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Hamilton, la fleur au Fuji

Passant entre les (nombreuses) gouttes qui se sont abattues sur le Fuji Speedway ce matin, Lewis Hamilton a désormais posé une main et demi sur la couronne de champion du monde des pilotes 2007. Au vu de la régularité de ses résultats sur l’ensemble de la saison, ni Alonso ni Raikkonen ne semblent en mesure de l’empêcher de conquérir le titre, à moins que la roue tourne...

Difficile de ne pas avoir la sensation que le champion du monde des pilotes 2007 de Formule 1 ne sera pas l’extraordinaire Lewis Hamilton. Après les 67 boucles (achevées in extremis dans la limite des deux heures réglementaires) de ce GP du Japon, le jeune Anglais compte 12 points d’avance sur son meilleur ennemi Alonso, et 17 sur Kimi "Iceman" Raikkonen. On pourra toujours débattre sur le fait qu’il fallait ou non faire partir cette course à l’heure prévue, sur les 18 tours passés sous le régime de la Safety Car, qui n’ont fait qu’empêcher les 22 monoplaces de "sécher" (le mot est mal choisi tant la pluie est tombée d’un bout à l’autre du grand prix) le bitume, et sur le principe de faire se dérouler un grand prix de F1 "en montagne" dans cette région, fin septembre. Mais le résultat est là : une course bien maîtrisée, une petite part de réussite indispensable à tout champion qui se respecte (et qu’il avait déjà mise à profit au Canada notamment), et une intelligence de course sans égal dans des conditions de piste et de visibilité tout bonnement épouvantables.

La leçon donnée aujourd’hui par Hamilton sur les hauteurs du Mont Fuji frappe de plein fouet un homme : Fernando Alonso. Annoncé (à juste titre au vu de ses derniers exploits dans des conditions similaires, à Budapest en 2006 et cette année au Nurburgring) comme le roi de la conduite sur piste détrempée, il a fait une erreur, une erreur de rookie. De celles qu’on pourrait attribuer à un Hamilton justement, qui deviendra probablement à Shanghai ou à Interlagos le premier débutant à remporter le titre pilote dès sa première saison (excepté Farina en 1950 pour d’autres raisons). Une course aussi dantesque favorise généralement les pilotes les plus experimentés, mais ce matin, le vieux briscard s’appelait Lewis.

Après s’être fait subtiliser la pôle position pour 70 millièmes, l’Espagnol a ruminé sa rage 18 tours durant en attendant que le Safety Car laisse enfin les HOMMES s’exprimer. Là, Hamilton a fait plus que tenir Alonso à distance, l’Asturien restant à 2 ou 3 secondes de l’Anglais, une distance suffisante pour pouvoir évoluer dans un rythme de course suffisamment élevé pour ne pas être trop perturbé par les gerbes d’eau produites par la Mclaren-Mercedes d’Hamilton. Au jeu des arrêts au stand décalés, et d’une deuxième et longue intervention de la Safety Car, Hamilton se retrouve mêlé à la lutte avec Vettel, Webber et Kovalainen, quand Alonso navigue à la 7e ou 8e place, derrière un Raikkonen remonté de la dernière place, et ce malgré une Ferrari visiblement pas à son aise. Puis vint ce 41e tour fatidique où la Mclaren de l’Espagnol est allée s’encastrer dans le muret de protection au freinage du virage numéro 6. La désolation d’Alonso observant le passage des monoplaces rescapées durant de longues minutes en dit long sur sa déception. Il sait qu’il vient probablement de perdre le titre, et plus encore. Comme un symbole du KO parfait, Lewis Hamilton réalise le hat-trick en conservant le meilleur tour en course jusqu’au drapeau à damier.

Les plus prudents diront que rien n’est joué, qu’il faut attendre la Chine car le complexe pharaonique de Shanghai peut nous réserver de tout autres conclusions, si les rôles étaient inversés. Il reste 20 points à prendre au maximum, et Alonso compte désormais 12 longueurs de retard sur son coéquipier. Autrement dit, un gouffre. Surtout si l’on considère qu’Hamilton a terminé toutes les courses de la saison (une seule fois en dehors des points, 9e au Nurburgring), qu’il n’a connu aucun problème mécanique jusque-là et que la régularité et le sang-froid dont il a encore fait preuve aujourd’hui nous pousse à croire qu’il est presque à l’abri d’une erreur. Psychologiquement, il a de plus pris un ascendant énorme aujoud’hui sur le prince des Asturies.

Raikkonen peut mathématiquement encore prétendre au titre. Mais lui-même y croit-il encore ? Après une sombre histoire de manque de communication entre la FIA et Ferrari (qui n’aurait pas averti la Scuderia de l’obligation de partir en pneus pluie...), les voitures rouges s’en sortent finalement plutôt bien, et ont grandement participé à l’animation de la course. Raikkonen passa 3 fois par les stands, Massa 4 fois. Autant dire que leurs chances de victoire ont très vite été torpillées par une stratégie visiblement plus que bancale. Malgré tout, Kimi finit 3e, dans les roues d’un Kovalainen roublard, et Massa 6e, après un dernier tour d’anthologie face à Kubica, lui-même auteur d’un dépassement musclé sur Hamilton en milieu de grand prix. Au vu de leur situation en début de course, ce résultat est inesperé, mais il témoigne une fois de plus d’un manque de constance (causé par des problèmes de fiabilité ou de stratégie) de la Rosa cette année, qui est la principale explication du fait qu’aujourd’hui Massa, et très bientôt Raikkonen, soient écartés d’une course au titre qu’ils auraient certainement pu remporter.

Enfin, comment ne pas terminer cette analyse du grand prix sans saluer la performance d’Heikki Kovalainen. J’ai toujours été l’un des premiers à critiquer l’arrivée "directe" au sommet de ce pilote qui n’avait à mon sens jamais prouvé grand-chose mais force est de constater qu’il s’améliore de course en course, et devance nettement désormais le pauvre Fisichella. Il me faut saluer également Robert Kubica, qui aurait obtenu bien meilleur résultat final sans la stupide pénalité infligée par la direction de course suite à son accrochage sans gravité avec Hamilton. Enfin, un mot sur les Red Bull et les Toro Rosso, qui étaient à mon sens, et dans ces conditions, les plus dangereux adversaires d’Hamilton pour la victoire. Malheureusement, Vettel, surpris lors de la 2e intervention de la Safety Car, a percuté Webber à allure réduite et anéanti les chances des deux monoplaces aux couleurs "Dieter Mateschitz" d’aller disputer la victoire à l’Anglais, surtout que leurs monoplaces étaient réglées pour une piste entièrement détrempée. Un grand coup de chapeau à Webber d’ailleurs, victime d’une intoxication alimentaire avant le départ, qui a vomi dans son cockpit pendant la première partie de la course, mais qui a fait une course exemplaire.

Je serai comme vous devant mon poste dimanche prochain pour voir le GP de Chine. Mais avec un peu moins d’excitation que ce matin, tant l’affaire semble pliée. Tout peut arriver, mais on a l’impression que cette année rien ne peut arriver à Hamilton...


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2 réactions à cet article    


  • guillaume 2 octobre 2007 00:23

    Impressionnant comment Ron Dennis a su dégoter ce futur champion, Hamilton, qu’il a vu courir en Kart à 8 ans.


    • stefwords 2 octobre 2007 21:37

      Bah, tricherie et gros argent.....rien à voir avec Farina et les autres....

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