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Accueil du site > Culture & Loisirs > Parodie > Toubib or not Toubib ?

Toubib or not Toubib ?

Le fameux plombier polonais a fait des ravages dans l’opinion. Prendre le travail des français, une honte ma brave dame !

Pourtant pour lutter contre les déserts médicaux et permettre à tous les Français de se soigner, les élus, les collectivités locales et les hôpitaux n'hésitent plus à recruter des médecins hors de l'Hexagone.

Je n’ai pas les chiffres de 2011.Mais pour combler la pénurie de toubibs, la France a de plus en plus recours aux diplômés étrangers. De 2007 à 2010, leur nombre a augmenté de 20,6%. L'an dernier, un nouveau médecin sur quatre avait obtenu son diplôme hors de France. Parmi eux, 30% venaient de Roumanie, pays où le français est la seconde langue enseignée à l'école.

Et c'est en Picardie, région de l’ex-ministre de la Santé, Xavier Bertrand, que le taux d'étrangers parmi les nouveaux médecins est le plus élevé : 44% ! La loi Bachelot de 2009 avait bien tenté de lutter contre les déserts médicaux en contraignant, sous peine de sanctions financières, les jeunes diplômés à s'y installer. Mais, sous les pressions de la corporation, cette technique du bâton a laissé place à celle de la carotte. Mais la promesse de prime à l'installation n'a pas eu plus de succès. Ils sont indispensables à notre système de soins C'est la baisse autoritaire du numerus clausus, au début des années 1990, qui est à l'origine de nos déserts médicaux actuels.

Encore du latin. Pour suivre sur Agoravox, il faut être doué en langues. Explication :

Un numerus clausus (ou numérus clausus en nouvelle orthographe, du latin signifiant littéralement « nombre fermé ») est le nombre de personnes à qui une chose est allouée (par exemple l'autorisation d'exercer une fonction, l'admission à une épreuve, etc.), dans un système où ce nombre est limité à une valeur fixe quel que soit le nombre de prétendants (plutôt que par un pourcentage), et décidé par les autorités en fonction de leurs besoins. Le numerus clausus est par exemple utilisé dans l’admission aux études médicales en France, pour définir le nombre de médecins, pharmaciens, dentistes et sages-femmes. Il se distingue de l'examen qui fixe une note à avoir (10/20 en général), par le fait qu'il n'y ait qu'un nombre restreint de places à pourvoir. L'étudiant ne se « bat » plus que contre lui-même, mais aussi contre les autres pour satisfaire sa réussite.( Merci Wiki).

Relevé à partir de 2005, mais bloqué à 7400 depuis 2009, le nombre de places aurait dû être porté à 8000 cette année. Xavier Bertrand s’était engagé le 26 novembre à relever ce plafond. En attendant, les Français, eux, constatent impuissants la « baisse de disponibilité » des professionnels de santé. Selon un sondage réalisé par Viavoice pour le Groupe Pasteur Mutualité, ils seraient déjà 25% à s'en plaindre. La présence dans l'Hexagone de quelque 10300 médecins étrangers pose aussi la question de la valeur des diplômes. Arrivés depuis vingt ans, les diplômés étrangers sont désormais indispensables à notre système de soins. Ils sont devenus aussi « une variable d'ajustement budgétaire pour certains hôpitaux en difficulté », confie un président de conseil départemental de l'Ordre. Leur salaire serait inférieur de 20 à 40% à celui des praticiens hospitaliers…

Dans les campagnes françaises et dans certains quartiers urbains, les rares installations de médecins généralistes ne compensent pas les départs à la retraite. Pourtant, les députés ont aboli les seules mesures un peu contraignantes qui existaient contre la désertification. Inquiets, les élus locaux multiplient les initiatives et recrutent des praticiens jusqu’en Roumanie — où nombre d’étudiants français partent se former...

Dans le système public roumain, un médecin débutant gagne 250 euros en moyenne par mois ; un spécialiste en fin de carrière, 400 euros (le salaire moyen en Roumanie était en janvier 2011 de 1 424 lei, soit environ 340 euros). A l’été 2010, ces salaires déjà peu attractifs ont chuté de 25 % en raison du plan « anticrise » lancé par le gouvernement de centre-droite.

« Une aide-soignante est mieux payée en Europe de l’Ouest qu’un directeur en Roumanie », confirme Mme Camelia Bogdanici, la directrice médicale de Saint-Spiridon. Et d’ajouter, désabusée : « L’une de nos chirurgiennes vient de partir pour la France, à 57 ans. Là-bas, elle gagne 6 000 euros par mois. » Dans ces conditions, de nombreux services tournent au ralenti.

Depuis l’adhésion de leur pays à l’Union européenne, en janvier 2007, cinq mille praticiens roumains (sur un total de quarante-deux mille) ont fait le choix de se déraciner. Cet exode massif est d’autant plus inquiétant que leur pays compte à peine deux praticiens pour mille habitants, soit deux fois moins que la moyenne européenne. Les campagnes risquent ainsi de devenir des déserts médicaux à l’heure où la nouvelle génération aspire à un mode de vie urbain. « Contrairement à beaucoup de médecins qui exerçaient déjà sous le communisme, les jeunes diplômés ne choisissent pas seulement ce métier par philanthropie ou pour l’amour du geste, explique M. Adrian Bâlea, vice-président de Sanitas, l’un des principaux syndicats de santé en Roumanie. Ils le font aussi pour l’argent.

Alors oui, nous sommes en droit de nous poser la question : Toubib or not Toubib ?

Rappel : Serment d’Hippocrate (hypocrite). 

Au moment d'être admis à exercer la médecine, je promets et je jure d'être fidèle aux lois de l'honneur et de la probité.

Mon premier souci sera de rétablir, de préserver ou de promouvoir la santé dans tous ses éléments, physiques et mentaux, individuels et sociaux.

Je respecterai toutes les personnes, leur autonomie et leur volonté, sans aucune discrimination selon leur état ou leurs convictions. J'interviendrai pour les protéger si elles sont affaiblies, vulnérables ou menacées dans leur intégrité ou leur dignité. Même sous la contrainte, je ne ferai pas usage de mes connaissances contre les lois de l'humanité.

J'informerai les patients des décisions envisagées, de leurs raisons et de leurs conséquences. Je ne tromperai jamais leur confiance et n'exploiterai pas le pouvoir hérité des circonstances pour forcer les consciences.

Je donnerai mes soins à l'indigent et à quiconque me le demandera. Je ne me laisserai pas influencer par la soif du gain ou la recherche de la gloire.

Admis dans l'intimité des personnes, je tairai les secrets qui me seront confiés. Reçu à l'intérieur des maisons, je respecterai les secrets des foyers et ma conduite ne servira pas à corrompre les mœurs.

Je ferai tout pour soulager les souffrances. Je ne prolongerai pas abusivement les agonies. Je ne provoquerai jamais la mort délibérément.

Je préserverai l'indépendance nécessaire à l'accomplissement de ma mission. Je n'entreprendrai rien qui dépasse mes compétences. Je les entretiendrai et les perfectionnerai pour assurer au mieux les services qui me seront demandés.

J'apporterai mon aide à mes confrères ainsi qu'à leurs familles dans l'adversité.

Que les hommes et mes confrères m'accordent leur estime si je suis fidèle à mes promesses ; que je sois déshonoré et méprisé si j'y manque. »

Pour aller plus loin (ou venir de plus loin…) : Médecins « PADHUE » : praticiens à diplôme étranger hors union européenne

A compter du 1er janvier 2012 la nouvelle loi relative à l’exercice des professions de médecin, chirurgien-dentiste, pharmacien et sage-femme pour les professionnels titulaires d’un diplôme obtenu dans un État non membre de l’Union européenne, est entré en vigueur.
(Publication au journal officiel du 2 février 2012 de la LOI n° 2012-157 du 1er février 2012.)

Mais nous avons également cette constatation : Les étudiants en médecine plébiscitent la Roumanie pour contrer le « numerus clausus ».

Vidéo :

Les chemins d'Esculape sont-ils cotés en bourse comme les autoroutes ?

Pour info  : Convertisseur Euro - Leu roumain

Illustration : http://www.ac-grenoble.fr/lycee/diois/Latin/archives/ico/Alphabetique/Web/original/Poynter%20Edward%20-%20Visite%20a%20Esculape.html


Moyenne des avis sur cet article :  4.43/5   (7 votes)




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4 réactions à cet article    


  • jef88 jef88 25 septembre 2012 11:21

    Un bandeau sur les yeux !

    On ne voit pas, on ne veut pas voir le numérus clausus qui limite le nombre de médecins formés en France...
    Nous sommes arrivés à la limite supportable du corporatisme


    • Alois Frankenberger Alois Frankenberger 25 septembre 2012 11:46

      Surtout que s’il y avait plus de médecins leurs tarfis baisseraient : le numérus closus est une ineptie !


      • JEAN LE PEREGRIN JEAN LE PEREGRIN 25 septembre 2012 22:06

        Bonjour Papybom,


        Merci pour votre excellent article qui illustre l’incurie maladive de notre société.
        Effectivement, la solution serait de supprimer le numérus clausus et d’encadrer sevérement la profession dans le secteur conventionné qui, aprés tout, est rémunérée par nos impots et cotisations. 
        Mais il est sans doute plus probable que cela se concluera comme aux USA : nos étudiants « surnunéraires » iront obtenir leur diplome dans des universités à l’étranger (en Roumanie par exemple...) et au final on a aura une medecine à plusieurs vitesses et « niveaux » de qualité de soin...C’est déja en route...Le vrai probléme, c’est : qui va soigner les Roumains ? Les Maliens ? Etc...

        • Papybom Papybom 25 septembre 2012 22:25

          Bonsoir JEAN LE PEREGRIN,

          Merci de votre passage et de votre réflexion. La solution serait de supprimer le numérus clausus et d’obliger les nouveaux médecins à tourner pendant un certain temps de les régions sinistrées au point de vue médical. Retour sur investissement pour l’état.

          Qui va soigner les Roumains ? La Malienne ?....Très bonne question. Nous sommes déjà quatre à nous la poser. Rien n’est perdu….

          Cordialement.

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