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Accueil du site > Culture & Loisirs > Parodie > Sarkozy, la légende du siècle ?

Sarkozy, la légende du siècle ?

"Le seul dirigeant révolutionnaire c’est Sarkozy, qui va conduire en ce XXIe siècle la révolution citoyenne qui rendra la République au peuple" (Roger Karoutchi). Le 20 octobre 2008, de retour de Camp David où il vient de rencontrer George W. Bush, Sarkozy s’exclame : "J’ai réussi le coup du siècle !" Nul doute, Sarkozy veut entrer dans l’Histoire. Mais il ne suffit pas de proclamer que l’on va marquer le siècle pour que cela marche...

Empressons nous de préciser que le fameux "coup du siècle" se résume à l’obtention d’une réunion du G10. L’emphase a accouché d’une souris, tout comme pour les Grenelle, la croissance avec les dents, la fin annoncée du capitalisme financier, et les déclarations bourrées de prétention du type "Je veux si je suis élu, président de la République, que d’ici deux ans plus personne ne soit obligé de dormir sur le trottoir."

Doit-on croire davantage le chef de l’Etat lorsqu’il déclare, à la manière d’un Malraux, "le 21e siècle sera religieux" ? ("Un des défis (du 21e siècle) est celui des conditions du retour du religieux dans la plupart de nos sociétés", déclare Sarkozy en janvier 2008).

Quand Sarkozy se voit en homme de l’avenir avec plusieurs distances d’avance, d’autres le comparent plutôt à des hommes du XIXème siècle.

Il en est ainsi du blog "L’air de Paris" qui le compare à Adolphe Thiers :

La petite taille (Thiers mesurait 1 mètre 55), les tics nerveux (ses "tics du bras et du buste")

L’égocentrisme : "Tout part de sa personne, tout y revient aboutir", notait un commentateur de l’époque cité par Georges Valance, auteur de "Thiers, bourgeois et révolutionnaire" (Flammarion, 2007)

Sa monopolisation du discours et son inaptitude à l’échange : "Quand M. Thiers parle, aucun autre homme ne peut placer un mot".

Sa recherche de l’adulation des foules et son souci permanent d’être le point de mire de tout le monde : L’entourage de Thiers devait "beaucoup écouter, toujours approuver, admirer même le plus possible".

Pour le reste, on sait que Thiers dut réprimer la Commune dans le sang avant de livrer le pays à l’Ennemi. Pour le premier danger, Sarkozy s’est pour l’instant contenté de s’en prendre à Mai 68 qu’il veut "liquider" et d’arrêter des suspects de l’ultra-gauche vite accusés par l’Exécutif d’être à l’origine d’un mini attentat contre la SNCF. Pour le second danger, en dépit d’une fusion du sarkozisme avec l’atlantisme et l’Amérique de Bush, malgré l’obamania, le peuple français ne dit pas encore "Nous sommes tous Américains !"
 
Mais depuis quelque temps circule sur Internet un texte de Victor Hugo d’une incroyable acuité et d’une impressionnante actualité :

Que peut-il ? Tout. Qu’a-t-il fait ? Rien.

Avec cette pleine puissance, en huit mois un homme de génie eût changé la face de la France, de l’Europe peut-être. Seulement voilà, il a pris la France et n’en sait rien faire. Dieu sait pourtant que le Président se démène : il fait rage, il touche à tout, il court après les projets ; ne pouvant créer, il décrète ; il cherche à donner le change sur sa nullité ; c’est le mouvement perpétuel ; mais, hélas ! Cette roue tourne à vide. L’homme qui, après sa prise du pouvoir a épousé une princesse étrangère est un carriériste avantageux. Il aime la gloriole, les paillettes, les grands mots, ce qui sonne, ce qui brille, toutes les verroteries du pouvoir. Il a pour lui l’argent, l’agio, la banque, la Bourse, le coffre-fort. Il a des caprices, il faut qu’il les satisfasse. Quand on mesure l’homme et qu’on le trouve si petit et qu’ensuite on mesure le succès et qu’on le trouve énorme, il est impossible que l’esprit n’éprouve pas quelque surprise. On y ajoutera le cynisme car, la France, il la foule aux pieds, lui rit au nez, la brave, la nie, l’insulte et la bafoue Triste spectacle que celui du galop, à travers l’absurde, d’un homme médiocre échappé.

(Victor HUGO, dans "Napoléon, le petit", réédité chez Actes Sud)

Que changer à ce texte ? Rien ! Il est tellement éloquent. Sauf...
Sauf peut-être le début, en inversant : "Que peut-il ? Rien. Qu’a-t-il fait ? Tout." Avec la mondialisation, l’Europe, la dette qui prive de marges de manoeuvre financières, et la crise, Sarkozy ne peut pas faire grand chose. Mais, fort heureusement, il a pour lui le pouvoir de la communication et la quasi totalité des médias pour s’employer à nous laisser croire qu’il peut tout faire, et que toutes les bonnes idées, toutes les bonnes actions émanent de sa seule personne : "Tout est possible !". 

N.B Vous trouverez la citation de Roger Karoutchi reprise en introduction de cet article sur le blog de Jean-Luc Mélenchon.


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30 réactions à cet article    


  • La Taverne des Poètes 28 novembre 2008 10:37

    "Vous parodiez, à présent, Taverne ?

    - Je sors les armes de distraction massive..."


    • spartacus1 spartacus1 28 novembre 2008 11:30

      @l’auteur,
      Sais-tu ce qu’il fume R. Karoutchi, parce que l’effet est remarque. Déni de la réalité, hallucination, etc.


    • Napakatbra Napakatbra 28 novembre 2008 11:49

       smiley

      Du siècle, mais duquel ? ... Lire

      Victor Hugo a connu Nicolas Sarkozy ...




    • La Taverne des Poètes 28 novembre 2008 12:04

      Bien sûr, ce n’est pas parce qu’on fait un mètre cinquante-douze qu’on n’est moins apte. Bonne citation de Pierre Dac. Sarkozy devrait la méditer.


    • Gilles Gilles 28 novembre 2008 12:05

      "Le seul dirigeant révolutionnaire c’est Sarkozy, qui va conduire en ce XXIe siècle la révolution citoyenne qui rendra la République au peuple" (Roger Karoutchi).

      il y a encore des naîfs, même sarkoziaques, pour accorder le moindre crdit à ce genre de saillit léche fiontesque ?

      Quel bande de minables larbins, courtisans, léches bottes dans ce gouvernement. Comment osent-il regarder leurs enfants ensuite ? Aucune honte, prête à toute le s bassesses pour exister aux yeux de leur Maitre

      Mais Karotuchi veut la présidence de l’île de France, contre Pécresse, la harpie
      ...du coup il en rajoute, mais est ce que ça plaira au Chef ?


    • geko 28 novembre 2008 11:42

      J’espère que la comparaison s’arrête là Taverne !

      Parceque Napoléon c’est aussi entre 500 000 et 700 000 morts sur les champs de bataille. Mais aussi, ce qui est rarement évoqué, la mise en esclavage et la déportation de français et d’africains, le génocide engagé contre les haïtiens !


      • Gilles Gilles 28 novembre 2008 12:01

        Il parle de NAPOLEON III, pas de Bonaparte

        On oublie aussi que pour masquer son ineptie napoleaon III nous a engagé dans une guerre avec la Prusse...que Bismarck attendait avec impatience !

        Espérons que là aussi il ne nous engage pas dans une avanture militaire, genre guerre contre le terrorisme en Iran ou au Pakistan, histoire de nous faire oublier sa gabegie


      • geko 28 novembre 2008 12:08

        Merci Gilles smiley

        "Qui trop embrasse mal étreint" ça fait 2 fois que je boulette à vouloir lire un max d’articles pour un temps disponible malheureusement très restreint !


      • Ronny Ronny 28 novembre 2008 11:49

        @ la taverne,

        Amusant votre paper ! Je pensais depuis plusieurs semaine à un article où j’aurais regroupé des citations de poèmes que la situation d’aujourd’hui rend tout à fait actuels, dans la lignée de votre extrait du grand Victor. Ce dernier n’avait pas trop l’habitude d’envoyer dire ce qu’il pensait, ce qui lui a valu quelques désagréments d’ailleurs, pour ne pas dire plus. Il nous manque une personnalité de ce type aujourd’hui en France me semble -t - il...

        Je ne résiste pas au plaisir de citer le parnassien Leconte de Lisle, et son poème "aux modernes" que je dédis aux aprotes de la modernité que sont les "réformistes" tendance Sarkozy...

        Vous vivez lâchement, sans rêve, sans dessein,
        Plus vieux, plus décrépits que la terre inféconde,
        Châtrés dès le berceau par le siècle assassin
        De toute passion vigoureuse et profonde.

        Votre cervelle est vide autant que votre sein,
        Et vous avez souillé ce misérable monde
        D’un sang si corrompu, d’un souffle si malsain,
        Que la mort germe seule en cette boue immonde.

        Hommes, tueurs de Dieux, les temps ne sont pas loin
        Où, sur un grand tas d’or vautrés dans quelque coin,
        Ayant rongé le sol nourricier jusqu’aux roches

        Ne sachant faire rien ni des jours ni des nuits,
        Noyés dans le néant des suprêmes ennuis,
        Vous mourrez bêtement en emplissant vos poches.


        Sauf que parfois la bourse, les combinazzione et la spéculation se retourne contre les "modernes", et que pour emplir leurs poches, il faut nous faire les notres...


        • La Taverne des Poètes 28 novembre 2008 12:02

          Quelle "critique répugnante" ? C’est juste un point de comparaison entre deux personnalités historiques.


        • La Taverne des Poètes 28 novembre 2008 12:16

          Intérêt historique avant tout et piqûre de rappel : l’Histoire se répète ou bégaie. Relisez bien tranquillement le texte de Hugo : n’est-ce pas impressionnant ?


        • La Taverne des Poètes 28 novembre 2008 12:55

          Napoléon III, qui est ici la meilleure référence de comparaison n’était ni une personne de petite taille, ni une personne agitée de tics nerveux. Vous faites une fixation là !

          Traiter de "nain" Sarkozy serait trop irrespectueux de ma part à l’égard des personnes de petite taille que je connais et parfois que j’admire. Je le ferais, ce serait
          uniquement pour décrier sa personnalité. C’est sa mentalité qui est naine...



        • glopglop70 29 novembre 2008 08:10

          Bonjour,

          d’accord avec vous sur les qualificatifs de "nain" attribué à Sarkosy. Y en a marre de traiter de nain ce petit personnage grand par l’égo. Si j’étais petit je vivrais difficilement toutes ces perpetuelles allusions négatives sur la petite taille de Sarko. On n’est pas petit par ce qu’on est, mais par ce qu’on fait. Dit autrement, ce sont nos actes qui nous grandissent...

          amicalement


        • Gilles Gilles 28 novembre 2008 11:59

          Et en plus Sarkozy aura peut être sa Commune à lui avant 2012

          Ce matin, j’entends sur BFM, des types économistes, chef d’entreprises, éditorialistes ici et là, des vrais libéraux en train de réaliser que les rapports sociaux partent en couille, que le tissus social se délite et que leurs employés sont non seulement mis à mal...mais ils leur donne raison !!!!!

          Comme ce type qui dit que ses employés payés au smic croyaient qu’ils ne pouvaient gagner moins et organisent leur vie en conséquence.............et bien erreur, maintenant avec le chômage partiel qui se généralise ils découvrent que OUI ils peuvent gagner toujours moins et se retrouvent en grande difficulté pour payer leyrs frais fixes......ils s’énervent

          Ils remarquent ces bonhommes que puisque depuis 2002 on a mis en place une politique de flexibilisation du travail, 80 à 90% des emplois crées sont précaires. Du coup, avec la crise, les pertes d’emplois sont massives et brutales (cf chiffres du chomage) et jettent à la rue trop de monde en même temps.... ET ILS ONT PEUR que ça dégénère

          ILS ONT PEUR...et critiquent le NAIN sur ces gesticulations qui jetent de l’huile sur le feu

          Rajoutez à ça les banlieues, les français jetés les uns contre les autres au grés des humeurs de Sarko, une crise qui dure un peu plus...... et hop une petite révolution que Sarko pourra réprimer durement histoire de plaire à son électorat de

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