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Accueil du site > Culture & Loisirs > Sports > La fin des entraîneurs jetables ?

La fin des entraîneurs jetables ?

Il y a au moins une profession qui s’est stabilisée en France cette année : celle d’entraîneur d’équipe de football en Ligue 1. A cinq journées de la fin du championnat, seuls Monaco, Ajaccio et le PSG ont un entraîneur différent par rapport à la première journée. Et encore, seul le dernier club a dû licencier son entraîneur... On est loin de la dizaine de changements de l’exercice précédent !

Ainsi, plusieurs clubs européens auraient renvoyé un entraîneur dont l’effectif ambitieux végète, proche de la zone de relégation, et dont l’équipe a enchaîné 5 revers consécutifs. Pourtant, le Stade rennais a conservé Laszlo Bölöni. Et le club a offert la meilleure récompense possible à ce gage de confiance : après une série de 8 victoires d’affilée (succédant donc à 5 défaites consécutives, une série historique dans le championnat de France...), les Bretons sont désormais troisièmes du championnat, sur le dernier strapontin qualificatif à la Ligue des champions, à une place bien plus conforme à leurs objectifs initiaux (qui étaient de confirmer la quatrième place obtenue la saison précédente, là encore après un sprint final éblouissant).

Pour obtenir le fameux billet en Ligue des champions, le Paris Saint-Germain a au contraire préféré se séparer de son entraîneur, Laurent Fournier, en cours de saison, remplacé par Guy Lacombe. Si le PSG propose à nouveau un jeu agréable, il a fallu deux mois de transition entre les deux hommes, qui ont fait perdre de nombreux points au club de la capitale, désormais à 6 points des Rennais (alors qu’ils n’étaient qu’à 2 points de la troisième place avant le changement d’entraîneur). Voilà qui donne un sérieux coup à la stratégie du licenciement d’entraîneur, pratiquée par 10 clubs l’an passé (Marseille, Istres, Caen, Bastia, Bordeaux, Lens, Nantes, Nice, Ajaccio et... Paris, déjà) pour des résultats guère convaincants (Seul Ajaccio, relégable avant le remplacement de Dominique Bijotat par Roland Courbis, a vraiment profité du changement en se maintenant). Si on ajoute qu’un licenciement coûte des indemnités, on comprend que licencier un entraîneur prenne la forme d’un pari difficile à assumer. Toutefois, les clubs ne retiennent pas un entraîneur démissionnaire : ainsi quand Didier Deschamps (Monaco) et Roland Courbis (Ajaccio) ont proposé leur démission cette année, les deux clubs n’ont pas cherché à les retenir.

A noter d’ailleurs qu’à part Ajaccio, aucun des autres clubs menacés de relégation cette année n’a changé d’entraîneur, pour diverses raisons. Troyes, s’il est le premier non-relégable, n’a jamais été dans la zone de descente, donc aucune raison pour l’instant de renvoyer Jean-Marc Furlan, un entraîneur qui a gagné ses lettres de noblesse avec le club amateur de Libourne Saint-Seurin en Coupe de France. Strasbourg et Metz disposent de deux entraîneurs qui doivent beaucoup à leur prestigieux passé. Avec Joël Müller, le FC Metz a fini deuxième du championnat en 1998, a remporté la coupe de la Ligue en 1996. La seule fois où Joël Müller a été licencié de son club historique... coïncida avec la seule relégation du FC Metz en Ligue 2 depuis 1964, lors de la saison 2001-2002. Jacky Duguépéroux a permis au RC Strasbourg d’étoffer son palmarès de 2 coupes de la Ligue, en 1997 et en 2005. Cette année, son équipe, à la peine en championnat, a réussi un parcours brillant en coupe de l’UEFA, qui contrebalance le bilan de l’entraîneur, soutenu par ses joueurs.

Dans les clubs aux ambitions déçues, le remplacement de Didier Deschamps par Francesco Guidolin ne semble pas avoir apporté les résultats escomptés. Il faut dire que l’Italien a fait signer certains de ses compatriotes (Vieri, Di Vaio), autrefois talentueux, mais qui semblaient accuser le poids des ans au mois de février-mars, quand Monaco s’est retrouvé éliminé de toutes les compétitions auxquelles le club participait par des équipes plus faibles que lui sur le papier (Nice en coupe de la Ligue, Bâle en coupe de l’UEFA, et la plus grosse humiliation face à Colmar en coupe de France, malgré 5 divisions d’écart !). A l’inverse, Marseille a opté pour le changement dans la continuité : pas de mise à l’écart de l’entraîneur Jean Fernandez (surprenant, quand on sait qu’entraîneur de l’OM est un métier à risque...), mais un remaniement de l’équipe à l’intersaison où les déceptions du recrutement (Mendoza, pourtant supervisé par Fernandez) ont été vendues pour laisser la place à des joueurs moins prestigieux sur le papier mais plus efficaces comme Maoulida et Pagis. Comme quoi, bien souvent, le licenciement d’un entraîneur n’a lieu que parce qu’il est moins coûteux de licencier une seule personne que onze...

Ainsi les clubs français se montrent dans leur grande majorité plus patients que dans le passé, préférant attendre la fin de saison afin de juger leurs entraîneurs, plutôt que de juger sur l’instant. Ce qui fait plaisir à de nombreux observateurs latins, peu enclins à connaître ce genre de stabilité dans la plupart des championnats méditerranéens ou sud-américains... Et cette stratégie se révèle payante pour Rennes, qui réussit une fin de saison décapante avec le même entraîneur que lors d’un début d’exercice déprimant. Comme elle est payante pour Lille, qui, après deux saisons moroses avec Claude Puel, réussit à être présent aux côtés des meilleurs, ces deux dernières saisons (deuxième en 2005, actuellement quatrième) ... avec Claude Puel. Peut-être que pour Toulouse, club ambitieux qui n’a toutefois jamais fini au-dessus de la quinzième place en championnat depuis sa remontée en 2003, la stratégie du maintien d’Erik Mombaerts contre vents et marées depuis cinq ans sera payante tôt ou tard...


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3 réactions à cet article    


  • simplet simplet 11 avril 2006 16:57

    à quand un CPE pour les entraineurs...

    ils auront au moins la facilité du locapass pour se trouver une cahute pas loin du stade ...


    • camillo (---.---.102.41) 15 avril 2006 12:27

      Je croyais que les chercheurs du CNRS ne lisait que des revues scientifiques !!!

      Il est vrai que le CDI représente un grand intérêt pour les entraineurs compte tenu des primes versées.

      A lundi p’tit gars


      • PhNoel (---.---.160.35) 18 avril 2006 22:09

        Je n’ai lu cela nulle part ailleurs. cette information est très intéressante. J’en profite pour vous signaler mon blog, qui pointe justement les insuffisances et erreurs des pages sports du Monde (et des autres journaux dès que j’ai le temps de les lire). Où justement je n’ai pas lu cette info. Dommage.

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Brady


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