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Compétition !

 

Il parait que la compétition, c’est bon pour notre poil. Personnellement, je n’y ai jamais cru. Et les derniers développements du grand cirque du sport — soi-disant près du peuple — me confortent plus que jamais dans mon dégout profond de cette vile émotion qui pourrit immanquablement le sport et le reste de la société avec lui.

Parce que ce n’est peut-être pas le fric qui corrompt l’esprit sportif, la moisissure étant probablement déjà inscrite dans le fameux esprit de compétition, célébré partout, même sur les bancs de l’école.

Alors, en attendant le déferlement mercantile de l’été, je vous propose de lire (ou de relire) cet extrait d’une très belle conférence d’Albert Jacquard, disponible en intégralité sur mon vieux site sur l’éthologie.

Imaginez une société où au lieu d’être en état de méfiance permanente, on est en état de confiance, d’ouverture ! Vous me direz : » oui mais alors on va tout perdre au début… » Peut-être… ce n’est pas sûr, c’est pas sûr ! Le fameux tendre la joue, ça n’a jamais été essayé, alors on peut peut-être imaginer que cela pourrait marcher, pourquoi pas. Mais essayons d’être concrets… Je me dis, mais, qu’est-ce qui empêche la société dans laquelle je vis d’appliquer cette règle si simple de l’ouverture à l’autre pour se construire soi ? En cherchant, il me semble que le ver est dans le fruit, car notre société a beaucoup de qualité, je ne le nie pas, nous vivons dans une démocratie, on a le droit de parler etc, je ne dis pas de mal de ma société occidentale, mais je suis bien obligé quand même d’être lucide ! Je veux dire qu’elle a quelques petits défauts ! Et elle a un défaut majeur, le ver qui fait pourrir le fruit, ce ver c’est, il me semble, l’esprit de compétition ! L’esprit de compétition, je regarde l’autre et j’ai peur,et je l’emporte sur lui, et je gagne ! Et on essaie de faire des gagnants ! Mais chaque fois qu’on fait un gagnant, on fait toute une multitude de perdants ! Je n’ai pas le droit de faire des perdants !

Alors de façon immédiate, je m’interroge sur ce qui est le plus beau symbole de la compétition et je ne vais pas chercher bien loin. Il se trouve qu’au mois d’août, il y a les Jeux Olympiques. Or, les Jeux Olympiques, c’est quoi ? C’est la compétition ! Oh, bien sûr, on m’explique qu’à la suite de Pierre de Coubertin, l’important c’est de participer mais pas de gagner. Mais il suffit d’y aller, et j’y suis allé à plusieurs reprises, et regarder pour s’apercevoir que c’est une belle hypocrisie ! Il n’est question que de gagner, on ne demande que cela, on le demande aux athlètes et on le demande aux villes qui se présentent pour organiser les jeux. Vous savez qu’actuellement Paris présente sa candidature pour organiser les jeux en 2012, mais il va s’agir de se battre contre d’autres villes, je sais pas lesquelles, pour pouvoir l’emporter sur l’autre. D’un bout à l’autre les Jeux Olympiques sont le symbole de la compétition, or on a besoin de symbole, mais celui de la compétition, non !

Alors du coup, ce n’est pas pour faire de la pub, mais je suis obligé d’en parler, il se trouve que je me suis dit qu’il faut l’écrire puisque tu le penses mon ami ! Alors j’ai fait un petit bouquin en disant : « Halte aux Jeux » ! Ça m’a appris beaucoup de choses : ça m’a appris qu’effectivement les grands sportifs, les vrais, sont ceux qui ne cherchent pas à gagner. Il se trouve qu’ils ont été bons, ils se sont bien préparés, alors ils courent vite, ils sont heureux, mais au fond ils n’en sont pas si fiers. Du coup, on pourrait leur demander le bel exemple de ne plus chercher à être les premiers. Un exemple comme ceci dans l’histoire des Jeux, j’ai appris ça en écrivant mon livre, en 1952, il y a eu a Stockholm les Jeux et il y a eu la course du 5000 mètres. Et bien, au bout de 4900 et quelques mètres 4 coureurs dont Alain Mimoun qui vit encore chez nous, Zatopek, le tchèque, Chataway, l’anglais et Chander, l’allemand, ils étaient au coude à coude. Aucun des 4 n’arrivait à gagner. On se dit que c’était une histoire tellement belle, s’ils n’avaient pas été mal préparés, ils se seraient dits : » qu’est ce qu’on fait là, moi Mimoun je suis à côté de Zatopek, il est formidable, il court aussi vite que moi, je suis à côté de Chataway, il est merveilleux, je ne vais pas essayé de le vaincre, alors on se prend par le bras et on arrive tous ensemble… » Eh bien, on m’a dit que cette fin du 5000 mètres qui aurait été merveilleuse, elle était interdite par le règlement ! Il paraît qu’on n’a pas le droit !

On n’a pas le droit de faire son maximum pour dépasser l’autre alors qu’on doit faire son maximum pour se dépasser soi ! Alors, du coup, voilà un bel exemple… J’aimerais que, effectivement, les gens comme Mimoun et cie soient capables de courir avec moi, non pas pour que je courre plus vite qu’eux, mais pour m’entraîner à courir plus vite que moi ! Cette histoire est la preuve que le fameux proverbe « il suffit de partager et pas de gagner » n’est absolument qu’une hypocrisie ! C’est que… il suffit de regarder la tête des 4ème. Je ne sais pas si vous vous souvenez le ou la 4ème ? Il pleure tout ce qu’il peut pleurer parce qu’il ne va pas monter sur le podium alors que, très probablement, celui qui arrive 4ème, il vient de réussir un exploit formidable ! Bien sûr, y en a trois qui font mieux que lui, mais quand même, c’est merveilleux ce qu’il a fait ! Mais au lieu d’être content en disant « j’ai encore dépassé mes propres records », le voilà qui pleure parce qu’il ne va pas sur le podium ! Mais de quoi s’agit-il ? Quel âge ont-ils ? C’est de l’infantilisation ! Alors du coup j’ai essayé d’écrire un petit bouquin… N’y croyez plus, ne croyez pas aux Jeux Olympiques ! Croyez à la rencontre !

Arrangez-vous pour que ces Jeux soient une vraie rencontre ! Pourquoi pas ? J’ai eu une longue conversation avec le successeur de M. Samaranch qui était l’ancien patron des Jeux Olympiques, M. (…) maintenant, où il me dit qu’il n’était pas d’accord avec moi. Je m’y attendais ! Mais au fond, il ne m’a pas engueulé et les gens que j’ai rencontrés au musée olympique m’ont tous dit que je travaillais dans la bonne direction car, pensent-ils, il y a deux cancers pour les Jeux : le dopage et le fric ! Et le dopage, à la réflexion, on n’y peut rien ! On n’y peut rien parce que, bien sûr, on peut lutter contre des substances, mais si vous vous souvenez d’une certaine année, les athlètes féminines qui venaient de l’Allemagne de l’Est, la moitié d’entre elles étaient enceintes, enceintes de quelques semaines ou de quelques mois parce qu’on pensait que dans cet état-là elles avaient un cœur qui fonctionnait mieux etc… Bon, ce n’était pas du dopage, ce n’était pas non-naturel pour une jeune femme que d’être enceinte et pourtant on est tous écœurés par ce genre de comportement ! Bien sûr, ce n’est pas sérieux, mais du coup il y a une course actuellement entre ceux qui inventent des produits nouveaux et ceux qui essaient de lutter contre à coups d’interdictions. Mais l’imagination des biologistes sera toujours plus rapide que la réaction des gens qui sortent des règlements. Par conséquent, la lutte contre le dopage, elle est perdue d’avance ! La seule chose à faire, c’est de supprimer la cause du dopage et la cause du dopage, c’est la compétition !

Quant au fric, je n’en parle pas trop, mais il faut savoir que les Jeux Olympiques ont été sauvés par l’idée de M Samaranch de généraliser le sponsoring. Le sponsoring, ce mot français, signifie que le logo des Jeux, vous savez les 5 cercles qui représentent les 5 continents, est associé à l’idée de la pureté de la performance, donc c’est un logo très positif et il y a d’autres grandes entreprises qui ont des logos qui sont nettement moins positifs… Alors pour améliorer l’image de marque de Coca Cola, eh bien Coca Cola achète, très cher, des centaines de millions de dollars, achète très cher le droit de simplement mettre le logo des Jeux à côté, sans rien dire de plus, à côté du logo de Coca Cola ! Et au fond on prend les lecteurs ou les spectateurs pour des imbéciles puisqu’on pense qu’ils diront qu’ils ont vu l’un à côté de l’autre un logo sympathique avec un logo qui l’est moins quand même, celui de Coca Cola. Alors, eh bien, ils aimeront Coca Cola à cause de ça ! Au fond c’est exactement comme si vous aviez un ensemble de jeunes femmes aux vertus plutôt douteuses. Alors, pour prendre la photo, vous mettez devant une jeune fille à la pureté absolue. Alors on dit que la pureté de la jeune fille du milieu va rejaillir sur l’opinion qu’on aura des jeunes femmes qui sont autour… C’est vraiment se moquer du monde ! C’est nous tromper sur la marchandise et du coup le sponsoring devrait être totalement interdit !

Du coup, aussi, eh bien on peut imaginer un monde, pourquoi pas, peut-être par pour ce siècle-ci, quoi que… vraiment, pourquoi pas, un monde où progressivement on écarterait le goût de la compétition… On dit, pour me donner honte, puisque je suis biologiste, on me dit, mais « au cours de l’évolution, c’est grâce à la compétition que les espèces peu à peu se sont améliorées ». En tant que généticien, je dis non, c’est faux ! On vit sur une vision beaucoup trop simplette du darwinisme qui nous fait croire que ce sont toujours les meilleurs qui l’emportent. Ce n’est pas vrai ! Le meilleur exemple, je l’ai évoqué, c’est nous, les êtres humains : en tant que primates, on n’est pas beaux, on est plutôt ceux qui auraient dû disparaître ! Si vous regardez les hommes avec l’œil d’un chimpanzé ou d’un gorille, vous dites : » qu’est-ce que c’est ces pauvres gens qui savent même pas grimper dans les arbres et dont les bébés naissent de telle façon qu’il y en a les trois quart qui vont mourir avant quelques semaines ! » Autrement dit, ils sont condamnés d’avance… On n’a pas été condamnés parce que, justement, la sélection naturelle n’est pas le seul mécanisme.

Source (et intégralité de la Conférence à Vanosc (Ardêche)) : Le monde selon Albert Jacquard


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137 réactions à cet article    


  • Etbendidon 11 juin 10:05

    ah ah ça me rappelle en 1998 la coupe du monde de Fouteballe organisée en France
    Tous les pseudos intellos montaient au créneau : Que va t-on pouvoir faire pendant cette coupe ?
    * il y avait meme des affiches
    Et pi : la france passe les poules (les intellos continuent leur cinoche)
    Et pi : la france arrive en 1/4 (de moins en moins de cinoche)
    Et pi : la france arrive en demi finale (les femmes commencent à s’intéresser)
    Et pi : La France est en finale, on commence à pavoiser , ça cause et ça bibine
    ^^
    ET pi LA FRANCE DEVIENT CHAMPIONNE DU MONDE
    cocoricoooooooooo
    tut tut tut tut tut les klaxons toute la nuit
    les champs élysées boum boum
    Et .....
    Les intellos qui découvrent la potion magique : la FRANCE qui gagne c’est la FRANCE BLACK BLANC BEUR
    Et pi et pi regardez ce que ça a donné
    sacré intellos
     smiley


    • jocelyne 21 juin 18:09

      @Etbendidon
      total hors sujet (comme souvent)


    • petit gibus 11 juin 10:39
      Ah la culture du premier ! ! !
      Depuis l’école maternelle ,
      on nous dope à cette connerie
      Il faut posséder l’intelligence de l’esprit
      et du cœur d’un Albert jacquard
      pour ne pas se laisser trop intoxiquer

      • Aristide 11 juin 11:44

        @petit gibus

        Les réactions de bisounours qui croient que le monde est gentil et que nous sommes tous égaux. Certains plus égaux que d’autres.

        Cela fout les chocottes de voir plonger les neuneus dans cette recopie d’un article de Jacquart qui devait ne pas être en forme. c’est vrai que ces billets sur France Culture valaient pour leur incongruité, là il en fait des tonnes sur la niaiserie égalitariste.



      • petit gibus 11 juin 12:46
        @Aristide

        Si traiter de bisounours tous ceux qui n’adhèrent pas à ton idéal de société
        permet de te conforter dans le choix de tes valeurs ....
        Je trouve ton argument assez primaire
        Mais bon personne ici demande à ce que l’intelligence
        tout comme la niaiserie soit uniformément partagée

      • Aristide 12 juin 11:50

        @petit gibus


        Tu vois bien : dans ton jugement à mon égard tu admets que nous serions inégaux, toi super intelligent et moi un niais de championnat.

        Comme quoi, mon raisonnement sur le constat d’un inégalité indépassable n’est pas si primaire que cela. 

      • César Castique César Castique 12 juin 15:37

        @petit gibus

        « Si traiter de bisounours tous ceux qui n’adhèrent pas à ton idéal de société... »



        Ce sont les bisounours qui cultivent un idéal de société - ceux qui prennent leurs désirs pour des réalités, en se complaisant dans le déni et dans la dissonnance cognitive. Ceux qui regardent les réalités humaines en face, font avec et ne peuvent donc pas avoir d’idéal de société.

      • Jason Jason 11 juin 10:50


        Billet que je viens de donner sur : DU PAIN ET DES JEUX. « Ave Caesar, morituri te salutant », juste au-dessus du vôtre.

        Le football n’est qu’une gigantesque entreprise financière. Les contribuables paient à hauteur de dizaines de milliards des stades qui ne sont que des supports à des spectacles qui ne bénéficient en fin de compte qu’à la seule FIFA, laquelle empoche des droits de diffusion énormes, des profits de produits dérivés et ceux de la billetterie. A cela s’ajoute le commerce des joueurs (le fameux « mercato » entre autres) par le truchement d’un petit système spéculatif appelé TPO, Third Party Ownership, grâce auquel des financiers achètent, à hauteur de millions, des droits de propriété sur les coûts des joueurs lors des transferts d’un club à un autre. C’est ainsi qu’on a pu voir un joueur acheté à un club 4 millions, puis revendu 12 millions au club suivant. Profits juteux pour les actionnaires/propriétaires. Les jeux sont organisés souvent de manière à faire monter le prix de certains joueurs.

        En bref, le football n’est qu’une gigantesque pompe à finance, et ce sport (si on peut l’appeler ainsi) n’est qu’un spectacle truqué pour écervelés-contribuables-consommateurs, qui se font tondre très discrètement et de façon tout à fait opaque.

        N’oublions pas aussi que les profits de la FIFA lors de l’Euro aujourd’hui, ne seront soumis à aucun impôt. Un cadeau de plus à la corruption ambiante.

        Mais quel Parlement oserait légiférer contre cette superbe machine si parfaitement pourrie ?


        • Aristide 11 juin 11:30

          @Jason


          Sur les bénéfices des sociétés internationales, les salaires des PDG, les revenus des actionnaires milliardaires rentiers, les revenus des rentiers de l’immobilier, les plus value lors d’acquisition de société par Google et autres grandes industries, ...

          En fait, c’est surement le fait que ce soient des footeux, souvent issus de milieux défavorisés, qui puissent aller saloper le grand marché mondial. Comment expliquer cette haine du foot. Ses abus indiscutables et ses margoulins qui traînent ? Pas plus que dans les autres secteurs de la vie économique.

          Je serais toujours étonné que l’on stigmatise un joueur de foot mais que l’on ne se permettrait jamais de remettre en cause les revenus d’acteurs, musiciens, chanteurs, artistes ... 

          C’est vrai que ces mous du bulbe que sont les footballeurs renvoient une image du peuple assez désagréable, ils pataugent dans les mêmes palaces, ils épousent les mêmes amatrices de fric, ...



        • Jason Jason 11 juin 11:53

          @Aristide

          « Comment expliquer cette haine du foot. »

          Le foot reste un sport, mais ses manifestations sont complètement gangrenées par une finance hypertrophiée, hantée par la corruption et les trafics divers. Illustration quasi emblématique du libéralisme économique.

          Je ne déteste pas le foot en soi, mais ce que la finance en a fait.


        • Aristide 11 juin 14:04

          @Jason


          C’est bizarre que vous n’appréciez pas un sport que vous aimez au prétexte qu’il y aurait de l’argent. Je ne sais comment vous faites pour choisir un film, les acteurs remplissent les journaux de leurs débordements, est ce que cela enlève un once de talent à des Depardieu, et autres acteurs médiatiques.

          Je sais qu’il est de bon ton de ne pas aimer le foot, tellement populaire, cette volonté qui réunit tous ceux qui veulent s’en extraire me parait assez déplorable.

        • Jason Jason 11 juin 18:47

          @Aristide

          Vous avez parfaitement le droit de fermer les yeux sur la corruption et les trafics du football. S’il n’y a rien à faire, il y a toujours à juger, à refuser d’être complice.

          Je respecte ce sport, mais je n’accepte pas ses dérives. Jusqu’où le public est prêt à aller pour un spectacle ? Surtout si ce public, dans bien des cas feint d’ignorer le dessous des cartes. Dans ces cas-là, pour l’amour du spectacle, on peut aussi accepter le dopage. Pourquoi pas, si le spectacle est beau ?

          Quant à le comparer avec l’industrie du cinéma, vous allez trop loin.


        • Aristide 12 juin 11:57

          @Jason


          Vous avez des écœurements sélectifs, pas touche au cinéma et à ses stars qui défilent sur des tapis rouges ou devant des panneaux publicitaires, reçoivent des cadeaux somptueux pour leur simple présence à une inauguration, ... 

          Sur le dopage, il parait que la consommation de produits illicites n’est pas l’exclusivité des footeux et autres cyclistes, il parait même que des chanteurs de petite taille se sont fracassés pour creer, d’autre en usent pour aider à la création, ...

          Décidément, avant de me donner des leçons de lucidité, je crois que vous devriez aussi essayer d’enlever vos œillères.

        • Jason Jason 12 juin 12:18

          @Aristide

          Désolé, mais le cinéma et son financement (en France du moins) n’a pas un système aussi complexe et aussi tordu que la FIFA.


        • Aristide 12 juin 12:41

          @Jason


          Ah bon, quand on prélève sur mon disque dur de sauvegarde pour la copie des oeuvres, quand les chaines publiques financent avec la redevance des navets, quand le CNC finance les « oeuvres » de n’importe quel loulou, et l’avance sur recettes, .. ;

          Quand les produits placés, bagnoles, aliments, habits ... sont exhibés, quand les régions et autres fournissent gratuitement des services, mêmes les flics et gendarmes fournissent leur aide, blocage de voies publiques, figuration, ...


          Je n’accuse pas le cinéma de quoique ce soit, si le film est bon. Mais essayer de faire passer ce milieu comme exemplaire pour mieux accuser le foot est assez incompréhensible.

          Vous avez le droit de détester le SPECTACLE du foot et préférer le SPECTACLE du cinéma, il ne me viendrait pas à l’idée de vous traiter d’abruti ou d’ignare sous prétexte que vous croyez à ces scénarios merdiques qui soutiennent le système en place, vante le patriotisme etc ... 




        • Fifi Brind_acier Fifi Brind_acier 12 juin 21:20

          @Aristide
          « Euro 2016 : quand Nike et Adidas payent les salaires toujours plus bas »...

          " Combien d’ouvriers vietnamiens vaut Cristiano Ronaldo, sponsorisé par Nike ?
          Combien d’ouvriers chinois vaut l’équipe d’Allemagne, sponsorisée par Adidas ?

           L’Euro 2016 s’accompagne de son déluge de dépenses publicitaires et de sponsoring de la part des grandes marques d’habillement sportif.

          Basta ! et Alternatives économiques se sont intéressés à ce qui se passe à l’autre bout de la chaîne, du côté des ouvriers qui confectionnent chaussures et maillots pour joueurs et supporters.

           Malgré les grandes déclarations sur leur « responsabilité sociale », les grandes marques sont plus que jamais engagées dans une course perpétuelle au moins disant social.

          Ils quittent désormais la Chine — où le salaire moyen connaît une certaine progression — pour des contrées où le « coût du travail » est encore plus faible."


        • Jason Jason 13 juin 15:55

          @Aristide

          Mais quelle mouche vous a piqué ? Ce n’est pas moi qui ai mis en avant la comparaison avec le cinéma. Vous vous égarez complètement, et je le répète, la comparaison que vous faites ne s’applique pas du tout.

          Passez vos frustrations sur quelqu’un d’autre.


        • Aristide 11 juin 11:21

          C’est assez bizarre que dès que l’on parle de compétition, le sport est là avec toutes ses inimitiés, ses antis et pros, son argent, ...


          Peut être serait-il intéressant de voir que la compétition produit ce l’on appelle la méritocratie, celle qui permet de ne pas figer la société dans une échelle des valeurs immuables. 

          Amis bon, il n’est pas étonnant que cette caricature de la compétition soit illustré par le sport, le foot ou les jeux olympiques. Si on prenait les arts la démonstration serait moins évidente, comment donc des Picasso, Manet et autres Mozart, Bach ne seraient que des peintres et musiciens au milieu de milliers d’autres.

          Cette hymne à l’égalitarisme de salon aboutit à une médiocratie et à un immobilisme qui interdit tout dépassement de soi.

          • Monolecte Monolecte 12 juin 09:48

            @Aristide
            La méritocratie a beaucoup plus à voir avec les règles de la succession et de la reproduction sociale que celles du travail et des compétences.
            L’idée est de faire croire que seules comptent les qualités personnelles, alors même que ce qui sanctionne la réussite (et donc le mérite), c’est le statut social, lequel est fortement corrélé au capital financier et scolaire des parents.
            Si pour le capital financier, il y a assez peu de doute sur le manque de mérite d’hériter du pécule familial, le mythe de l’égalité scolaire est encore tenace, quand bien même tout prouve depuis des années que l’école est redevenue une machine à sélectionner, à trier et à éjecter au sein de laquelle le capital financier et culturel des parents est capital.

            En gros, la méritocratie est le storytelling par lequel les classes supérieures prétendent légitimer leur domination et leur accaparement des ressources sous prétexte que eux, ils le vaudraient bien.

            Le deuxième effet Kiss Cool, c’est de justifier les inégalités sous prétexte que les pauvres aussi, ils l’ont bien mérité leur place.

            Le tout est un discours justifiant une société conservatrice construite autour, précisément, de l’héritage et de l’entre-soi.


          • Aristide 12 juin 11:12

            @Monolecte


            Allons donc, il n’y aurait donc aucun « selfmade man » aucun cadre qui serait issus d’une famille ouvrière, aucune réussite due au travail à la prise de rsiques. Tout serait donc lié à la fortune et la position sociale. Nulle personne ne pourrait améliorer sa situation par son travail, son talent, ... 

            C’est bizarre cette généralisation à toute la société de ce qui existe bien évidement. Qu’il y ait une part de reproduction sociale est une évidence. Une part est aussi laissée à la méritocratie. 





          • tf1Groupie 12 juin 11:34

            @Aristide

            C’est d’ailleurs le contraire qui est l’évidence : il n’y a pas beaucoup plus égalitaire qu’une compétition sportive.
            Combien de sportifs ont réussi uniquement grâce à Papa et Maman ?

            Combien se sont extraits d’un milieu social défavorisé grâce au foot ?

            Le chronomètre est égalitaire, il n’est pas bouffé par un tas d’ideologies prétendant aimer l’homme pour mieux le mettre en cage.

            Pourquoi détester des valeurs tels que le dépassement de soi, l’encouragement à l’effort et au progrès, la valorisation de l’investissement personnel ?

            Bientôt on va nous dire que le progrès c’est mal ...


          • Monolecte Monolecte 12 juin 12:33

            @Aristide
            Le mythe du « selfmade man » est lui aussi très rigolo a décortiquer par les faits.
            Reprenons le bon vieux Billou qui, nous raconte-t-on, a bâti son empire du fond du garage de ses parents. Le coup des 3 gus dans un garage est un mythe très connu du storytelling, un peu comme Messier et ses chaussettes ou même Léa Seydoux qui a cru pouvoir raconter sans rire qu’elle avait fait « l’école de la vie » smiley. En gros, on a des gens qui ont généralement disposé depuis leur tendre enfance de ressources non négligeables, que ce soit en termes de possibilités éducatives, de réseau et de subventions familiaux, de confort matériel, en gros de moyens assez importants apportés par des milieux favorisés et qui te racontent ensuite qu’ils se sont fait tout seuls.

            Dans les faits, on n’a pas 1% de gosses d’ouvriers ou de SMICards dans les chambres parlementaires, ils sont infiniment peu par rapport à leurs effectifs à pouvoir accéder à des diplômes favorisant l’ascension sociale, à des métiers valorisés, à des postes à responsabilités. Les quelques uns qui y parviennent au prix d’efforts totalement démesurés sont plus souvent issus de la classe moyenne qui appuie sur la modestie pour tenter de créer l’exemple.

            Dans les faits, tout le talent du monde peine à contrebalancer les effets dévastateurs de n’être pas né au bon endroit et au bon moment. Et dès le départ, les conditions de vie ne sont que des obstacles à l’expression de quelque capacité que ce soit.

            Là aussi, les données sur les structures sociales sont terriblement loquaces quant au caractère déterminant de l’héritage, du milieu, de l’argent dans la trajectoire des personnes.

            Et c’est pour pour cela que les classes dominantes passent leur temps à créer des récits sur la méritocratie, sur les gens qui se font tous seuls, l’égalité des chances et toutes ces légendes qui n’ont d’autres objectifs que de légitimer leur domination sana partage et de détourner la masse des perdants du bonneteau d’une bien plus légitime remise en question du fonctionnement global de la machine à transmettre entre soi et à exclure tous les autres.

            Après, bien sûr qu’il y a quelques gueux qui arrivent… mais rarement à des positions clés, et rarement de manière indéboulonnable : « obéis, sois notre idiot utile (voire notre bras armé) ou nous te renvoyons dans la fange dont tu as cru pouvoir t’extraire par ses seuls mérites. »

            Le surdéterminisme de ta classe sociale d’origine dans la trajectoire des personnes est l’un des faits sociaux les mieux documentés de notre époque.


          • Monolecte Monolecte 12 juin 12:36

            @tf1Groupie
            Ce n’est pas comme si le monde du sport était gangrené par la corruption ou le dopage, hein ? smiley


          • Aristide 12 juin 12:54

            @Monolecte


            Cette vision binaire d’une sociologue m’étonnera toujours, il me semble que la réalité est plus complexe et surement plus difficile à décrire que cette caricature sans concessions d’une société sclérosée. La méthode est assez contestable de choisir quelques exemples pris dans les réussites les plus médiatiques pour essayer de démontrer que tous les ingénieurs, cadres et autres créateurs d’entreprises seraient des privilégiés.

            C’est bizarre de poser des postulats sans autre démonstration que la vision simpliste marxiste dominants dominés. Je sais que la discussion est sans fin sur ce sujet, le marxisme est indépassable, on peut lui opposer qu’une classe moyenne très large et très diverse s’est immiscée entre les dominants et les dominés. Il sera impossible de se mettre d’accord sur ce fait.

          • rocla+ rocla+ 12 juin 13:11

            @Monolecte


            L’ ascension  sociale  est un truc pour demeurés transis . 



            Parler de gueux à votre niveau de spiritualité de gauche montre beaucoup . 

            Si vous ne le savez pas , ou si vous l’ avez oublié  tous les humains
            méritent respect .

            Vrai que dans le milieu de la gauche ce n’ est pas le talent qui compte .

            Une grande majorité des fonctionnaires sont de gauche , et ce n’ est 
            pas par hasard  que si on est un gland , une nul , une tache , l’ administration 
            continue à vous verser  l’ obole .

            Dans la vraie vie , celle où vous êtes véritablement sanctionné pour 
            vos capacités ,  l’ incapable se fait virer  ipso-facto , sauf contraintes de la 
            même gauche gréviste et fasciste ....

            Dans l’ artisanat le talent est reconnu . un bon cuisinier plâtrier boulanger 
            et cent autres métiers  on y reste par amour  du métier , pas pour des 
            avantages acquis . 

            Beaucoup quittent le métier car on y fait beaucoup d’ heures , on sue la transpiration 
            ceux  qui restent aiment leurs job . 

            Votre  discours  est prévariqué  par votre idéologie de caricatures à deux 
            balles .

            J’ ai un copain boulanger , son père travaillait chez comme ouvrier et 
            cultivait des pêchers . 

            Pas le gus qui roulait en Torpédo .

            Il a pris une boulangerie en 1972 , développé son affaire , il a une multitude de
            magasins . 500 employés qui ont pour beaucoup construit leur maison 

            Pour se faire plaisir , vers ses 55 ans il a racheté une source . 

            L’ exploitation va commencer dans quelques semaines . 

             Il est entré en bourse au mois de janvier . 

            J’ espère que jamais , malgré le plaisir à litre vos billets  , je n’ aurais un système 
            de pensée identique au vôtre . 

            Le satut social est  juste un concept pour idiots congénitaux .

            Cordialement à vous .



          • tf1Groupie 12 juin 13:18

            @rocla+

            Ce que d’aucuns appellent un « ascenseur social » n’existe pas .
            Il faut en réalité parler d’escalier social : c’est à chacun de faire l’effort de l’emprunter ou non.

            Faire l’ascension par ses propres moyens est la meilleure manière de se rapprocher du sommet, et en plus c’est écologique.

            Ceux qui se tournent les pouces en attendant qu’ont viennent les chercher critiqueront toujours ceux qui gravissent les marches, parce que monter c’est forcément créer de l’inégalité.


          • tf1Groupie 12 juin 13:27

            @Monolecte

            Qui a dit le contraire ?

            Mais des corps gangrénés il y en a partout, alors vous jetez le bébé avec l’eau du bain.

            Pour un dopé vous allez insulter 100 sportifs biens. Je pourrais faire pareil avec les syndicalistes.

            Si vous vous intéressez au sport de haut-niveau vous êtes forcément consciente de ce que le sport de haut-niveau apporte à la médecine .... et donc à tous !

            Le sport est d’abord et surtout « gangréné » par la générosité et les initiatives personnelles.

            Le cauchemar pour moi ce n’est pas le sportif de compétition, c’est l’Homme Nouveau.
            Vous savez aussi que c’est l’idealisme forcené qui a le plus contribué au dopage, non ?


          • rocla+ rocla+ 12 juin 13:30

            @tf1Groupie


            Sans parler que dans l’ ascenseur  social il y en a 
            beaucoup qui appuient  sur le bouton sous-sol .

            Il y a bien d’ autres trucs à réussir aussi dans la vie . 

            Une vie de couple  qui marche . 

            Des enfants avec lesquels reigne l’ harmonie . 

            Avoir des passions , voilà le mot . 

            Le restant c ’est des variables .


          • Monolecte Monolecte 12 juin 13:53

            @rocla+
            Je suis une gueuse, je peux donc en parler.
            Dans la vraie vie, je suis toujours espantée par le nombre incroyable d’incapables qui se maintiennent en place, leur capacité de survie étant fortement corrélée à leur absolu manque de scrupules.


          • Monolecte Monolecte 12 juin 14:03

            @tf1Groupie
            Tous ceux qui sont au sommet vous le diront : la façon la plus efficace d’y arriver est encore de s’y faire héliporter.
            Et il ne faut pas ensuite hésiter à tirer à vue sur tous les gros naïfs qui pensent arriver au même résultat en grimpant à la corde à nœuds depuis le sous-sol…

            Cela dit, la compétition sur les marchepieds du bas est très utile : pendant que les piétons s’y entretuent pour un degré de mieux, ils sont trop occupés pour grimper réellement et voir le ballet des hélicos au sommet !


          • Monolecte Monolecte 12 juin 14:12

            @tf1Groupie
            Bon, admettons gentiment qu’il y a 1 dopé pour 100 honnêtes.
            Quel est LE principe de la compétition sportive ? Gagner.
            Donc qu’est-ce qui se passe dans votre exemple ?
            Le dopé gagne. Il a les sponsors, le pognon et la médaille.
            Que font les autre sportifs ?
            Ils vont se doper, parce que l’essentiel, c’est de gagner.

            On peut dire que le dopage c’est vilain, mais le mieux dopé gagne. Donc, on se dope.
            Et sans dopage, comment faire du spectacle et continuer à faire tomber les records ?
            Parce que c’est bien ça qui se cache derrière le candide : « repousser les limites ».

            Donc, ça ne peut pas marche, le mythe d’un sport plein de pognon en enjeu avec que des types honnêtes qui sont juste portés par l’esprit du geste. Parce qu’il y a compétition et sanction.

            Sinon, je vois bien la différence parce que je pratique (très logiquement) un sport sans compétition.
            Mais comme le fric pourrit tout, les équipementiers sont en train de se tirer la bourre, de vouloir créer des événements, avec donc envie d’avoir des figures emblématiques, donc des champions, donc des gagnants, donc compétition et donc, à la marge, on sent arriver les emmerdes dans un sport basé sur la confiance et la coopération.


          • tf1Groupie 12 juin 14:15

            @Monolecte

            La caricature n’est pas spécialement ma tasse de thé.
            Combien de compétiteurs tuent leurs concurrents ?

            Je note que vous prétendez bien connaitre « ceux qui sont au sommet ».

            Vous aviez certainement plus de chances de réussir personnellement que Lilian Thuram ou Karim Benzema. Vous devez pensez qu’en bonnes racailles des cités ils ont volé leur hélico !!

            Peut-être avez-vous choisi de ne pas tirer parti de vos talents, cela aurait été inégalitaire envers d’autres moins favorisés que vous par la nature, cette vilaine méchante nature.


          • tf1Groupie 12 juin 14:19

            @Monolecte

            Ben non, le mieux dopé ne gagne pas .

            Ou dans certains cas il gagne et puis il se fait condamner après.

            C’est juste comme dans la vraie vie : il y a des tricheurs.

            Même chez les communistes, même chez les catholiques, même chez les syndicalistes, même chez les associations humanitaires, même chez les benevoles, les blogueurs désintéressés etc, etc ...

            C’est la vraie vie qui vous intéresse ?


          • Fifi Brind_acier Fifi Brind_acier 12 juin 21:28

            @Monolecte
            Vous avez raison, c’est ce que j’ai constaté pendant les années mitterrandiennes, sans doute pas totalement disparues, chez bon nombre de responsables politiques et syndicaux de Gauche.
            Leur aide précieuse à l’élection de Dieu, a été bien récompensée par des postes de promotion, si possible avec logement de fonction, qui avait bien plus de liens avec leurs actions politiques, qu’avec leur mérites professionnels...
            Un peu comme a toujours fait la Droite, si vous voyez ce que je veux dire...


          • Jason Jason 13 juin 16:01

            @Aristide

            Cette expression qu’on entend partout : « dépassement de soi » est tellement usée et dénuée de sens. C’est tellement narcissique !

            Quelqu’un peut-il expliquer de quoi il s’agit ? Je n’y vois qu’un dépassement de l’autre, au mieux.

            Sortons des lieux communs, le sport vaut mieux que ça.


          • Auxi 13 juin 16:05

            @Monolecte
            Si tu te lances dans une compétition de connerie contre TF1 Croupi et Raclure+, tu n’as pas l’ombre d’une chance de gagner, même dopée jusqu’aux yeux.


          • Frédéric Van der Beken Frédéric Van der Beken 13 juin 18:30

            @Aristide
            Allons donc, il n’y aurait donc aucun « selfmade man » aucun cadre qui serait issus d’une famille ouvrière, aucune réussite due au travail à la prise de rsiques
            J’en connais un : Bernard Tapie smiley


          • Sarah Sarah 11 juin 11:35

            Bravo pour cet article !

             

            À mon avis sont responsables de cela, dans l’ensemble des activités humaines, ceux qui acceptent d’entrer dans le jeu de la compétition.

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