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Les Russes au Zénit de l’Europe

Le Zénit a enlevé ce mercredi à Manchester la deuxième coupe de l’UEFA en seulement trois ans pour un club russe, suite à la victoire du Locomotiv Moscou en 2005. Tour d’horizon sur le parcours hors du commun d’une équipe inattendue.

Outsider total avant même que la compétition ne commence, le Zénit Saint-Pétersbourg a véritablement fait la magie de la coupe à lui tout seul. Revenu plusieurs fois alors qu’on les disait battus, épatants, détonants et magiques, les joueurs du Zénit on fait chavirer les footeux de toute l’Europe, bien souvent au grand dam des supporters de leurs adversaires. Loin d’être attendus à ce niveau, les Russes ont épaté dans leur contrée comme sur le vieux continent. Après avoir conquis le championnat russe l’an dernier aux dépens des deux favoris du CSKA Moskou et du Lokomotiv, le club a fait naître une véritable révolution à la Premier League russe de football. Le club est ainsi devenu le premier de province à gagner la compétition depuis douze ans. En effet, la dernière victoire d’un club autre que Moskovite remontait à 1995 avec Vladikavkaz.

Le club a pourtant fait son trou au fil des années, afin d’entrer dans le monde des champions d’Europe par un trou de souris. Finaliste de la coupe Intertoto en 2000, le club se hissait à une troisième place en championnat en 2001, une 2e place en 2003, pour s’assurer d’un deuxième titre de champion consécutif pour cet exercice 2007-2008. Du jamais vu depuis plus de quinze ans dans le championnat russe, toujours écrasé par la domination des clubs de la capitale. Il faut donc bien voir que le Zénit est en train de se construire un florissant palmarès, moindre certes que celui du Lokomotiv ou du CSKA, mais on peut penser que la révolution est en marche. Propriété de Gazprom, géant russe de l’énergie, l’ex-Zenit Leningrad s’est offert du très beau monde à très haut prix. Record des records, le club a effectué le plus cher transfert de l’histoire du championnat avec l’achat de l’Ukrainien Tymoschuk pour la jolie somme de 15 millions d’euros.

Le parcours UEFA de cette année a été tendu, mais toujours bien négocié par les Russes. On commence vraiment à parler d’eux dès les seizièmes de finale en éliminant sur le fil l’équipe pourtant favorite de Villareal. Les Espagnols perdent gros avec un but pris chez eux alors qu’ils gagnent à 2-1, puis sur la victoire du Zénit à la maison sur la plus petite marge du 1 à 0. Le tour suivant fait des émules, alors que les Marseillais enflammaient le Vélodrome au match aller, ils pouvaient offrir le carton du siècle par un nombre d’occasions incroyable. Le score final de 3-1 est qualifié par la presse et les supporters d’insuffisant alors que les Phocéens avaient dominé de la tête et des épaules, à tel point qu’on voyait déjà se profiler un 5-0 tonitruant sur la Canebière. Pourtant, les joueurs de Gerets ont malheureusement encaissé ce fameux but à l’extérieur, toujours aussi dérangeant et dangereux pour l’équipe qui reçoit. L’OM le sait, les déplacements en Russie sont périlleux. Des terrains synthétiques, une température négative, un style de jeu affûté, des supporters vendus à la cause russe, le retour s’annonçait périlleux. Les Marseillais avaient d’autant plus mal négocié le tour précédant où ils avaient encaissé 2 buts au retour à Moscou après avoir heureusement gagné 3 buts à rien dans le sud de la France.

Et le pire arriva. Par 2 buts à rien également, le Zénit élimine les Olympiens et se qualifie pour la première fois de son histoire à un quart de finale de la coupe de l’UEFA. La suite est digne d’un manga comme Captain Tsubasa ; en écrasant au Bayer Arena le Bayer Leverkusen par 4 buts à 1. Le retour voit une victoire allemande (O-1), mais insuffisante pour les coéquipiers de Bernd Schneider, pour barrer la route des demis à Arshavin et au Zénit. Et l’équipe n’en finit pas d’impressionner avec le sévère 4-0 qu’encaisse le favori de la compétition, le Bayern Munich au terme du retour des demi-finales. Revenus de Bavière avec la qualification en inscrivant le but à l’extérieur (1-1), les joueurs du Zénit ne laissent rien passer et assurent un match plein grâce à leur truculent attaquant, auteur d’un doublé, Pogrebnyak. Le match de mercredi était une véritable épreuve, les Russes partaient d’un certain côté favoris après avoir éliminé le gros morceau de la compétition, mais face à eux se dressait le roc des Rangers. Ces derniers, plus expérimentés, éliminés de justesse de la Champion’s League, à quelques centaines de kilomètres de leur terre avaient le soutien du public local alors que plus de 100 000 supporters avaient fait le déplacement. On ne peut pas dire que le terrain était complètement neutre, mais cela faisait encore plus de challenge pour les hommes d’Advocaat, toujours plus surprenant de rencontre en rencontre.

Privés de leur buteur numéro un, M. Pogrebnyak, les Russes partaient handicapés, encore plus face à une défense ultra-hermétique, à savoir deux buts depuis le début de la compétition... Epoustouflant. Pourtant, le Zénit presse, n’y va pas de main morte, domine et fait trembler les Ecossais. Les adversaires ne deviennent dangereux qu’en seconde mi-temps et pourtant le Zénit ne semble faire du match qu’une simple formalité en tenant l’attaque écossaise, et en marquant par deux fois, sur deux superbes actions de Denisov et Zirianov, à la 72e et 94e minute ; si le tout semble simple, les Russes ont tout de même bataillé dur pour s’assurer un trophée qu’ils n’ont vraiment pas volé, face à une équipe des Rangers qui n’a jamais démérité, mais qui manquait certainement de panache et peut-être d’envie. Il faut dire que les Ecossais avaient encore les moyens de s’assurer un quadruplé cette saison, qui, pour le coup, s’est éloigné à grands pas. Vainqueur de cette 37e édition, le Zénit aura eu la force de tenir tous ses matchs et de savoir jouer intelligemment. Un peu de chance, de réussite, de la technique, un bon coaching, des placements idéaux et beaucoup de moyen, voilà certainement la recette d’un futur challenger de poids pour la Champion’s League version 2008-2009.

Et comme la fête doit toujours être gâchée et que le football, c’est aussi violence et dérives inconscientes, des affrontements se sont déroulés toute la soirée d’hier dans les rues de Manchester. Le résultat est là, un supporter du Zénit a été violemment poignardé. Un bon présage pour la finale de la Ligue des Champions et pour tout le championnat d’Europe de l’Euro 2008 n’est-il pas ?...


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12 réactions à cet article    


  • LE CHAT LE CHAT 16 mai 2008 11:41

    surprenante équipe du Zenit qui n’est pas cette année au Zenith du championnat russe , les équipes françaises en coupes d’europe vont devoir aller loin si Kazan et Omsk continuent à être en tête .....

     


    • Yannick Harrel Yannick Harrel 16 mai 2008 16:56

      Bonjour le matou,

      En fait, le Zénit n’est pas au zénith en son jardin car plusieurs rencontres ont été reportées pour lui permettre d’aborder ses matchs Européens en condition optimale. Soit 5 matchs encore à disputer pour rattraper le rythme de ses concurrents (et 15 points potentiels à prendre pour qu’il se retrouve à la seconde place en cas de succés cumulés), mais vu la qualité de l’équipe on ne devrait pas trop s’en faire pour elle à la fin de la saison smiley

      Cordialement


    • Jean-François Bartone 16 mai 2008 12:11

      Ah oui ? J’ai pourtant cru comprendre qu’ils s’étaient attribué le titre de champion de Russie cette année encore, du moins c’est ce qu’à affirmé Thierry Rolland.


      • LE CHAT LE CHAT 16 mai 2008 12:32

        je parlais de la prochaine saison , le championnat russe est décalé par rapport aux autres championnat à cause de la dureté de l’hiver


      • Jean-François Bartone 16 mai 2008 21:04

        Ah d’accord ! Merci de l’info ! J’ai fait quelques recherches sur ce championnat mais elles n’étaient pas très concluantes, mis à part les quelques spécificités que j’ai signalé concernant l’ultra domination moscovite et le compte en banque du Zenit. Encore une fois, pas beaucoup de chiffres qui circulent, mais de toutes façons, c’est tellement histoire de gros sous  !


      • tvargentine.com lerma 16 mai 2008 12:19

        Face au dépot de bilan pour le PSG (a moins de magouille pour éviter que ce club n’entraine dans sa chute les faux facturiers et les gangsters de Canal + ,rappelons nous de OKOCHA à 100 millions d’euros !) le renouveau du foot passe par les footballeur de l’Est.

        Déjà ,ici un excellent article a été publié sur le renouveau du foot Russe à l’image de la modernisation de la Russie entrepris par V.Poutine,pour faire de son pays une puissance moderne en Europe,car comme chacun sait ici,la Russie c’est l’Europe

         

         


        • kall kall 16 mai 2008 15:02

          Pitre !


        • Yannick Harrel Yannick Harrel 16 mai 2008 15:50

          Bonjour,

          Oui quel ravissement de voir cette équipe Russe au firmament de la gloire footballistique. Et je l’ai d’autant plus été que la manière était là, au contraire des Glasgow Rangers qui ont pratiqué de l’anti-jeu pratiquement jusqu’au bout en ne comptant que sur les contres assassins. D’ailleurs, le manager de l’équipe Ecossaise reconnaissait lui même que son équipe était arrivée là en finale sans trop savoir comment (! ?), honnête au moins et grand fair-play puisqu’il attesta que le Zénith était véritablement une grande équipe Européenne.

          Je m’étais fendu il y a quelques semaines d’un article sur la croissance exponentielle du football Russe en citant les exploits du Zénith (Zénit serait plus juste à écrire si l’on transcrit littéralement le cyrillique) : article prémonitoire s’il en était ! De manière plus générale, 2 coupes Européennes en 3 ans pour la Russie, je ne pense pas que ce soit dû au hasard...

          Vivement la saison prochaine du Zénith... en Ligue des Champions ! smiley

          Cordialement


          • Yannick Harrel Yannick Harrel 16 mai 2008 15:54

            Juste une dernière précision : au début de l’article, vous parlez de la victoire en 2005 au sein de la même compétition du Locomotiv Moscou. Erreur ! Il s’agissait du CSKA Moscou, le club de l’armée rouge.


          • Jean-François Bartone 16 mai 2008 21:12

            Vous avez raison, pourtant c’était bien le CSKA dans mon esprit, erreur de vérification certainement... J’en profite pour vous dire bravo pour votre article, très intéressant et bien construit concernant l’émergence du football à l’est du vieux continent. Petite question au passage, pensez-vous que Marko Basa, actuellement en L1, puisse symboliser ce phénomène en France ? Par ailleurs, je vois également (enfin depuis Nakata !) l’émergence de joueurs asiatiques partout en Europe, Nakamura au Celtic, Miyamoto à Salzburg, transfert de Matsui en ligue 1 (snif d’ailleurs), la montée du très jeune Ono avec le GF 38... Et il ne faut pas oublier les sud-coréen comme J.S Park ou un membre de cette équipe du Zenit dont j’ai oublié le nom, excellent recupérateur gauche si ma mémoire est bonne. Un article pourrait même intéressant sur la question .


          • Yannick Harrel Yannick Harrel 17 mai 2008 02:21

            Bonjour,

            A propos de Marko Basa, je dois avouer très honnêtement que j’étais un peu passé à côté de ce joueur du Mans. Serait-ce le retour des joueurs de l’ex-Yougoslavie en Ligue 1 ? Il est vrai que certains ont marqué de leur empreinte le championnat de France tels Bazdarevic (qui en tant qu’entraîneur vient de réussir l’exploit de faire accéder Grenoble à l’élite du football pro), Osim, Susic ou encore Boksic. D’un autre côté pourquoi les clubs de l’élite s’en priverait-il ? Ces joueurs sont d’un niveau tout à fait acceptable pour la L1 et généralement n’obligent pas les clubs à hypothéquer leur stade pour les recruter. Le championnat Russe lui ne laissera pas partir si souvent et facilement (à moins de bourse délier) ses petits prodiges. Du reste, les joueurs Russes ou de l’ancienne CEI n’ont jamais été très prisés des grands clubs, ou alors à doses homéopathiques.

            Pour les joueurs Asiatiques, je pense que c’est la résultante de l’effet Coupe du Monde 2002. Malheureusement malgré de réelles qualités, l’expatriation n’a pas toujours porté ses fruits : je pense notamment à Takayuki Suzuki ou encore à Kazuyoshi Miura. Pour le reste, je pense que la Chine, le Japon et la Corée du Sud ont un potentiel indéniable et ont beaucoup appris des tacticiens Européens et Sud-Américains. Le coup de tonnerre de 2002 pourrait bien se reproduire lors de la prochaine coupe du monde...

            Pour le joueur du Zénit, défenseur Sud-Coréen n’ayant joué qu’une seule minute la finale (mais l’essentiel c’est de participer smiley ) il s’agit de Kim Dong Jin.

            Cordialement


          • Yannick Harrel Yannick Harrel 17 mai 2008 02:31

            Et pour un article sur la venue en Europe de jeunes prodiges asiatiques, pourquoi pas ? C’est un sujet exotique qui devrait être passionnant, bon courage ! 

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