et souvent dans leurs convictions personnelles ? Par la suite, la monstruosité nazie, la 2nde guerre mondiale, la collaboration du régime de Vichy, et les positions des uns et des autres en faveur du fascisme, du nazisme, ou de la résistance ont pour ainsi dire clarifié la donne... Pour ce qui concerne Bernanos, je vous renvoie au blog de Jean Daniel, du « Nouvel Observateur », et à son article « de toute son âme » (publié le 9 septembre), non pour l’article en lui même, sans intérêt majeur, mais pour les réactions qui suivent, elles-mêmes beaucoup plus instructives. On y trouve ainsi un texte, très éclairant, sur Bernanos, précisément en réponse à un débat sur le fait de débaptiser ou non un collège portant, lui, le nom de Klebber Haedens. Bernanos fut sans doute l’un des plus ardents défenseurs de la liberté, et ses engagements au moment de la guerre d’Espagne et plus tard auprès de la France libre sont là pour en attester. Encore faut-il le lire... Bernanos s’est d’ailleurs, pour ainsi dire, « libéré de l’action française », avec fracas, en 1932. Plus tard, l’extrême droite ne lui pardonnera jamais d’avoir écrit « les grands cimetière sous la lune », dans lesquels il stigmatise avec violence les horreurs du franquisme et la collaboration de l’église espagnole avec celui-ci. Dès le début de la guerre, il est résistant. Maurras, lui, voit en Pétain une « divine surprise »... Reprocher à Bernanos ses origines politiques, c’est un peu comme si on reprochait à Malraux d’avoir été communiste dans sa jeunesse. Même B.H.L, ce scribouillard de pacotille , a fini par reconnaître en lui un homme qui fit « honneur à la France » - ce qui prouve qu’il ne faut désespérer de rien et que seuls les imbéciles de changent pas d’avis. De plus, la voix de Bernanos est de plus en plus en actuelle (voir, notamment, « La France contre les robots ») pour qui se donne la peine de le découvrir. On a dit trop de choses injustes sur cet auteur, dont Albert Camus disait « Cet écrivain de race mérite le respect de tous les hommes libres ».


              • Montagnais Montagnais 14 septembre 2009 16:08

                .. Mais je vous suis Commentateur avisé, je vous suis parfaitement ! .. Excellente intervention si je peux me permettre.

                Vous dites « ..sur le fait de débaptiser ou non un collège portant, lui, le nom de Klebber Haedens. ». Ben.. l’article l’évoque, ce fait, justement, voir supra.

                Quand à Bernanos, et les autres mêmes, cités, vous seriez bien le seul à ne pas avoir noté le grain de provocation que j’ai mis dans la sauce.. Le brin d’ironie et de nième degré..

                Avouez ! Pour la pensée conventionnée fabriquée par l’industrie médiatique, qui règne sans partage dans les ménages, prompte au jugement hâtif et définitif, forte de sa bonne conscience bon marché, Bernanos pourrait-être classé très-mauvais :

                "Catholique fervent, nationaliste et monarchiste passionné, il milite très jeune dans les rangs de l’Action française en participant aux activités des Camelots du roi pendant ses études de lettres, puis à la tête du journal L’Avant-Garde de Normandie jusqu’à la Grande guerre.« 

                Tiens, je me signe rien qu’à penser que Chapoutier pourrait débarquer..

                Florilège d’excellentes citations pour un penseur supérieur :

                http://www.dicocitations.com/auteur/447/Georges_Bernanos.php

                Dont celle-ci, dont la vérité se confirme en tous lieux et en tous temps :

                 »Ce qui rend la corruption, ou même la simple médiocrité des élites, si funeste, c’est la solidarité qui lie entre eux tous leurs membres, corrompus ou non corrompus, dans la défense du prestige commun.« 

                Z’auraient vraiment tiré la gueule rongé leur frein les zélus inaugurant le Pont Bernanos à qui on aurait tenu ce genre de discours au porte-voix, en public, à la tête de leur clientèle invitée à se repaître..

                Quant à BHV l’imposteur, il écrit : La raison du truqueur est toujours la meilleure. Il sait de quoi il parle, lui, le »philosophe, essayiste et romancier français connu comme chef de file du groupe des nouveaux philosophes et comme intellectuel"..

                Putain ! Les mots ont plus de sens..


                • Montagnais Montagnais 14 septembre 2009 16:10

                  Ce qui rend la corruption, ou même la simple médiocrité des élites, si funeste, c’est la solidarité qui lie entre eux tous leurs membres, corrompus ou non corrompus, dans la défense du prestige commun

                  Georges Bernanos

Ajouter une réaction

Pour réagir, identifiez-vous avec votre login / mot de passe, en haut à droite de cette page

Si vous n'avez pas de login / mot de passe, vous devez vous inscrire ici.


FAIRE UN DON









Palmarès