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Accueil du site > Culture & Loisirs > Sports > JO de Pékin : la guerre des cultures

JO de Pékin : la guerre des cultures

Les Jeux Olympiques se prétendent le plus grand événement au monde. Et, à l’heure de la télévision ils sont effectivement l’un des deux plus grands événements au monde (avec le Coupe du Monde de Football). Mais du coup, les Jeux Olympiques sont devenus un enjeu qui dépasse complètement le sport, avec des considérations qui tiennent à l’argent, à la politique, mais surtout au choc des cultures. Et à ce jeu, il n’est pas certain que les français aient plus de médailles que celles qui sont officiellement distribuées.

Le sport

Est-ce vraiment le sport qui compte ?

Pierre de Coubertin avait dit : "l’important, c’est de participer". Mais quand on voit les interviews des sportifs, tous le disent : l’important, c’est de gagner. Le reste ne compte pas. Et l’esprit du créateur des Jeux Modernes est bien perdu.

Ce n’est donc pas une si grande fête du sport que ça, mais une guerre à outrance entre les sportifs. Ou plus exactement, entre les Fédérations Nationales à travers les sportifs. Et même, entre les pays.

D’ailleurs, il suffit de regarder un peu : la valeur du sportif n’est pas le seul élément, mais son obéissance a presque plus d’importance que le reste, et le sportif lui-même n’est qu’un instrument. Je suis toujours choqué par la manière dont certains entraineurs parlent aux sportifs. Dans n’importe quel autre environnement, se faire traiter comme cela serait insupportable, que ce soit en entreprise, dans une association ou n’importe quel environnement. J’ai encore l’engueulade maison de l’entraineur en haltérophilie passée en direct à la télévision, les hurlements des entraineurs du judo, ou les interventions musclées dans les vestiaires de football.

Benjamin Dardelet, au judo, a failli ne pas participer (il est médaille d’argent en moins de 66kgs) parce qu’il avait fait le mur et que l’entraineur, probablement vexé, en avait déduit qu’il ne ferait pas de résultat parce qu’il n’obéissait pas aux ordres.

Hongyan PI, la française d’origine chinoise, 5e mondiale en badminton, n’est française que parce qu’elle a été chassée de l’équipe de Chine il y a 7 ans parce que la sélectionneuse chinoise (probablement membre du parti), a décidé qu’elle était trop petite pour pouvoir avoir une chance de gagner.

Même l’espionnage sur la meilleure manière de fabriquer des sportifs fait rage entre les pays. En France, c’est une antenne du HRIE au sein du Ministère de la Jeunesse et des Sports qui en est chargée Et cela s’appelle "l’intelligence sportive". On appelle ça un oxymoron.

Non, ne rigolez pas, je n’invente strictement rien : voir le très officiel site du Ministère de la Défense.

Amateur ou Professionnel ?

Il fût un temps où les Jeux Olympiques étaient réservés aux sportifs amateurs.
Ce temps là est bien terminé, et c’est Antonio Samaranch qui a arrêté toutes ces simagrées qui posaient des problèmes financiers au CIO. Désormais, c’est affaire de gros sous, et on s’en fout de l’amateurisme.

Bien sûr, les français, attachés à l’esprit de Courbetin (hummm...) ont tenté de résister. Principalement parce que en acceptant les professionnels, nombre de nos sportifs se trouvaient rélégués au rang de faire valoir, malgré le déguisement en amateur en les faisant embaucher par l’armée ou la douane.

Le résultat, c’est que les Français ont perdu leur influence au sein du CIO, et n’ont pour seul succès que le maintien du français comme langue officielle au CIO (et on a failli le perdre).

Au passage, je souligne un point de réglement sur le football : ne sont acceptés aux JO que les footballeurs de moins de 23 ans, avec une exception pour 3 joueurs.
Tiens ?

En fait, c’est le résultat d’une combine entre Samaranch (ancien Président du CIO) et Havelange (ancien Président de la FIFA) parce que des JO qui auraient les meilleures équipes de foot du monde auraient rendu moins important et moins rentable la Coupe du Monde de Foot. Et donc, ils nous ont inventé ce réglement bizarre et qui ne fait pas combine du tout, du tout. En tout cas, même eux n’ont pas osé continuer à parler d’amateurs ou de professionnels.

D’ailleurs, il n’y a plus que le golf qui distingue aussi brutalement professionnel et amateur : un amateur ne peut gagner plus de 750 euros pour une compétition. Au moins les choses sont claires et c’est valable pour le monde entier : d’un côté les amateurs et de l’autre les professionnels. Et si un amateur fait une compétition avec les professionnels, il doit renoncer à l’avance à tout prix s’il veut rester amateur.

Evidemment, bien que joué par un nombre très important de pratiquants dans le monde, dans presque tous les pays, un des plus anciens sports et ayant déjà été au programme des JO, le golf n’est pas accepté par le CIO, contrairement au taekwondo ou au curling.

Le fric, que le fric

Le moteur des JO, ce n’est désormais plus que le fric.

L’exemple le plus frappant, c’est la natation. NBC, la chaîne américaine a mis sur la table un sacré paquet d’argent (2,2 milliards de dollars) pour que les finales se déroulent le matin, une horreur pour la plupart des sportifs pour la performance et contraire à toutes les habitudes du sport. Vous connaissez bien entendu la raison : le matin en Chine, c’est le prime time aux USA, une heure de grande écoute qui permet de vendre les pubs super cher ...

Pour la période olympique 2001-2004 (la période actuelle se concluant par les JO de Pékin ne sera publiée qu’en 2009), plus de la moitié des revenus vient des droits TV : sur des revenus de plus de 4,2 milliards de dollars, il y a 2,2 milliards de dollars qui viennent des droits TV, 1,4 milliards de dollars des sponsors et 441 millions dollars de la billeterie et environ 80 milliards des drotis dérivés.

Le bond budgétaire s’est fait pour les JO de 1984 de Los Angeles, sous la férule de Samaranch, et même si aujourd’hui Jacques Rogge (le Président du CIO) déclare vouloir diminuer la taille des jeux et fait tout ce qu’il faut pour, il ne réduit certainement pas les revenus. En somme, dépenser moins pour gagner plus, sans s’occuper des sportifs.

Cette histoire de diminuer la taille des JO est d’ailleurs une vaste fumisterie. Jacques Rogge ne voit ça que du côté budget CIO et même pas du côté organisation. La preuve : un peu plus de 2 milliards de dollars pour le BOCOG (Comité d’organisation de Pékin), légèrement supérieur à celui de l’ATHOC (Comité d’organisation d’Athènes), une augmentation modérée du fait que le BOCOG ne paie pas grand chose les salariés de l’organisation ou bien évidemment les volontaires.

Pour Athènes 2004, il y a eu 160 000 demandes pour une sélection de 45000 bénévoles qu’il a fallu habiller former et nourrir. Pour Pékin 2008, il y a eu 1,12 millions de demandes pour 100000 bénévoles.

En terme de réduction du gigantisme des jeux, plutôt pas mal ... d’autant plus que désormais, la production tv n’est plus sous-traitée, mais est devenu un service du CIO. Pour mieux contrôler, j’imagine.

Et cette course au fric se retrouve chez les sportifs, avec une prime à la médaille d’or de 50000 euros pour les Français, 100 000 euros pour les Russes, et 200 000 euros pour les Malaisiens (qui ont de grandes chances de garder leur argent). Les Chinois reçoivent 25000 euros par médaille d’or, mais surtout signent désormais des contrats de sponsoring qui sont indexés sur le fait qu’ils obtiennent ou non une médaille d’or. Ainsi, par exemple Chen Xinxia va recevoir dans les 1,5 millions de dollars suite à sa médaille d’or en haltérophilie.

Les américains sont entièrement sur le principe du sponsor : il n’y a pas une prime unique pour tous les sports, ni même par sport, car les revenus des sportifs viennent principalement des sponsors. Michael Phelps par exemple, a 7 sponsors (dont Speedo et Nike) pour un total de contrats de 5 millions de dollars an. Ses médailles d’or aux JO de Pékin va lui ramener à court terme une augmentation des contrats vers les 20 milions de dollars par an, et les spécialistes estiment sa valeur autour du milliard de dollars.

Les sports inégaux

On le sait, tous les sports en sont pas égaux. Tous les cas se retrouvent :

- Les sports à gros budget (le football en France avec plus de 2 millions de licenciés) où on n’arrive à rien.

- Ceux qui vivent chichement des subsides du Ministère des sports, mais qui ont des résultats (lutte gréco-romaine avec 15000 licenciés).

- Ceux qui ont beaucoup de pratiquants mais où on n’arrive à rien (athlétisme avec 200 000 licenciés).

- Le tennis, deuxième sport en nombre de licenciés (1 million) mais où on n’arrive que péniblement.

- l’escrime qui espère arriver aux 100 000 licenciés, soit 5 fois et demi moins que le judo mais qui rapporte autant de médailles sinon plus que le judo.

En nombre de médailles distribuées, je m’interroge quand même un peu également.

En natation, par exemple, il y a 34 médailles d’or distribuées. Il n’y a guère que l’athlétisme qui en a plus avec 47 médailles d’or. Le triathlon, par exemple n’en a qu’une pour les hommes, alors qu’il y a évidemment deux types de compétitions (court et long) et que l’on n’a même pas d’épreuve par équipe. A titre de comparaison, rien qu’en nage libre hommes, on a le 1500m, 400m, le 200m, le 100m, le 50m, sans compter les épreuves par équipe. Si on multiplie cela par le nombre de nages (papillon, brasse, nage libre), plus les nages mélangées, plus les épreuves par équipe, on arrive à une multiplication qui n’a plus de sens.

D’ailleurs, on le voit bien, les nageurs et les nageuses font toutes les distances ou presque, et ce sont toujours les mêmes qui gagnent. Du coup, on finit par avoir des grands champions qui font 8 médailles d’or quand ils sont bons (et encore, Phelps en aurait plus s’il avait le temps et la force de faire les autres épreuves), alors qu’en tir à l’arc (où on pourrait multiplier les distances comme au tir), il n’y a que deux médailles possibles pour un compétiteur : individuel et par équipe.

Avec ça, Phelps à lui tout seul se retrouve devant la France entière en nombre de médailles : si on lui donnait à lui tout seul le budget de tout le sport de haut niveau des Fédés Françaises, on peut considérer qu’il est mal payé après tout.

La guerre des cultures

Mais ce qui est le plus impressionnant, c’est la manière dont les JO sont considérés selon les cultures. Il n’y a pas si longtemps (enfin, avant internet quand même), les JO n’intéressaient absolument pas les chinois. Et les commentaires de l’époque allaient jusqu’à des considérations (très racistes) sur l’incapacité physique des asiatiques pour expliquer leur absence aux JO.

- 1988 Séoul, 241 médailles d’or, 149 pays, Chine 11e avec 5 médailles d’or

- 1992 Barcelone, 260 médailles, 169 pays, Chine 4e avec 16 médailles d’or

- 1996 Atlanta, 271 médailles d’or, 197 pays, Chine 4e avec 16 médailles d’or

- 2000 Sydney, 299 médailles d’or, 199 pays, Chine 3e avec 28 médailles d’or

- 2004 Athènes, 301 médailles d’or, 201 pays, Chine 2eme avec 32 médailles d’or

- 2008 Pékin, 302 médailles d’or, 204 pays, et la Chine sera probablement première (22 sur 91 distribuées, en avance de 8 sur les USA deuxième).

Les JO de Pékin sont pleinement marqués par la culture chinoise. Le chiffre 8 étant porte-bonheur (la marque de cigarettes la plus vendue est le 888 et dans les rues de Pékin et Shanghai, vous trouvez des boutiques qui vendent les numéros de portable sans les téléphones, et sans l’abonnement à des prix variables en fonction du nombre de 8), la cérémonie d’ouverture a commencé le 8/8/2008 à 8h08 le soir.

L’or est une matière noble en Chine. Mais le jade est une caractéristique de la Chine et est presque plus noble. Les médailles olympiques sont donc faites de jade et de métal : or et jade blanc, argent et jade blanc teinté d’un peu de vert, et bronze avec jade vert.

Enfin, comme d’habitude, l’or n’est pas de l’or, mais du vermeil (argent plaqué d’or).
Le design de la médaille est d’ailleurs très chinois, avec en particulier l’attache qui est copiée sur des éléments existants sur des pièces archéologiques.

Cela ne gêne absolument pas les chinois qui n’ont rien à faire de l’authenticité : une des pensées ancrées dans l’esprit chinois est qu’on ne fait pas du neuf avec du vieux.

Du coup, à chaque dynastie, la nouvelle détruit tout ce qu’elle trouve de l’ancienne, et écrit l’histoire officielle de la dynastie disparue. La cité interdite de Pékin remonte donc au début des Ming, ceux-ci ayant détroit la bien plus grande cité interdite de la dynastie Yuan (qu’avait fondé Gengis Khan) et toute la ville qu’il ont reconstruit en partant de zéro.

Pour les Jeux de Pékin, les chinois ont commencé à détruire la grande majorité des anciennes habitations remontant à l’époque de la Cité Interdite pour faire une super belle ville pour cet événement... Pour les cultures occidentales, c’est choquant, comme d’ailleurs la mignonne petite fille qui chantait en play-back pendant la cérémonie d’ouverture parce qu’elle n’avait pas une belle voix tandis que celle qui chantait n’avait pas une belle tête. Comme le disait Den Xiao Ping, "qu’importe qu’un chat soit noir ou blanc, du moment qu’il attrape les souris". C’est en tout cas plus joliment dit que notre "Il n’y a que le résultat qui compte".

Et donc, comme il y avait de la brume pendant la cérémonie d’ouverture pour les feux d’artifice qui marquaient la route sur Pékin jusqu’au "nid d’oiseau", le réalisateur a diffusé des images de la répétition au lieu de ce qui se passait réellement. Tout dans le trucage ... D’ailleurs la TV chinoise diffuse en différé de plusieurs secondes pour avoir le temps de simuler un problème technique pour que le gouvernement ne montre pas à la population ce qu’il ne veut pas qu’elle voit : vraiment très précautionneux pour des gens qui n’ont pas à craindre le résultat des urnes.

Mais ce qui compte en Chine, c’est de ne pas perdre la face, de ne pas se sentir embarrassé en public. C’est une notion essentielle, et les Français, en faisant perdre la face aux Chinois en empêchant le bon déroulement du passage de la flamme olympique ont eu un effet beaucoup plus grave qu’ils ne le pensent. Désormais, le Chinois dans la rue est persuadé que les Français détestent les JO, et détestent la Chine. Et même si cela ne se ressent pas dans la rue (car le Chinois, par culture, évite de faire perdre la face aux autres), la relation entre français et chinois est gravement entamée. La réaction contre les supermarchés Carrefour en Chine n’est qu’un indice, et toute notré économie va en souffrir.

Aujourd’hui, on en est presque à un niveau ou les choses ont plus de chances de s’arranger entre le Tibet et la Chine qu’entre la Chine et la France. Et Sarkozy, qui essaye de ménager les deux cultures a perdu des deux côtés : nombre de Français l’accusent de manque de courage et de vision, tandis que les Chinois se moquent de lui en le surnommant "lai pou lai" : un coup je viens, un coup je viens pas.

L’avers (le côté pile) de la médaille olympique porte par obligation du CIO la silhouette de Nikè, la déesse de la victoire. Mais pour ce que les Jeux Olympiques vont nous apporter comme victoire, nous pouvons d’ores et déjà adopté le nom de la déesse.


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6 réactions à cet article    


  • Marcel Chapoutier Marcel Chapoutier 16 août 2008 11:11

    Les JO sont plus l’expression d’une orgie de nationalismes qu’une réelle rencontre fructueuse des habitants de la planète.

    Les seuls gagnants de ce gaspillage honteux sont les multinationales qui engrangent des fortunes en publicité.

    Evidemment l’establishment chinois en profite pour se refaire une énième virginité, en camouflant bien mal le fait que la dictature a encore de beaux jours devant elle.

    Il ne s’agit pas seulement d’un autisme occidental pour raisons économiques, les choses sont plus graves, les pays dits riches sont très près de partager les conceptions "autoritaristes" du gouvernement chinois au détriment d’une vraie démocratie...


    • Tarouilan Tarouilan 16 août 2008 21:32

      Vous n’êtes pas las, de cet anti-Chine primaire et rabâché de façon compulsive...... à longueur d’articles abscons......, seriez-vous capable de nous exposer, ce en quoi les États Unis, ne seraient pas eux, une dictature sous le couvert de pseudo élections bidons, qui n’ont jamais...eues...aucune influence sur la politique de cet empire du mal... ces USA... qui ont mis la main sur la France avec la complicité du nabot à talonnettes...


    • Halman Halman 16 août 2008 11:42

      Oui, et c’est curieux comme les arbitres chinois trouvent toujours à chipoter sur des points de reglements lorsque ce sont les français qui sont en compétition.

      C’est curieux comme les arbitres du judo ne pénalisent pas un judoka manquant de combativité qui combat contre un français.

      C’est curieux que l’entraineur français d’escrime se fasse virer de la compétition parce qu’il fait remarquer un point de règlement mais que les juges chinois se marrent et laissent un supporter chinois venir discutter avec eux.

      C’est curieux que l’épeiste français qui se blesse ne soit pas remplacé ni soigné.

      C’est curieux comme le remplaçant français ne soit pas autorisé à monter sur le podium.

      C’est curieux comme certaines gymnastes chinoises n’ont visiblement pas l’âge de participer. Certaines on même avoué qu’elles étaient beaucoup plus jeunes que ce qui était indiqué sur leurs documents au point qu’il leur aurait été interdit de participer si elles avaient marqué leur véritable âge (moins de 16 ans).

      Tout est interdit aux étrangers, mais les chinois peuvent aller à l’encontre de toutes les règles, c’est normal.
      Beaucoup de choses comme cela me choquent et choquent les journalistes qui ne manquent pas d’en faire la remarque.

      Il est flagrant dans toutes les compétitions qu’il y a une sorte d’anti jeu cotnre les français.

      A quelles mascarades chinoises va t’on encore assister ces jours ci ?


      • Parpaillot Parpaillot 16 août 2008 13:19

        Merci à l’auteur !

        Rien de nouveau sous le soleil : fric, promotion politique, économique, culturelle du pays organisateur surtout lorsque le régime est, disons-le par euphémisme, discutable …

        Le patriotisme, voire le chauvinisme, est aussi un moyen de masquer les manquements d’un régime, les problèmes économiques, le paupérisme et tous les soucis quotidiens des citoyens. La Rome antique avait aussi ses jeux du cirque, « du pain et des jeux » disait-on alors. Aujourd’hui rien n’a changé que ce soit en Chine ou ailleurs … Par ailleurs les enjeux sont tellement importants, et pas seulement pour les athlètes, que les JO sont condamnés à une dérive vers le gigantisme.

        Promotion patriotique et récupération chauvine, la formation des athlètes, voire leur formatage, relèvent de la politique des Etat-nations. Il y eut par le passé l’URSS, la DDR (feue la République Démocratique Allemande), etc. mais aussi la plupart des autres pays …

        Mais il est vrai qu’il ne faut pas mêler le sport à la politique !

        On aligne le tableau de classement des pays en fonction du nombre de médailles gagnées et ça flatte l’égo du citoyen avachi le soir devant sa TV, regardant en boucle les exploits relatés par le journaliste de service.

        Ce qui se passe aujourd’hui à Pékin était prévisible, alors pourquoi s’en étonner ?

        Alors laissons sa TV de côté le temps que tout ce cirque se termine, et profitons de cet été finissant …

        A propos, lorsque vous écrivez :

        " L’avers (le côté pile) de la médaille olympique porte par obligation du CIO la silhouette de Nikè ..." ???

        Etes-vous bien sûr de ne pas fait de faute d’orthographe, n’est-ce pas plutôt "Nike" qu’il faut lire ???

        Cordialement !


        • cikawasay 17 août 2008 04:01

          Votre article soulève certes un problématique pertinente : l’argent qui occulte l’esprit olympique initial, comme cela arrive pour le tour de france, la NBA aux USA, etc, néanmooins, il est regrettable que vous dériviez dans de hasardeuses conjectures au sujet des droits de l’homme ou ddu show olympique pas toujours en accord avec certaines valeurs ethiques.

          Vous écrivez : "Cela ne gêne absolument pas les chinois qui n’ont rien à faire de l’authenticité : une des pensées ancrées dans l’esprit chinois est qu’on ne fait pas du neuf avec du vieux."
          Je vous conseille de relire le livre intitulé les analectes de confucius, ou lunyu en chinois, ouvrage pour lequel il existe de nombreuses traductions, vous verrez que vous dites n’importe quoi, et même le contraire de ce qui est, puisque la maxime exacte est "réchauffer du vieux pour faire du neuf", voilà ce qui est valorisé chez les chinois. N’importe quel sinophone sait que les chinois aiment parler par citations, autrement dit décrire une situation présente avec des proverbes anciens.

          Les vieilles ruelles détruites pour faire place aux nouveaux édifices : cela représente une perte culturelle regrettable d’autant plus que les nouvelles architectures sont médiocres (enfin je parle de l’architecture réservée à la majorité des gens, pas celle pour le show des jo), mais il est assez malvenu d’en faire une critique : que voit on à Paris depuis 30 ans ? Que fait on de notre littoral ? c’est le genre d’arguments typique qui est inefficace, et qui de plus fournit à vos détracteur le fouet pour vous battre...

          Publier un article dans agoravox implique un minimum d’honnêteté intellectuelle ainsi que de connaissances du sujets traité : trop souvent peut on voir des articles ainsi superficiels et brouillon, voire contraires à la réalité dans votre cas.

          Aider les tibétains, ce n’est pas rabacher telles ou telles critiques sur les chinois : je suis pour ma part très engagé dans cette cause, résidant en chine, et j’enrage de voir les médias occidentaux s’enliser dans des stéréotypes pas toujours justifiés, au lieu d’utiliser les moyens dont ils disposent pour montrer de manioère simple et directe les veritables problèmes des tibétains ou autres. Prenez donc un visa pour le tibet, et, evc la prudence qui s’impose, montrez nous comment vivent les tibetainstous les jours, quid de leurs pratiques religieuses, de leur vie civique, santé, éducation,etc, cela vaudra mille fois mieux que des articles qui mélangent tout et trompent le lecteur :






          • koudou 17 août 2008 09:30

            @cikawasay

            Bien entendu, je respecte votre avis dans le sens où j’admets que l’on n’a pas tous le même, et que la différence de jugement peut parfaitement amener à deux opinions contraires.

            C’est pourquoi, je regrette profondément que vous décidiez que je "manque d’honnêteté intellectuelle et de connaissances, et que mon article soit superficiel et brouillon et contraire à la vérité".
            Je le regrette, parce que vous avez tort et que votre arrogance vous a empêché de pouvoir penser le contraire, ce qui vous a amené à commettre un commentaire qui n’a servi qu’à mettre en exergue votre manque de profondeur, sinon pire.

            1. A propos de votre parfaite connaissance de la culture chinoise
            J’ai bien lu que vous résidez en Chine. C’est bien, félicitations. Je suppose que vous pensez que cela vous donne une autorité sur la culture chinoise, sur l’histoire chinoise et sur ce que pensent les chinois telle que même ce que peuvent dire les chinois est faux si vous en avez une opinion contraire.
            Cela oscille entre l’arrogance et l’étroitesse d’esprit. Ne pensez-vous pas ?
            Il se trouve que je suis chinois, que j’ai eu une éducation chinoise, et que même si j’habite en France, mes voisins que je croise tous les jours sont chinois, sans compter ma famille.
            Cela ne me donne peut être pas plus la vérité sur la culture chinoise, mais elle est au minimum partiellement dans mes gènes et dans mon éducation, ce qui fait que j’en détiens au minimum une partie. Et au moins, j’en connais suffisamment sur la Chine pour savoir que cette culture n’est pas unique et possède de nombreuses facettes, fait que vous ne semblez pas avoir encore totalement intégré. Il est vrai que comparée à votre culture d’origine, vous devez avoir eu du mal à le voir. Peut-être qu’avec le temps ?

            En tout cas, François Tcheng, que j’admire et avec qui il m’arrive de discuter n’a pas particulièrement l’air de trouver que ma vision est si fausse.

            2. A propos de détruire avant de reconstruire
            Je ne pense pas que vous soyiez un adepte de Confucius, ni même un spécialiste de la pensée confucéenne. En tout cas, moi, je ne le suis pas car je suis bien plus proche de Lao Tze, ce qui ne veut pas dire que je le cite non plus.
            Car il y a une chose que vous n’avez peut être pas remarqué et qui est patent dans mon article : quand je cite, je mets entre guillemets. Et je ne cite pas Confucius.
            Cela dit, vous dites que Confucius a déclaré : "en réchauffant l’ancien, on perçoit le neuf " (Lunyu II. 11)
            C’est vrai qu’il a dit cela de façon littérale dans ses entretiens, mais je crains que votre ignorance ou plus exactement votre superficialité ne vous égare, car il ne parle pas du tout de ce que j’écris dans mon article. Sa pensée est qu’il faut étudier le passé pour comprendre le présent. Ce que refléte d’ailleurs bien la traduction de Couvreur en français "Celui qui repasse dans son esprit ce qu’il sait déjà, et par ce moyen acquiert de nouvelles connaissances, pourra bientôt enseigner les autres" ou celles en anglais de Lau "A man is worthy of being a teacher who gets to know what is new by keeping fresh in his mind what he is already familiar with" et de Legge "If a man keeps cherishing his old knowledge, so as continually to be acquiring new, he may be a teacher of others".

            Pour revenir à ce que j’ai écrit, et qui -je le répète- n’a rien à voir avec une citation de Confucius comme je viens de l’expliquer, l’histoire chinoise est pleine de ce tic que je trouve particulièrement détestable et qui consiste à vouloir tout détruire pour mieux reconstruire.
            Ma voisine (une étudiante chinoise venue faire une école de cinéma à Paris) a été très choquée et totalement en désaccord lorsque je lui ai dit cela. Ce qui a ouvert une discussion très intéressante aussi bien sur l’histoire de la Chine depuis le premier empereur qu’aux exemples de notre époque, et elle a changé d’avis (un autre angle de vision que celui qui lui était inculqué) et a fait sienne cette opinion : le respect de ce qui est ancien en Chine s’arrête à ce qui est considéré comme de l’art et aux personnes agées. Et la plupart des batiments d’habitation n’en font pas partie, pas plus que les témoignages architecturaux de ce qu’on fait les adversaires (par exemple, les dynasties précédentes).

            Je suis par ailleurs un peu stupéfait par votre étroitesse de compréhension, pour ne pas dire d’esprit. En effet, je pars d’une pensée générale (les chinois ont l’habitude de détruire le vieux pour construire le neuf), puis je donne les exemples historiques depuis plusieurs millénaires, et enfin, je resserre sur le sujet de Pékin et des JO (le sujet de l’article), et la seule chose que vous trouvez à dire sur le sujet, c’est que c’est la destruction d’anciens batiments est similaire à Paris (ce qui est d’ailleurs en général faux, si on compte en m2 das la capitale) ou sur le littoral français (ce qui est faux également : on ne détruit pas d’anciens batiments pour en faire de nouveaux, même si le résultat est une urbanisation de zones naturelles ).

            Cela rend votre conclusion totalement stupéfiante : "c’est le genre d’arguments typique qui est inefficace, et qui de plus fournit à vos détracteur le fouet pour vous battre...".
            Cela me stupéfie, parce que - si je suis bien votre pensée- le fait que l’on détruise aussi des batiments à Paris est un argument typique efficace pour expliquer qu’il n’y a pas de différence culturelle entre la Chine et la France ?

            3. A propos du Tibet

            La seule chose que je dis du Tibet dans mon article (qui Dieu merci est lisible sans que je ne puisse le modifier pour que tout le monde puisse bien vérifier ce que j’ai écrit) est "Aujourd’hui, on en est presque à un niveau ou les choses ont plus de chances de s’arranger entre le Tibet et la Chine qu’entre la Chine et la France".

            Et vous en déduisez

            - ce que je pense du problème tibétain,

            - la fausseté de ce que j’en pense

            - et ma méconnaissance du problème : "Prenez donc un visa pour le tibet, et, evc la prudence qui s’impose, montrez nous comment vivent les tibetainstous les jours, quid de leurs pratiques religieuses, de leur vie civique, santé, éducation,etc, cela vaudra mille fois mieux que des articles qui mélangent tout et trompent le lecteur".

            Je crains que vous ne prouviez là, sans aucune échappatoire possible, à la fois la nullité de votre commentaire et la fausseté de votre esprit.

            Vraiment, votre commentaire était étonnant !

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