Fermer

  • AgoraVox sur Twitter
  • RSS
  • Agoravox TV
  • Agoravox Mobile

Accueil du site > Culture & Loisirs > Sports > Le rugby, une chance pour la France ?

Le rugby, une chance pour la France ?

Le coup d’envoi de la Coupe du Monde de rugby approche, difficile d’y échapper du reste, la planète rugby s’est donc posée en France. Notre pays centre du monde pour quelques semaines, objet de bien des attentions au bon gré du rebond capricieux d’un drôle de ballon. Sportivement, nos ambitions sont plutôt légitimes et le tableau du tournoi doit nous mener en finale face aux survitaminés All Blacks, si tout va bien. Mais l’enjeu est plus vaste pour ce sport comme pour notre société.

Pour ce sport en pleine évolution d’abord dont le passage au professionnalisme et à la surmédiatisation ne se fait pas sans menaces. La plus triste serait de le voir devenir un deuxième football...
Pour notre société ensuite qui après de longs mois de pseudo débats préparatoires aux élections a bien besoin de se reconstituer, de se rassembler, de se retrouver. La bipolarisation de ces derniers mois, les pros et les antis, la droite et la gauche, les pour et les contre, nous laisse un pays ravagé, une population morcelée, divisée.
Pourtant, un parfum de 1998 rôde forcément ces jours-ci. L’espoir est palpable de revoir une mobilisation énorme entourer et pousser des petits bleus vers un destin mondial.
Sportivement, il faut reconnaître que des Deschamps, des Blanc, des Petit, notre XV en a ; mais de Zidane point.
Socialement, il faut se souvenir que la France Black Blanc Beur de l’après-victoire n’a pas dépassé le stade des bonnes intentions et de l’été 1998.
Alors que pouvons-nous espérer de cet événement ?
Peut-être beaucoup. Car le rugby a cette particularité d’être un état d’esprit autant qu’un sport, de véhiculer des valeurs autant qu’un ballon ovale. La contagion à l’ensemble de la population est-elle possible ? Elle est en tout cas souhaitable.
Le rugby, c’est la promotion du collectif avant tout, d’un collectif multiple avec des "petits", des "gros", des "grands", des "lourds", des "rapides", des "buteurs"... et ce sont toutes ces qualités et morphologies réunies, qui, bien utilisées, font avancer et passer la ligne d’avantage.
Le rugby, c’est aussi l’humilité inhérente à un sport difficile, dur, où l’on prend des coups forcément, où l’on est plaqué, rucké quel que soit son statut. Il faut du courage pour rentrer sur le terrain car l’intégrité physique est protégée certes, mais soumise à rude épreuve.
Le rugby c’est le respect de l’autre, de ses partenaires d’abord : si l’un rate un placage ou se positionne mal, c’est toute l’équipe qui souffrira de la brèche ouverte. De l’adversaire ensuite : le match est un combat qui demande beaucoup d’engagement. Mais le coup de sifflet final marque la fin des hostilités et la reconnaissance de la valeur de l’adversaire. La fameuse 3° mi-temps, même si elle n’est plus guère en vogue dans le milieu professionnel, est le symbole fort de cette convivialité rare dans le sport de haut niveau.
Le rugby c’est aussi un sport ancien issu des terroirs, des villages et qui s’est enraciné dans bien des régions au-delà du seul Sud-Ouest. Qu’il me soit ainsi permis de saluer le rugby alpin souvent méconnu et mésestimé mais vivier de nombreux talents.
Le rugby c’est un jeu avec des règles et un grand pré où jouer avec un drôle de ballon. Tout y est possible, la feinte de passes, la relance des 22, la double sautée, la fausse croisée, la chistera... quelle variété ! et quelle vista et intelligence nécessaires au bon lancement de jeu !
Le rugby professionnel atténue ces aspects mais ne les tue pas, pas encore.
Le rugby a une âme. Saurons-nous la saisir à l’occasion de cette Coupe du Monde et l’appliquer à notre quotidien ? Oublier ces faux clivages droite-gauche juste là pour faire vivre les politiques, passer outre les préjugés, les discours tout faits, les informations fades et orientées et prendre en main notre quotidien sans attendre que quelqu’un l’ait décidé.
Oui, voilà, en rugby l’on attend pas, sinon on va dans les tribunes. On saisit la balle au bond et ce n’est pas facile ! Comment va-t-elle rebondir ? Peu importe, en rugby on avance ensemble et on gagne ensemble.
"Dans une équipe de rugby, il n’y a pas de passagers, il n’y a qu’un équipage." Merci Monsieur Villepreux.
Alors, société de passagers ou équipage ?


Moyenne des avis sur cet article :  2.6/5   (10 votes)




Réagissez à l'article

2 réactions à cet article    


  • bernard29 candidat 007 4 septembre 2007 14:59

    « Le rugby a une âme. Saurons nous la saisir à l’occasion de cette coupe du monde et l’appliquer à notre quotidien ? Oublier ces faux clivages droite-gauche... »

    Eh bien dites donc ? C’est sûr qu’en terme de rugby, on ne peut oublier les vrais clivages ; les « petits-maigres-malformésetchauves » contre les « balaises-gros-gonflésetpoilus »

    le rugby serait’il le sport des « passagers » du MODEM ?


    • ytty54 ytty54 4 septembre 2007 22:07

      Mais justement, au rugby les « petits-maigres-malformésetchauves » ont tout à fait leur place sur un terrain alors que dans votre monde selon que l’on soit de gauche ou de droite, on existe ou pas...

Ajouter une réaction

Pour réagir, identifiez-vous avec votre login / mot de passe, en haut à droite de cette page

Si vous n'avez pas de login / mot de passe, vous devez vous inscrire ici.


FAIRE UN DON






Les thématiques de l'article


Palmarès