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Accueil du site > Culture & Loisirs > Sports > Le sport est universel

Le sport est universel

Les Français ne s’intéressent pas à ce qui se passe chez les autres.

Aujourd’hui, nous n’allons pas parler de football comme tout le monde va le faire après la fin du championnat, et avant le Championnat d’Europe des nations, parce qu’on a déjà tout vu, tout entendu et tout lu sur le sujet… en France. En effet, il ne faut rien exagérer, car les Français restent des Français et tout ce qui ne vient pas de chez eux est sans importance.

Pour ceux qui comme moi ont la chance de pouvoir suivre le sport à travers le monde, je suis tout simplement effaré par ce qui se passe en France. Prenons le cas du Tour d’Italie qui se déroule en ce moment : eh bien, pour la télévision française, notamment France Télévision, c’est une épreuve mineure. La preuve, le soir dans l’émission Tout le Sport, on ne parle du Giro que pendant au mieux 15 secondes. Pourtant le plateau de cette année est infiniment supérieur à celui que nous aurons au Tour de France en juillet. Mais son traitement dans L’Equipe n’est guère meilleur, ce qui est regrettable.

En revanche, les Italiens, et plus particulièrement la RAI (l’équivalent de France Télévision), retransmettent chaque jour l’étape du Tour de France pendant une heure ou deux, soit presque autant que France Télévision, et ce, même si les plus grands champions italiens ne sont pas là. C’est la même chose dans la presse écrite (La Gazzetta dello Sport, Tuttosport…). Cette remarque est valable aussi pour le tennis, comme je l’ai déjà souligné ici-même, mais aussi pour l’athlétisme, l’escrime, etc. En France, ces sports n’existent que si un représentant français a une chance de s’illustrer (et encore), ce qui évidemment n’arrive pas tous les jours. En fait, il n’y a que le football qui ait un traitement de faveur.

En revanche, les autres sports d’équipe subissent le traitement du cyclisme, de l’athlétisme, de la natation ou du tennis. On ne parle que de ce qui se passe en France. Par exemple, nous n’avons jamais droit y compris en différé à un match de NBA et ce, même si un Français (Tony Parker) est une authentique star de la franchise qui détient le titre (San Antonio Spurs). Mais les matchs de rugby de l’hémisphère Sud qu’il s’agisse des compétitions de club (Super 12) ou entre équipes nationales (Tri-Nations) ne sont pas davantage retransmis, sauf par une chaîne payante (Canal+). Bien entendu, si l’on ne retransmet pas des matchs de NBA ou des Tri-Nations, on imagine ce qui est réservé au hand-ball, au volley-ball ou au hockey pour ne citer qu’eux, alors que ces sports sont retransmis régulièrement sur les chaînes italiennes ou espagnoles.

Mais au fond est-ce bien étonnant ? Les Français sont dans le sport comme ils sont en politique ou en économie. Ils sont ignares, ne connaissent pas l’Histoire, et ne s’intéressent guère à ce qui se passe hors de leurs frontières. L’élection présidentielle en France est commentée abondamment partout dans le monde, y compris en Russie. Il y a un an, juste avant le premier tour, j’ai découvert les résultats d’un sondage sur une chaîne russe qui diffuse quelques heures par jour en anglais. Qui en France s’intéresse aux élections qui ont lieu à l’étranger ? Quasiment personne et c’est pareil pour le sport.

Voilà pourquoi la France reste un pays mineur sur le plan du sport international, même si au classement des médailles aux JO nous arrivons à faire illusion… grâce aux sports dont on ne parle jamais, sauf pendant deux ou trois jours tous les quatre ans. En revanche, dans les sports fortement médiatisés à travers le monde, nous accusons un retard considérable. Pas d’équipe de football aux JO, pas d’équipe de basket, pas d’équipe de volley-ball, alors que tous les pays voisins y seront représentés. Quel est le seul des grands pays qui n’a pas gagné la Coupe du monde de Rugby ? La France. On pourrait multiplier les exemples.

En fait, la France n’est pas une nation sportive au vrai sens du terme. Nous cédons à des modes, mais au fond de nous-mêmes nous nous contentons de jouer les donneurs de leçons. Nous l’avons vu à propos de la lutte anti-dopage, ce qui ne nous empêche pas d’avoir quelques couacs retentissants dans ce domaine (affaire Festina, nombreux cas de dopage dans le demi-fond en athlétisme…). De plus, contrairement à d’autres pays, nous ne nous donnons même pas les moyens d’être meilleurs.

Est-il normal qu’un pays comme le nôtre, qui a une tradition importante dans le cyclisme sur piste, ne dispose pas d’une piste couverte digne de ce nom alors que les vélodromes fleurissent un peu partout dans des pays qui n’ont pas cette tradition ? Poser la question, c’est y répondre. Mais qu’on ne s’étonne pas, après cela, de ne réussir dans le sport qu’au travers de quelques individualités plus douées que les autres. Cela étant, pour ma part, je me régale chaque jour en suivant l’étape du Giro sur la RAI, même si les Français présents là-bas ne jouent aucun rôle. La dernière semaine dans les Dolomites va être somptueuse avec les Italiens (Ricco, Di Luca) contre Contador ou Kloden.

Michel Escatafal


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9 réactions à cet article    


  • faxtronic faxtronic 19 mai 2008 13:33

    Voila l’article d’une grosse merde anti-francaise . Pouah !


    • Corbulon 19 mai 2008 13:58

      Le jugement me paraît un peu hâtif car ce qui est dit sur le domaine du sport est plus que vrai ! Le nombrilisme est quand même un défaut français mais peut être est-ce interdit de le dire ?


      • Yifu66 19 mai 2008 15:01

        Au contraire ! En ce mois de mai révolutionnaire, il faut faire tomber les barricades et le hurler bien fort.


      • Emmanuel W 19 mai 2008 15:56

        Elitiste, sexiste, nationaliste, proto-militaire, mercantile, grégaire, le sport est une insulte à l’intelligence humaine.

        A bas le sport, vive les activités physiques.

         


        • el bourrico 19 mai 2008 17:18

          Le premier commentaire est digne d’AgoraVox.

          Pour le foot, c’est normal, c’est un gros business qui brasse tout plein d’argent, et c’est "l’opium du peuple". Voir des types qui vivent avec le smic être en adoration devant des pseudo stars qui gagnent en un mois ce que eux gagneront en une vie, ça me laisse rêveur devant la bêtise humaine.

          Entendre ces mêmes types beugler le nom d’une équipe portant le nom d’une ville alors que pas un des joueurs n’est de cette ville, c’est ridicule. Les clubs sont des entreprises, et multinationales en plus. Un peu d’honnêteté et il feraient comme dans la voile ou le cyclisme, le nom de la team est celui su sponsor. C’est aussi ridicule à entendre, mais ça a la mérite d’être clair.

          Je rejoint Emannuel, le sport, c’est une forme d’affrontement, la mise en concurrence sans raison valable, c’est le concours de celui qui a la plus grosse... le sport pro ne devrait pas exister. Le seul sport que j’ai pratiqué en club, c’est l’Aïkido, car il n’y a pas de compétition, juste des démonstrations, il n’y a rien à gagner.

          En fait, on en parle déjà trop de ces sports je trouve.


          • Fergus fergus 19 mai 2008 17:44

            Pas d’accord avec la conclusion : le sport, c’est évidemment la compétition. Mais la compétition peut être saine dès lors qu’elle n’est pas pervertie par le fric et les intérêts les plus douteux. Personnellement, j’ai joué durant 32 ans au football sans avoir d’autre objectif que d’essayer de gagner le match du jour, match aussitôt oublié dès la sortie du vestiaire. Et l’écrasante majorité des sportifs est dans le même état d’esprit. Où est le problème ? La compétition, ne vous en déplaise, est partout, même lorsqu’elle n’est pas codifiée : du milieu professionnel à la vie affective en passant par la plupart des activités humaines. Ce n’est pas la compétition qui pose problème, mais l’usage des moyens utilisés pour l’emporter sur le voisin, le collègue, le concurrent.


          • Deneb Deneb 20 mai 2008 12:39

            Les régimes actuels tentent, et y reussisent assez bien, d’ailleurs, de substituer le sport-spectacle à la réligion, dont l’influence décroît constamment depuis quelques siècles. Dans le rôle de l’opium du peuple, le sport est terriblement efficace, pour detourner l’attention des vrais problèmes et faire passer les vessies pour des lanternes. Panem et circenses.


            • Theo 20 mai 2008 15:44

              J’ai le sentiment que cet article est divisé en deux :

              - intérêt nationaliste du sport en France (auquel je souscris totalement)

              - l’idée que la France n’est pas au niveau où elle devrait être, idée que je récuse.

              D’une part parce qu’être une grande nation de sport n’est pas une fin en soi, il existe bien d’autres domaines plus importants (arts, sciences, etc.)

              D’autre part parce que les résultats de la France au regard de son importante (nombre habitants) sont excellents. Sur un plan strictement statistique, ces bons résultats tendent plutôt à montrer que nos sportifs sont assez bien dopés plutôt que l’inverse.

               


              • Lapa Lapa 21 mai 2008 10:58

                je partage plutôt l’analyse de Théo.

                l’intérêt nationaliste du sport en france est évident (ceci état, par rapport aux US on est des amateurs dans ce domaine...) , et encore ! hors football point de salut pour les autres sports, même quand un français y excelle. Quant au suivi des équipes nationales de sports co par les chaines publiques... on peut rêver...

                 

                concernant le niveau des sportifs français l’auteur se fourvoit. certes la France n’est pas le premier pays sportif, mais ses résultats sont plutôt bons dans différents dommaines là où des pays sont très spécialisés dans le ramassage de médailles à la pelle.. nos sportifs ont régulièrement des bonnes places dans des sports bien différents ce qui est plutôt signe de vitalité, quel pays peut se targuer d’avoir dans la même année ou pas loin, été champion du monde en foot, en hand, vice chamion olympique au basket , vice champion du monde de rugby et 3ème au championnat du monde de volley ? pour ne parler que des sports collectifs phares ? Cela montre bien une certaine capacité de nos sportifs nan ?

                Bien sûr actuellement il y a un creux pour ces mêmes sports et l’on peut aussi regretter par exemple le manque de résultat en ski alpin (pour un pays qui a le plus grand dmoaine skiable du monde ^^) ou dans d’autres disciplines (athlétisme...)

                personnellement j’y vois le revers de médaille de la surexposition médiatique unique du foot. Comment intéresser nos jeunes talents à d’autres sports quand on ne voit que ce foot business sacralisé ?

                 

                Vous parlez des sports peu connus dans lesquels les français font illusions our els médailles... mais sériseusement, le canaoé n’est-il pas, au final plus intéressant que le lancer du poids ?

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