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Coupe Davis 2008 : les joueurs français viendront-ils avec leur coach ?

Dans le but de remettre la France sur le chemin du succès en Coupe Davis, les instances fédérales, sous la houlette de Christian Bimes, prépareraient un train de mesures ; parmi celles-ci, la présence des coachs personnels pendant les périodes de préparation qui précèdent les compétitions.

Aux yeux de nombreux Français, pourtant fans de petite balle jaune, la Coupe Davis ne présente plus le même attrait qu’au siècle dernier. Evénement sportif annuel majeur, au même titre que le Tour de France cycliste ou Roland Garros, elle a perdu de son aura. Et pourtant, ô combien cette conquête du plus célèbre saladier d’argent a pu générer de frissons et de pulsions patriotiques !

Une passion qui a diminué petit à petit

Nul n’a oublié Grenoble en 1982 et ce terrible match entre Noah et Mc Enroe, d’une intensité dramatique incroyable ; ou encore et surtout, cette finale de rêve entre Français et Américains, toujours eux, au Palais des Sports de Lyon en 1991. Tout y était : la qualité tennistique, le suspense, la volonté, l’émotion... en résumé tous les ingrédients qui font l’essence du sport de compétition. Cette alchimie, l’espace d’un week-end, avait fait sombrer dans l’euphorie le public lyonnais, pourtant souvent considéré comme exigeant.

Depuis cette période fastueuse, due à l’omniprésence d’un capitaine emblématique, Yannick Noah, et de joueurs comme Leconte ou Forget qui seraient "morts" sur le court, la Coupe Davis a donné des signes d’essoufflement et la conquête de ce "Graal" n’apparaît plus comme une priorité absolue. Certes, la France a encore posé ses mains sur le trophée en 1996 et 2001, ultime succès au travers d’une belle victoire sur le gazon australien, mais peu à peu l’intérêt paraît s’être étiolé, jusqu’à en faire un événement sportif comme les autres.

Il y a bien eu une finale en 2002 et une demi-finale en 2004, mais depuis, les Français ne passent plus que le premier tour avant d’échouer sur les quarts ; la soif de vaincre semble avoir diminué. On en veut pour preuve la télévision, et en l’occurrence le service public, qui ne retransmet même plus, sur ses chaînes accessibles à tous, l’intégralité des matchs.

Tout le monde a sa part de responsabilité

A cela, on peut imputer le développement à outrance du tennis professionnel, avec des tournois à répétition, des possibilités de gains substantiels et une course au classement ATP, qui font de cet événement par équipes une compétition de plus dans une saison surchargée. Ainsi, les joueurs sélectionnés qui se préparaient dans un esprit commando et arrivaient sur le terrain avec la rage dans le regard ne laissent plus transparaître cette impression furieuse d’envie de "tuer" l’adversaire et donnent même quelquefois une impression de résignation et de lassitude.

Mais les joueurs ne sont pas les seuls "fautifs", l’encadrement chargé de les transcender assumant sa part de responsabilité. On ne peut remettre en cause la motivation et les qualités techniques de Guy Forget en tant que capitaine et chargé de l’équipe depuis 1999. Mais dans la mouvance actuelle sur notre sol national du "Tu gagnes ou tu t’en vas...", a-t-il encore sa place ? Et surtout possède-t-il toujours l’oreille et la confiance des joueurs ? Des dissensions avec certains d’entre eux comme Santoro ou Gasquet laissent la question en suspens !

Un coaching des joueurs à deux têtes

Guy Forget semble de plus être l’instrument des querelles intestines qui minent les conflits d’intérêts entre Christian Bimes, président, et des opposants au sein de la Fédération française de Tennis. Ainsi la Coupe Davis est devenue le jouet d’une lutte de personnes alors qu’elle devrait être le support d’un rassemblement patriotique.

Christian Bimes a donc prévu de présenter de nouvelles mesures ; parmi celles-ci un resserrement de l’encadrement, mais surtout une ouverture pour la participation des coachs privés pendant la période de préparation devançant les rencontres. Que penser de cette mesure qui tend à minimiser le rôle du capitaine ? Vers qui se portera en priorité l’attention du joueur ? Verra-t-on le coach personnel sur le même banc que le capitaine pendant les rencontres ?

Sans aller jusqu’à cette extrémité, d’ailleurs prohibée par la règlement de la Fédération internationale, il semble dommage de ne pas préserver cet esprit de sens collectif qui cimente la cohésion d’un groupe et bâtit les plus belles victoires. De nombreux entraîneurs, notamment en sports collectifs, disent savoir à l’avance le résultat avant un match en fonction de la qualité et de la densité de la période d’entraînement.

De ce fait la présence de coachs privés risque d’être une interférence de plus entre un capitaine et ses joueurs, et entre les joueurs eux-mêmes. On se souvient du problème posé en son temps par Cédric Pioline, qui avait "besoin" de son propre entraîneur. De plus, pour un joueur l’absence de son entraîneur attitré pendant quelques jours peut constituer une forme de "respiration" et le sortir de ses habitudes. De toute façon, la différence entre victoire et défaite se situe avant tout au niveau mental et dans la possibilité de se transcender ; il faut donc un meneur d’hommes et un seul !


La Coupe Davis, comme toutes les rencontres sportives par équipes, est avant tout une question de sublimation et de cohésion de groupe. Certes, des modifications internes sont sans doute nécessaires pour refaire du team France un vainqueur potentiel, mais les interventions extérieures sont le plus souvent génératrices de zizanie.

Après tout, le passionné de tennis ne demande qu’une chose : vibrer, vibrer et vibrer...



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3 réactions à cet article    


  • TSS 2 octobre 2007 14:24

    que C.Bimes commence par s’occuper de son cas personnel !!!


    • Yannick Harrel Yannick Harrel 2 octobre 2007 15:01

      Bonjour,

      Je ne suis pas un grand fan de la petite balle jaune à l’écran, mais j’avoue que j’apprécie de temps à autre de suivre les matchs de Coupe Davis ou les Masters de Shangaï.

      Est-ce que les entraîneurs privés doivent assister leur joueur pendant la préparation de matchs de Coupe Davis ? Là je dois avouer que je m’inquiète foncièrement du rôle futur de capitaine, ce dernier risquerait bien d’être passablement amoindri dans sa capacité de mobilisation et de direction des troupes. Personnellement je crains une dilution de l’autorité entre plusieurs acteurs et même l’apparition de frictions supplémentaires...

      Cordialement


      • Petruknik 2 octobre 2007 21:09

        Je vois cela comme une stratégie visant à em...er Forget. Je pense que celui-ci n’a plus grand chose à prouver. L’utilité de monsieur Mimes me parait plus discutable.

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