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Accueil du site > Culture & Loisirs > Sports > Gino Bartali, Juste..... un champion

Gino Bartali, Juste..... un champion

Le champion cycliste italien Gino Bartali, mort le 5 mai 2000 à l’âge de 85 ans, a été fait « Juste parmi les nations » à titre posthume, le lundi 23 septembre, par le mémorial israélien consacré au souvenir et à l’étude de la Shoah.

Yad Vachem précise dans un communiqué que "Bartali a sciemment risqué sa vie pour sauver des juifs". Grace à lui et son réseau plusieurs centaines de vies auraient été sauvées.

Gino Bartali est l’un des plus grands noms de l’histoire du cyclisme, au même titre que son compatriote Fausto Coppi. Bartali est de ces champions que l’on appelait "les forçats de la route", à une époque ou ce terme voulait encore dire quelque chose . Une époque où les oreillettes, les casques, les lunettes, l’EPO et autre transfusion sanguine, n’avaient pas encore totalement transformé les coureurs en robots ou la sueur et les marques de souffrance sont devenues invisibles.

La carrière de ce coureur très croyant, surnommé d’ailleurs « Gino le Pieux », démarre avant guerre par deux succès dans le Giro (Tour d’Italie) en 1936 et 1937. 

C’est malgré lui que le régime fascisme de Mussolini en fait une icone.

L’année suivante, à 24 ans seulement, il remporte le Tour de France pour sa première participation. On le croit parti pour une longue série de succès mais l’Histoire va en décider autrement.

Il poursuit sa carrière en Italie pendant la guerre. Mais en 1943, alors qu’il est incorporé comme policier de la route après avoir été affecté quelque temps à la surveillance des voies ferrées, mal à l’aise avec les exactions du régime fasciste, il décide de trouver refuge au Vatican.

Il est arrêté, mais grâce à sa popularité et des amis bien placés il ne fera que 45 jours de prisons. 

A partir de cette époque, et sous le prétexte de sorties d’entraînement, il se rend à Assise, Gênes et dans les Abruzzes, faisant des trajets de plus de 350 kilomètres aller-retour.

Il fait ainsi le tour des couvents, dissimulant dans la selle et le cadre de son vélo des photos et autres documents pour établir les faux papiers qui permettront à des juifs de passer clandestinement la frontière pour s’enfuir en Suisse ou aux États-Unis. 

Aucun de ses proches, même son épouse, n’étaient au courant de ses actes.

Après la guerre le champion italien remonte sur son vélo et remporte encore de grandes courses dont un Giro (1946) et un Tour de France en 1948, 10 ans après le premier.

Quant à ses plus belles sorties à vélo, celles qui ont aidé à la survie des centaines de juifs, Gino n’en a jamais parlé.

Précisons que la distinction de Juste parmi les nations a été décernée depuis 1963 à plus de 24 000 personnes. 


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21 réactions à cet article    


  • Robert GIL ROBERT GIL 25 septembre 2013 10:09

    j’espere qu’a l’epoque le tour de France était moins soporifique que maintenant...


    • fatizo fatizo 25 septembre 2013 17:24

      Il l’était je vous l’assure, un grand leader qui gagnait un jour avec 10 ou 20 minutes d’avance pouvait subir une défaillance le lendemain .


    • Fergus Fergus 25 septembre 2013 10:26

      Bonjour, Fatizo.

      Merci de mettre en lumière cet aspect méconnu de la vie du grand champion qu’a été Bartali. Un Bartali dont le palmarès aurait été encore plus étoffé s’il n’y avait pas eu la guerre.

      Il est bien de se souvenir qu’il n’a pas été seulement un grand coureur cycliste, mais également au homme au grand cœur qui, de surcroît, n’a jamais cherché à faire valoir ses mérites dans la résistance. 


      • fatizo fatizo 25 septembre 2013 17:28

        Bonjour Fergus,

        Lui et Coppi sont vraiment des personnages romanesques . Leur vie en dehors du vélo est au moins aussi passionnante que celle de champion .
        Et comme tu le soulignes, d’avoir su garder ce secret tout au long de sa vie rend le personnage encore plus noble .

      • devphil30 devphil30 25 septembre 2013 10:56

        Merci d’avoir parler de cet italien inconnu pour la plupart d’entre nous qui représente la droiture et le respect.


        Philippe 

        • fatizo fatizo 25 septembre 2013 17:29

          Inconnu pour les plus jeunes et pour ceux qui ne connaissent pas l’histoire du cyclisme, mais il est avec Coppi, le plus grand coureur italien de tous les temps .


        • norbert gabriel norbert gabriel 25 septembre 2013 16:33

          Pour moi c’est le plus grand, outre le fait qu’il esl le seul à avoir gagné le Tour à 10 ans d’intervalle, il a été exemplaire dans son approche de la course, c’est lui qui a dit à Poulidor ne touche jamais à la pharmacie...J’ignorais cette page de son histoire, ça le grandit encore plus.


          • fatizo fatizo 25 septembre 2013 17:34

            Je suis bien sur trop jeune pour avoir connu son duel avec Coppi, alors qu’il était à la fin de sa carrière, mais j’ai toujours été marqué par le courage et la noblesse de ce champion d’exception .

            Il y avait eu un magnifique document sur Arte il y a quelques années sur leur affrontement et leurs vies en dehors du vélo . (On n’y parlait pas de son action pendant la guerre, surement encore inconnu à l’époque) .
            Rien que son nom sonne comme un personnage de roman : « Gino Bartali » ,( avec l’accent) .

          • Dwaabala Dwaabala 25 septembre 2013 18:21

            Un article juste parmi les justes.
            « les marques de souffrance sont devenues invisibles. »
            Oui, car on ne voit plus que des marques commerciales.
            À l’époque, les équipes étaient nationales... et régionales pour les Français qui n’étaient pas dans l’équipe nationale. « Les Régionaux ».
            Et la caravane du tour était clairement distincte de l’épreuve sportive.


            • fatizo fatizo 25 septembre 2013 18:35

              Dans mon enfance, dans les années 70, les coureurs qui arrivaient en fin d’étape, au sommet des cols, s’écroulaient de leurs vélos et avaient du mal à retrouver leur respiration .

              Depuis les années 90 , et l’arrivée de l’EPO, plus rien de tout cela . Nous avons des robots, des machines à pédaler . Ce sport a perdu son âme mais il n’est pas le seul .
              Le Tour a la chance de posséder une histoire ou des hommes comme Bartoli ont leur place, mais des Indurain, Armstrong, Froome et compagnie, font tout ce qu’ils peuvent pour briser cette image . 

            • fatizo fatizo 25 septembre 2013 19:02

              Bartali , pardon .


            • Dwaabala Dwaabala 25 septembre 2013 20:12

              Quand nous étions gosses, le« tour de France » était un jeu de billes : tracée dans la terre ou le sable, la route tracée du tranchant de la paume, avec ses cols et autres accidents de terrain.
              L’emplacement de la bille était marqué par un petit coureur, genre soldat de plomb, auquel un nom était attribué. Bartali bien sûr, Coppi, mais aussi Kübler, Koblet, Géminiani, Bobet, Stan Ockers, .. Il y avait un vrai peloton, avec à chacun son nom.


            • Aita Pea Pea Aita Pea Pea 25 septembre 2013 21:00

              Dwaabala , les parcours de billes dans les bacs à sable ,pour moi au stade communal ...

              Que du plaisir ,autant à jouer qu’a le construire ,le parcours .

              Fatizo ,je ne savais pas pour ce grand coureur ,merci pour l’info.

              Pour le tour 2013,j’ai eu du plaisir à le suivre cette année ...Parcours magnifique et belles bastons ...Oui je sais ,dopes ...Aie,pas sur la tete !


            • Bernie Bernie 25 septembre 2013 21:09

              @ Dwaabala

              Merci pour ce rappel de ces petits coureurs qui ont peuplés mon enfance. Je les avaient oubliés, et à leur évocation, tout est revenu comme si c’était hier.

              Il y avait les miko, les peugeot et tant d’autres. Pour pimenter le parcours, nous faisions des « sections pavés » avec des petits cailloux sur une partie du tracé, que nous prenions soin de collecter avant. L’élaboration du parcours ainsi que la foire d’empoigne qui pouvait résulter d’une bille « ligne » ou « décor », ou une « coupette » dans un virage occupait nos journées d’été, tout autant que la course elle même.

              Heureux temps de l’enfance. smiley


            • Fergus Fergus 25 septembre 2013 23:22

              Bonsoir, Fatizo.

              Plus de coureurs épuisés et plus d’éliminés en montagne alors qu’il y en avait dans chaque grande étape dans les années 60, parfois jusqu’à une vingtaine !


            • Robert GIL ROBERT GIL 25 septembre 2013 18:51

              j’espere que dans un prochain temps vous nous ferez un portrait de Coppi...


              • fatizo fatizo 25 septembre 2013 19:01

                Pas une mauvaise idée. Un champion vraiment particulier aussi ;

                Sa carrière bien sur , mais aussi son histoire avec la Dame Blanche, et sa fin tragique .

              • asterix asterix 25 septembre 2013 19:41

                Bonjour Fatizo

                Gino Bartali aurait été le Merckx des années 40 s’il n’y avait pas eu la guerre. Merci de nous avoir communiqué le profond humanisme de ce grand, très grand champion dont je salue la mémoire.
                Ce qui me gène, ce n’est pas lui. C’est le concept qui vaut qu’un état, un seul état s’approprie la reconnaissance des Justes.
                Et cet état n’est pas très juste...


                • Fergus Fergus 25 septembre 2013 23:28

                  Bonsoir, Astérix.

                  Qu’Israël ne soit pas un état juste, pas grand monde ne s’opposera à ce constat.

                  Pour ce qui est des Justes, rien de gênant dans le fait que ce concept ait été adopté par Israël, la notion de « Juste parmi les nations » trouvant sa source dans le Talmud.


                • télé ton destin télé ton destin 25 septembre 2013 20:11

                  Bonsoir fatizo,

                  un sincère merci pour ce côté de la personnalité de ce grand monsieur que j’ignorais. On est bien loin des valeurs d’un Jacques Anquetil...

                  Vous connaissez mon goût pour la musique, goût que nous partageons,
                  je me permets donc un petit hors sujet pour fêter l’anniversaire d’une grande dame,
                  Maria Tănase (l’Edith Piaf roumaine) qui elle aussi avait une part d’humanité très forte.

                  Lume, lume...

                  Bonne soirée.


                  • télé ton destin télé ton destin 28 septembre 2013 12:38

                    Oui fatizo,

                    moi aussi je vous remercie de m’avoir remercié et ainsi de suite...

                    Vote sujet du jour smiley, auriez-vous quelque chose à cacher ?
                    Mais ben ,encore une fois, pourrir les fils, très peu pour moi, je préfère pour rire. smiley

                    Et devinez où je vais today ? smiley J’vous tiendrais au courant, promis...

                    Bon week-end à vous, sincèrement.

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