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Accueil du site > Culture & Loisirs > People > Johnny Halliday et « Optic 2000 » embarqués dans la présidentielle (...)

Johnny Halliday et « Optic 2000 » embarqués dans la présidentielle ?

L’opticien « Optic 2000 », on le sait, s’est attaché depuis quelques années les services de Johnny Halliday comme prescripteur de ses lunettes.

Une star exerce, en effet, sur ses fans un tel ascendant qu’elle peut leur faire adopter par identification n’importe quel produit. Elle n’a nulle compétence pour juger de leur qualité ? Qu’importe ! La fascination à dominante sexuelle qu’elle suscite chez eux y suffit. Mais l’opticien a-t-il eu la main heureuse ?

Johnny à contre-emploi une première fois

Autant les lunettes de soleil s’accordent avec le personnage, autant de simples lunettes de vue détonnent sur le nez de Johnny Halliday. Pour un pasticheur du parc d’attractions folkloriques que « l’american way of life » répand à travers le monde, les lunettes noires font partie de la panoplie, tout comme le flamboyant pseudonyme américain troqué en lieu et place du trop modeste patronyme Smet, les tenues effrangées de cow-boy en santiags, ou encore le blouson de cuir pour chevaucher une Harley Davidson pétaradant vers Las Vegas, la musique rock tonitruante et ses vociférations de matamore qui iodlent soudain par couacs...
Les simples lunettes de vue, au contraire, par intericonicité, renvoient, qu’on le veuille ou non, à une sage image d’intellectuel qui s’use les yeux à ausculter les textes. Ce n’est pas faire offense à l’immense star du rock hexagonal que de trouver qu’il joue ici à contre-emploi : le monde des idées, c’est pas son truc ! Il faut donc un peu d’audace à l’opticien pour présenter Johnny en intello ! C’est un rôle qu’il ne peut même pas pasticher.

Johnny à contre-emploi une seconde fois ?

En couvrant, en outre, depuis plus d’un mois, les panneaux des villes françaises de l’image dédoublée de Johnny pour vanter l’aubaine d’une « deuxième paire gratuite pour tous », l’opticien a pris le risque d’un second contre-emploi de la star encore plus inattendu. Toute image, en effet, trouve son sens dans un contexte, à la fois celui qu’elle livre, et celui de son lecteur, qui interréagissent forcément.
Le contexte aujourd’hui est celui de la campagne présidentielle et nul n’ignore que Johnny Halliday entretient avec M. Sarkozy des relations amicales sans qu’on sache qui est le fan de l’autre.
1- Or voici, contre toute attente, que le visage de Johnny apparaît en gros plan dans un contexte précis qui pouvait être gommé : en raison même du gros plan, il était facile d’obtenir un arrière-plan neutre ou flou. Il ne l’est pas. Qu’aperçoit-on ? Des montagnes à l’horizon. La métonymie - ici, la partie pour le tout - est cruelle ! Comment ne pas songer à la Suisse qui est surtout montagneuse ? Or chacun sait que Johnny Halliday s’y est réfugié pour échapper aux impôts français. Sans doute son visage, chaussé de ses lunettes de vue, est-il à la fois triste et méditatif : revêtu de la chemise blanche de l’innocence, il donnerait même à penser, toujours par métonymie - l’effet pour la cause, cette fois -, que l’exil lui pèse et que s’il chausse ses lunettes, c’est pour mieux contempler la ligne bleue... des Alpes ou du Jura au-delà de laquelle s’étend le doux pays qui tant lui manque. Seulement, seuls ses fans aveuglés peuvent compatir ; pour tous ceux qui n’en sont pas, l’image de cette star est vue comme un symbole : elle représente la partie privilégiée de l’électorat de M. Sarkozy, dont le patriotisme est d’abord celui de sa fortune.

L’image de l’autocensure ?

2- Et ce n’est pas tout. L’opticien offre deux Johnny pour le prix d’un ! Ce dédoublement de la star pour exhiber en image « la deuxième paire de lunettes » offerte n’est pas des plus adroits. La star, de façon inquiétante, paraît survenir en arrière-plan comme pour jeter un coup d’oeil par-dessus l’épaule de son double dont la méditation ne lui paraît pas très catholique. On aurait voulu représenter par le procédé de l’ image l’autocensure qu’un personnage exerce sur lui-même, qu’on ne s’y serait pas pris autrement : Johnny offre un masque sévère ; intericonicité oblige, ses lunettes noires sont celles des polices secrètes ; et le noir de sa chemise, selon la charge culturelle occidentale, n’est pas de bon augure. N’est-ce pas l’innocence même qui est ici mise sous autosurveillance ?

Et si c’était pour Johnny, dans le genre de sa fuite en Suisse, une manière bien à lui de rendre service à son candidat favori en illustrant l’application à venir de son programme présidentiel ? Non, « rien n’est si dangereux qu’un ignorant ami ; / Mieux vaudrait un sage ennemi », prévient Jean de La Fontaine, dans «  L’Ours et l’amateur des jardins ». Paul VILLACH


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11 réactions à cet article    


  • lyago2003 lyago2003 27 avril 2007 10:54

    Que johnny médite ce dicton, « il vaut mieux un petit chez soi , qu’un grand chez les autres. »

    Ce manque d’humanisme et cet égoîsme car il faut appeller un chat,un chat, me désole profondément.

    Il y pas mal de gens qui ont beaucoup moins que lui tout en payant l’ISF et qui ne s’enfuient pas pour autant.

    Je sait qu’il ne lira pas ces lignes ,mais j’aimerai qu’il sache que l’on n’emporte pas ses biens avec nous au moment de la véritable justice qui nous concerne tous.


    • floruf floruf 27 avril 2007 11:26

      Merci , j’ai adoré votre papier , vous êtes complétement paranoïaque !!! smiley


      • Brynner 27 avril 2007 11:34

        Johnny va etre Belge.


        • simplet simplet 27 avril 2007 11:45

          en kilomètres / heure sur une Harley il représente combien de % pour l’UMP ??? smiley


          • Vilain petit canard Vilain petit canard 27 avril 2007 11:52

            Fine analyse !

            Un autre élément qui doit jouer dans le lien médiatique entre « Sarko l’Américain » et « Johnny le simili américain » : la fascination pour les US, un peu plombée par le départ en Suisse, pays des pantoufles et du chocolat. Finalement, c’est une bataille d’icônes, cette élection, quoique je soupcçonne Sarkozy de s’être rapproché de Johnny tout bêtement en raison de sa place ne haut des ventes de disques. Si on était il y a trente ans, Sarkozy serait pote avec Claude François et Dalida.

            Quant aux chemises, je crois que c’est tout simplement pour sursignifier le type de lunettes : lunettes noires -> chemise noire, lunettes blanches -> chemise blanche. Les pubards sont vicieux, mais pas tant que ça.


            • QUENTIN QUENTIN 27 avril 2007 12:04

              Les portes du pénitencier bientôt vont se refermer, et c’est là qu’il finira sa vie comme d’autres l’ont fini en Belgique et pas en Suisse ! Merci pour le chocolat.

              The house of rising sun de The Animals c’est bien plus beau que la traduction qu’en a faite JP Smet-Hallydays in Holidays inn, groupe Accor, Arcade qui licencie à tour de bras ses délégués syndicaux que ce soit au Maroc, en France ou ailleurs. La DRH siège bien toujours à la Halde ? « Haute autorité » de « lutte » contre les discriminations ?

              SOS j’ai besoin de changer de lunettes de vue de toute urgence et pas moyen d’obtenir un rendez-vous ophtalmique en ma ville, pour avoir le RDV qui ne sera pas avant novembre je suis invitée à rappeler le 2 mai, et pourquoi le 2 mai ? On vote bien le 6 mai ?

              toujours The Animals Don’t let me be missunderstood : ne me laissez pas incomprise..

              Au Vigan all is Well ? les bas collent et une entrevue de 34 minutes avec quelques externalisés et licenciés au bout de 30 ans de servitude et de travail bien fait explique pourquoi la gauche a perdu....

              Cet Homme là je ne le connaissais pas ? je l’ai découvert par hasard sur une affiche électorale sur toile, il n’a plus de lunettes, mais si quelqu’un pouvait m’en dire un peu sur lui et ses livres ou pièces de théâtre qui en ont été tirées ? « D’où il sort celui-là ? », c’était la formule d’Abdelmalek Sayad à propos d’individus dont la personnalité, la trajectoire l’intriguaient car mal accordées à leur milieu d’appartenance, tout au moins en apparence."

              « Le théatre et »La misère du monde" tiré d’un texte d’Abdelmalek Sayad intitulé « La malédiction ».... Les comédiens Philippe Clevenot (décédé depuis) et Dominique Guihard campaient respectivement les rôles du vieil immigré, Abbas et du sociologue...

              Pour les binocles à changer, pour ne pas broyer du noir, ne pas finir aveugle, c’est sérieux comment obtenir un RDV rapide cela même si c’est ailleurs que dans l’Heure de 27 heures sur 24 optiques 2-00-7 ? SOS lunettes mais pas plus de 150 kms aller-retour SVP


              • QUENTIN QUENTIN 30 avril 2007 09:47

                excuser le hors sujet, ce matin au réveil nom du chanteur mélancolique retrouvé : Otis Redding, il n’aura pas vécu longtemps, accident d’avion : stand by me


              • jltisserand 28 avril 2007 05:52

                @ l’auteur,

                non vous n’avez pas bien regarde ! (seriez vous un client potentiel de l’annonceur ?

                Maintenant, en etant plus scrutateur, vous reconnaitrez sans peine l’image subliminale du candidat regardant, par dessus l’epaule, Jhonny qui a chausse ses lunettes de lecture pour controler sa future declaration d’impots .... en Suisse.

                Allez ! prenez un prozac, demain ca ira mieux.

                jltisserand


                • moebius 29 avril 2007 00:40

                  @ quentin ; la version de House of rising sun (cette suberbe suite d’accords) n’est pas des animals elle est de Dave Von Ronk. Elle à été reprise ou plutot piraté par Bob Dylan qui ne lui pas demandé d’autorisation et c’est aprés cette épisode qu’elle a été reprise par les Animals. Par la suite elle n’a plus jamais été chanté par Dylan, car (dixit Bob), pour la pluspart des gens cette chanson était devenu une composition original signée par les Animals. A l’origine The House Of Racing Sun est une chanson anonyme, a écouter ; la superbe version chanté par Woody Guthrie. Quand aux portes « du pénitencier », elles ne se sont définitivement fermés et c’est là qu’il finira ses jours. Ah que c’est le rock mais que c’est la boite à coucou qui fait tic tac qui gagne toujours !


                  • moebius 29 avril 2007 00:48

                    pardons ; House of « Rising » Sun, en tout cas un bon titre pour une chanson et un bordel de New Orleans


                  • QUENTIN QUENTIN 29 avril 2007 23:33

                    @ Moebius : merci de cette précision et merci de m’avoir fait rire, ce qui n’est pas si courant d’air ou courant EDF.

                    J’aimais bien aussi écouter Woody Guthry et les grands marcheurs, chanteurs ou pas, qui A la recherche du temps perdu de bouleaux et boulots à scier prenaient souvent le train acier à vapeur sans tickets (Maintenant c’est plus possible, ça change, ça change, Vernon-Eure-Sullivan- Boris-bison ravi..

                    Et plus moyen en l’instant présent de me souvenir comment s’appelait cette tendance d’avant le rock, pas Rythm and Blues, faudrait que je fouille dans mes vieux vynils noirs et comment s’appelait celui qui s’est tué en avion que j’aimais tant aussi ?

                    La mémoire a des failles et je ne sais où est rangé le vynil ? née en 48 j’ai peut-être des excuses ? Alzheimer frappe à tout âge ?

                    Ce qui serait bien sur la place de l’agora, c’est que l’on soit avisé quand on a un commentaire, j’ai vu celui par hasard en retrouvant le lien des lunettes noires

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