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Accueil du site > Culture & Loisirs > Sports > Football : Non à l’arbitrage vidéo

Football : Non à l’arbitrage vidéo

Arbitrage vidéo par-ci, arbitrage vidéo par-là, les médias n’ont plus que ces mots à la bouche. Il faut dire aussi que les erreurs d’arbitrage récurrentes leur donnent du grain à moudre. Tout ça conduit irrésistiblement les fans de foot à se poser la question et à prendre partie. Comment appréhender la question ? Quels sont les arguments des deux camps ?

Un problème de définition

Tout d’abord il faut recadrer le problème. Les mots « arbitrage vidéo » ne veulent rien dire si l’on n’explique pas le contexte. Arbitrage vidéo pendant le match ? A posteriori ? L’utilisation de la vidéo et les conséquences qu’elle implique ne seront pas les mêmes en fonction du moment à laquelle elle est utilisée. Par exemple, les média / personnalités que l’on positionne dans le camp des « contre » sont souvent réfractaires à l’idée d’utiliser la vidéo pendant les matchs, mais favorables à un usage à posteriori dans le but de sanctionner des joueurs.

Le camp des « pour »

Regroupant les sites, quotidiens et émissions destinés à la masse (oui vous voyez de qui je parle : lequipe.fr, France Football, et .. toutes les émission télés) le camp des « pour » ne manque pas d’adeptes.

L’argument principal ? Le foot est parasité par la triche, les simulations, et les arbitres ne sont pas infaillibles : l’erreur est humaine. La coupe du monde 2010 en a été l’exemple même. L’issue des huitièmes de finale Argentine-Mexique et Allemagne-Angleterre n’aurait peut-être pas été la même si le but injustement refusé à Lampard avait été validé ou si Tevez avait été signalé en position de hors jeu.

La solution ? L’assistance vidéo pendant les matchs, dans plusieurs cas de figures. Voir si le ballon a dépassé la ligne de but, siffler ou non une position de hors jeu, et s’assurer qu’une faute a bien été commise dans la surface pour pouvoir accorder un penalty. Si le rugby y a recours, pourquoi ne pas l’adopter pour le football ?

Les conditions d’utilisation ? Les entraineurs auraient le droit de demander une vérification vidéo plusieurs fois pendant le match.

Mais pourquoi n’entendons-nous jamais tous ces spécialistes nous vantant les vertus de l’arbitrage vidéo pendant le match plaider la cause d’une vérification à posteriori, solution beaucoup plus simple à mettre en place, même si elle n’implique pas les mêmes conséquences ? Sans doute parce que insulter les arbitres de tous les noms en faisant un papier ou une émission mainstream est beaucoup plus simple que de se poser les vraies questions.

Le camp des « contre »

Parmi les pionniers du « contre » se trouve les cahiers du foot, qui essayent de répandre leurs opinions depuis des années en vain.

L’argument principal des cahiers est que la vidéo n’est, tout comme l’arbitre, pas infaillible. Facilement un tiers des actions suscitent le débat. Ne vous est-il jamais arrivé de vous engueuler avec vos amis devant un ralenti pour savoir si la main était volontaire, si la faute était commise dans la surface ou si le joueur qui vient de marquer était hors jeu ? Le but que Loic Remy a marqué il y a quelques semaines en est le parfait exemple. L’exemple le plus flagrant : Brésil-Norvège 1998. L’arbitre siffle penalty à la 87ème pour la Norvège, l’arbitre se fait lyncher car les images montrent une vulgaire simulation. Trois jours plus tard, une vidéo amateur filmée des tribunes montre qu’il y a bien eu tirage de maillot au début de l’action..

Autre argument, le fait que ce concept soit difficilement applicable pour un sport comme le football. En effet, la notion de rythme est primordiale dans le foot. Les reprises après un long arrêt de jeu dus à une blessure sont par exemple toujours difficiles pour les joueurs car ils perdent la dynamique dans laquelle ils étaient deux minutes plus tôt. Certaines équipes menant au score n’hésitent d’ailleurs pas à multiplier les fautes pour casser le rythme de l’équipe adverse. Couper le match pendant plusieurs minutes et ceci plusieurs fois dans le match afin d’avoir recours à la vidéo est donc dangereux pour le jeu en soi. Rien à voir avec le rugby où les phases de jeu sont espacées de pauses, d’où le fonctionnement du dispositif d’arbitrage vidéo.

Les cahiers militent par contre pour une utilisation officielle et récurrente de l’arbitrage vidéo à posteriori, pour sanctionner les joueurs coupables de simulation ou d’attentats sur d’autres joueurs. C’est déjà le cas aujourd’hui, mais ce n’est pas encore systématique et de nombreux joueurs évitent les suspensions. L’arbitrage à 5 serait aussi une des solutions pour aider les arbitres à prendre des décisions dans des cas difficiles

L’avis Sport Economics

La célèbre main de dieu

Je suis en grande partie d’accord avec la position des Cahiers du foot concernant les conséquences néfastes que l’arbitrage vidéo pendant un match pourrait engendrer. J’aimerais cependant préciser quelques éléments.

Tout d’abord la mise en place d’un tel système vidéo au niveau mondial est impossible. Tous les pays, tous les clubs n’ont pas les moyens humains et technologiques d’appliquer cette mesure. Et on ne peut imaginer une coupe du monde avec arbitrage vidéo si les éliminatoires n’ont pas fonctionné avec les mêmes règles, cela poserait un problème au niveau éthique.

D’autre part, le football déchaine les ferveurs parce que les amateurs qui jouent tous les week-end jouent selon les mêmes règles que les professionnels. Ils peuvent s’identifier aux stars qu’ils voient à la télé. Insérer l’arbitrage vidéo changerait les règles, le jeu, et un fossé immense se creuserait entre le monde pro et amateur.

Enfin, il est clair que l’injustice exacerbe la passion pour le football. Un football aseptisé, sans erreurs d’arbitrages, aurait forcément moins de saveur. Diego en sait quelque chose…


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21 réactions à cet article    


  • ZenLo 17 novembre 2010 10:37

    La seule raison de la vidéo dans le foot, c’est l’argent.

    Soit on change complétement le système, en faisant un grand championnat Européen dans l’esprit de la NBA (pas de descente) avec plein frics, des grandes super stars et tous les bling-blings. Là, on peut instaurer ce que l’on veut, vu qu’il y aura une élite, avec des arbitres pour l’élite.

    Soit on garde le foot comme un sport, une compétition avec son lot d’erreur. On aura toujours la « proximité » (enfin ce qu’il en reste) avec le monde amateur.

    Foot business ou foot sportif, il faut choisir.

    Je suis fan de foot, je joue depuis tout petit avec mon père, mon frère, mes potes... mais là, j’en peux plus du foot, c’est la saturation complète, vidéo, pas vidéo... mais qu’est ce que ça change ?
    J’ hallucine sur l’influence qu’à la foot sur notre quotidien... comme si ça pouvait changer quelque chose que telle équipe gagne ou non, voir que le joueur du dimanche gagne son match... ça fait plaisir, mais quand je vois les dérives de la défaite, ou d’une confrontation avec un adversaire, on est plus proche d’un ennemi que d’un adversaire ou partenaire de jeu.
    Avant de parler d’arbitrage vidéo, il devrait plutôt financer les éducateurs, l’encadrement pour faire en sorte que les joueurs respectent les règles, fassent honneur à un sport qui est surement (vu que pratiquement tout le monde a déjà dû taper dans un ballon) l’un des plus beau sport du monde (pour ne pas écrire le plus beau).

    Le problème du foot ne vient pas de l’argent, ni de l’arbitrage, mais des personnes qui l’encadrent et le pratiquent.


    • R. V. R. V. 17 novembre 2010 11:07

      Bonjour Zenlo.

       Déjà je tiens à préciser que l’arbitrage n’est qu’un des nombreux problèmes dont souffre le football, et l’arbitrage vidéo qu’une des nombreuses propositions visant à changer le football. Sur mon Blog Sport Economics, l’article sur l’arbitrage vidéo émanait notamment d’une série de 3 articles nommées « Changer le Football ». Je suis donc d’accord avec toi quand tu dis que le problème n’est pas QUE l’argent ou l’arbitrage.

      Par contre je ne te suis pas du tout sur l’encadrement. "mais quand je vois les dérives de la défaite, ou d’une confrontation avec un adversaire, on est plus proche d’un ennemi que d’un adversaire ou partenaire de jeu"

      De quoi parles-tu exactement ? Des bagarres à la fin des matchs dans le monde amateur ? Du mauvais esprit qu’il peut y avoir entre deux équipes ? Selon moi tout ça a toujours existé. Ça existe aussi dans le rugby amateur alors que ce sport est glorifié pour ses valeurs etc.. Ce n’est en aucun cas la faute des éducateurs selon moi, souvent des petits vieux ou père de famille qui s’investissent à 100% dans leur job bénévolement.


    • ZenLo 19 novembre 2010 11:28

      Désolé, ma réponse est bien loin du sujet initial...

      Sur le peu d’expérience que j’ai eu au foot, j’ai commencé en pupille jusqu’en sénior (arrêt après 2 ans dans cette catégorie).
      On a eu quelques bagarres, quelques mauvais coup... mais rien de très grave.

      J’ai eu l’occasion d’entendre 3 entraineurs de l’équipe de Moirans, petite ville d’isère, engueuler leurs joueurs, catégorie minimes, « casse le, rentre leur dedans, vas y tacle le »... d’un ton très agressif. Après il faut pas s’étonner, si les joueurs partent en insulte et autres sur le terrain.

      Niveau junior ou cadet, Tunisien de St Martin d’Hères, banlieue de Grenoble, disons plous ou moins difficile suivant le quartier. Déplacement qui, pour une équipe de campagne, peut paraître difficile. Pas un mot sur le terrain ! Pas un mouvement d’humeur, aucun geste agressif ou déplacer. Il y avait une ou 2 personnes dans l’encadrement qui réalisaient très bien leur travail, même pour des bénévoles et surement dans un cadre plus tendu que d’autres clubs.

      Je termine Tournoi de débutant, l’entraineur qui insulte l’arbitre « d’enc... », un minot à côté qui reprend en coeur « fils de ... l’arbitre ». Merci. Dommage que les parents de l’enfant n’est pas été présent, il devait surement profiter du mauvais temps pour se reposer chez eux, plutôt que t’accompagner leur gosse au foot...

      Les activités sportives font aussi parti de l’éducation, de l’accompagnement de l’enfant dans son évolution... et beaucoup d’éducateurs, de parents, on oubliait ça.

      L’encadrement est la base de tout. Bien sur, il faut « mater » l’élite pour qu’il arrête de tricher. Autant les sanctionner lourdement après coup pour tricherie, violence et mettre l’argent économiser dans l’encadrement.


    • Tall 17 novembre 2010 10:49

      Marrants ces arguments « contre » avec d’abord celui qui dit que si ce n’est pas infaillible, ça ne sert à rien, et puis le dernier argument qui dit que si c’est infaillible, ce n’est même plus gai ! smiley


      Plus sérieusement, la trichologie étant devenue monumentale au foot ( normal, vu les milliards de $ en jeu dans les paris en ligne ) et les « bizarreries » d’arbitrage de la dernière world cup ayant été mises au grand jour par toutes les TV du monde, il va bien falloir faire semblant d’un peu y remédier.
      Je dis bien « semblant » car on a bien vu aux 1ères réactions du boss de la Fifa et de Platini contre l’arbitrage-vidéo que la triche à la World Cup ne les dérangeait pas du tout.
      Mais il ne faut pas que ça se voie trop quand même. Il est donc important de sauver les apparences, surtout sur les matchs très télévisés. Et c’est à ça que devra servir la mise en service de la vidéo. Un service qui devrait rendre la corruption d’arbitres moins aisée, mais n’empêchera pas la corruption des joueurs.



      • R. V. R. V. 17 novembre 2010 11:34

        En ce qui concerne le fait que la vidéo n’est pas infaillible je n’ai peut être pas été assez précis. L’argument est le suivant :
        Si un arbitre se trompe dans sa décision après avoir visionné un ralenti (sur une action comme celle de Brésil Norvège 1998 par exemple) ou si la décision peut être interprété différemment (il y avait faute, non il y avait pas faute, si il y avait faute...), il y aurait encore plus de polémiques sur l’arbitrage qu’il y en a aujourd’hui.

        Je pense que tu oublies les deux arguments les plus importants.

        Premièrement le fossé qui se creuserait entre le football amateur et professionnel est sidérant. Les régles ne seraient tout simplement plus les mêmes entre les matchs du dimanche des - de 15 ans et les pros.

        Deuxièmement tu ne peux pas mettre en place la vidéo dans un sport comme le football comme on l’a fait pour le rugby. Comme je l’ai expliqué le rythme est différent entre les deux sports. Le football et le plaisir à regarder le football (donc c’est aussi une histoire d’argent je te l’accorde) perdrait forcément de l’intérêt si le match est coupé tous les quarts d’heure pendant 2-3 minutes pour que l’arbitre visionne la vidéo.

        Et le rythme du football est différent, toutes les personnes qui ont pratiqué ce sport savent que casser le ry


      • Tall 17 novembre 2010 11:46

        Bien sûr, les règles de la video-foot devront être adaptées au foot, pas au rugby. Il ne faut pas casser le rythme. Mais on peut organiser ça de manière utile et pratique pour un un bon nombre de cas.

        Il ne faut pas s’interdire une amélioration parce qu’elle ne résout pas tout partout.

        En tennis, c’est le cas aussi ( le hawkeye est assez cher ) mais les joueurs de haut niveau ont maintenant tendance à se plaindre de son absence lorsqu’ils n’en disposent pas sur un court annexe lors d’un tournoi du grand chelem.
        Alors qu’avant qu’on mette le hawkeye en place, ils étaient souvent contre (John Mc Enroe ), il n’y a quasi plus personne pour s’y opposer aujourd’hui.

      • R. V. R. V. 17 novembre 2010 11:52

        D’accord avec toi sur le fait que certaines dispositions peuvent être adaptées sans casser le rythme. Par exemple, les capteurs optiques ou les caméras derrière les cages pour voir si le ballon à dépassé la ligne.

        Mais celà pose encore la question du champ d’application. En ligue des champions ou dans les grands championnats, celà ne devrait pas poser de problèmes. Mais en ligue 2, ou dans des plus petits championnats, il y aura-t-il les moyens nécessaires pour appliquer ce genre de méthodes à tous les matchs ? J’en doute.

        En soit je ne suis pas complètement opposé à la vidéo. Encore faut-il en faire une application éthique, pour que tout le monde en profite et qu’aucune équipe ou nation ne soit en marge par rapport à cette utilisation.


      • Fergus Fergus 17 novembre 2010 12:36

        Bonjour, R.V.

        Ancien joueur (32 ans de pratique) et éducateur de football (10 ans), je suis totalement opposé à la vidéo. Tout simplement parce qu’elle introduit un élément d’injustice largement aussi grand que les traditionnelles erreurs d’arbitrage. Un seul exemple suffit à le démontrer : le hors-jeu. On pourra effctivement, grâce à la vidéo, démontrer qu’un attaquant était hors-jeu et annuler le but qui ’en est suivi ; il sera en revanche impossible de remettre en position d’attaque un joueur qui part seul au but mais dont l’action a été stoppée par un hors-jeu imaginaire. Inutile d’aller plus loin pour démontrer que la vidéo n’est pas la panacée que prétendent certains de ses partisans.

        La solution : utiliser la vidéo uniquement a postériori pour sanctionner très sévèrement les tricheurs et les simulateurs, ce qui est loin d’être en usage actuellement. Des suspensions de 10 ou 20 matches seraient de nature à remettre un peu plus d’éthique dans les comportements des joueurs.


        • confituredeperles 17 novembre 2010 18:29

          Bonsoir,

          dans le football pro (ligue 1 et ligue 2 de tous les pays européens), il est tout a fait possible d’y instaurer l’arbitrage vidéo, tant techniquement que financièrement, de plus il suffirait de mettre un arbitre officiel, relié par radio, dans la régie, avec tous les écrans des champs des cameras sous les yeux avec le réalisateur, ca ne nuirait aucunement au jeu, a priori, encore faudrait il que l’on respecte « l’arbitre régie ».

          Il existe aussi la question des modalités d’accès à « l’arbitre-régie », 3 accès ? Comme les temps morts au basket ? Lors d’actions chaudes ? Définir une action chaude...et lors d’un hors jeu ? Il faudrait que les joueurs aillent au bout de leurs actions pour marquer...ensuite la video trancherait et l’arbitre assistant ?...une touche mal accordée qui occasionne un but, la vidéo trancherait ? La justice serait-elle pour autant respectée ? Certaines injustices ne seraient surement pas commises c’est sur.

          Cela dit je suis d’accord sur le fait que le fossé se creuserait encore plus entre foot pro et foot amateur, si on instaure l’arbitrage vidéo. Ne l’est-il pas déjà avec les salaires exorbitants de certains joueurs ? Les budgets de certains clubs ?

          La vidéo ne changerait rien au foot, elle ne changerait que la grosseur du compte en banque des patrons de chaines de télévision et des sites de paris en ligne.

          Et personnellement, je ne suis pas pour la vidéo malgré les « injustices » ou les erreurs de nos arbitres et je suis pour une meilleure formation, dans le foot pro comme dans le foot amateur, à respecter l’arbitrage et qui plus est les arbitres. Combien de « loupés » d’attaquants, combien de tacle glissés de défenseurs ratés, combien de mauvaises passes de milieux de terrain, de joueurs de classe internationale, qui auraient pu être décisifs pour leur équipe pour gagner des matchs ? Et maintenant combien d’erreurs d’arbitrage ? Si les arbitres faisaient autant d’erreurs, les matchs ne pourraient pas se dérouler correctement. Qu’on apprenne juste aux jeunes à respecter les arbitres. Depuis le plus jeune âge avec plus d’éducateurs, plus d’encadrants qu’on réinstaure le respect tout simplement. J’aimerais qu’on respecte les arbitres comme au rugby, aussi dans le même temps, il faudrait axer la formation des arbitres sur la psychologie de la personne et sur les rythmes des matchs, les temps forts, les temps faibles et à ne pas prendre les joueurs que pour des machines à jouer au foot, des robots.



        • Fergus Fergus 17 novembre 2010 13:43

          L’universalité est pourtant le B.A.BA d’un spor équitablet. Sinon, on sombre dans le marketing et le business.


        • R. V. R. V. 17 novembre 2010 14:03

          L’universalité est pourtant le B.A.BA d’un spor équitablet. Sinon, on sombre dans le marketing et le business.

          Et justement, le football a déjà largement sombré dans le marketing et le business. L’universalité des règles est une des seules choses saines que le football conserve.


        • sisyphe sisyphe 17 novembre 2010 19:16

          D’accord avec l’auteur, et avec Fergus ; je suis pour une utilisation très limitée et très spécifique de la vidéo ; 

          - a posteriori (après un match), pour juger de la gravité de certaines fautes non sanctionnées par les arbitres (ou inversement, pour « blanchir » un joueur injustement sanctionné)
          - pendant le match ; UNIQUEMENT sur la ligne de but, pour voir si le ballon a franchi la ligne ou non ; comme au rugby, ou la vidéo n’est utilisée QUE pour savoir s’il y a essai ou pas. 

          La vidéo n’est utilisée (en dehors du rugby, sur la ligne de but) dans aucun sport collectif, et ce n’est pas un hasard ; son utilisation dans le champ ne ferait qu’aggraver les problèmes au lieu de les résoudre ; casse du rythme, pas de fiabilité absolue selon l’angle

          et, SURTOUT, surtout comme dit plus haut, parce que tout le football amateur mondial, et celui de championnats professionnels de certains pays, se retrouverait différent des compétitions internationales ; on instaurerait ainsi un football à plusieurs vitesses, avec des règles différentes, selon qu’il y ait la vidéo ou non. 

          Arbitrage vidéo pour le foot-business, et sans, pour les millions de pratiquants dans le monde ; je n’ose même pas imaginer la foultitude de problèmes que ça poserait dans le foot amateur, vis à vis, notamment, des arbitres qui, rappelons le, dans tout le foot amateur, sont des bénévoles. . 

          J’ai moi-même pratiqué le foot amateur pendant plus de 30 ans, hebdomadairement, et ai été de nombreuses fois arbitre ; déjà que l’autorité d’un arbitre amateur et bénévole est difficile à faire respecter, ce serait encore bien plus difficile... 

          Donc, pour moi, pas de vidéo en dehors des cas que j’ai évoqué plus haut.


        • L’Ankou 18 novembre 2010 11:12

          Je suis parfaitement d’accord avec sisyphe concernant la remise en question de l’autorité arbitrale dans le foot amateur. C’est ce point qui emporte mon opinion catégorique contre l’arbitrage vidéo.

          Ceux qui sont pour sont souvent des téléspectateurs avides de précision, d’équité, de justice et de spectacle de qualité, et je ne leur jette pas la pierre. Leur logique s’admet et se respecte.

          Ils oublient seulement que, comme R.V. le fait remarquer, le foot est une grande famille qui va du professionnel à l’amateur. Comme vous, R.V., et vous, Soulmanfred, je regretterais qu’un fossé se creusât entre le monde professionnel et les petits clubs. Ce que vous dites sur le monde amateur est vrai. Ce que vous dites aussi des différences entre pays riches et pays pauvres l’est aussi et s’applique également aux petits clubs amateurs.

          Mais je vais plus loin : je gage que plus personne ne voudra arbitrer ces « petites » rencontres.

          Même dans les clubs amateurs, il y a de plus en plus de pression pour la réussite, pour la performance... Avec l’immobilisation des ascenseurs sociaux traditionnels, le sport fait rêver bien des jeunes joueurs en mal de reconnaissance sociale qui espèrent avoir un talent, pouvoir le faire fructifier et atteindre un jour à la notoriété, au professionnalisme, au succès, à la richesse (une richesse indécente, ferais-je remarquer au passage) et à la reconnaissance sociale. Ces pressions rendent parfois le sport violent,  même dans les petits clubs amateurs.

          Qui est-il à même de ramener l’ordre et la mesure sur ces terrains ? L’arbitre. Tout repose sur ses épaules, et c’est souvent contre lui que se focalisent les antagonismes parfois haineux des joueurs contre leurs adversaires.

          Ce qui donne aux arbitres la légitimité de faire face aux joueurs et à leurs familles, souvent vindicatives, qui tiennent lieu de public aux rencontres locales, c’est toute la chaine de respect et de légitimité dont s’auréole la fonction arbitrale, du match international au plus petit match amateur.

          Instaurer l’arbitrage vidéo, ce qui n’est possible que pour les « grands matchs », c’est proclamer à toute cette chaîne d’autorité, de légitimité et de respect que l’arbitre est faillible, qu’avec les « bons outils », il est possible de lui faire changer d’avis sur un arbitrage erroné.. C’est donc exposer nos « petits » arbitres locaux, souvent bénévoles, à de multiples contestations et à des pressions qui, vu le contexte de certaines rencontres, peuvent assez vite dégénérer en agressions, verbales ou bien pires.

          Si l’armure de légitimité et de respect tombe, l’arbitre devient un homme vulnérable, faible, nu, méprisable.

          Actuellement, l’équilibre est maintenu parce que l’arbitre est... arbitraire. C’est à dire qu’il a raison. Et s’il a tort, il a raison quand même. Le contester est illégitime et expose à des sanctions méritées. Il importe peu, finalement, qu’il se trompe ou pas. Ce qui importe c’est qu’il arbitre en conscience et qu’il soit respecté même dans ses erreurs. Et cela même n’est pas toujours suffisant pour prévenir quelques incidents malheureux.

          Sans même parler de devoir assumer les conséquences physiques et morales des violences qui s’ensuivraient, les tenants de l’arbitrage vidéo semblent n’avoir pas pris en compte le bouleversement du paysage footballistique amateur que risque d’y générer cette remise en question de l’autorité arbitrale.

          Si la décision passe, je souhaite bien du courage aux hommes en noir, et ne m’étonnerait pas des crises de vocation qui rendront pas mal de rencontres difficiles ou impossibles, non sur les grands stades, mais sur le terrain à côté de chez vous.

          Bien à vous,
          L’Ankou


        • Fergus Fergus 17 novembre 2010 13:43

          Erratum : sport équitable, of course.


          • pirkiller pirkiller 17 novembre 2010 14:17

            Bonjour,

            je suis personnellement pour un arbitrage video et informatique ...
            Technologiquement(étant dans dans le métier), nous avons tous les moyens techniques pour mettre cela en place efficacement et notamment sur ces fameurs hors jeux.

            Je pense que tous les outils modernes pouvant etre mis en place doivent etre utiliser afin d’éviter certaines erreurs d’arbitrage.

            L’argument présentant ces nouveautés comme pouvant dénaturer le jeu est un argument d’arrière garde.

            un exemple d’utilisation avec le hors jeu :

            combien de buts ont été marqués car une des équipe s’est arrétée de jouer car croyant le joueur adverse hors jeu ?
            mettons en place les outils nécessaires en place laissons le jeu se dérouler jusqu’au but éventuel .


            Contrairement à ce qui est dit généralement, la détection du hors via logiciel + vidéo est bien plus fiable qu’un humain : désolé pour les arbitres.

            et l’argument du genre « l’erreur est humaine » doit immédiatement induire la réponse suivante : si l’erreur est humaine et bien donnons nous les moyens pour éviter cela dans le futur grace aux outils actuels.
            On est en 2010 que diable pas au siècle dernier ..

            je rappele que les règles du foot ont évolués au cours du temps, alors pourquoi ne pas utiliser des outils modernes pour aider à l’arbitrage ??

            La seule raison qui me vient à l’esprit(rarement citée dans les argumentaires) ce sont les énormes intérêts financiers qui sont derriere toutes les problèmatiques dont nous discutons .

            J’en conclu que le vrai problème n’est pas de savoir si on est pour ou contre l’arbitage vidéo , mais pour ou contre un foot plus sain et moins gangréné par ces mafias financières.

            Si on utilise tous les moyens dont nous disposons  : plusieurs arbitres , aide informatisée , vidéo , ce ne sera pas parfait , mais au moins je pense que ça générera moins de discussions sur l’intégrité des arbitres...


            • Fergus Fergus 17 novembre 2010 17:46

              @ Pirkiller.

              Sur le hors-jeu, je vous renvoie à mon premier commentaire.

              Quant aux joueurs, notamment professionnels, qui s’arrêtent de jouer en croyant au hors-jeu, cela constitue une faute évidente de comportement. Tout les joueurs, dès les cadets, doivent avoir définitivement assimilé qu’il ne faut jamasi s’arrêter de jouer avant que l’arbitre ait sifflé.

              Pour ce qui est de fiabilité de l’arbitrage vidéo, là aussi beaucoup à dire. C’est ainsi que le 1er essai des Français contre les Fidjiens en rugby a été validé alors qu’il y avait, semble-t-il, eu un léger en-avant dans l’en-but après que le défenseur fidjien ait laissé échapper le ballon. A ce propos, trop souvent la vérité d’un angle de prise de vue est contredite par celle qui est donné par un angle différent !

              Enfin, comme déjà dit plus haut, des sanctions drastiques a posteriori contre les joueurs tricheurs ou les arbitres aux décisions manifestement aberrantes devraient très largement suffire à éradiquer nombre de comportements attentatoires à l’esprit du sport. Encore faudrait-il taper très fort et ne pas hésiter à prononcer, le cas échéant, des radiations temporaires, voire définitives !


            • tchoo 17 novembre 2010 14:24

              Vous racontez des choses, que visiblement vous ne connaissez pas.

              l’arbitrage vidéo dans le Rugby serait plus facile parce ce jeu est entrecoupé d’arrêt de jeu !

              mais vous parlez du Rugby à XV, alors que je vous rappelle l’arbitrage vidéo en matière de Rugby à été inventé par la Rugby à XIII et en Australie, sport tout autant dynamique sinon plus que le foot et sans comparaison possible au niveau du rythme avec son cousin à XV.
              Il faut justement se pencher sur l’application de cet arbitrage vidéo sur ce sport (le Rugby à XIII) pour comprendre tout l’intérêt que pourrait en retirer le foot.
              Il est bien évident que cette utilisation n’éliminera ps de faits toutes les erreurs d’arbitrage, elle permet simplement d’en diminuer grandement le nombre et de conforter les décisions les plus implicantes sur le résultat.


              • Walid Haïdar 17 novembre 2010 20:17
                Je suis pour l’utilisation de la technologie.

                Alors répondons point par point aux technophobes :

                1/ l’universalité. Je n’ai quasiment joué les règles du hors jeu dans une partie pop, dans un jardin public ou à la plage. Je ne jouais pas à 11 contre onze non plus, et y a jamais eu d’arbitre.
                Quand je jouais en club, on avait pas 4 arbitres, et un timer pour indiquer (de façon complètement bidon, soulignons le) l’espèce que temps additionnel qui ressemble à rien et qu’on annonce à l’avance au foot. Y avait, quand je jouais au niveau district, pas d’arbitre et c’était l’équipe extérieure qui fournissait l’arbitre, qui tentait d’être impartial comme il pouvait. Les arbitres de touche c’était un de chaque club.

                Donc l’argument d’universalité me fait franchement rigoler. Pour faire vibrer les foules, y a pas besoin de bannir la technologie. Ca n’a vraiment rien à voir, c’est une pure invention. Et en attendant, la subjectivité humaine, les erreurs, c’est bien pratique pour pouvoir manipuler les matchs d’une façon ou d’une autre.

                2/ la vidéo peut aussi se tromper. En effet. Au lieu d’avoir 50 erreurs flagrantes par match, on en aura une tous les 50 matchs. C’est pas du tout comparable évidemment, et donc cet argument ne vaut rien. C’est exactement la même chose que dire que le préservatif ne sert à rien parce que parfois il éclate. Taillez cet argument en pointe d’ailleurs, il pourrait être plus utile sous cette forme.

                3/ le rythme. Aucune raison de casser le rythme avec la vidéo, mais d’abord, je dois dire que je suis pour 5 arbitres. 1 de champ, 1 sur chaque ligne de touche mais sur toute la ligne et non seulement sur la moitié, et enfin 1 arbitre derrière chaque surface de réparation. Déjà ça ça limite sérieusement les erreurs et dissuade les fraudes dans la surface. Pour ce qui est du hors-jeu : quel manque d’imagination. Les arbitres n’ont qu’à signaler uniquement les hors jeu dont ils sont certains. Quand ils c’est limite, on signale pas, et y a un arbitre vidéo qui en temps réel se concentre sur les hors-jeu et vérifie. Ca prend 3 secondes avec les bons outils. L’action se continue, et s’il y a hors-jeu, c’est signalé à l’arbitre, qui revient au hors-jeu. Tout con.

                4/ sans erreur, c’est moins fun. Argument ridicule. Le sport est fait pour quoi ? pour tricher ? non, pour se mesurer aux autres et donner ce qu’on a, dans un esprit fair-play. C’est ça l’idéal du sport. Donner des marges d’erreur, c’est augmenter la tentation car la rentabilité de la triche, et du mauvais esprit. Cet argument est minable, et anti sportif.

                Enfin y a un truc fondamental que vous comprenez pas. On joue tous au foot avec les copains le WE. Je sais pas vous, mais moi je suis absolument dégoûté par la mentalité des amateurs du dimanche. Ils calquent leur mentalité sur la triche et la malhonnêteté des pros. Parce que les pros ont des enjeux énormes, et comme le taux d’erreur est énorme, jouer sur la triche rapporte suffisamment pour que tous les pros n’hésitent pas à tricher et à profiter des aléas de l’arbitrage. En rendant les choses carrées, on supprime l’intérêt de la triche, on change l’esprit du jeu, et ça se ressentira sur l’esprit des jeunes et des pratiquants du dimanche. Ca redonnerait au foot un esprit de gentleman, un vrai sport à la fois noble, populaire, universel : ça c’est une belle ambition.

                L’universalité, c’est le goût des gens pour ce sport qui la garanti, mais l’esprit de ce sport, il est diffusé par les pros : ce sont eux qui déteignent sur les jeunes et les amateurs, et c’est donc sur le foot pro qu’il faut prendre des mesures pour qu’il déteigne positivement sur le reste.

                Voici à mon avis les réformes qu’il faudrait pour faire du foot un sport de gentlemen, et un sport à spectacle, où les meilleurs ne sont plus des grosses brutes aux pieds carrés, et des tacticiens de l’anti-jeu et de la défense :

                - 5 arbitres, comme dit plus haut
                - quitte à réduire le temps à 80 ou 75 minutes, arrêter le temps comme au basket, avec un simple chrono c’est vraiment pas compliqué, et ça évite tout bêtement tous les anti-jeux à la con, qui pourrissent les matchs et son injustes.
                - ne pas siffler les penaltys/fautes/hors-jeu limites : le moindre doute, on s’abstient.
                - vidéo-arbitrage en temps réel décalé de quelques secondes pour siffler les hors-jeu/fautes/pénaltys non sifflés par l’arbitre. L’action stoppe, on revient à la faute.
                - vidéo pour l’après-match sans restriction : sanctionner TOUS les faits de jeu qui doivent l’être (y compris les simulations à deux balles), blanchir les innocents (si jamais il en reste)
                - sur un geste interdit (tacle dangereux, coudes etc.), si la victime est privée de terrain pendant X mois ou semaines, le coupable est privé de terrain pour la même période.

                Et là, le foot devient une très très belle chose à voir.


                • ZenLo 19 novembre 2010 11:07

                  4/ Sans erreur, c’est moins fun.
                  L’erreur fait partie de la vie, on en fait tous, tout le temps... Comme vous le dites si bien, le sport se doit de promouvoir des notions de respect et de fair play.
                  S’il faut mettre des caméras partout pour que 22 joueurs se tiennent correctement sur un terrain de foot.
                  Demain, on va mettre des caméras dans nos toilettes (j’exagère) pour s’assurer que l’on vise bien et que l’on en met pas à côté. Tout le monde dira, c’est bien, j’en avais marre de faire attention avant de m’assoir.

                  - sur un geste interdit (tacle dangereux, coudes etc.), si la victime est privée de terrain pendant X mois ou semaines, le coupable est privé de terrain pour la même période.
                  Tout à fait d’accord.

                  Je suis tout à fait d’accord avec vous sur la mentalité des joueurs du dimanche. C’est l’une des raisons qui m’a fait arrêter la compétition. Chaque match est une finale de coupe du monde pour certains... Incompréhensible !

                  Ce sont les acteurs qui doivent réaliser ce qu’ils font et redonner ses valeurs de noblesses au sport et non l’autorité ou la peur de ce faire prendre.
                  Mais, c’est ma naïveté ou ma foi en la race humaine qui me fait dire ça (je sais :))


                • OMAR 17 novembre 2010 20:30

                  Omar 33

                  R.V : Enfin, il est clair que l’injustice exacerbe la passion pour le football...

                  Tres juste, et sans passion...

                  De plus, voyez-vous l’utilisation de la vidéo à l’échelle planétaire, quand certains pays ont du mal à construire juste un terrain de foot ?


                  • ARMINIUS ARMINIUS 18 novembre 2010 08:46

                    Il m’est arrivé de marquer un but magnifique un de ceux qu’on ne marque qu’une fois dans sa vie,
                    l’arbitre l’a refusé parce qu’à son avis ce but ne pouvait, à son niveau technique, être réalisé à cette vitesse sans être entaché d’irrégularité, bon difficile à comprendre pour ceux qui ne connaissent pas le hockey sur gazon pour les autres : j’ai été accusé d’avoir tiré en « back stick » (interdit) alors que j’avais tiré en revers ( autorisé). Ce refus a inversé la victoire... j’aurais aimé, à l’époque, pouvoir recourrir à l’arbitrage vidéo

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