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Accueil du site > Culture & Loisirs > Sports > Manifeste du « classement carré » de la Coupe du Monde de Football

Manifeste du « classement carré » de la Coupe du Monde de Football

Justification d’un palmarès général des coupes du monde

L’idée de classer les pays en fonction de leur palmarès en coupe du monde depuis l’origine de celle-ci vient naturellement à tout amateur de ce sport, qui considère non seulement la dernière coupe du monde en date, mais l’ensemble de l’histoire de cette coupe, pour y ranger les nations par ordre de prestige dans cette discipline :

Ainsi, tout amateur sait que le Brésil a remporté 5 fois le trophée, l’Italie 4 fois et ainsi de suite : L’amateur établit donc d’instinct un classement des pays en fonction de leurs résultats, aboutissant à un tableau d’honneur de la coupe classant les nations selon leurs mérites.

Ce tableau imaginaire fonctionneà l’instar un championnat national, dont chaque coupe du monde est une journée de championnat, et le tableau récapitulatif de l’ensemble équivaut au classement général du championnat de ligue.

Malheureusement, seul un critère simple à manipuler de mémoire peut fonctionner tant que cette approche reste intuitive : C’est le classement étoilé, qui vise à ne prendre en compte que les pays ayant remporté la coupe, soit 8 pays seulement à l’heure actuelle, après 19 coupes du monde.

Ce classement, ne comportant que 8 nations, est pauvre et un peu sec : pour tout dire, il manque de nuance, et on peut rapidement s’apercevoir qu’il laisse à tort de côté certains pays qui ont pourtant fortement marqué cette prestigieuse compétition.

C’est pourquoi nous avons imaginé un autre classement, un peu plus complexe, qui ne peut donc être géré de tête, mais qui offre l’avantage d’être beaucoup plus dynamique, plus vaste également, car il comporte à ce jour 24 nations au lieu de 8, et aussi, certainement, plus juste : Nous l’avons appelé le classement carré , pour une raison très simple qui est exposée à suivre.

Le classement étoilé

Comme nous le disions en introduction, le premier classement qui vient à l’esprit est le classement étoilé  : Il consiste simplement à faire entrer au palmarès des nations illustres celles qui ont remporté la coupe au moins une fois, et à les classer par nombre décroissant de victoires obtenues, que l’on retrouve, d’ailleurs, par autant d’étoiles qu’elles sont autorisées à frapper sur leur maillot national.

Pour départager les nations ex-aequo en nombre d’étoiles, on effectue un sous-tri par nombre décroissant d’accès à la finale, puis un sous-tri par nombre décroissant d’accès au « carré » (c’est à dire le groupe des 4 demi-finalistes) , et enfin on applique l’antériorité (le plus ancien vainqueur étant placé devant).

Cette méthode de classement étoilé fait apparaître le palmarès suivant :

Mais se contenter de dénombrer les étoiles au maillot est un critère un peu trop sec, car il fait disparaître les mérites de certaines nations qui, sans avoir jamais emporté la coupe du monde, l’ont fortement marquée à plusieurs reprises :

 Ainsi, le classement étoilé fait qu’une nation comme les Pays-Bas n’apparaît pas au tableau d’honneur de la prestigieuse compétition, alors que cette nation fut pourtant 3 fois finaliste et 1 fois demi-finaliste, ce qui lui donne une position vraiment illustre parmi l’ensemble des quelque 200 nations candidates, et pourtant elle n’apparaît pas dans ce classement. Dans une moindre mesure, la même remarque peut s’appliquer au cas de la Suède.

Il n’en reste pas moins vrai que la position de vainqueur est bien entendu particulièrement illustre et ne doit pas être confondue avec une simple participation.

Inversement, le simple fait de se qualifier pour la participation aux phases finales, s’il est méritoire, n’en est cependant pas illustre, compte tenu de la division du monde en régions géographiques, qui fait que cette obtention de qualification ne constitue pas une performance mondiale, mais simplement régionale.

Par suite, on peut admettre que le niveau pertinent pour entrer au tableau d’honneur de la coupe du monde, est d’accéder au stade de la demi-finale, celui-ci étant d’ailleurs couronné par deux « finales », puisqu’il existe un match communément appelé « petite finale » ,destiné à départager les deux perdants de cette phase prestigieuse de la compétition : L’existence même de cette « petite finale » montre bien l’importance particulière qu’accorde la FIFA au fait d’accéder à ce dernier carré.

Mais, pour ne pas perdre de vue la primauté incontestable de la victoire en sorte d’établir un classement cohérent, il faut mettre en place un système pondéré de points qui privilégie indiscutablement cette victoire.

 

Le système adopté pour le classement carré

Ce système attribue à chaque coupe du monde un total de 12 points, distribué entre les 4 pays du carré final, en tenant compte des remarques précédentes, qui amènent à la pondération suivante :

Vainqueur  : 6 points
Finaliste  : 3 points
Bronze (3e)  : 2 points
Quart (4e)  : 1 point

 

Cependant, nous ajoutons une variante, pour le cas où le vainqueur n’a pas gagné la finale en action sur le terrain, mais a dû recourir aux tirs au but (ce qui est arrivé 2 fois : en 1994 et en 2006). Dans ce cas, la grille est modifiée comme suit :

Vainqueur  : 5 points
Finaliste  : 4 points
Bronze (3e)  : 2 points
Quart (4e)  : 1 point

Cette variante concerne 2 finales, impliquant 3 nations : Brésil, Italie, France. L’effet est neutre sur l’Italie car elle gagne 1 point en 1994 mais en perd 1 en 2006. Le Brésil perd 1 point en 1994 (victoire à 5 pts au lieu de 6) et la France gagne 1 pt en 2006 (défaite à 4 points au lieu de 3).

Enfin, pour départager les ex-aequo en nombre de points, on adopte la logique inverse du système d’attribution de points, puisqu’il affecte déjà plus de points aux places les plus éminentes : Le second départage doit donc s’établir par critère d’éminence croissante, d’où l’ordre suivant :

· 1er départage : plus grand nombre de qualifications pour le dernier carré
· 2e départage : plus grand nombre de qualifications pour la finale
· 3e départage : antériorité historique du premier accès au dernier carré.

Voici le palmarès des carrés de l’histoire de la coupe du monde de football (la coupe de 1950 est un cas particulier sans finale, les places de 1er et 2e étant issues d’un classement de groupe) :

Voici le classement des 24 « pays carrés » qui en découle après application des règles énoncées plus haut :

Comme nous l’avons donné en exemple plus haut, ce système suscite plusieurs surprises :

Si L’Italie, notamment, est 2e au classement étoilé, elle est en revanche devancée par l’Allemagne au classement carré ; mais, si le classement carré semble renverser le classement étoilé, on peut voir aussi, inversement, qu’il a tendance à le conforter solidement : Ainsi, il détache nettement le trio de tête, car l’Argentine, classée 4e, est tout de même à 15 points derrière l’Italie !

De plus, comme nous l’avons déjà évoqué, on voit apparaître en bonne place les Pays-Bas et la Suède, bien que ces nations n’aient jamais remporté la coupe  : Cela met bien en lumière, en ce qui concerne les Pays-Bas, le fait qu’ils ont eu le mérite d’entrer 4 fois dans le carré et de disputer 3 fois la finale : Cela leur donne , au classement carré, plus de poids que l’Angleterre qui, malgré son étoile (obtenue, qui plus est, avec peut-être un petit coup de pouce de l’arbitrage...), s’est montrée des plus médiocres dans le reste des compétitions, avec une seule place de 4e obtenue en sus de son étoile : Le classement carré fait des Pays-Bas une nation plus illustre que l’Angleterre dans l’histoire de la coupe du monde, et cela nous semble tout à fait refléter la réalité.

 

Le classement carré  ajoute du suspense au tableau d’honneur du football

Outre le fait qu’il honore 24 nations plutôt que 8, le classement carré à l’avantage de fournir un bien plus grand suspense sur son évolution que le fruste classement étoilé, qui offre bien peu de relief et de perpesctives : 

On y voit, notamment, que l’Allemagne n’a qu’un point de retard sur le Brésil, et qu’elle peut donc à tout moment lui ravir la première place.

De même, à chaque sous-niveau local, une rivalité stimulante peut s’établir entre nations voisines au classement, comme par exemple entre la France et l’Uruguay,

En bref, ce classement, s’il prenait valeur officielle, donnerait un relief nouveau à la compétition mondiale, en créant des enjeux plus accessibles que celui de décrocher la terrible edelweiss, épreuve si difficile et si rare...

Et si d’aventure quelque dignitaire de la FIFA venait à jeter un oeil sur le classement carré, qu’il n’hésite pas à s’en emparer pour essayer d’en faire un instrument officiel qui stimulerait encore un peu mieux, nous semble-t-il, l’amicale compétition que constitue la coupe du monde.

 

Guillaume Organt .

 


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4 réactions à cet article    


  • LE CHAT LE CHAT 13 juin 2014 12:41

    à envoyer aux énarques qui calculent comment faire pour distendre les résultats des elections ...


    • xmen-classe4 xmen-classe4 13 juin 2014 22:59

      en tout cas j’aime pas les commmentaires et guingamp est champion de france


      • xmen-classe4 xmen-classe4 13 juin 2014 23:03

        et combien doivent payer ceux qui regardent ces conneries. maintenant que l mariage gay est autorisé, tous cela est inutile.


        • paul denuault 20 juin 2014 14:11

          Bonne idée ! C’est un bon classement qui permet de se faire une meilleure idée des meilleures équipes de l’histoire. Même si je ne sais pas si l’Italie échangerait sa 4ème Coupe du Monde au profit d’une 2ème place à ce classement ! smiley

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