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Accueil du site > Culture & Loisirs > Sports > Le foot français est-il misogyne ?

Le foot français est-il misogyne ?

3e puissance économique mondiale, la Chine a profité de l’organisation de la 5e Coupe du monde féminine de football, en septembre, pour répéter ses gammes en vue des jeux Olympiques pékinois de 2008. Une compétition que la France regardait du banc de touche, loin des rivages du géant asiatique.

Comme en politique, la parité n’est pas vraiment respectée dans le ballon rond. Souffrant d’un manque aigu de vitamine médiatique, les footballeuses de l’Hexagone se battent pour exister. Cet anonymat s’explique facilement : la presse spécialisée n’accorde qu’un intérêt très relatif pour le championnat de France, disputé par 12 équipes amateurs. L’équipe de France doit donc brandir l’étendard suffisamment loin pour attirer les chaînes et susciter l’engouement, ce qu’elle n’a pas pu faire pour l’instant. Le cercle est vicieux : la faible exposition dilate l’indifférence, que seule pourrait combler une médiatisation imprévue, un éventuel parcours doré, à l’image de l’épopée zidanesque de 98.
Pour rattraper le retard accumulé par rapport aux Etats-Unis, aux Scandinaves et à l’Allemagne - où la chancelière Angela Merkel considère « l’évolution du football féminin très réjouissante » - la Fédération française de football s’active à feu très doux. Sa politique se concentrant plutôt sur la parure de l’équipe nationale, elle délaisse les clubs qui doivent se tourner vers les collectivités locales et régionales. Les 59 000 licenciées (une progression de presque 19 % par rapport à la saison 2005/2006) ne peuvent rivaliser avec les 800 000 Allemandes et 500 000 Norvégiennes.
En France, la mixité dans les équipes est possible jusqu’à 16 ans. Elle offre aux filles l’opportunité de progresser plus vite : d’ailleurs, la majorité des tricolores viennent de la mixité. Mais, difficile à appliquer dans les faits, elle souffre de carcans presque ancestraux : les filles, aux yeux des hommes, conservent une image de garçon manqué. Dans l’impossibilité de pratiquer leur sport - bon nombre de clubs n’ont pas les moyens de créer une équipe féminine de plus de 13 ans -, beaucoup abandonnent le football.
Dès lors, la survie passe par l’obligation d’imposer aux clubs professionnels une section féminine. Mais, l’argent manquant cruellement, le retour sur investissement est pour le moment inexistant. Seuls quelques généreux mécènes tentent le pari, tels Louis Nicollin à Montpellier ou Jean-Michel Aulas à Lyon. Avec des résultats : Lyon, dont le Onze regroupe plusieurs titulaires de l’Equipe de France, est le dernier lauréat national.
Alors que les hommes baignent dans le luxe - la L1 coûte 600 millions d’euros -, le foot féminin est négligé. La fédération semble empâtée et ne paraît pas véritablement concernée.
Un peu d’espoir à l’horizon
Pourtant, le football féminin est télégénique : recouvert de gestes techniques, de créativité. Moins physique que chez les hommes, sans vice ni fautes délibérées au milieu de terrain. Marika Domanski-Lyfors, ancienne sélectionneuse de la Suède, constate l’évolution. « Le jeu est plus complet aujourd’hui qu’il y a dix ans. Il est plus rapide et repose sur des aptitudes totalement différentes. Les joueuses doivent être à la fois athlétiques et techniques  », déclarait-elle à février 2006 sur le site de la FIFA.
Le foot féminin français a besoin d’argent et d’un projet à long terme, d’un développement similaire à celui connu jadis par les Etats-Unis. Les coups de pouce ponctuels de la fédération ne suffisent pas, il faut maintenant qu’elle le prenne en main. Sa jeunesse est brillante : lors de l’Euro des moins de 19 ans, disputée en juillet, l’Equipe de France a atteint les demi-finales (éliminée par le futur vainqueur, l’Allemagne). Elle dispose en Sonia Bompastor et Louisa Necib de joueuses de tout premier plan. L’égalité du gazon passera par son succès, comme celui du Handball est passé par le titre des Barjots en 1995.
En tête de son groupe dans les éliminatoires de l’Euro 2009, la France se projette déjà vers la Coupe du monde 2011, qu’elle souhaite organiser. En concurrence avec l’Allemagne, l’Australie, le Pérou et le Canada, elle attend la décision de la FIFA, le 30 octobre. Une coupe du monde en France ? Le plus brillant des projecteurs.

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1 réactions à cet article    


  • lionprince lionprince 9 octobre 2007 15:51

    En ce qui concerne la diffusion des matches de l’équipe de France féminine, je pense qu’elle serait un succès du fait de l’attachement naturel des français à leur pays. Par contre pour ce qui est du championnat national le niveau est encore trop faible pour intéresser les gens. Surtout quand on voit le peu d’intérêt succité par les championnats masculins de D2 ou Nationnal qui sont largements plus élevés que le championnat féminin.

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