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Accueil du site > Culture & Loisirs > Sports > Cantona : The King Kicks, the Queen couine

Cantona : The King Kicks, the Queen couine

Pour son caractère, son talent mais aussi ses phrases et pétages de plombs que l'on ne présente plus.

Met-toi à genoux quand tu t'adresses à la légende.

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Jeunesse fougueuse

Jeune, talentueux et convoité par de nombreux clubs, Canto choisit le centre de formation de l’AJ Auxerre. Il y rencontre l’homme que tous les auxerrois connaissent depuis 1827 et son arrivée en terre bourguignonne, Guy Roux. Ce dernier lui donne sa chance à l’Abbé-Deschamps mais, malgré quelques bonnes performances, Eric manque encore de maturité. Il est alors prêté au club de Martigues où les 2 cartons rouges en 15 matchs ont plus marqués les esprits que les 4 buts inscrits.

Il repart ensuite vers le bon air bourguignon où il passe deux saisons tranquilles enchaînant les bons résultats en club tout comme en Equipe de France où Henri Michel a décidé de lui faire confiance. Mais si on s’attarde sur le joueur talentueux, on se rend vite compte que l’homme n’est sans doute pas l’inventeur de l’eau tiède. Exemple-type, Auxerre reçoit Nantes, ce qui promet être un match paisible (tant pour les gardiens que les insomniaques) et Eric, sans prévenir, ne se contrôle plus. Un véritable attentat et une petite générale manière de réveiller joueurs et spectateurs. Bien vu l’aveugle.

Un poète vagabond

Malgré ces élans de caractère, Cantona figure sur les petits papiers de nombreux clubs français et européens mais il choisit de retourner sur sa canebière et porter les couleurs de l’Olympique de Marseille où son entente avec Papin est très prometteuse. Malheureusement et pour changer, tout dérape. Eric laisse éclater au grand jour son côté poétique, il n’en peut plus de passer pour le grand méchant loup. Il nous gratifie alors d’un doux « Sac à Merde » glissé à Henri Michel pour ne pas l’avoir sélectionné en Equipe de France. D’avoir de rage jeté son maillot lors d’un match amical face au Torpedo de Moscou (si si je vous assure), il s’attire les foudres d’un président tapi dans l’ombre qui cherche désormais un acheteur. Bernard veut tirer profit de la valeur du joueur et se dirige vers le FC Barcelone mais (nous sommes avant l’ère-Bosman) le club a déjà recruté un attaquant. Il faudra chercher ailleurs.

Débute alors un pèlerinage à travers la France à la recherche de la paix intérieure, il reste 3 mois à Bordeaux, le temps de goûter le rouge et de rater une panenka en 32e de Coupe de France face à Beauvais (mais si je vous assure !), rejoint la Paillade de Loulou Nicollin, pas mieux pour retrouver la paix intérieure, où il remporte la Coupe de France et retrouve le maillot tricolore. Terminus Marseille, où malgré la confiance de Beckenbauer une blessure l’empêche de s’affirmer. A son retour c’est le sorcier Goethals qui a pris les rênes, il ne compte pas sur Canto.

Il rejoint Nîmes et Miche Mézy qu’il a connu sur les rives du Lez, réussit de bonnes performances en club comme en sélection mais c’est calme, trop calme. Lors d’un Nîmes-AS Saint-Étienne, il jette le ballon sur l’arbitre, puis rentre directement aux vestiaires. Montant des gains, 4 matchs de suspension. Mais la bête est blessée et répond à cette décision en traitant d’« idiots » les membres de la commission de discipline. La seule chose qu’il gagne c’est un petit bonus de 2 mois de suspension. Poursuivant dans sa logique Cantona résilie son contrat et renonce au football.

Ah au fait, le joueur recruté par le Barça et qui a empêché Eric de vêtir le maillot blaugrana n’est autre que Van Basten... Attendez, quoi ? Comment ça il a jamais joué là-bas ?

The King’s speech

Vous croyez que c’est fini et bien non. Ça vient à peine de commencer. La Cantona’s touch va s’exporter en Angleterre et autant vous dire que ça va pas être rose.

Direction Sheffield où la proposition de contrat tarde laissant libre cours à Leeds United de s’approprier le frenchie. Il y devient champion et déclare de manière quasi-compréhensible « I love you, I don’t know why, but I love you », l’Angleterre est sous le charme. Quelques petits accrochages avec la direction et il s’envole vers Manchester. Heure de gloire footballistique pour le nouveau « King » mais apogée de pétage de plombs. Après avoir pourri un arbitre en Ligue des Champions, piétiné un joueur de Swindon, pris un rouge 3 jours plus tard face à Arsenal, il sort enfin le grand jeu. Un véritable coup de pied latéral en pleine face. Chapeau l’artiste. Sans déconner Little John, quand tu le taquines Canto, t’attends pas à ce qu’il rigole avec toi. Il met les pieds où il veut, et c’est souvent dans la gueule. Sa mère va jusqu’à demander à Guy Roux d’intervenir. Non, pas pour éviter la prison, juste parce qu’elle pense que le juge va passer un sale quart d’heure. Tonton Guy appelle donc Tonton Mitterrand (si si je vous assure !) et Cantona s’en sort avec 9 mois de suspension et 120h de travaux d’intérêt général.

Le monde entier attend les déclarations du King. Des regrets ? Des excuses ? Enfin va-t-on savoir. « Quand les mouettes suivent un chalutier, c’est parce qu’elles pensent que des sardines seront jetées à la mer ». Merci, au revoir.

S’il revient avec Manchester United en 1995 et retrouve son meilleur niveau, il se lasse du monde du football et prend sa retraite en 1997 laissant inconsolables les fans des Reds Devils. Ils le désignent comme le joueur mancunien du siècle, rien que ça.


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5 réactions à cet article    


  • Alpo47 Alpo47 18 mars 2014 10:33

    Lorsque Canto rentre au stade de MU, 60.000 personnes se lèvent et chantent ..HO ... AH ...HO ... AH ... CANTONAAAA ... Qui peut faire de même ?
    Avec ses frasques et "pêtages de plomb, Canto se révèle un être fragile, ne supportant pas la médiocrité ... avec ses cassures et ses fulgurances. Un être humain, quoi ...
    On aime ou on déteste, mais au moins lui ne laisse pas indifférent. Ce qui serait bien le pire.


    • Sébastien A. 18 mars 2014 13:41

      Le seul footballeur moderne à pouvoir vous faire comprendre « les intellectuels, le peuple et le ballon rond » de Michéa.
      Un talent unique, à l’image de son égo, doublé d’une VRAIE conscience politique.
      Héros d’un film de Ken Loach.
      What else ?


      • bleck 19 mars 2014 08:39

        On peut dire ce que l’on veut de Cantona : mais faire chanter la Marseillaise par le public d’un stade de foot anglais ça force le respect

        Donc : respect Mr Cantona

        Un peu parano et excessif sur les bords le Canto ? : oui et alors ?

        Quand le talent et la classe compensent et rachètent

        http://www.dailymotion.com/video/xkzqt_eric-cantona-le-but-du-siecle_sport

        .


        • kalagan75 19 mars 2014 09:06

          ton article est un tantinet à charge. A l’époque, on pouvait regarder le foot anglais sur supersport, une chaine suédoise diffusée sur le satellite astra . Les fans se souviendront que la seule année où MU a perdu le titre, c’est lorsque Canto a été suspendu . Il revient en Octobre, MU est à la rue ( 13 pts de retard je crois ) et, à lui seul, il gagne le championnat ; et par dessus le marché, il marque le but lors de la finale de la cup .
          Par contre, on pourra lui reprocher son niveau en coupe des champions mais sa science du placement sur un terrain était indéniable.


          • Maxime Gutierrez merguez81 19 mars 2014 09:10

            Je veux juste signaler que je suis le plus grand admirateur de cet homme qui, au niveau du talent, n’a pas grand chose à envier à ceux que l’on considère comme étant les meileurs joueurs de l’histoire de ce sport. 

            Cet écrit est juste tourné de manière ironique, humoristique, en hommage à Canto. Il n’est en aucun cas à charge, enfin j’ai du rater quelque chose pour que vous pensiez que si !
            Prochain épisode sur Gerd Muller..

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Maxime Gutierrez

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