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Accueil du site > Culture & Loisirs > Sports > Dur dur d’être un (vrai) supporter de football

Dur dur d’être un (vrai) supporter de football

Insultes à caractères raciales, déchainement de violence, incapacité des stadiers et des forces de l'ordre à contrôler les fauteurs de troubles, cherté des abonnements. Il est aujourd'hui bien difficile d'être un vrai supporter. Stade de football ou quand la loi de la jungle l'emporte.

Il y'a quelque jours en surfant sur le net, je tombe bien par hasard sur un article consacré aux plus grandes catastrophes survenues pendant un match de football (http://uneautrehistoiredufoot.blogs.lequipe.fr/2012/02/02/les-tragedies-des-stades/). Le contenu de l'article tiré du blog “UNE AUTRE HISTOIRE DU FOOT” est tout simplement édifiant, terrible

 

Le journaliste du quotidien 100% foot “L'ÉQUIPE”, Didier Braun, y déroule une liste, non exhaustive, de près de 30 tragédies ayant causé la mort de centaines de supporters à travers le monde depuis un siècle.

Pour celui-ci les causes de ces drames sont « la vétusté des stades, un nombre de spectateurs supérieur à la capacité du stade, une carence dans l'organisation, des mouvements de foules consécutifs à des affrontements entre supporters ou avec les forces de l'ordre ».                 

Malaise dans les gradins

Parmi ces tragédies, trois attirent particulièrement l'attention : le 20 octobre 1982, 340 personnes meurent au stade Loujniki, a Moscou, en ex-URSS, lors de la demi-finale de Coupe de l'UEFA entre le Spartak Moscou et Haarlem (P.Bas), à la suite de mouvements de foule. Sept ans plus tard, le 15 avril 1989, à Sheffield, en Angleterre, 95 individus périssent, à cause d'une bousculade à l'entrée du stade, avant la demi-finale de Cup entre Liverpool et Nottingham Forest. Enfin, le 1er février 2012, des affrontements entre les supporters d'Al-Masry et d'Al-Ahly, en Egypte, font 74 morts et plusieurs centaines de blessés.

Ces événements démontrent que la bêtise humaine n'a ni frontières, ni âges.

De nature curieuse, j'ai effectué des recherches plus poussées sur Google afin de savoir si des événements de ce genre ont eu lieu, ou se produisent, même rarement, dans les autres disciplines sportives. Le constat parle de lui-même : Basket-ball, handball, volley-ball, hockey sur glace, football américain, etc, aucune discipline n'est touchée par le « hooliganisme », aussi bien en France que dans les quatre coins du monde. C'est simple, aucun de ces sports n'a jamais défrayé la chronique... au contraire du ballon rond.

Quant au rugby, la seule et unique fois où il fît la Une de la presse pour des raisons extra-sportives remonte au 18 mai 1924, lorsqu'au cours de la finale des Jeux olympiques de Paris, opposant la France aux Etats-Unis, le terrain est envahit par le public français en colère après la défaite 17 à 3.

 Seul donc le football semble être abonné au « hooliganisme » et aux catastrophes.

Spectacle gâché

Ces constats déboussolant, me laissent perplexe, avec des questions plein la tête, sans forcément pouvoir y répondre. Ainsi, pourquoi le monde du ballon rond est-il si violent ? Les passions qu'il déchaine et les enjeux derrière chaque match, favorisent-ils des poussées de fièvre chez un grand nombre de supporters ?

Sans tomber dans une quelconque analyse politique ou sociologique du « hooliganisme » - ce qui n'est d'ailleurs pas l'objectif de ce présent article - il n'en demeure pas moins que saison après saison, les stades stades de football français, européens ou sud-américains deviennent de plus en plus la chasse gardée des « Ultras » très violent.

L'ambiance dans les gradins d'une enceinte de foot n'est assurément pas la même que dans les travées d'un stade de rugby, dans une salle de basket ou de handball. Et pour cause ! Outre les noms d'oiseaux qui fusent ça et là entre les supporters d'une même équipe, mais également à l'encontre de l'équipe et des joueurs adverses, les bousculades incessantes et les fumigènes étouffants, la convivialité et l'ambiance bon-enfant ont totalement disparus des stades de football.

Preuve en est la célébration au Trocadéro du titre de champion de France 2012/2013 du Paris Saint-Germain, le 13 mai 2013, qui a tourné court, lorsque des supporters du PSG ont profité de l'occasion pour affronter les forces de l'ordre à coups de jets de pierres et de cocktails Molotov. 

Certes, les vrais passionnés, les vrais fans demeurent majoritaires dans les tribunes des stades de foot, néanmoins il suffit d'une petite poignée pour ternir l'image d'un club, d'une ville et d'une discipline !

Le football est une fête, et c'est ainsi qu'il doit le rester.

 


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14 réactions à cet article    


  • Fergus Fergus 11 décembre 2013 10:01

    Bonjour, Mohammad.

    « Le football est une fête, et c’est ainsi qu’il doit rester ». 100 % d’accord avec vous, et c’est pourquoi j’ai cessé depuis 15 ans de mettre les pieds dans un stade, et même de regarder des matches à la télévision, mis à part un quart d’heure de temps à autre en zappant sur mon poste.

    Faites comme moi, on vit très bien sans le football, même lorsque l’on a été plongé dedans comme moi durant 40 ans, à la fois comme joueur, éducateur et même modeste dirigeant du Paris SG aux débuts de son histoire professionnelle.

    A toutes fins utiles, j’ai évoqué quelques-unes des raisons qui m’ont détourné de ce sport dans un article de mars 2009 intitulé Je hais le football !

     


    • Hermes Hermes 12 décembre 2013 14:22

      C’est le problème d’un sport ou on ne joue qu’avec ses pieds !

      (à méditer, pas si premier degré que ça en a l’air....)


    • bibou1324 bibou1324 11 décembre 2013 10:02

      Je passe tous les soirs devant le terrain de foot du petit village où j’habite, en revenant du travail. Les enfants, entre 8 et 12 ans, jouent au foot, le club du village. Enfin jouent, plutôt s’entre-tuent. L’arbitre les insulte, dit qu’ils ne servent à rien dans la vie, qu’ils ne sont que des ratés, les arrose de gros mots, les encourage à se mettre sur la gueule ou à en humilier certains car leur performances a été « minable ». Pour moi, c’est tout à fait cela, l’esprit du foot.


      • Fergus Fergus 11 décembre 2013 10:18

        Bonjour, Bibou.

        Non, ce n’est pas du tout cela, l’esprit du foot. Ou plutôt il s’agit là d’un esprit dévoyé par les exemples calamiteux venus d’en haut, de ce milieu professionnel gangréné jusqu’à la moëlle par ses multiples dérives.

        L’esprit du foot, on le trouve encore dans des clubs où l’éthique du jeu et le respect des adversaires et de l’encadrement sont les valeurs défendues par les éducateurs lorsque ceux-ci sont dignes de cette appellation. Des clubs comme cela, j’en ai connu jusqu’au coeur des cités de la Seine-Saint-Denis, et je suis persuadé qu’il en existe encore plus qu’on ne croit. Mais cela demande beaucoup de rigueur morale de la part des dirigeants et des entraîneurs. Des qualités qui, je vous le concède, sont désormais menacées, et c’est un vrai crève-coeur.


      • claude-michel claude-michel 11 décembre 2013 10:12

        Le foot est une vitrine d’une partie de la société Française...étalage désuet et vitrines sales... !


        • Txotxock Txotxock 11 décembre 2013 10:39

          Les mots sont terribles. Même si ils sont d’usage courant, on ne peut ignorer ce que supporter, fan, et même passionné révèlent de passivité, de suivisme, de fanatisme.
          Ces soirs de match avec l’équipe nationale ou débordent la franchouillardise, la haine de l’autre partagées par la population qui ne fait plus qu’un seul homme, encouragées par médias et politiques. Un peu des Journées particulières à la Ettore Scola. Ou on sent un fascisme naturel de tout un peuple qui tente de remonter à la surface.
          Alors qu’un simple amateur peut prendre plaisir à jouer, à voir jouer, à aimer.


          • Xenozoid Xenozoid 11 décembre 2013 13:20

            si je me rappele en amerique du sud il y a eu déclaration de guerre entre 2 pays,la con(petition)nerie, n’a pas de frontieres,le sport non plus


            • OMAR 11 décembre 2013 18:08

              Omar33

              En Amérique Centrale, Xenozoid.

              Plus précisément, entre le Salvador et le Honduras, durant le mois de Juillet 1969.

              Cette guerre qui a duré cent heures a fait deux mille morts et des milliers de blessés.

              http://www.wearefootball.org/hors-jeu/36/lire/honduras-salvador/


            • gotjy gotjy 11 décembre 2013 16:05

              Allez voir un match un match de foot opposant des enfants , regardez et écoutez bien les propos tenus par les parents à l’encontre de ces petits gamins,c’est lamentable,voilà le début de la folie des pseudos futurs supporters avinés,HARO sur cette école de la haine ;de la vulgarité et du non respect de la personne ou l’argent règne en maître.


              • Fergus Fergus 11 décembre 2013 17:20

                Bonjour, Gotjy.

                Vous avez raison, cela existe, et c’est lamentable. Mais ce n’est heureusement pas le cas général, même si ce genre de dérive gagne chaque année plus de terrain dans les petites divisions.

                J’ai même connu des comportements stupéfiants sous la forme de paris organisés sur des résultats de matches de gamins dans le public portugais de Lusitanos à Créteil. Cela remonte à des années en arrière et j’espère que ces pratiques ont été définitivement éradiquées, mais je vous laisse imaginer les attitudes des parieurs vis-à-vis des enfants.


              • Luc le Raz Luc le Raz 11 décembre 2013 16:39

                Tout d’abord, perso le foot j’m’en foot. Mais si vous voulez être tranquille, intéressez vous au foot féminin. Sûrement moins d’ allumés dans les tribunes.


                • Fergus Fergus 11 décembre 2013 17:24

                  Bonjour, Luc.

                  Exact, les filles sont nettement plus cool. En France, mais aussi et surtout en Scandinavie, véritable berceau de cette pratique féminine. Personnellement, j’ai beaucoup apprécié certains matches de filles vus au Danemark et en Norvège lors de tournois comme il n’en existe pas chez nous. Et pas uniquement parce que la plupart des joueuses étaient jolies !


                • Mohamad Ezzedine Mohamad Ezzedine 11 décembre 2013 17:24

                  Le football est un sport bien moins spectaculaire que le rugby ou le basket-ball. Dans le football le spectacle n’est donc pas sur le terrain, car seulement 1 match sur 10 est attrayant ou ne serait-ce que potable, mais en tribune. 


                  La tribune d’un stade de football devrait être vu comme le défouloir des pulsions d’une société malade, de plus en plus pauvre, et trop inculte par bien des aspects. beaucoup de gens vont au stade non pas pour regarder un match, mais pour se battre, ou insulter, pour se défouler. 

                  Outre le fait que les fans de rugby ou de handball ne sont pas issus de la même couche sociale, il y’a en général un véritable problème de comportement chez certains dirigeants de clubs, chez les entraineurs et les joueurs. 

                  • Fergus Fergus 11 décembre 2013 17:30

                    @ Mohamad.

                    Problème de comportement, effectivement. Et l’on n’en guérira pas tant que l’on ne prendra pas des décisions radicales à tous les niveaux. Si les meneurs de Knysna avaient été définitivement écartés de l’équipe de France, cela aurait rendu un immense service à tous les éducateurs de France dignes de ce nom qui, dès lors, auraient pu appuyer leur pédagogie sur cet exemple auprès de tous les gamins de notre pays.

                    Bonne fin de journée.

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Mohamad Ezzedine

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