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Accueil du site > Culture & Loisirs > Sports > Le « Grand Chelem » est-il maudit ?

Le « Grand Chelem » est-il maudit ?

Le 09 septembre 1969, l’australien Rod Laver remporte l’US Open au dépend de Tony Roche, s’adjugeant cette année-là les quatre tournois du Grand Chelem. Plus de quarante ans après, et malgré le passage de noms prestigieux tels que Connors, Borg, Lendl, Sampras, Agassi, Federer ou Nadal, sa performance est restée unique, dans l’ère open. Ils sont pourtant quatre à être passés près de le rejoindre mais, à chaque fois, un obstacle s’est opposé à leur rêve. Retour sur les histoires qui font du « Grand Chelem » un exploit maudit. 

1974 : Connors, le banni de Roland Garros

L'ATP n'existe que depuis un an mais elle s'est déjà trouvée un champion pour la représenter. Jimmy Connors, américain âgé de 22 ans, domine outrageusement l'année 1974 qu'il a inaugurée par un sacre en Australie. Vainqueur d'un total de 15 titres dont Wimbledon et l'US Open, Connors enterre les vieux loups que sont Ken Rosewall (qu'il humilie en finale de Wimbledon et de l'US Open) et Stan Smith. Impérial quelque soit la surface, il s'offre même le luxe de battre à Indianapolis les deux finalistes de Roland Garros, Manuel Orantes et Björn Borg. Mais une décision politique, prise par Philippe Chatrier, va l'empêcher de participer à Roland Garros. En effet, à l'époque, des promoteurs privés avaient eu l'idée, en parallèle du circuit officiel, d'organiser des "intervilles" richement dotés qui faisaient de l'ombre aux tournois européens disputés sur terre battue, des épreuves auxquelles Jimmy Connors avait l'habitude de participer. L'américain ne jouera d'ailleurs à Roland Garros qu'une fois les "intervilles" disparus, soit à partir de 1979. Mais la concurrence s'est accentuée et sa carrière commence à décliner. Connors et Paris ont laissé passer leur histoire d'amour...

1988 : Wilander et le chat noir

Après une saison 1987 qui le vit terminer à la deuxième place mondiale, le suédois Mats Wilander produit un tennis de rêve qui lui permet de dominer la saison 1988. Si des mauvais langues relativisent ses performances en Australie et à Roland Garros, où il n'a pas à affronter Yvan Lendl, le suédois fait taire ses détracteurs en prenant le meilleur sur le tchèque en cinq manches à l'US Open, devenant le premier joueur depuis Connors à réaliser le "Petit Chelem". Un seul titre lui manque : Wimbledon. Wilander se prend les pieds dans le gazon londonien en quart de finale, victime d'un certain Miloslav Mecir, surnommé "le chat". Etrillé 6/3 6/1 6/3, la rencontre ne pouvait laisser de regrets à Wilander qui ne gagnera par ailleurs jamais Wimbledon. Après cette exceptionnelle saison, le suédois ne retrouvera jamais l'ivresse des sommets, succombant à la fois au poids de la nouvelle génération (américaine) et de sa baisse de motivation. 

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(Wilander court après le "Grand Chelem". Mais Mecir sera trop fort).

2004 : Federer, une défaite sur un air de samba

Roger Federer réalise le premier de ses trois "Petit Chelem" en 2004, année où il devient n°1 mondial. Son tennis, déjà proche de la perfection, vient à bout de toutes les surfaces de jeu. Il s'impose aussi bien sur terre battue (Hambourg, Gstaad), que sur gazon (Halle, Wimbledon) ou sur dur (Open d'Australie, US Open, Masters). Rarement l'ATP avait connu un joueur réussissant une aussi pleine saison. Seul bémol : Roland Garros. Au troisième tour, le suisse est éliminé par le triple vainqueur du tournoi, Gustavo Kuerten, à la surprise générale dans la mesure où le brésilien est sur le déclin. C'est pourtant par une victoire sans appel, en trois sets (6/4 6/4 6/4), que Guga élimine Federer. Et d'en faire déjà, pour certains, un énième maudit de Roland Garros. 

2006/2007 : Federer et le taureau indomptable

Depuis 2005, la terre battue est conquise par un seul homme : Rafael Nadal. Roger Federer ne peut ramasser que les miettes même s'il s'approche de la victoire à Rome en 2006. Cette année-là, il rencontre en finale des Internationaux de France l'espagnol. Après un premier set parfaitement maîtrisé (6/1), le suisse va connaître un trou d'air dans la deuxième manche qu'il perd sur le même score, et qui lui vaut de relancer l'espagnol dans le match. Il s'incline finalement en quatre sets. Son étiquette de maudit s'étoffe un peu plus. 
La finale 2007 est la revanche de l'édition précédente. Le n°1 mondial arrive confiant, galvanisé par une victoire sur l'espagnol à Hambourg, mettant fin à une série de 81 victoires consécutives sur ocre. Mais à Paris, où la terre est plus favorable au jeu de Nadal, Federer prend l'eau alors que les occasions se multiplient, en témoigne cette statistique terrible pour lui : une balle de break convertie sur 17. 

En 2006 comme en 2007, Roger Federer est passé à deux sets du "Grand Chelem". Rappelons également qu'en 2009, en s'inclinant en cinq sets en Australie et à l'US Open tout en remportant Roland Garros et Wimbledon, le suisse a frôlé le "Grand Chelem" pour...deux sets.


(Rafael Nadal et Gustavo Kuerten ont empêché Roger Federer de réaliser le "Grand Chelem" en 2004, 2006 et 2007).

2010 : Nadal, un physique capricieux

Premier joueur à remporter la même saison Roland Garros, Wimbledon et l'US Open depuis Rod Laver en 1969, Rafael Nadal était loin de s'imaginer en début d'année réaliser son premier "Petit Chelem". En Australie, alors tenant du titre, il s'incline en quart de finale face à Andy Murray, contraint à l'abandon à 3-0 au troisième set alors que l'écossais menait déjà deux manches à rien. La blessure récurrente au genou droit, qui avait handicapé son année 2009, l'oblige, par précaution, à mettre fin prématurément au combat. Comme Wilander, il lui aura manqué trois victoires pour réaliser le "Grand Chelem". 

Certains seront tentés de relativiser la performance de Rod Laver en rappelant qu'en 1969, les majeurs se jouaient sur deux surfaces : le gazon et la terre battue. D'autres noteront que la concurrence était moins forte qu'aujourd'hui. Il n'en demeure pas moins qu'un record reste un record et qu'à ce jour, après plus de quarante d'histoire, le tennis n'est pas parvenu à trouver un successeur à Rod Laver, ne rendant que plus noble encore l'exploit de réaliser le "Grand Chelem".

 


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1 réactions à cet article    


  • Deenye Deenye 29 janvier 2011 01:11

    Merci pour l’article...

    Et pour le pseudo, joli clin d’oeil aux frères Renshaw...

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