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Accueil du site > Culture & Loisirs > Sports > Après Armstrong, Schumacher : les retraités ont la cote

Après Armstrong, Schumacher : les retraités ont la cote

Lance Armstrong et Michaël Schumacher ont désormais un point commun de plus : tous deux champions retraités après avoir durant des années régné dans leurs disciplines respectives, ils y font en 2009 un retour fracassant.

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Si le parallèle est tentant, il n’est pas non plus dénué d’intérêt. Certes, le monde de la Formule 1 et celui du cyclisme restent deux continents entre lesquels aucun pont n’est possible, pas plus d’un point de vue sportif qu’économique, d’ailleurs. Pourtant leurs parcours restent étrangement parallèles, ne serait-ce que dans leur chronologie.

L’âge, déjà : Armstrong et Schumacher sont tous les deux à l’orée de la quarantaine (38 ans pour Lance, 40 ans pour Michaël). Le palmarès, ensuite : chacun d’eux totalise 7 titres prestigieux dans sa catégorie, à savoir 7 Tours de France pour Armstrong, et 7 titres de Champion du Monde pour Schumacher. La période, enfin : c’est au tournant du siècle que chacun d’entre eux a resserré son étau pour la première fois sur sa discipline, en 1994 exactement pour Schumacher (premier championnat remporté, chez Benetton à l’époque) et 1999 pour Armstrong (premier Tour de France remporté avec US Postal).

Armstrong prend sa "retraite" en 2005, à l’issue d’un Tour de France qu’il remporte haut la main. Schumacher annonce la sienne un an plus tard, le 10 septembre 2006, à l’issue du Grand Prix d’Italie qu’il vient de remporter - même s’il terminera la saison à la quatrième place. Les deux hommes quittent donc par la grande porte une discipline qu’ils dominent toujours, et qui a fait leur fortune, même s’il n’est pas vraiment de comparaison possible entre le cyclisme et la Formule 1 : en 2005, peu avant sa retraite, le salaire net versé par Ferrari à Michaël Schumacher était estimé à 65 millions d’euros par an (hors contrats publicitaires).

A titre de comparaison, "les leaders des équipes capables de monter sur le podium au Tour de France gagnent en moyenne un million d’euros", explique l’ancien coureur et président de l’organisation Cyclistes Professionnels Associés (CPA) Cédric Vasseur. Quant au Tour de France, même si en terme de notoriété il reste le troisième événement sportif planétaire, son vainqueur ne touche "que" 400 000 euros, c’est à dire ce que Michaël Schumacher touchait... en moins de trois jours civils (c’est à dire même les jours de repos !). Consolons-nous toutefois : même si Armstrong ne peut s’aligner financièrement sur le train de vie du Baron Rouge, chaque fois qu’il intervient dans une conférence pour expliquer comment il a survécu au cancer, il touche 200 000 dollars - soit deux fois le montant demandé par Bill Clinton pour ses propres conférences.

Mais voilà que je m’égare, et que je nourris l’aigreur des joueurs de loto malchanceux : tel n’est point l’objet de mon billet. Il en reste toutefois que si Armstrong peut gagner en deux ou trois conférences ce que le Tour lui permettrait de toucher s’il le remportait, ce ne doit pas être la cupidité qui le poussa à transpirer sur les routes de France et de Navarre. De même, il est possible d’imaginer que le retour de Schumacher à la compétition n’est pas dû à la mauvaise santé de ses finances, lui qui depuis sa retraite de pilote perçoit toujours un salaire de Ferrari en tant que directeur de la gestion sportive, poste occupé avant lui par Jean Todt.

Il y a donc bel et bien un "retirement blues" chez les champions ayant quitté brutalement le haut de l’affiche. Bien sûr, ceux-ci n’auront jamais le cran de l’assumer totalement : Armstrong est officiellement revenu sur le Tour pour sa fondation, Livestrong, quant à Schumi, c’est pour remplacer un Massa blessé qu’il reprend le volant. Il n’empêche : quel que soit le prétexte et sa légitimité, nos retraités ont des fourmis dans l’amour-propre ; ils ont besoin de savoir ce qu’ils valent, s’ils sont encore "dans le coup", ou au contraire si, à l’image d’un papa un peu pathétique se remettant au rugby après 20 ans d’abstinence pour épater fiston ("tu sais, petit, j’étais le meilleur à mon époque..."), les années passées depuis leur dernier succès ont emporté avec elles le frisson qu’ils savaient alors mériter. Variante sportive du "Quand j’étais chanteur" de Delpech, en somme.

Sauf que pour eux, ça marche : Armstrong finit troisième du Tour de France, devant des coureurs qui prenaient leur biberon quand lui participait à ses premières courses professionnelles ; quant à Schumacher, il continue régulièrement à faire les meilleurs chronos lors des séances d’essai des Ferrari en préparation, ce qui reste de bon augure. Pour autant, ces "come-back" véhiculent un relent tragique : lorsqu’un champion réussit à terminer sa carrière au moment de son choix, couvert par l’aura de la gloire et des bons résultats, sans que ce soit son corps, ou pire, les circonstances, qui lui en intiment l’ordre, n’y a-t-il pas pour lui un risque démesuré à repartir au combat ? N’a-t-il pas tout à choisir son corps et son esprit comme champ de bataille d’une guerre contre le temps ? "Si jeunesse savait, si vieillesse pouvait", entend-on encore murmurer quelquefois. Le problème, avec les retraités de 40 ans, c’est qu’ils ont toujours besoin d’un combat ultime pour savoir gérer la transition de l’une vers l’autre. Et pas toujours dans le bon sens. 

http://lapolitiqueetmoi.hautetfort.com/


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6 réactions à cet article    


  • abdelkader17 30 juillet 2009 11:15

    Ce qui est amusant avec la société du spectacle, le peuple élu par les médias, c’est qu’on peut continuer à divertir le petit peuple avec des histoires de quadragénaires milliardaires et leur éternel come back.
    La manipulation n’a plus de limite, la créativité et l’inventivité ressemble de plus en plus à une soupe que l’on à trop réchauffée.


    • Stalker 30 juillet 2009 13:18

      Pour Schumacher, c’est une décision logique de la faire revenir provisoirement, car il faut le considérer comme une personne qui fait partie de l’équipe Ferrari. Il est apparu rapidement que c’était la meilleure solution, au vu notamment des temps qu’il faisait lors des essais privés.

      Il était tout simplement bien plus rapide que les pilotes essayeurs de Ferrari, et avec une expérience de la course incomparable. Il n’y a guère de raisons de s’étonner de le voir en dépannage, après, s’il y prend goût après ce concours de circonstances, ce sera une autre histoire.

      L’article ne donne pas un fait crucial : quel sera l’indisponibilité de Massa ?


      • Paul Cosquer 30 juillet 2009 14:17

        Il serait aussi question du retour d’Eddy Merckx...


        • François51 François51 30 juillet 2009 16:23

          Contador : « quel ont été les moments les plus difficile lors de ce Tour 2009 ?
          réponse de l’interressé :... »le soir a l’hotel"
          c’est dire le genre de personnage qu’est Armstrong.

          tant que pour Schumacher, bon courage a toi Kimi !.... et vivement le retour de Massa.


          • Halman Halman 30 juillet 2009 18:05

            Mais pour une fois ça ne vous ferait rien de voir les choses un peu positivement !

            Autant Lance Armstrong ne m’interesse absolument pas, autant Schumacher a la grande classe.

            Je le savais qu’il allait reprendre le volant. Il est trop au top niveau, il a trop la classe, la passion pour ne pas le faire.

            Fallait pas être grand devin pour le voir arriver.

            Armstrong lui, lui le vélo il s’en fout. Il fait ça juste pour le buziness, un autre genre.


            • Internaute Internaute 31 juillet 2009 09:02

              JC Killy a eu la sagesse de ranger ses skis au placard le soir de sa troisième médaille d’or aux Jeux Olympiques, sachant qu’il n’y avait que Tony Sailer a avoir fait le même exploit avant lui et que plus personne ne l’a fait aprés lui. Ce fut une sortie résussie.

              Question à l’auteur. Vous dites que Shumacher a pris la place de Jean Todt. Pourtant il ne me semble pas avoir vu Shumacher sur les courses alors que Todt les dirigeait toutes.

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