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Accueil du site > Culture & Loisirs > Sports > Le FC Nantes plongé 20 ans en arrière

Le FC Nantes plongé 20 ans en arrière

Si l’intégralité du milieu footbalistique loue régulièrement le passé glorieux du FC Nantes, celui-ci n’a pas toujours été aussi prestigieux qu’à l’orée des divers titres. Une des périodes les plus sombres de l’histoire du club reste le mandat de Max Bouyer, ponctué par l’arrivée au poste d’entraineur du yougoslave Miroslav Blazevic. Dès lors, il est tentant d’établir un parallèle entre la période connue au début des années 1990 et la situation actuelle.

 A l’époque, Max Bouyer reprend le club dans une situation déplorable, en raison de nombreux départs. La situation dans laquelle Waldemar Kita reprend le club, en aout 2008, semble quasiment analogue. En effet, le club après une descente en ligue 2 voit de nombreux joueurs quitter le navire.

Un recrutement qui inquiète
 

En 1988, Miroslav Blazevic débarque du Dinamo Zagreb afin de prendre en main une équipe nantaise trop souvent habitué au ventre mou de la Division 1. Max Bouyer souhaite à l’époque remplacer le formateur Jean-Claude Suaudeau. Même si le yougoslave n’est pas, réellement, le premier entraineur venu de l’extérieur, il représente une rupture dans la tradition nantaise depuis plus de 30 ans. Un rapprochement peut alors être établi avec la période actuelle. Ainsi, le premier entraineur nommé par Waldemar Kita ne fut autre qu’Élie Baup. Ce dernier a alors constitué une véritable cassure depuis la nomination de Miroslav Blazevic. Cependant, la décrépitude du jeu nantais, depuis 2002, n’a pas attendu l’arrivée d’un entraineur extérieur au sérail jaune et vert.

A son arrivée, « Ciro » aligne dès le départ ses recrues. Celles-ci se nomment William Ayache, Joël Henry ou encore Boris Diecket. Cependant, au contraire du trio Kita-Praud-Larièpe, la première saison du duo est plutôt réussie avec à la clé une 7ème place. Malgré cela, l’équipe laisse entrevoir des failles et une inquiétante dépendance à son jeune capitaine Didier Deschamps. Deux épisodes vont alors déstabiliser le club. En 1989, le tandem Bouyer – Blazevic est fragilisé par le départ de son capitaine vers la canebière. Puis, l’équipe dirigeante constate l’échec du recrutement clinquant du début de saison. Celui-ci va s’avérer couteux et inutile, à l’image de Boris Diecket acheté à prix d’or mais qui peine à trouver sa place. Sous la direction de Waldemar Kita, quasiment l’ensemble des recrues s’avère également être un échec. Le recrutement ambitieux du début de saison est symbolisé par la faillite de ce qui devait constituer l’épine dorsale de l’équipe, à savoir le trio Graavgard – N’Daw – Klasnic. Le premier nommé s’est révélé inquiétant, pour ne pas dire plus, en défense centrale. Le second reste quant à lui le recrutement estival le moins raté, mais il n’a pas réellement convaincu. L’attaquant croate constitue quant à lui un des échecs les plus retentissants du mercato d’été.

Une désaffection du public récurrente sous les deux périodes

Après le départ de Didier Deschamps en 1989, les résultats et le niveau de jeu baissent considérablement et cela entraine la désaffection instantanée du public. Le 14 avril 1990, face à Toulon, le Stade de la Beaujoire compte 4000 spectateurs. Dès lors, peut-on établir un rapprochement avec la situation actuelle ? La réponse est positive, mais les raisons de la désaffection sont en partie différentes de celles connues dans les années 1990. A l’époque, le FC Nantes bafouille son football et son public, habitué à des soirées plus fastes, ne s’y trompe pas. Le manque de fond de jeu se traduit par des résultats en dents de scie. Après 6 journées sans victoire, Blazevic est licencié à la suite d’une défaite mémorable 6 à 0 au Vélodrome. Aujourd’hui, le public n’est lui aussi plus présent à La Beaujoire. Dès lors, le parallèle est tentant avec le phénomène connu en 1990. En effet, le FC Nantes, surement plus qu’à l’époque, ne dispose d’aucun fond de jeu. Pire, la dernière victoire à domicile des protégés d’Élie Baup remonte à la 17ème journée. De fait, le désamour du public peut être expliquer par ces résultats décevants. Mais, ces derniers ne constituent pas la seule explication du désintéressement du public de La Beaujoire. En effet, l’inflation connue par le prix des abonnements (30%) est conjuguée à une hausse constante du prix des places, malgré des résultats en berne. Lors de la dernière défaite en date contre Lille, le prix des places de la tribune Loire était de 12 euros, le stade était lui composé de 21398 spectateurs. De surcroit, le fait que la zone A soit en vacances, accentue un peu plus le poids des chiffres. Cette année, à trois occasions le Stade de la Beaujoire a compté moins de 20000 spectateurs, deux fois en championnat (Valenciennes et Toulouse). La Brigade Loire, via son représentant Romuald, n’hésite pas à faire le parallèle avec la période connue dans les années 1990 sous la férule de Miroslav Blazevic. Cependant, si à l’époque le désamour du public s’expliquait principalement par l’absence de jeu développé par les Canaris, la situation actuelle semble concentrer un mal plus profond. Ainsi, les différents protagonistes dénoncent « une politique tarifaire qui considère le supporter comme un client ».

Un avenir assombri et incertain

A l’époque, la déconvenue dans la cité phocéenne avait précipité le retour de « Coco Suaudeau ». Le formateur avait alors conduit le club au titre de champion de France en 1994/1995. Il avait, à l’époque, réalisé un recrutement judicieux tout en bénéficiant de l’age d’or de la formation nantaise. Aujourd’hui, l’avenir nantais semble plus sombre ; les jaunes et verts semblent incapables de fournir un semblant de football, principalement par manque de talent. Plus inquiétant, les formateurs ( Laurent Guyot, Stéphane Moreau, Samuel Fénillat, François Bourgeais et Franck Chaumin) sont toujours dans l’expectative, leur sort dépendant étrangement de celui de l’équipe première … Dans cette situation, les formateurs et le FC Nantes, dans sa globalité, peuvent alors se raccrocher à la maxime de Robert Choquette « Au cœur de l’incertitude il y a toujours l’espoir, si fragile soit-il », mais parait-il qu’en coulisses, le Président Kita voit déjà son club en Ligue 2...


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Auteur de l'article

Nicolas Dubois


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