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Accueil du site > Culture & Loisirs > Sports > Le rêve américain de nos petits Français

Le rêve américain de nos petits Français

Tony Parker a lancé un vent nouveau dans nos contrées. Eh oui, le rêve américain est maintenant possible à tous ceux qui y croient. Mais faut-il pour autant se réjouir de cette réussite clinquante et parfois éphémère comme le « trust in you, and your dream will come true ».

En effet, il ne faut pas mettre Tony Parker comme un être ordinaire, capable de s’imposer dans un des sports les plus prisés de l’autre côté de l’Atlantique, juste parce qu’il croyait en lui et en ses chances de réussir. Tony Parker a un talent indéniable que tout le monde ne peut avoir. Il faut avoir conscience de cela.

Il peut être dangereux que des enfants suivent son exemple, en effet, combien de petits Français s’identifiant à lui, pourront un jour arriver au sommet de la NBA juste parce qu’ils ont entendu un jour dans leur quartier quelqu’un dire, « crois en toi et tes rêves se réaliseront ».

Je ne suis pas contre cette idée, au contraire je trouve indispensable de se dire cela afin de progresser et de faire bouger le monde. Mais il peut être dangereux de viser trop haut, sans connaître les risques et les sacrifices que cela entraînent.

En reprenant l’exemple du basket, que peut faire un jeune de 18 ans, qui a consacré sa vie à ce sport en se disant qu’un jour, il réussira, et qui se rend compte qu’il n’aura jamais le talent d’un Tony Parker ou d’un Boris Diaw pour arriver au sommet de son sport. Ou pire encore, qu’il avait le talent, mais qu’une blessure ne lui permettra jamais de réaliser son rêve.

Malheureusement, cet exemple est assez fréquent et ce dans tous les sports et notamment le football.

Le football professionnel fait rêver, c’est une évidence. Mais combien de jeunes, même très doués, n’ont jamais réussi à s’imposer dans une équipe professionnelle ? Combien n’ont jamais franchi le cap du centre de formation ? Et, parmi les élus, combien n’ont jamais réalisé la carrière qu’ils avaient pu espérer ? Le monde professionnel a cela de particulier que, même si des dons naturels sont nécessaires au départ, ceux qui réussissent ne sont pas nécessairement les plus doués !

Quand on pense que seulement 35 % des stagiaires d’un centre de formation parviendront à faire du football leur métier et, parmi eux, seuls 10 % auront un salaire supérieur à 2 500 euros mensuel1, que font les 90 % restant et plus encore les 65 % qui se retrouvent sur la touche, à la porte du marché du travail, sans diplôme, sans salaire et avec les séquelles d’un rêve brisé ? Que peut-on leur dire à ces jeunes ? : que malheureusement ton rêve ne se réalisera jamais, que d’autres pourront un jour faire ce dont tu as rêvé, mais malheureusement ce ne sera pas toi !

Il faut vraiment être fort dans sa tête pour rebondir après une expérience comme celle-là.

Malheureusement, tout le monde ne s’en remet pas. Ainsi, il n’est pas rare de voir de nombreux joueurs évoluer au niveau amateur en combinant un emploi souvent précaire à la mairie ou dans une collectivité publique2 (car comme ils le disent, « le foot c’est leur vie »).

Je me demande alors si le fait d’encourager des jeunes de 13 ans à tout donner dans un sport, en oubliant l’école et leur jeunesse, au bénéfice d’un rêve qui n’a que peu de chance de se réaliser un jour, soit la bonne chose à faire.

Ne vaut-il pas mieux, à l’instar de l’escrime, où de nombreux athlètes sont titulaires d’un diplôme de l’enseignement supérieur3, encourager les jeunes à prendre le temps avant de choisir une carrière de sportif de haut niveau et leur expliquer les risques que l’on peut rencontrer dans ce domaine.

Alors s’il te plaît Tony, n’encourage plus les jeunes à se lancer à bras ouverts (et yeux fermés) vers un avenir qui n’est pas forcément plein de réussite comme le tien, mais souvent fait de galères. Demande-leur de continuer à rêver, mais pas forcément au prix de sacrifices irrémédiables.

1. Au dernier concours d’entrée à l’INF (Institut national du football) de Clairefontaine, 400 candidats se sont présentés pour 24 places. En moyenne, 15 intègrent un club professionnel et seulement 1 à 5 maximum s’imposent dans cette équipe.

2. Par exemple, Kevin Jacmot, joueur amateur de Lyon-La-Duchère, évoluant en CFA, et ancien champion du monde des moins de 17 ans avec l’Equipe de France en 2001.

3. Brice Guyart, double champion olympique de fleuret, Ecole d’ingénieur IST et spécialisation à l’ESCP, actuellement ingénieur à la SNCF ; Anne-lise Touya, triple championne du monde et d’Europe de sabre, licence MASS (maths et économie) - ESCP, cadre RH chez Bouygues.


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1 réactions à cet article    


  • roOl roOl 24 janvier 2008 14:57

    Désolé d’en revenir la, mais le reve americain, Sarko le plebiscite chaque jour.

    Des son discours d’intronisation a ses frasques burger/eurodisney... il aime lecher du certifié conforme americain.

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