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Accueil du site > Culture & Loisirs > Sports > Le Top 10 des présidents les plus déjantés

Le Top 10 des présidents les plus déjantés

Voila, c'est désormais officiel, l'Olympique de Marseille est vendu... Adieu l'ère Louis-Dreyfus and welcome to Mister Frank McCourt.

L'ex propriétaire du club de baseball des Dodgers de Los Angeles aurait dépensé pas moins de 45 millions d'euros pour devenir le Boss du club phocéen. Vient-il en messie ou ne sera-t-il qu'un mirage de plus ?

Il est un fait, et l'histoire marseillaise nous la maintes fois prouvé, qu'il faut "en avoir " pour diriger un club de cette envergure et les supporters du vieux port ne vont pas attendre que la bouillabaisse crame au fond de la marmite avant de revoir leur club de cœur retrouver le haut du podium national, voire européen.

Alors oui, quel président va-t-il être vraiment ?

Simple homme d'affaires ou réel passionné ? A-t-il le symbole de la Coupe aux Grandes Oreilles dans les yeux ou simplement le sigle du dollar au fond de ses pupilles ?

Oui Mister McCourt, qui serez-vous vraiment maintenant que vous êtes à la tête de l'OM ?

Aujourd'hui, il est évidemment bien trop tôt pour dresser un quelconque bilan de ce magnat des affaires mais arrêtons-nous si vous le voulez bien sur ces autres présidents de clubs, oui ces présidents totalement déjantés, dont les colères et les coups de gueules les ont fait entrer dans l'histoire et dont certains auraient pu finir vêtus d'une camisole de force.

Pour entrer dans cette catégorie des présidents déjantés, il vous faudra être passionné, avoir un ego sur-dimensionné, un sens aigu de la répartie, un phrasé qui ferait pâlir d’envie Joey Starr ainsi que sa bande de slameurs et n’avoir surtout ni regrets ni remords après une déclaration, qui se doit d’être au minimum tapageuse. Vous virez un entraîneur ? Faites-le avec fracas en affirmant de lui qu’il n’avait tout simplement pas le niveau pour l’envergure de votre club et que sa femme était chiante à mourir. Ne jamais hésiter non-plus à s’en prendre aux journalistes, aux joueurs adverses, voire même à vos propres supporteurs. Petite galerie de portraits.

10. Christian Constantin (FC Sion)

Être président d’un petit club de foot, même en Suisse, peut vous autoriser à figurer sur cette liste et Christian Constantin ne se prive de rien pour glaner sa place. Celui que l’on surnomme le « Bernard Tapie des Alpes » n’hésitera pas à défier la toute puissante FIFA pour des joueurs déclarés inaptes par l’UEFA. Un schmilblick sans nom et surtout sans fin, mêlant donc les 2 hautes instances du foot mondial et européen, le Tribunal Arbitral du Sport (le fameux TAS dont Michel Platini a grand besoin aujourd’hui), l’Association Suisse de Football et les divers tribunaux helvètes (cour de justice et cour pénale). Au final, le FC Sion se verra pénalisé de 36 points et ne devra son salut en division 1 qu’à la faveur de 2 matchs de barrage contre le FC Aarau. Grand consommateur d’entraîneurs, il en limogera 27 en douze ans et n’hésitera pas à s’octroyer la casquette de coach à 2 reprises, en 2008 après le limogeage de l’allemand Uli Stielike, puis en 2009. Là aussi, des coachs virés ont été rappelés, tel Didier Tholot, actuel entraîneur des Valaisans, Laurent Roussey ou encore Frédéric Chassot. Rolland Courbis, Gennaro Gattuso, Vladimir Petkovic se sont également cassés les dents sur le banc du club helvète, rendu, il faut le dire, hyper-glissant par l’égocentrique président Constantin. A sa décharge, il demeure le seul président de Division 2 à avoir gagné la Coupe de Suisse (en 2006).

9 . Jesus Gil y Gil (Atlético Madrid)

Propriétaire de l’Atlético Madrid de 1987 à 2003, il était également maire de Marbella et le buste de Franco avait une place de choix sur son bureau. Pour avoir déshabillé sa ville pour habiller son club, il sera condamné à de la prison ferme. Cet entrepreneur, un brin mégalomane, va collectionner les casseroles comme un philatéliste les timbres et construire sa légende à travers ses coups de gueule et ses arnaques. Confondant donc les caisses de la ville avec celle de son club, il en fera un usage plus que douteux : corruption, prostituées offertes aux arbitres, détournement, achats de joueurs avec les deniers publics, tout y passe. Sous son règne, 30 entraîneurs passeront à la trappe mais les Colchoneros gagneront 3 Coupes du Roi et un titre de Champion d’Espagne. C’est ce que retiendrons les supporteurs « rouge et blanc » qui étaient plus de 50 000 à lui rendre hommage au stade 2 jours après sa mort.

8. Luciano Gauci (Pérouse)

Le bon vivant de la bande, une bedaine de charcutier avec la verve d’un marchand de poisson. Il est une des figures emblématiques du football transalpin des années 2000. Bien qu’il ait connu la gestion de petits clubs comme la Sambenedettese, Viterbo ou encore Catania, c’est assurément au club de Perugia (Pérouse) qu’il se fera le plus remarquer. Gauci s’illustre en étant le premier président de club à confier son banc à une entraîneuse, en la personne de Carolina Morace (joueuse professionnelle, 105 buts pour 153 rencontres internationales, plus de 500 buts en championnat, excusez-la du peu !). L’ASC Viterbo est certes en série C1 mais bénéficie du statut de professionnel ; néanmoins l’aventure sera de courte durée pour la « Signora » Morace qui démissionnera après seulement 2 matchs, jugeant la pression médiatique trop forte. Deuxième coup d’éclat en 2002, il vire manu militari le Sud-Coréen Ahn Jung-hwan, auteur du but en or qui a éliminé les Italiens en huitièmes-de-finale (personnellement, pour ceux qui me suivent à travers mes articles, je ne m’en suis toujours pas remis). Voici ce qu’il en dira : « Quand il est arrivé chez nous, c’était une brebis égarée qui n’avait même pas de quoi se payer un sandwich. Ahn ne jouera plus à Pérouse. Qu’est-ce que vous croyez ? Que je vais garder un joueur qui a ruiné le football italien. Son coup de génie, il devait le faire avec nous ». Troisième pépite à son actif, en 2003 il fait signer Saadi Kadhafi, fils de qui vous savez. La presse locale s’enthousiasme au point d’écrire que le club a fait signer un n°10 en or. Effectivement ce joueur est en or, non pas par la qualité de ses 2 pieds mais bel et bien par les fonds qu’engendre son illustre signature. Serse Cosmi, alors entraîneur du club de l’Ombrie, dira que son président se trompe rarement… c’est vrai, sur le plan financier ce fût une excellente opération, sur le bilan sportif de l’affaire, hormis le buzz, rien d’autre à déclarer. A noter, cependant, que sous la présidence de Gauci, Perugia remportera la défunte Coupe Intertoto en 2003.

7. Silvio Berlusconi (AC Milan)

Ah Silvio, président de mon très cher club de l’AC Milan, par où commencer tant le dossier est énorme ? J’aurais bien pu le mettre en tête de liste mais doit-on considérer ses trop nombreuses affaires de mœurs comme de la folie ? Oui c’est vrai, il a un goût certain pour les femmes et les fêtes olé-olé. Il dira pour s’en défendre qu’il faut bien s’amuser et divertir ses amis et que les soirées « bunga bunga » ne sont pas interdites par le code de la justice italienne. Oui c’est vrai Silvio, mais si tu fais participer de belles jeunes filles mineures à tes parties fines, ne sois pas surpris de te retrouver face au pénal et récolter assignation à résidence et travaux d’utilités sociales (pour info à l’heureux et intelligent lecteur de cet article, sache que c’est Muammar Kadhafi qui lui a enseigné l’art de ces « joutes » ; cependant, la différence demeure dans le fait que le Libyen n’avait pas de tribunal dans son pays pour le juger sur cette pratique). « Il Cavaliere » est un touche à tout, groupe de presse, télévision, cinéma, assurance, politique et bien sûr le football. On peut dire qu’il est un bon président de club ; il rachète le Milan AC en 1986, le modernise et connaît de grands moments sportifs. Ce sont néanmoins ces procès à répétition qui ternissent l’image du sulfureux italien : affaire Mediaset, affaire Telecinco, affaire de corruption, des pots de vin versés à David Mills et Bettino Craxi, alors chef du gouvernement et bien sûr l’affaire Rubygate, du nom de cette danseuse de 17 ans dont les détails sont connus de tous. Ce sont également ses nombreuses phrases cultes, sportives et plus souvent politiques qui font de cet homme un être peu ordinaire ; quand il parle du président Obama, cela donne : « Quel est son nom déjà ? Ah, Barack Obama ! Il est bronzé. Vous n’allez pas le croire, mais ils ont été prendre le soleil ensemble, parce que sa femme aussi est bronzée ». A l’eurodéputé allemand Martin Schulz, en plein Parlement européen  : « Je sais qu’en Italie, un homme produit un film sur les camps de concentration nazis, vous seriez parfait dans le rôle de Kapo ». En 2009 , il est le chef du gouvernement quand un tremblement de terre frappe la région des Abruzzes, laissant 17 000 italiens sans-abris, obligés de vivre dans des tentes. En visite sur les lieux de la catastrophe, il aura cette phrase qui ne fera rire que lui : « Bien sûr, ces logements sont temporaires, il faut voir ça comme un week-end de camping ». Sur l’histoire de son pays : « Mussolini n’a jamais tué personne, il a juste envoyé des gens en vacances en exil ». « Il Cavaliere » (titre que l’Ordre du Mérite du Travail lui retirera en 2014, trop de frasques tuent la gloire) a encore la verve d’un jeune auteur et même s’il approche tout doucement de ses 80 printemps, il nous réservera encore, à coup sûr, quelques moments « cultissimi » !

6. Bernard Tapie (OM)

Nanard, comme on le surnomme encore dans la cité phocéenne, restera comme le premier président de club à avoir porter la coupe aux grandes oreilles sur le sol français. On peut aisément faire le parallèle avec Silvio Berlusconi tant leurs profils voir même leurs parcours ont eu d’étranges similitudes. Même sens des affaires, même réussite dans leurs clubs, un goût certain pour la politique, la commedia dell’arte pour l’italien, la chanson et le cinéma pour le français. Quand Berlusconi sera assigné à résidence dans sa villa d’Arcore (Lombardie), Tapie sera invité à demeurer quelques temps dans les « suites » peu confortables de la prison de la Santé. L’ex-patron d’Adidas aura utilisé toutes les voies possibles afin de faire de l’OM le club-phare du championnat français et celles peu recommandables auront raison de lui et du club phocéen. L’affaire VA-OM en 1993 va précipiter sa chute, mettre en avant son immoralité et conduire Marseille en 2ème division. Si on connaît aujourd’hui le duel Jean-Michel Aulas contre Vincent Labrune, on peut s’autoriser un petit flashback dans les années 80 et le duel Tapie-Bez (président des Girondins de Bordeaux, club rival de l’OM de l’époque). Autant dire que les « formules de politesse » d’aujourd’hui ne ressemblent en rien à celle d’hier. Dès son arrivée à la tête de l’OM en 1986, Bez insulte Tapie de charlatan et d’escroc quand ce dernier ira dénoncer littéralement son rival auprès du ministre du budget… belle ambiance. Ce qui est certain c’est que Nanard aurait été au front pour ses joueurs et, des quartiers Nord de Marseille au plus petit club de supporters de France et de Navarre , tous garderont en mémoire que c’est lui qui a propulsé l’OM sur le toit de l’Europe un soir de mai 1993.

5. Massimo Ferrero (Sampdoria de Gênes)

Il faut croire que l’on aime les présidents atypiques du côté de Gênes. Après le bouillonnant Edoardo Garronne, voici l’excentrique Massimo Ferrero, alias la vipère. Le nouveau patron de la Sampdoria donne toujours l’impression d’être ou sous l’emprise de la drogue ou bourré. Producteur de cinéma, un style bien à lui, perpétuel show-man, capable de danser sur le bord du terrain tel Adriano Celentano aux plus belles heures du twist italien, il s’est de suite signalé dès sa prise de fonction en voulant changer l’hymne du club, l’ancien lui inspirant un total dégoût…Demander aux supporteurs de Liverpool de changer leur « You’ll never walk alone », et c’est mai 68 sur les bords de La Mersey. Ses frasques sont elles aussi mémorables : pour les vœux de fin d’année, il invite tout simplement les Italiens à faire l’amour le soir de Noël ; la suivante, moins drôle, lui vaudra une suspension de 3 mois pour injures ethniques à l’encontre du nouveau patron de l’Inter Milan, l’indonésien Erik Thohir. Interrogé sur la démission du président historique des Nerazzurri, Massimo Moratti, il déclare : « C’est injuste que Moratti soit traité de la sorte. Je lui avais pourtant dit : vire ce Philippin ! ». Il a ironiquement remercié le tribunal sportif italien, via twitter, en postant une photo de lui, bouche bâillonnée par du ruban adhésif. « Er Viperetta » (la petite vipère) est l’objet de caricatures multiples à travers tout le pays mais il n’en demeure pas moi un dirigeant lucide et ambitieux. Son prochain projet, construire un nouveau stade pour le club, le plus beau d’Europe, ni plus ni moins !!!

4. Maurizio Zamparini (US Palerme)

Alias Le « Zamp’ » ou « Mangiallenatori » (le dévoreur d’entraîneurs), président de l’US Palerme depuis 2002 ; il vient de virer son 47ème coach, en la personne de Beppe Iachini qui, ô miracle, était en place depuis 2013. Aucun scrupule pour reprendre un entraîneur viré 6 mois auparavant, il s’est ainsi “amusé” 4 fois avec Francesco Guidolin ; un peu comme une histoire d’amour dans un couple qui essaie, malgré les ruptures et les noms d’oiseau, de se donner une dernière chance. Guidolin dira de lui qu’il est le meilleur président du mardi au dimanche, le lundi étant le jour du licenciement à Palerme. Ses joueurs ne sont pas à l’abri de ses colères, comme un soir de défaite où il annonce : “Je leur couperais tous les testicules pour les manger en salade”… Hannibal Lecter, sors de ce corps ! Mais cet homme peut se vanter d’avoir un sacré sens des affaires comme en témoigne les transferts d’Edison Cavani au Napoli, de Sirigu et Pastore (42 millions à lui seul) au PSG, ou dernièrement la pépite Paulo Dybala vendue à la Juventus de Turin pour 40 millions.

3. George Becali (Steaua Bucarest)

Qui a dit que la chute de Nicolae Ceaușescu avait mis fin à la dictature en Roumanie ? Dans les veines de Gigi Becali coule sans doute un peu du sang de Conducător et sa façon de diriger le club du Steaua Bucarest en est la preuve parfaite. Un nombre incalculable d’entraîneurs virés, il n’hésite pas à faire lui-même la composition de son équipe. Raciste notoire, il a refusé d’engager le français Florent Sinama Pongolle sous prétexte qu’il était noir ; homophobe affirmé, le despote refuse que ses joueurs chantent « We are the Champions » de Freddy Mercury. Une autre « qualité » à son actif ? La mégalomanie sans doute : il dispose d’un tableau inspiré de La Cène de Léonard de Vinci, où il incarne le Christ et les joueurs du Steaua celle des apôtres. Vous en voulez encore ? Il a été inculpé de tentative de corruption à de multiples reprises (matchs arrangés, joueurs adverses et arbitres grassement payés) et au vu de sa très grande fortune, cela ne devait lui poser aucun problème. Allez, un dernier fait d’arme pour la route (soyons fous, après tout c’est bien le sujet de l’article, non ?) : son arrestation par la police pour avoir fait enlever et torturer…les voleurs de sa limousine !!!

2. Ramzan Kadyrov (Terek de Grozny)

Le président du club de football du Terek de Grozny en Tchétchénie… Ah la Tchétchénie, quel magnifique pays où il fait bon vivre, où règne une sécurité absolue, une monde de « bisounours » dans cette partie centrale du Caucase. Allez, réveillons-nous, s’il y a bien un endroit sur terre où les risques sont assez élevés pour entraîner une équipe, c’est bien celui-ci. Néanmoins ce n’est pas ce qui a arrêté le très courageux Ruud Gullit de venir s’y perdre de 2011 à 2013 (quoi que, pour le même salaire, j’aurais sûrement été capable de supporter cette boule au ventre de manière continue…). Monsieur Kadyrov, actuel président (à vie) de la Tchétchénie, dont l’ambition est de gagner la ligue des champions dans les toutes prochaines années, règne sans partage sur son pays et ne fait pas des Droits de l’Homme sa priorité. Comparé à Joseph Staline (quelle référence !), il utilise comme l’Homme de Fer en son temps, la manière musclée et on le soupçonne fortement d’être le commanditaire de l’assassinat de Natalia Estemirova, grande spécialiste dans les enquêtes sur les enlèvements. A en croire ses nombreux portraits qui ornent la ville, on assiste à un vrai culte de la personnalité, ce qui ferait pâlir d’envie son grand ami Vladimir Poutine. Le pays, où le taux de chômage frôle les 40%, survit grâce à son activité pétrolière mais surtout avec l’aide de la Russie, à hauteur de +ou- 400 millions de dollars ; cependant une très grande partie des fonds semblent disparaître dans les poches de Kadyrov. Assez pour s’acheter une Ligue des Champions ? Quoi qu’il en soit, il peut tout se permettre. En 2013, l’arbitre de la rencontre opposant son club au Rubin Kazan, Mikhael Vilkov, se permet d’expulser le capitaine du Terek Grozny, Rizvan Utsiyev…ni une ni deux, il s’empare du micro et hurle « L’arbitre est corrompu. Vous êtes un crétin ! ». C‘est ce que l’on appelle la grande classe tchétchène.

1. Louis Nicollin (MHSC)

Si le pouvoir m’était donné, alors sans aucune hésitation Loulou serait mon coup de cœur. Le Gaulois dans toute sa splendeur, râleur, colérique, passionné et exubérant. Avec lui les propos orduriers sont légions, normal me direz-vous, quand on sait que Louis Nicollin est à la tête, entre autre, d’une entreprise de ramassage des déchets ménagers. Il prend les rênes du club héraultais en 1973, alors en division d’honneur et accédera 8 années plus tard au top de l’échelon national. Il glanera une Coupe de France en 1990, 1 Coupe de la Ligue (d’été) en 1992, et sera même Champion de France en 2012, au nez et à la barbe du PSG, déjà passé sous pavillon qatari. Avec lui, on ne compte plus les coups de gueule, les déclarations tapageuses et les commentaires en dessous de la ceinture. Peu importe l’endroit, presse, radio et télévision, tous sont friands de ses interventions et elles manquent rarement de piquant. Je ne peux résister à l’envie de vous en faire partager quelques une, mêmes si elles doivent vous être connues. A propos de ces joueurs, il dira un jour : “Mes joueurs, je les paie plus cher que mes maîtresses. Et mes maîtresses au moins, elles me régalent la chique”… le raffinement façon Loulou ! A ses propres supporteurs, coupable d’avoir jeté des pétards sur les joueurs niçois : ”Ces mecs-là, ce ne sont pas des supporters, mais des grosses merdes”. Les joueurs adverses paieront aussi de leurs personnes et l’attaque sur Benoit Pedretti fera date : « Pedretti a tout commandé sur le terrain, mais celui-là, quand il viendra à Montpellier, on va s’en occuper. Ce type est une petite tarlouze ». Toujours au rayon joueur, à propos d’une possible recrue : « Le Niçois Kanté, qu’on annonçait chez nous, a signé à Olympiakos. Il nous a demandé 120 000 euros mensuels. Je lui ai demandé s’il ne se touchait pas un peu ». Les journalistes ne seront bien sûr pas épargnés : « L’autre gros con qui demande six mois pour Spahic… journalistes de merde », ou encore cette réplique culte : « Ne nous cassez plus les couilles avec la deuxième place, la troisième, l’Europe, la Ligue des Champions. On est content de finir huitième, point barre. Si on est Champion de France, vous nous ferez des pipes, d’accord. Mais là, laissez-nous tranquille ». Terminons par son dernier entraîneur en date, Rolland Courbis ; là aussi c’est gratiné : « Courbis ? Je n’ai rien contre lui, je ne suis pas remonté. Chacun baise sa femme comme il l’entend ». Et dernièrement encore, alors que le club héraultais est à la peine, il dira à l’attention de son coach : « Ne croyez pas que je vais le licencier, c’est niet. Il ne m’aura pas. C’est lui qui nous a mis dans la merde, c’est à lui de nous en sortir. Sinon, il ne s’appelle plus Courbis ! ». Actuellement 17ème du championnat de France (ne devançant l’antépénultième, Ajaccio, qu’à la différence de buts), Montpellier, ses supporteurs, son coach et son président ne seront pas champion cette année, ce qui nous évitera donc une deuxième excentricité capillaire des plus douteuses.

 

Cette liste aurait pu s’étirer, et d’autres noms glorieux auraient pu s’y ajouter, tel le croate Zdravko Mamic, président du Dinamo Zagreb et tout fraîchement arrêté par la police anti-corruption. Nos amis marseillais coucheraient sur cet article le nom de Jean-Michel Aulas, président de l’OL, pour sa folie à se prendre pour « Dieu, Le Père de la Ligue 1 » et enfin (et j’en passe), citons également le multimilliardaire russe Roman Abramovitch pour avoir licencié Roberto Di Matteo, seulement 6 mois après que ce dernier eut gagné la ligue des Champions, tant attendu par tous les supporters des Blues… Mais c’est bien connu, la reconnaissance n’est pas une obligation chez ces présidents, juste une option. Et si une citation relative au football pouvait à elle seule justifier la douce folie de ces hommes ? Alors ce serait peut-être celle-ci, signée Bill Shankly : « Le football n’est pas une question de vie ou de mort, c’est quelque chose de bien plus important que cela. »


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