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Accueil du site > Culture & Loisirs > Sports > Football : comment gagner des matchs…

Football : comment gagner des matchs…

 

Quel footballeur amateur, scotché dans les abysses d’une affligeante compétition de district, quel pratiquant pitoyable associé à des coéquipiers calamiteux ne s’est un jour posé cette question fondamentale, pour ne pas dire existentielle eu égard à son statut de sportif : comment gagner des matches ? Mes 32 ans d’expérience, récemment évoqués sur AgoraVox dans les « Mémoires d’un gardien de but ringard  », m’autorisent à formuler quelques suggestions...

Il va de soi que la question ne se pose pas si l’on a la chance d’appartenir à une brillante équipe, composée pour l’essentiel d’émules de Ronaldo ou de disciples de Kaka, ce dernier étant au football ce qu’a naguère été… Colombin au ski helvétique (rires enregistrés). Mais imaginez un instant la torture hebdomadaire du pauvre type évoluant dans une équipe de ringards dans mon genre : son championnat est un véritable chemin de croix dont chaque station se traduit par une cuisante défaite, une lamentable déroute, une honteuse débâcle. Carton après carton, le malheureux finit par se lasser, et cela d’autant plus facilement que, dans la plupart des cas, ces châtiments lui ont été infligés sur la caillasse d’un terrain de banlieue implanté au cœur d’une ZAC sans le moindre bistrot ; ou, pire encore, la gadoue d’un stade rural coincé entre la station d’épuration et l’usine d’équarrissage. Bref, dégoûté, notre footballeur finit par abandonner son sport préféré.

Il existe pourtant de multiples moyens d’enrayer cette diabolique dynamique de la défaite, et de redonner le sourire à notre héros. En voici quelques-uns…

A priori, le moyen le plus simple est de s’inscrire dans un nouveau club, débutant comme il se doit au plus bas de la hiérarchie. Le mauvais footballeur y découvrira avec ravissement des adversaires encore plus ringards que lui ; des bras cassés que, même en rêve, il n’avait jamais imaginé affronter un jour. Très vite, ses copains et lui parviendront à s’imposer, et cela d’autant plus facilement qu’à ce niveau pullulent les forfaits, ces douces victoires n’occasionnant ni courbatures ni dépense de lessive ! Un risque menace toutefois : terminer en tête du championnat et accéder à la division supérieure où la lutte est déjà plus rude. Pour éviter cette désagréable surprise, il importera donc de rester vigilant !

Un allié efficace : le sifflet !

Autre moyen des plus classiques : l’arbitrage à sens unique. Comme chacun sait, l’arbitrage des matches à l’extérieur incombe généralement, en l’absence d’officiel, à l’équipe visiteuse. Une chance unique de victoire s’offre donc à vous, un arbitrage malhonnête à souhait ne pouvant manquer de déboucher sur un succès. Mais attention aux réactions de l’adversaire, elles pourraient être virulentes et faire dégénérer le match avec des conséquences dramatiques pour votre club, et plus sûrement encore pour les mâchoires ou les parties génitales de celui que vous aurez désigné pour tenir le sifflet.

À un arbitrage à sens unique, il sera donc préférable de substituer un arbitrage « maladroit ». Comment faire ? Tout simplement en accordant de nombreux coups-francs, non dangereux bien entendu, à l’équipe adverse de façon à gagner sa confiance. Jusqu’au moment où l’arbitre bénévole peut traîtreusement lui infliger le plus injuste des pénaltys à l’occasion d’une faute bénigne, voire totalement imaginaire. Alors là, un point important : les bénéficiaires de la sanction doivent absolument faire chorus avec leurs adversaires pour dénoncer l’« erreur » manifeste du referee comme disent les rosbifs. Mais, en homme intègre, il reste inflexible. Résultat : le match ne dégénère pas, et si l’arbitre (vous, peut-être) passe pour un c.., ses copains gagnent la partie !

Peu usitée bien que diablement efficace, la neutralisation non-violente des adversaires présente également un intérêt certain. Pour parvenir à ses fins, il est nécessaire de s’équiper d’un short muni d’une poche dans laquelle on dissimulera avant le match une bonne quantité de poil à gratter ou de poudre à éternuer. Utilisés à bon escient, ces produits ne manqueront pas de vous étonner par leur remarquable efficacité. Vous en doutez ? Essayez donc de faire une tête alors qu’un violent éternuement vous plie en deux ! Ou encore, dévoré par les démangeaisons, tentez simplement quelques amortis… vous m’en direz des nouvelles ! Moyen efficace donc, mais à manier avec précaution et à la condition expresse d’avoir préalablement repéré le sens du vent pour ne pas jouer les arroseurs arrosés.

Faites appel au sadisme des épouses

Le bain de purin avant l’entrée sur l’aire du jeu n’est pas mal non plus sur le plan de l’efficacité. Mais si cette méthode incommode fortement l’adversaire, il faut bien reconnaître qu’elle est aussi très gênante pour soi-même. À proscrire donc, à moins d’y consacrer quelques séances d’un entraînement particulièrement motivé.

L’emploi sur la touche de quelques beautés nues (préférer la plastique de Pénélope Cruz à celle de Josiane Balasko) peut également donner d’excellents résultats. À condition là aussi de soumettre impérativement – j’insiste sur ce point – votre équipe toute entière à un entraînement intensif. Rien de plus désastreux qu’un gardien de but libidineux aux yeux rivés sur une opulente paire de nibards, un avant-centre gêné dans ses mouvements par une incontrôlable érection, ou un libéro obnubilé par le foisonnement d’une aguichante foufounette.

À toutes fins utiles, je citerai encore l’encre sympathique pour truquer les feuilles de match et tous moyens intimidants, type kalachnikov, pitbulls ou symptômes de rage. Sans oublier bien entendu les classiques reflets de miroir dans les yeux du gardien de but adverse. Une méthode qui présente en outre l’avantage de pouvoir être confiée aux épouses ou aux copines venues s’emmerder dans cette improbable zone pour vous persuader qu’elles s’intéressent à vos activités ; ou plus pervers encore : pour vous imposer, au titre d’une juste réciprocité, de les accompagner le lendemain aux soldes de Zara, de Jennyfer et de Bershka réunies. En associant ainsi vos femmes à votre projet, vous faites coup double : d’une part, vous leur offrez une distraction bienvenue et un tantinet sadique (elles adorent !) ; d’autre part, vous leur permettez de diversifier utilement l’usage de leur miroir de poche Sephora.

Sans doute existe-t-il d’autres moyens de gagner des matches, je fais confiance à votre imagination fertile. Néanmoins (entrée des pipeaux !), la meilleure recette consiste encore à être assidu aux entraînements. Là réside la clé des futurs succès. Quant aux moyens illicites, rejetons-les énergiquement car s’il est agréable de gagner, n’oublions pas que la déception d’une défaite sera toujours préférable à la honte d’une victoire malhonnêtement acquise.

Quoique...


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13 réactions à cet article    


  • Mania35 Mania35 22 juillet 2009 11:57

    Salut Fergus,
    Très drôle, surtout pour quelqu’un qui n’est pas adepte de ce sport. Mais cet humour débridé risque de heurter les aficionados de ce sport, par une lecture au 1er degré.
    Bonne journée.


    • Fergus fergus 22 juillet 2009 12:42

      Bonjour, Mania.

      Je fais confiance aux lecteurs d’AgoraVox pour faire la part des choses. D’autant plus que le recours à la kalachnikov ne peut guère passer pour du 1er degré, en dehors peut-être d’un match entre la Camorra napolitaine et le Cartel de Medellin !


    • Radix Radix 22 juillet 2009 13:57

      Bonjour Fergus

      « ... le recours à la kalachnikov ne peut guère passer pour du 1er degré »

      Il y a au moins un match qui a été arrêté de cette façon !

      Il faut dire que c’était un match de rugby et que les manieurs de de « kalash » n’avaient aucune équipe engagée sur le terrain puisque le match se déroulait entre deux équipes irlandaises et que les fauteurs de « troubles » étaient anglais !

      Radix


    • Fergus fergus 22 juillet 2009 15:40

      Bonjour, Radix.

      J’avoue que je ne sais rien de cette histoire. Cela dit, elle n’a rien d’étonnant, particulièrement dans les compétitions régionales où les rivalités locales conduisent parfois à d’inacceptables débordements.

      En France, c’est, me semble-t-il, moins marqué que dans le passé lorsqu’il existait des rivalités de village clochemerlesques ; la violence, parfois attisée par les médias, est désormais nettement plus présente au niveau des compétitions nationales et internationales.


    • Radix Radix 22 juillet 2009 16:02

      Bonjour Fergus

      Cette tragédie s’est passée à Croke Park à Dublin. Les irlandais disputaient un match entre eux quand les soldats anglais ( les tristement célèbres « Black and tans » une division paramilitaire auxiliaire de la police britannique) accompagnés d’une auto-mitrailleuse firent irruption sur le terrain en représaille d’une action de l’IRA et tuant 13 spectateurs et le capitaine d’une des deux équipes !

      Depuis ce jour les équipes anglaises étaient interdites sur ce stade.

      Si j’ai traité le sujet un peu légèrement c’était pour rester dans le ton de l’article, je m’en excuse !

      Radix


    • Fergus fergus 22 juillet 2009 17:34

      Moi qui suis un inconditionnel de l’Irlande, j’aurais dû percuter car je connaissais ce dramatique évènement. Mais j’ai cru à un évènement plus récent et relevant plutôt de la tragédie-comédie, la faute sans doute à la kalachnikov.

      En fait, il s’agissait d’un match de football gaélique. Sauf erreur de ma part, on en voit des images dans le film « Michael Collins ».


    • Radix Radix 22 juillet 2009 17:37

      Heureusement il n’y a pas eut d’évènement plus récent et j’espère qu’il n’y en aura pas d’autres !

      Radix


    • Gül 22 juillet 2009 16:21

      Salut Fergus,

      Un peu de bonne humeur au milieu des nouvelles catastrophiques, ça fait du bien !

      On peut même coupler (hem...) l’utilisation du miroir et le côté aguicheur, non ?

      Une belle pépé qui se pomponne, le miroir à l’envers, tout en prenant soin de compresser ses bras sur son torse et en croisant langoureusement les jambes pour dévoiler un haut de cuisse....

      Bref.... Tu disais un « tantinet » sadique ? Gniark ! :- ))


      • Fergus fergus 22 juillet 2009 17:43

        Bonjour Gül,

        Bon d’accord, ce n’est pas un texte destiné à rester dans les annales, ni le meilleur sujet qui soit. Mais j’ai pensé qu’en cette période de crise économique, d’alerte sanitaire et des catastrophes en tous genres, un peu d’humour serait le bienvenu au coeur de l’été.

        Avec ou sans miroir, toutes les jolies filles langoureuses sont agréables à voir...


        • Yohan Yohan 22 juillet 2009 18:14

          Salut Fergus
          erci pour ce billet léger. J’aurai aimé un spécial tour de France


          • Fergus fergus 22 juillet 2009 18:51

            Salut Yohan,

            Une bonne idée, le Tour de France, il y a tant de motifs d’amusement et de dérision entre la course elle-même, la caravane publicitaire, les comportements des spectateurs et les à-côtés... pharmaceutiques. Il se pourrait que le sujet m’inspire...


          • furio furio 22 juillet 2009 21:09

            Il y a un autre moyen quasi évident que l’auteur a oublié de mentionner. Volonté délibérée ou....
            Ce moyen est utilisé par les pros. Pour tenir les 90 minutes, pour avoir suffisamment de lucidité pour exécuter le geste juste, pour avoir la force nécessaire, courir plus vite, sauter plus haut, etc..
            Ce moyen est largement utilisé au niveau amateur.
            C’est le dopage.


            • Fergus fergus 22 juillet 2009 22:38

              Vous avez raison, Furio, j’aurais en effet pu évoquer le dopage.

              Si je ne l’ai pas fait, c’est pour démarquer mes amateurs ringards d’un football professionnel où l’on peut penser que le dopage est désormais très répandu. Comme a été utilisé dans certaines compétitions le recours à des prostituées pour orienter les décisions des arbitres officiels.

              Cela dit, il existe également l’intimidation, voire la violence, parfois bien réelle sur des terrains situés dans des quartiers sensibles. Et là, on n’est plus du tout dans la plaisanterie ou la dérision comme a pu s’en rendre compte l’un de mes amis passé directement d’un stade de l’Essonne aux urgences hospitalières avec un traumatisme crânien. Un phénomène, hélas ! en expansion.

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