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Accueil du site > Culture & Loisirs > Sports > En Avant de Guingamp, les paysans sont de retour

En Avant de Guingamp, les paysans sont de retour

Neuf années après son dernier passage parmi l'élite, l' En Avant Guingamp vient de retrouver la Ligue 1. A la 92è minute du match contre Ajaccio, Christophe Mandanne envoie les guingampais au paradis. La petite ville bretonne de 8.000 âmes aura donc le droit de défier l'an prochain les poids lourds du football hexagonal. Un exploit retentissant, un de plus à ajouter dans l'histoire de ce club si particulier.

Car elle est désormais bien loin l'époque où Didier Drogba et Florent Malouda jouaient les terreurs dans tous les stades de France sous le maillot rouge et noir. Elles sont encore plus lointaines ces années où les Michel, Carnot, Coridon, Rouxel et consort découvraient la première division dans un stade champêtre, allant jusqu'à défier l' Inter Milan en Coupe d'Europe.

Guingamp a dû se reconstruire après la perte de ces générations d'exception. Il est parfois tombé de très haut. Il y a eu de nombreuses années de marasme et d'espoirs déçus en L2. Et aussi une victoire inattendue en finale de coupe de France 2009 contre le voisin rennais, véritable éclaircie dans la stagnation du club. Il y eu une descente cauchemardesque en National l'année suivante qui sanctionna une saison catastrophique. Tous les fans prirent un vilain coup derrière la tête... Mais Guingamp est un club dont la vie est rythmée de nombreux soubresauts et qui sait mettre en application sa devise : En Avant ! Le ventre mou... très peu pour lui...

Gourvennec, l'homme clé.

Le renouveau coïncide avec l'arrivée de Jocelyn Gourvennec au poste d'entraîneur. Venu du milieu amateur, le jeune coach ,influencé par ses illustres professeurs : Le Milinaire, Suaudeau ou encore Denoueix, arrive en juin 2010 alors que le club est au plus mal, relégué au 3è échelon national. Guingamp, englué dans des systèmes défensifs vit alors une petite révolution. Gourvennec développe un jeu basé sur l'offensive, l'audace et le jeu collectif en mouvement. Le club remonte ainsi directement en Ligue 2 en 2011 et finit l'année suivante à une belle 7ème place. Il obtient surtout une nouvelle étiquette d'équipe redoutable, difficile à manoeuvrer et apôtre du beau jeu. Cette saison est donc celle de la confirmation et de la consécration. Installé en première partie du classement quasiment toute la saison, Guingamp fait preuve d'une très belle régularité et finit avec 7 points d'avance sur ses concurrents : Angers, Caen et Nîmes.

Les artisants de l'accession s'appellent Mustapha Yatabaré, le goléador aux 23 buts et meilleur buteur du championnat. Le capitaine courage Lionel Mathis. « Kirikou » Douniama, le joker feu-follet. La charnière centrale Kerbrat-Bellugou. Le prodige Imbula, formé au club qui suscite l'intérêt de grands d'Europe. Et surtout un groupe d'hommes fédérés par Gourvennec, qui tirent tous dans le même sens, qu'ils soient titulaires ou remplaçants. Dans son bouillant stade du Roudourou de 18.000 places qui sera une fois encore plein comme un oeuf, la fête sera belle vendredi prochain pour célébrer les héros.

Bonne humeur, ruralité et Noël Le Graët.

Guingamp, c'est le club du centre-Bretagne, c'est aussi le représentant de la ruralité. On vient parfois de très loin pour venir soutenir l' EAG, ce club attachant qui fait naître rapidement la sympathie. Les supporters guingampais sont connus pour leur passion débordante, leur ferveur. Et pourtant les débordements sont inexistants, ici on n'a jamais connu les problèmes habituels qui entachent le foot. Les tribunes sont bon-enfant tout en étant très vivantes. On vient en famille, avec ses potes ou sa copine encourager les joueurs de Guingamp, par ailleurs relativement accessibles. Il n'y a que très rarement d'insultes envers l'adversaire, le football est avant tout une fête, une passion collective. C'est aussi un motif de fierté et un moyen d'exister pour une population un peu oubliée et heureuse de s'identifier au village d' Astérix. La fierté, c'est le maître mot !

Guingamp ne roulera jamais sur l'or mais sera sans doute toujours à l'abri du besoin. Noël le Graët, rigoureux gestionnaire a su structurer le club pour l'adapter au monde impitoyable du foot-business. Le Roudourou s'est progressivement modernisé. Les bilans financiers sont tous les ans positifs, même en cas de coups durs. Ainsi plus de 100 entreprises locales sont partenaires économiques de l' En Avant. C'est tout un tissu économique régional qui s'associe au club. A travers l'EAG c'est toute une région qui vibre, qui gagne, c'est toute une région qui positive.

L'an prochain, Guingamp sera forcément un des plus petits budgets de l'élite. Il n'y aura pas de folies sur le marché des transferts. Le petit club breton avancera prudemment mais avec sérieux, humilité et sans complexe comme il sait le faire désormais. Tout le Trégor s'apprête à recevoir le PSG, l'OM ou Monaco. Zlatan, Thiago Silva ou peut-être Falcao... Et chaque samedi Guingamp espérera un exploit supplémentaire.

Un de plus.

 

TU SAIS QUE TU SUPPORTES GUINGAMP QUAND...

A lire : L'impensable exploit, la coupe de France à Guingamp. 


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7 réactions à cet article    


  • kendas 22 mai 2013 14:42

    Bravo à Guigamp pour sa montée, montée qui restera pour moi entachée d’un suspect 7-0 face à Lens, après un non moins suspect 6-0, au moment où le club avait besoin d’une belle différence de buts. Espérons que le président de Guigamp n’est pour rien dans ses scores...

    Bravo pour l’article, tout est bon à Guigamp, sauf le président.

     


    • Philippe Gaillard 22 mai 2013 18:30

      1) Le Graët n’est plus président du club.
      2) Guingamp n’a pas eu besoin d’une « belle différence de buts », le club finissant avec 7 longueurs d’avance sur son premier poursuivant à une journée de la fin. (ces scores fleuves au final n’auront donc servis à rien)
      Le président de Caen a beau dire ses allusions douteuses, son équipe n’avait qu’à gagner ses matchs et ne pas se retrouver largué en 3 matchs...
      Gourvennec a été élu meilleur entraineur, Imbula meilleur joueur et Yatabaré finit meilleur buteur du championnat... What else ? C’est donc on ne peut plus mérité.
      Donc on ne peut plus gagner 6-1 ou 7-0 sans être suspecté et jalousé...


    • C.S.A. C.S.A. 22 mai 2013 14:57


      « Il n’y a que très rarement d’insultes envers l’adversaire ».
      J’ai du assister à ces rares matchs alors...
      C’est le cas à chaque match de foot (amateur ou professionnel), la passion l’emporte sur la raison.


      • Fergus Fergus 22 mai 2013 17:04

        Bonjour, Philippe.

        Il est bon que des petits clubs viennent affronter les grands clubs en Ligue 1, ne serait-ce que pour montrer, de temps à autre, que les énormes paquets de fric, fussent-ils venus du Qatar, n’empêchent pas les défaites.

        « Guingamp, c’est le club du centre-Bretagne, c’est aussi le représentant de la ruralité. » Tant mieux pour les Costarmoricains. Ecrire en revanche « représentant de la ruralité » est pour le moins osé. Cela fait belle lurette en effet que plus aucun club de Ligue 1 ne représente autre chose qu’un business, Guingamp comme les autres. Et à l’image des autres clubs, l’EAG doit ses succès aux mercenaires venus contre un contrat jouer en Bretagne faute d’avoir pu décrocher un contrat plus juteux ailleurs en France ou à l’étranger.

        Bonne chance quand même aux « rouge et noir » de l’EAG qui rejoignent en Ligue 1 les autres « rouge et noir » de Rennes.


        • Philippe Gaillard 22 mai 2013 18:38

          « représentant de la ruralité »
          Je voulais parler de la façon dont les gens s’identifient au club et s’y attachent, comment les supporters s’autoproclament paysans. Je ne voulais pas parler de la communication du club, qui d’ailleurs ne va pas vraiment dans ce sens...
          Des mercenaires il y en a, il y a aussi pas mal de contre-exemples (Samassa, Mathis, Kerbrat). Des contres-exemples, il y en a même partout : à Guingamp comme ailleurs.


        • Aita Pea Pea Aita Pea Pea 22 mai 2013 18:13

          En avant les impots locaux .....


          • Philippe Gaillard 22 mai 2013 18:37

            « représentant de la ruralité »
            Je voulais parler de la façon dont les gens s’identifient au club et s’y attachent, comment les supporters s’autoproclament paysans. Je ne voulais pas parler de la communication du club, qui d’ailleurs ne va pas vraiment dans ce sens...
            Des mercenaires il y en a, il y a aussi pas mal de contre-exemples (Samassa, Mathis, Kerbrat). Des contres-exemples, il y en a même partout : à Guingamp comme ailleurs.

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