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L’homosexualité dans le hip-hop américain

Pas besoin d’être une flèche pour se rendre compte que le Hip-Hop US est un milieu macho. Les clips transpirent de biatches (appelation d’origine contrôlée pour désigner les femmes), le plus souvent à moitié à poil. Faut bien se prouver qu’on est des mecs des vrais quoi ! Pour le reste, il faut compter avec des mecs comme 50 Cents qui idolâtrent les P.I.M.P (proxénètes), des grosses voitures ou encore des armes à feu pour compléter le tableau. Des mecs, des vrais, on vous dit !

Qu’on soit clair, il ne flaire pas très bon être gay dans le milieu US. Certains lyrics des rappeurs Américains DMX et “Marshall Matter” Eminem, ou encore du raggaman Jamaïcain BennyMan clament haut et fort l’homophobie de leurs auteurs. Le New-Yorkais 50 Cent, encore lui, n’est pas en reste non plus quand il explique à qui veut l’entendre qu’il “n’aime pas avoir d’homos dans son entourage parce qu’on en jamais sûr de l’intention de ces gens là”.

Pas facile d’être pédé donc quand on rappe aux States et qu’on évolue dans un univers pas très gay-frienly. C’est en substance ce que raconte, Terrence Dean, cadre chez MTV, dans un livre (Hiding In Hip Hop : On The Down Low in the Entertainment Industry from Music to Hollywood) où il confie son expérience de gay dans l’industrie du Hip-Hop. Il raconte la difficulté de révéler son homosexualité dans un milieu très macho où le mot faggot (l’équivalent de pédale en français) est à peu près aussi essentiel au vocabulaire que le bon vieux fuck. Evidemment, comme toujours quand on lance un pavé dans une mare, l’ouvrage a fait quelques vagues. Certains auraient visiblement un peu tremblé la semaine passée, au moment de sa sortie aux Etats-Unis. Parce que forcément, s’il y a matière à écrire un bouquin, on se doute bien que c’est bien parce que Terrence Dean n’est pas un individu isolé. Il y avait donc sans doute des trucs à balancer…

Pourtant rien n’en est. L’ouvrage ne se veut pas un bouquin à sensation, et se pose plutôt comme une plongée dans un sous-domaine méconnu d’une culture au rayonnement pourtant mondial. Terrence Dean ne donne donc pas de noms mais prend toutefois la peine de raconter (en changeant leurs noms) quelques anecdotes croustillantes et bien réelles, parfois à la limite de l’anonymat, comme celle de “Lola”, chanteuse lesbienne qui garde sa sexualité secrète, de “Gus”, rappeur qui avait l’habitude d’apparaître à la télévision vêtu comme un Gangsta, et qui cache, lui aussi, toujours son homosexualité ou encore l’histoire de “Lucas”, pourtant marié à une actrice de premier plan. Dean Terrence ambitionne sincèrement que son bouquin aide à faire prendre conscience au plus grand nombre de l’existence cette sous-culture homosexuelle dans le Hip-Hop. Cerise sur le gateau, il croit dur comme fer qu’il servira de déclic à l’un des figures majeures du Hip-Hop US, le poussant à faire son coming-out * (se référer aux dernières lignes pour la section Potins).

Le livre de Dean s’inscrit toutefois dans un contexte d’évolution du statut gay dans le Hip-Hop. Kanye West, l’un des artistes les plus côtés du moment, a admis récemment que l’homophobie étant un problème latent dans l’industrie du Hip-Hop et que des efforts devaient être entrepris pour la dénoncer. Mais ce sont surtout à des mec comme Deadlee, rappeur ouvertement gay, que le milieu doit une évolution notable dans le domaine. En racontant son homosexualité à la télévision et en créant The HomoRevolution Tour, la première tournée de rappeurs gays, lesbiennes et bisexuels, Deadlee se pose un peu en porte-étendard de cette sous-culture décrit par Terrence. Il leur fallait bien ça…

 

* Le Coin des Potins

Concernant le coming out à venir auquel Dean Terrence fait référence, il pourrait bien s’agir Dr Dre. Cela fait déjà pas mal d’années que certaines rumeurs circulent de manière insistante sur une éventuelle homosexualité du pape du Hip-Hop West Coast. C’est notamment le sulfureux Suge Knight, cofondateur du label hip-hop Death Row Records en 1991 avec Dre lui-même, qui déclarait il y a quelques années dans la video “The Thug Immortal” (“La Caillera Immortelle” grosso modo) que Dr Dre était homosexuel et que cela avait entraîné quelques problèmes avec TuPac. Bon, je tombe bien bas à faire dans le potin Hip-Hop US… Je décide donc de tuer dans l’oeuf cette vocation… The End.


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3 réactions à cet article    


  • Gonzague gonzague 8 juin 2008 13:30

    L’Allemagne connaît bien évidemment les mêmes histoires. Ily a quelques temps de cela, un groupe de hip-hop berlinois (K.I.Z.), qui commence à faire parler de lui, a sorti un single qui a fait pas mal de bruit, notamment à cause d’une scène dans la vidéo. On y voit deux rappeurs mâles se rouler une pelle. Ce n’est pas ironique, ce groupe est le premier en Allemagne à clairement lutter contre l’homophobie dans le milieu du hip-hop. 

    Je vous laisse le lien :

    http://www.dailymotion.com/relevance/search/K.I.Z.%2B/video/x3mgdh_kiz-geld-essen-bstadtcom_music

     


    • Fernando Pessoa 9 juin 2008 09:27

      Sympa l’article, merci.

       

      D’un autre côté c’est un peu dans l’ère du temps aux states non ? C’est pas Bush qui tenterait d’arranger les choses ...


      • delicemetis 11 juin 2008 12:42

        Je croyais que Dre était bi !!!

         

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