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Accueil du site > Culture & Loisirs > Parodie > Vive les prévisions magiques et fini les prix fixes !

Vive les prévisions magiques et fini les prix fixes !

Histoire de caverne (épisode 8 - fin saison 1) : Face à l’attaque menée par Johnny pour assurer la suprématie des disques sur les billes, le Devin m’a proposé de créer une agence de notation et de conjoncture.

« C’est simple, je vais t’expliquer, commença le Devin. En tant que Devin, tout le monde me fait confiance et vient même payer pour avoir mes prévisions. Pour l’instant, elles ne portent que sur l’avenir individuel : vont-ils trouver la femme de leurs rêves ? Un garçon ou une fille ? Comment sera la prochaine chasse ? Va-t-il pleuvoir ?... Imagine maintenant que je me lance dans des prévisions collectives.

- Qu’est-ce que tu veux dire ?

- Par exemple : dans le mois qui vient, il y aura peu d’ours et les chasseurs seront particulièrement maladroits. Ou encore, l’année prochaine sera très favorable aux naissances de filles. Ou s’il pleut dans la semaine qui vient, dans les 15 Jours qui suivront, il y aura beaucoup plus de fleurs jaunes.

- OK, mais je ne vois pas bien l’intérêt de tout cela pour mon problème.

- Attend. Prenons l’exemple des ours. Imagine que, avant de rendre publique ma note de conjoncture annonçant les problèmes avec les ours, je te prévienne. Tu sais donc que, dans 2 à 3 jours, tout le monde sera persuadé que le nombre d’ours va diminuer rapidement. Si je m’y prends bien, ce sera même une crainte de pénurie. Plus personne ne voudra alors vendre les ours qu’il a… ou alors à un prix plus élevé.

- Mais, le prix d’une peau d’ours a toujours été fixe.

- Non, plus depuis que Johnny a voulu t’attaquer.

- C’est vrai ! Donc tu me proposes de faire varier le prix de la peau d’ours en fonction du nombre d’ours disponibles. C’est bien cela ?

- Oui, tout à fait.

- Mais, personne ne sait quelle est la quantité réellement disponible.

- Oui, et c’est toute la beauté de mon idée. Si je dis qu’il y a une pénurie d’ours, comme je suis le Devin, tout le monde sera persuadé que c’est le cas. Donc si je dis qu’il va y avoir un manque d’ours, le prix de la peau d’ours montera. Et toi comme tu le sauras à l’avance, tu n’auras qu’avoir fait un stock. Compris ?

- Pas bête, ton idée… Donc je prends Johnny à son propre jeu, sauf que ce n’est plus lui qui maîtrisera la valeur d’une peau d’ours.

- Surtout que dans le même temps, toujours en tant que Devin, j’émettrai des doutes sur la valeur réelle des disques. Sont-ils vraiment si solides ? Ne peuvent-ils pas se casser ? N’y a-t-il pas des copies en circulation ? Bref, de la même façon que je vais émettre des notes de conjoncture, je vais donner une note à la solidité des billes et des disques. Et celle des disques ne va pas être très bonne…

- Tu m’as convaincu. Allons-y ! »

Le succès dépassa toutes nos espérances. Rapidement la notion de prix fixe disparut.

Simplement, ce que nous n’avions pas prévu, c’est que nous allions perdre le contrôle de ces évolutions. Certes, le Devin restait le seul à émettre des prévisions « officielles », mais d’autres officines secondaires se sont montées, chacune spécialisée sur une famille de produit (la chasse, la pluie, la demande en agrandissement de caverne…). Donc si nous avions un poids certain sur l’évolution des cours, il n’était pas complet.

Par contre, la notation défavorable aux disques avait fait son effet. La suprématie des billes était revenue. Le taux de change entre disque et bille était devenu favorable aux billes.

Donc mon objectif principal était atteint : le Devin et moi, nous étions bien les acteurs principaux de l’économie des cavernes. Johnny était rentré dans le rang. Mais jusqu’à quand ?

(Fin de la saison 1)


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1 réactions à cet article    


  • Woland Woland 17 octobre 2009 03:43

    A propos du titre : le terme « fini » doit-il être considéré ici comme une interjection (au même titre que « Vive ») ou comme un participe passé ? Dans ce dernier cas, ne conviendrait-il pas de l’accorder avec le sujet - et donc de le mettre au pluriel ?

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