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Accueil du site > Culture & Loisirs > Sports > Cyclisme : Tour du Sénégal ou d’une partie du Sénégal (...)

Cyclisme : Tour du Sénégal ou d’une partie du Sénégal ?

Le 10e Tour du Sénégal a commencé le week-end dernier au Maroc, soit à des centaines de kilomètres du Sénégal. Le premier coup de pédale a été donné précisément à Casablanca. En principe, du 30 août au 8 septembre, les cyclistes seront appelés à inhaler, au gré des différentes étapes, le parfum de la gloire mais aussi à endurer la douleur des muscles et les vicissitudes du climat. Après coup, ne serait-ce pas pertinent de s’intéresser un peu à son appellation ?

Officiellement, le Tour est du Sénégal. Il est alors censé faire l’ensemble des régions du pays de la « Téranga », comme logiquement son appellation l’y invite. Mais à y voir de plus près, ce n’est pas le cas. Du moins pour ce qui concerne la dixième édition. Cette édition, inaugurée au royaume chérifien, situé à plusieurs dizaines de kilomètres du Sénégal, a voulu par là-même estampiller un cachet amicalement particulier. Puisque par cette innovation, les autorités du Tour entendent affermir les relations amicales existant entre le Sénégal et le Maroc. Même si cela a été rarement mis en exergue, l’avenir panafricain, et surtout international du Tour du Sénégal, s’en trouve ipso facto amorcé.

Cependant, doit-on africaniser et même internationaliser un événement comme celui-ci, sans prendre la peine de l’enraciner solidement. Senghor ne prônait-il pas l’ « enracinement et l’ouverture ». Vu sous l’angle des équipes qui y participent et, avec les yeux des partenaires étrangers de cette fierté d’un Sénégal moderne, on est sans doute enclin à lui accorder une mention internationale. Ce qui n’est pas faux. Mais pensé à partir de l’intérieur du Sénégal, on est au contraire amené à croire que le « Tour du Sénégal », eh bien c’est plutôt le « Tour d’une partie du Sénégal ».

Cette croyance sera d’autant plus voisine de la réalité que les étapes, toutes les étapes intérieures de la 10e édition, se limitent à une partie du pays de Senghor. En effet, hormis les étapes 1 et 2 déroulées au Maroc, le reste du Tour, comme indiqué dans le calendrier rendu public, ne concerne pas les régions périphériques telles que celles de Ziguinchor et Kolda au sud, la région de Tambacounda située à l’est, sans oublier Matam au nord-est du Sénégal. Cela a-t-il été fait sciemment, l’on ne saurait l’affirmer.

Mais les populations de ces zones relativement reculées voire enclavées du Sénégal, ont aussi besoin d’acclamer leurs idoles, de les voir à moins de 10 mètres, et pourquoi pas de les toucher. Pour rectifier ce que certains prendraient pour un couac, pourquoi ne pas démarrer la 11e édition dans l’une des régions périphérique du Sénégal ? Ceci, même si elle doit atterrir dans une des capitales de la sous-région ouest-africaine.

La présente édition compte une quinzaine d’équipes de six compétiteurs chacune. Ils parcourront en tout plus de 1200 km.

Boubacar DIASSY


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3 réactions à cet article    


  • aurelien 6 septembre 2007 22:59

    Effectivement, c’est curieux ce tour du Sénégal passant par le Maroc : donc il doit passer par la Mauritanie et... « Western Sahara » : est-ce qu’il s’agit bien du Maroc, ou est-ce toujours indépendant ?

    Peut-être des accords commerciaux de principe entre régions africaines ont accompagné l’établissement du circuit de ce « tour du Sénégal » ?


    • aurelien 7 septembre 2007 00:15

      Ou alors il s’agit d’un tour « politique », la question du Sahara occidental n’ayant pas l’air d’être tranchée.

      Espérons que l’occupation du Sahara occidental ne sera pas encore la cause de nouveaux conflits armés dans cette région du monde.


    • aurelien 7 septembre 2007 00:20

      J’ai dit indépendant dans mon premier commentaire, mais en fait il s’agissait alors d’une colonie espagnole, ce que je ne savais pas.

      Cette partie du monde était avant occupée par des tribus nomades. Le nationalisme se développant un peu partout dans le monde, le nomadisme traditionnel et les tribus ont été « englobées », puis marginalisées, et les grandes zones territoriales sont devenues des territoires de conquête pour les grandes puissances nationalistes, dont occidentales comme l’Espagne.

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