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Accueil du site > Culture & Loisirs > Sports > Corées : place au foot

Corées : place au foot

Sept ans après, retour au Sangam World Cup Stadium, où j’avais assisté à la victoire logique du Sénégal face à un bien pitoyable champion en titre à l’occasion du match d’ouverture de la Coupe du Monde 2002 (France - Sénégal 0-1).

Dans une atmosphère bon enfant mais un poil plus tendue que lors des précédentes éditions, le choc entre Corées a débouché sur une victoire à l’arraché du Sud : 86e mn - coup franc décalé de Kim Chi-woo, entré en jeu quelques minutes plus tôt. Séoul repasse donc devant Pyongyang dans la course à la qualification pour la Coupe du Monde 2010 avec 11 points contre 10, l’Arabie Saoudite demeurant dans la course avec 10 points suite à sa victoire face aux Emirats Arabes Unis.

Le derby coréen a tenu toutes ses "promesses" : fermé, crispant et serré jusqu’au bout, les rouges du Sud contrôlant les rouges du Nord la plupart du temps, et la Corée du Nord profitant de la moindre occasion pour balancer son missile Jong Tae-se vers le but de Lee Woon-jae.

Fidèle à sa réputation, Jong Tae-se affiche une vitesse d’exécution proprement foudroyante : ce numéro 12 démarre comme une fusée et effectue un pivot sur lui-même en un éclair. Pas étonnant que la Corée du Sud et le Japon nourrissent des regrets à son égard : né à Nagoya, Jong a renoncé à la nationalité sud-coréenne pour rejoindre le Nord tout en restant à l’Ouest - ou plutôt à l’Est, puisqu’il évolue au Kawazaki Frontale (son frère jouant pour sa part en Corée du Sud). Puisqu’il ne reconnait pas officiellement le Nord comme un pays, le Sud n’a toujours pas avalisé la "trahison"... mais la FIFA a accordé sa bénédiction à l’union. Pour le plus grand bonheur de son compère en sélection Hong Yong-jo, le très technique maître d’orchestre (pour le coup, un enfant de Pyongyang jouant au FC Rostov).

Entre les deux stars de l’équipe (numéros 12 et 10), le très microscopique Mun In-guk (numéro 11) a correctement complété un triangle d’attaque parfaitement rôdé : pas de temps perdu à la récupération, le ballon part instantanément vers l’avant et dès la première minute, le toujours plus rondouillard Lee Woon-jae doit s’employer sur un violent tir de loin. Le portier sud-coréen sauvera également son équipe en début de seconde mi-temps sur une tête de Jong enchaînée par une reprise sur le poteau.

Il a fallu attendre l’heure de jeu pour voir des actions franches en faveur des Guerriers Taeguk, et un coup franc assez chanceux pour sceller un match néanmoins largement contrôlé par la Corée du Sud. Solide en défense et collectivement supérieure, l’équipe a paru très empruntée en attaque. Les tauliers Park Ji-sung, Lee Won-jae et Lee Yong-pyo ont pourtant assuré le métier avec sobriété et autorité - le Mancunien m’a franchement impressionné par sa défense debout dans une course le long de la touche et par sa résistance aux chocs : visiblement, le capitaine de la sélection doit soulever pas mal de fonte les jours de pluie. Mais sur le front de l’attaque, seul Park Chu-young bougeait pour offrir des solutions au porteur du ballon. Son partenaire Lee Keun-ho, toujours à la recherche d’un club, n’y était visiblement pas... et c’est d’ailleurs lui qui a cédé sa place au buteur du jour. Quant au toujours aussi prometteur Ki Sung-yong, s’il a régalé le public par ses grigris et talonnades, il a franchement déçu sur ses points forts habituels : qualité des centres et des coups de pieds arrêtés, accélération du jeu...

Après un premier quart d’heure très solide, le Nord a pour sa part abandonné le milieu à ses cousins, repris du poil de la bête en fin de première et début de seconde, et perdu pied le dernier quart d’heure, enchaînant passes mal ajustées et fautes de fatigue. Au vu du match, cette sélection peut nourrir des regrets mais elle a surtout affiché ses limites.

Mon rêve de voir les deux Corées participer à la grande fête du football en Afrique du Sud l’an prochain semble plus lointain. Tout se jouera le 17 juin dans le choc Arabie Saoudite-Corée du Nord... à moins que la DPRK ne sombre dès le 6 contre l’Iran au Kim Il Sung Stadium.

La Corée du Sud paraît en bien meilleure posture : elle vient d’enchaîner deux victoires chargées de symboles sur l’Irak et la Corée du Nord et si elle gagne aux Emirats le 6, elle pourra probablement se permettre de perdre l’un de ses deux derniers matchs à domicile (Arabie le 10, Iran le 17).

Bon. Ce calendrier pourrait être quelque peu chamboulé dans les jours à venir : la Corée du Nord a annoncé pour le 4 au 8 avril une mise en orbite de satellite fortement suspectée de masquer un test de missile longue portée. Et pour peu que ça dégénère (les Etats-Unis et le Japon se sont déclarés prêts à intervenir en cas de tir de missile), même les gants du bon vieux Lee Woon-jae n’y pourront pas grand chose.

— -
initialement publié sur footlog et blogules.

 


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7 réactions à cet article    


  • stephanemot stephanemot 2 avril 2009 11:03

    La pillule est visiblement difficile à avaler pour Pyongyang, qui prétend qu’un but Nord-Coréen n’a pas été validé (la tête de Jong pourtant sauvée par Lee), et que ses meilleurs joueurs ont été empoisonnés avant le match. Si c’est vrai, j’ai hâte de voir jouer Jong quand on lui aura administré un antidote !


    • Georges Yang 2 avril 2009 11:37

      Le foot ball asiatique n’intéresse guère le public occidental (et africain d’ailleurs)
      C’est domage, car il existe de belles individualités. Et puis les 2 Corée ont réussi l’exploit de sortir les italiens en coupe du monde en1966 et en 2002


      • Yannick Harrel Yannick Harrel 2 avril 2009 15:38

        @Georges Yang

        Bonjour,

        C’est relativement dommage ce désintérêt pour les ligues professionnelles d’Asie. Qui se souvient par exemple qu’Arsène Wenger a débuté sa carrière à l’international non à Arsenal mais au... Nagoya Grampus Eight (Japon) ? Une coupe et une place de dauphin en une saison lui offriront le strapontin idéal pour l’un des plus grands clubs Anglais.
        Le championnat Chinois apprend au gré des professionnels étrangers qui peuplent son championnat, peut-être pas des pointures de premier ordre mais des vétérans endurcis par les compétitions comme Mauricio Wright, Jorge Luis Campos, Vaclav Nemecek ou encore Emmanuel Olisadebe (le premier joueur noir de l’équipe de Pologne).

        La troisième place de Gamba Osaka (Japon) au dernier championnat du monde des clubs montre que le niveau progresse doucement mais sûrement...

        Cordialement


      • stephanemot stephanemot 3 avril 2009 02:08

        la K-League de Coree du Sud a ete la premiere ligue pro d’Asie des 1983, mais le Japon a investi massivement dans les annees 90 pour organiser la CM 2002 (la Coree lui a finalement arrache le nul dans l’organisation).

        le foot de clubs asiatique comprend deux poles de competitivite : l’extreme orient et le moyen orient. L’arrivee de l’Australie dans la confederation bouleverse la donne et renforce la concurrence. un troisieme pole autour du duo Malaisie-Indonesie pourrait se constituer.


      • LE CHAT LE CHAT 2 avril 2009 11:50

        pas sûr que nos bleus pourraient battre les coréens en ce moment , certains jouent dans de grands clubs européens au plus haut sommet !
        http://www.lequipe.fr/Football/FootballFicheJoueur2000000000000000000001406 0.html


        • ZEN ZEN 2 avril 2009 13:08

          Mieux vaut des coups au but que des échanges de missiles, non ?

          On reconnait ta passion, cher Stéphane.
          Envie de t’engager dans une de ces équipes ?

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