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Accueil du site > Culture & Loisirs > Sports > Euro : La Grèce à l’heure de l’austérité allemande

Euro : La Grèce à l’heure de l’austérité allemande

Vendredi 22 juin la Grèce une fois de plus l’invitée surprise parmi les meilleures nations de l’Europe du football, tentera de tenir la dragée haute à l’ogre allemand en ramenant sur le terrain du football le duel politico-économique auquel se livrent les deux pays.

La Grèce récidive et s’expose à une leçon allemande, une de plus

L’affaire semblait pourtant entendue. L’ours russe après avoir étrillé les Tchèques 4 buts à 1 au premier match, allait ensuite dérouler contre de timorés Polonais avant de valider son ticket pour les quarts de finale face aux Grecs moyennant quelques frayeurs passagères. Mais la résistance polonaise s’avéra plus ardue que prévue (1-1) et l’unique but grec vint doucher (1-0) les espoirs de gloire d’Arshavin et ses compères contraints à un retour prématuré au Pays. L’opportunité est donc donnée aux footballeurs grecs de rééditer l’épopée victorieuse de 2004 où l’Europe du football avait assistée sidérée au triomphe d’une équipe au jeu d’une austérité extrême sous la houlette de l’allemand Otto REHHAGEL alors entraîneur de l’équipe nationale grecque. 

Lorsque rigueur et austérité sont la solution

Il est difficile de savoir si les footballeurs grecs ont pris plaisir à pratiquer le football exigeant et avare en spectacle que leur imposait leur entraîneur allemand à l’époque de leur triomphe durant l’euro 2004. La rigueur avec laquelle les joueurs grecs appliquaient fidèlement le schéma tactique redoutable de simplicité et d’efficacité de leur stratège d’outre Rhin demandait sans doute beaucoup de sacrifice et un esprit d’abnégation. Ce qui ne peut en revanche pas être mis en doute, c’est l’authenticité de la joie, l’immense ferveur qui gagna cette équipe et le pays entier une fois la victoire actée. La Grèce était au sommet de l’Europe du football et sa fierté contrastait avec la stupeur de ses adversaires forcés de constater que leur modèle de jeu ne valait guère mieux que l’austère jeu grec dont ils fustigeaient la ringardise et le caractère quasi primitif. Pourtant ce jeu volontariste allait trouver en la discipline allemande un allié de poids qui allait décupler sa compétitivité et la conduire à la victoire au grand dam des amateurs du beau jeu. 

Exigeant , le jeu d’Otto REHHAGEL l’était par les efforts qu’il réclamait des joueurs en termes de discipline tactique et d’engagement physique dans les phases défensives et dans de rares opportunités offensives que le système de jeu permettait. Car ce jeu-là était essentiellement fondé sur une défense extrêmement solide, l’équipe devant tenir sa cage inviolée le plus longtemps possible jusqu’à ce qu’une occasion consécutive à une contre-attaque ou un coup de pied arrêté permette d’ouvrir la marque ou au pire des cas de revenir au score. Le réalisme maximal était la vertu offensive de ce jeu grec qui tolérait peu de gaspillage et obligeait la quasi-totalité de l’équipe à défendre âprement un avantage douloureusement acquis face à des adversaires souvent bien meilleurs. 8 ans après, cette tactique victorieuse est toujours de mise et nul doute qu’elle sera optimisée contre la nationalmannschaft pour déjouer les pronostics de tous ceux qui parient sur une sortie prochaine de la Grèce de l’euro. Une sortie prévisible dont le symbole ne manquera pas de faire écho à une autre sortie de l’euro tout aussi prévisible mais sur le terrain économique cette fois-ci.

Le modèle allemand, une fois de plus l’exemple à suivre

« Le football se joue à 11 contre 11 et à la fin c’est l’Allemagne qui gagne ». Si cette citation de l’attaquant anglais Gary LINEKER est de moins en moins d’actualité à l’heure où le football ibérique domine la scène continentale (voir les résultats combinés des équipes espagnoles et portugaises dans les compétitions de l’UEFA), elle n’en traduit pas moins la perception que le monde du football a de l’Allemagne qui régulièrement au cours de ces dernières décennies fait figure d’épouvantail. A l’exception de la calamiteuse performance de la nationalmannschaft au cours de l’euro 2000 c’est la régularité au plus haut niveau qui semble caractériser cette équipe. Elle a en effet terminé 2ème au mondial 2002, 3ème à l’édition suivante qu’elle organisait en 2006, 2ème à l’Euro 2008 et 3ème au mondial 2010. Pour autant qu’elle ne renonce pas le temps d’un match à son modèle de jeu l’Histoire indique que sa place « naturelle » est sur le podium et elle semble partie pour tenir son rang une énième fois.

Un modèle de jeu qui s’appuie tout d’abord sur une grande discipline tactique sur toutes les lignes que ce soit du côté de la défense généralement dotée d’un fort impact physique, du milieu de terrain pourvu de joueurs tout aussi solides pratiquant un jeu direct sans fioriture et privilégiant la verticalité dans les passes, ou du côté de l’attaque où les buteurs sont connus pour leur froid réalisme. La rigueur et la discipline garantes du projet de jeu allemand n’étouffe cependant pas l’éclosion de nouveaux talents et leur épanouissement à l’image du meneur de jeu Mesut OZIL ou le buteur bavarois Mario Gomez pour ne citer que ces deux-là. Un style de jeu qui cette dernière décennie s’est beaucoup modernisé grâce d’une part à l’arrivée sur le marché de talentueux jeunes joueurs issus des centres de formation du pays, d’autre part par la touche technico-tactique que lui ont apporté de jeunes entraîneurs tels que Jurgen KLINSMANN et Joakim LOW à la tête de la national nationalmannschaft ou Jurgen KLOPP entraîneur du double champion d’Allemagne, le Borussia Dormund.

Si le jeu grec présente quelques similitudes avec le modèle allemand dont il semble encore s’inspirer depuis qu’un entraîneur allemand l’a porté à son zénith, il ne peut malheureusement pas soutenir la comparaison au niveau du palmarès, du talent intrinsèque, tout comme au niveau du modèle économique qui justifie le maintien de l’Allemagne dans l’élite du football mondial. Car si l’équipe national allemande a pu garder une identité forte et sa compétitivité sur de longues périodes, c’est parce qu’elle a toujours su conserver ses meilleurs joueurs au sein de son championnat très compétitif sur les plans économiques et sportifs.

La glorieuse incertitude du sport comme ultime rempart face à une machine économico-sportive implacable

Un consensus très favorable aux meilleurs clubs allemands parmi lesquels le géant européen Bayern de Munich permet à ces derniers de se renforcer avec les joueurs les plus talentueux issus de clubs de second rang. Ce consensus permet non seulement de contenir l’inflation galopante des montants des transferts des joueurs observable dans d’autres pays européens mais aussi de limiter l’exil des meilleurs talents qui se voient offrir des opportunités sportives semblables à celles des grands clubs anglais ou espagnols avec le risque d’acclimatation culturel en moins. Le football allemand sait donc se montrer très attractif pour ses meilleurs éléments et cette attractivité s’explique principalement par son modèle économique actuellement le plus compétitif d’Europe.

Alors que la crise frappe durement la plupart des grands championnats européens où les clubs à l’exception de ceux soutenus par de grands mécènes subissent un fort endettement, le championnat allemand affiche lui une insolente santé financière grâce à un modèle économique lui aussi marqué par la rigueur et une grande discipline budgétaire. Avec une très forte affluence moyenne par stade de l’ordre de 42 000 spectateurs par match, la consommation des supporters allemands dans des enceintes ultramodernes est là encore l’un des moteurs de la croissance économique de la bundesliga. Outre les recettes aux stades, le sponsoring et les droits des médias constituent deux autres sources conséquentes de revenus pour un football allemand dont la solidité financière attire de nombreux investisseurs. A cela Il faut aussi ajouter une maîtrise de la masse salariale obtenue en privilégiant des joueurs locaux très prometteurs au détriment des grandes stars du football mondial dont les émoluments sont sans comparaison avec celles des meilleurs joueurs de bundesliga. Cette politique sportive voit les clubs allemands connaître des exercices bénéficiaires là où les géants espagnols et anglais accumulent des pertes et des dettes abyssales.

Allemagne-Grèce n’est certes qu’un match de football, un de plus où la glorieuse incertitude du sport invite à la prudence quant à la désignation du vainqueur. Mais les turbulences économiques que connaît actuellement la vieille Europe poussent à appliquer à ce simple match une grille de lecture qui dépasse le terrain du sport. Force est de constater que tout ou presque oppose ces deux équipes et que la rigueur, l’expérience et la science du jeu de l’Allemagne ne laisse qu’une infime chance aux joueurs grecs de sortir vainqueur de cette opposition. A ces derniers de déjouer les pronostics et de faire taire les spéculateurs au passage.

NomeFam

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2 réactions à cet article    


  • CHIMERE 21 juin 2012 12:00

    Désolé,Nomefam,mais les allégories « footballistiques » ne sont pas ma tasse de thé...je n’ai pas réussi à aller au bout de l’article...


    • BA 21 juin 2012 16:36

      Jeudi 21 juin 2012  :

      L’Espagne paye très cher pour réussir son émission.

      Madrid a émis plus de 2 milliards d’euros d’obligations à moyen-terme à des taux très élevés. Sur les titres à 5 ans, l’Espagne a dû s’acquitter de taux d’intérêt jamais expérimentés depuis la création de l’euro.

      C’est dans la douleur que l’Espagne a couvert aujourd’hui 60% de son programme d’émission à moyen et long terme pour 2012. Le Trésor espagnol a réussi à placer ce matin 2,2 milliards d’euros d’obligations à deux, trois et cinq ans, dépassant son objectif maximum de 2 milliards grâce à une bonne demande, mais au prix de taux d’intérêt très élevés.

      Les rendements moyens sont ainsi ressortis à 4,706% sur les titres à deux ans, à 5,457% sur ceux à trois ans, et 6,072% sur ceux à cinq ans, contre respectivement 2,069% en mars, 4,876% et 4,960% en mai.

      Selon Reuters, les taux concédés par le Trésor sur les titres à 5 ans sont les plus élevés depuis la création de l’euro.

      http://www.lesechos.fr/entreprises-secteurs/finance-marches/actu/0202131494640-l-espagne-paye-tres-cher-pour-reussir-son-emission-336263.php

      Conclusion :

      Plus les jours passent, plus l’Etat espagnol emprunte à des taux de plus en plus élevés.

      Plus les jours passent, plus l’Etat espagnol se surendette

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