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Accueil du site > Culture & Loisirs > Sports > Chaines de télévision vs droits de retransmission

Chaines de télévision vs droits de retransmission

Depuis quelques temps, les grandes chaines de télévision françaises ne cessent de se plaindre de l’augmentation des droits de retransmission des rencontres sportives. Selon divers spécialistes, acheter des rencontres ou événements sportifs pour les revendre en spots publicitaires ne serait plus un business rentable pour les chaines de télévision.

Depuis quelques temps, les grandes chaines de télévision françaises ne cessent de se plaindre de l’augmentation des droits de retransmission des rencontres sportives. Selon divers spécialistes, acheter des rencontres ou événements sportifs pour les revendre en spots publicitaires ne serait plus un business rentable pour les chaines de télévision.

Daniel Bilalian, directeur de la rédaction des sports de France Télévisions explique par exemple qu’il serait très heureux de rentabiliser en pub ne serait-ce que la moitié des 180 millions d’euros qu’il a dépensé en 2009-2010 pour le sport. Selon lui, la présence du sport sur les chaines est une vitrine, une image de marque qui permet d’acquérir de l’audimat pour d’autres programmes, mais ce n’est pas un moyen de faire des bénéfices en soi. Faut-il vraiment croire ce que nous disent ces chaines de télés ?

Une augmentation réelle

Il y a une chose que personne ne peut nier. Le coût des droits de retransmissions a explosé en dix ans. Canal plus dépensait 122 millions d’euros pour une saison de ligue 1 en 1998. En 2008, c’est sur la somme de 668 millions d’euros par saison que canal+ s’engageait pendant 4 ans.

en millions d’euros

 

Autre exemple, les chiffres de la dernière Coupe du Monde. TF1 a déboursé la somme de 120 millions d’euros pour s’attacher les droits de retransmissions de la Coupe du Monde en Afrique du Sud. La chaine a néanmoins vendu 34 matchs à France Télévision et la totalité des matchs à Canal + en différé, engrangeant ainsi 33 millions d’euros. Le défi était donc pour TF1 de rentabiliser cet investissement de 87 millions d’euros en misant sur des bons résultats de l’équipe de France. Pas de chance, les Bleus rentrent à la maison précipitamment après une prestation pitoyable. Les dirigeants de TF1 s’arrachent les cheveux, mais les chiffres publiés un mois plus tard vont les rassurer.

Le rôle d’internet

Premièrement, contrairement à ce que l’on croyait, le public n’a pas boudé la compétition. Les recettes publicitaires générées par les spots télé ont apporté environ 60 millions d’euros à TF1. Un montant tout à fait honorable, toutefois inférieur à 2006. Mais c’est oublié la publicité online, qui intéresse de plus en plus les annonceurs, jusqu’à atteindre en 2010 près de 11% des investissements publicitaires globaux (voir schéma ci-dessous)

Entre le 11 juin et le 17 juillet 2010, Le site de TF1 a totalisé 35 millions de visiteurs uniques. Les revenus publicitaires n’ont pas été révélés mais une telle audience n’est pas négligeable, quand on connaît le nombre de dispositifs mis en place par TF1 pour générer des revenus sur internet (Bannières, Partenariats en marque blanche, affiliation). Des revenus internet boostés par l’investissement massif des sites de paris en ligne sur le web. Au premier semestre 2010, le CA de TF1 était en augmentation de 14% sur le semestre précédent, ce qui conduisait le première chaine à déclarer que le coupe du monde avait été un « grand succès ».

Les sites de paris sportifs changent la donne

Ces sites de paris en ligne ont donc permis à TF1 de limiter la casse, et même plus, grâce à la fois à leurs investissements dans les spots télé et à leur présence sur Internet.

Mais c’est dans un autre registre que l’on attend ce genre de sites dans les années à venir. Conscients des difficultés des chaines de télévision à suivre les augmentations des droits télés, les sites de paris sportifs pourraient profiter de leurs énormes moyens pour acheter les droits télés afin de les revendre à plusieurs chaines de télévisions. L’intérêt pour eux étant que les évènements sportifs soient suivis par le plus grand nombre (car sur plusieurs chaines publiques, dont plus accessibles) afin que le nombre d’inscrits sur leur site ainsi que le nombre de paris augmentent. En proposant des droits de retransmissions moins chers, ces sites pourraient en outre accroitre leur pouvoir de négociation avec les chaines télés dans l’achat des spots de pub. Une relation gagnant-gagnant en somme.


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5 réactions à cet article    


  • Lisa SION 2 Lisa SION 2 13 novembre 2010 12:38

    Bonjour,

    tout ceci reste bancal puisque tous les chiffres annoncés peuvent très bien suivre les courbes telles qu’elles s’affichent dans le sport. Mais le fait que " la présence du sport sur les chaines est une vitrine, une image de marque qui permet d’acquérir de l’audimat pour d’autres programmes, " Qui croyez vous qui se cache derrière la vitrine du sport, si ce n’est le derrière de ces filles que l’on invite à participer au foot féminin et comme pom pom girls, et que l’on retrouve comme c’est curieux, à poil dans les pubs y compris sur celles d’Orange et M6  !

    Le meilleur marché à entreprendre pour les mafieux qui vérolent le monde de la télé, c’est les filles à soldat ou à sportif, que la baise visible sur le net ne déclare pas à quel point c’est le plus couru des entrainements de troisième mi temps toute la semaine durant.

    La pub est un organe mensonger pour véhiculer le gogo vers son magasin le plus lointain mais désormais sans autre concurrence locale. Son chiffre d’affaire au niveau mondial dépasse les 400000000000 milliards de dollars qu’elle répartit en fonction des pays à inonder en priorité.

    D’ailleurs remplacez le mot propagande par publicité dans le célèbre manifeste à l’usage du fascisme qu’est Mein Kampf et vous serez tout surpris de voir à quel point cela ne change rien au poids du texte d’Adolph Hitler  ! Et pour être franc, ça ronronne.

    Bouder la pub, c’est faire reculer le mensonge institutionnalisé par les marionnettes au pouvoir, mais c’est aussi un acte résistant.


    • asterix asterix 13 novembre 2010 13:25

      Si les retransmissions de grands évènements sportifs s’avèrent non rentables, pourquoi cette surenchère continuelle entre groupes télévisuels pour s’en assurer l’exclusivité ?


      • jymb 13 novembre 2010 15:49

        Deux solutions faciles, pour une fois il y en a :

        - Abandonner ces imbécillités que sont le foot et autres pseudo évènements « sportifs » visant à détourner l’attention des réalités, du quotidien, et abrutir nos concitoyens.

        - Si l’on continue malgré tout à accorder quelque intérêt à ce néant, faire comme pour les reportages : flouter et masquer tous les noms de marque et autres pubs. De manière fulgurante, les« droits » reviendront au nveau réel de l’événement, cest à dire presque rien, et l’amoralité de cette hémorragie pognonesque disparaîtra.

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