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Accueil du site > Culture & Loisirs > Sports > Nelson Monfort humaniste sportif

Nelson Monfort humaniste sportif

Dans cettte période de tension, de bashing, de rentre-dedans, de dénigrement de l'autre, Nelson Monfort surprend.

Au Press Club de Paris où il est invité pour présenter son livre"Sport, mes héros et légendes", il reçoit aimablement les participants. Un mot pour chacun, la main tendue vers l'arrivant, silhouette élancée, chevelure haute, marque de fabrique, souriant.

Il officie à la télévision depuis 25 ans pour commenter le ski, l'athlétisme, la natation, le patinage, le tennis.

Celui que certains confrères appellent "Mets le son moins fort", avoue avoir été impressionné par les J.O. de Londres en 2012, le nombre de téléspectateurs,"la ferveur populaire".

Mais il ne décline pas que le sport au présent. Pour lui le respect envers les sportifs de haut niveau se double d' "un devoir de mémoire" pour les disparus ; ceux que l'on n'a pas connus, que l'on idéalise et qui nous fournissent "notre part de rêve".

Les héros du sport pour Nelson Monfort répondent aux 4 "H" "honneur, humour, humanité, humilité.

Il s'anime en parlant des nageurs du 4X100 m nage libre qui "ont terrassé de justesse" le relais américain aux J.O. de Londres.Emu par la déclaration de Yannick Agnel à son égard : "tu es comme notre cinquième relayeur". Yannick Agnel "au comportement , à l'intelligence, à la culture exemplaires" ( il pourrait "vu son âge être son père").

Il loue la simplicité de Usain Bolt, le sportif le plus connu au monde qu'il interroge régulièrement.

Il évoque, avec sans doute nostalgie, la médaille d'or du 400 m de Colette Besson aux J.O. de 1968. Issue d'un milieu modeste, elle n'a pas gagné un seul centime mais le général De Gaulle a déclaré à son propos : "c'est une des rares femmes à m'avoir fait pleurer". Deux jours avant la compétition elle était remplaçante, à la suite de bisbilles entre la fédération d'athlétisme et son entraîneur.

Toujours pour 1968, scène emblématique, le poing levé des américains Tommie Smith et John Carlos, premier et troisième du 200m, en pleine agitation sociale et antiségrégationniste aux Etats-Unis.

Dans l'évocation des grandes "féminines" Perec, Goitschel, Manaudou, il se livre à une imitation de la nageuse Christine Caron qui affectait de parler comme Brigitte Bardot. La comparaison s'arrête là !

Deux grands disparus sont chers à son coeur : Eric Tabarly, ce monument dont l'interview à Rueil fut pour lui un véritable " bizutage", car il était "très froid, taiseux, répondait par oui ou non et avec plus de non que de oui". Personne ne voulait l'interviewer et pourtant tout s'est bien passé. Ainsi il peut dire aux jeunes journalistes : "n'ayez pas peur, ne surestimez pas les champions".

Il a aussi une pensée toute particulière pour François Cevert coéquipier parfait et loyal du pilote Jackie Stewart, disparu en n'ayant gagné qu'un seul G.P. et qui jouait du Mozart au piano ...Une pointure ce Cevert.

Les "exploits peu relatés à la télévision", les "exploits aventuro-sportifs", attirent aussi son attention : la première traversée de l'Atlantique par Lindbergh ("au début de la traversée de nuit les vagues pendant 4 heures touchaient les ailes de l'avion") ; les premiers hommes en haut de l'Everest ; le premier homme sur la lune, Neil Armstrong.

Il aime les grands exploits mais aussi les défaites qui montrent les qualités des hommes dans leur manière de réagir face à l'échec."Les belles médailles d' argent font aussi les belles médailles d'or"...

Il n'oublie pas les problèmes posés par le financement du sport : "à Sotchi les J.O. d'hiver ont coûté trois fois plus cher que les J.O. d'été à Pékin".

Il n'oublie pas non plus "les magouilles dans le patinage artistique" ; les énormes erreurs commises, comme aux J.O. de Munich, les USA qui perdent le match face à la Russie, alors qu'ils étaient gagnants au coup de sifflet final.Trois secondes après...

Il sait bien que l'esprit olympique est perverti. "Les vraies valeurs ont disparu". Ce sont ses "coups de griffe" contre le système qui contrebalancent "les coups de coeur".

Mais au global ce qu'aime Nelson Monfort c'est "l'humain". Ce sont les qualités des sportifs dans la vie quotidienne,qu'il veut "mettre en lumière", avec leur parcours personnel.

Lance Armstrong convaincu de dopage trouve grâce à ses yeux, quand il se rappelle, à Austin Texas, le champion "au milieu des enfants, sans caméra, chaleureux, attentif, loin de l'athlète réputé arrogant, détestable". "Après lui avoir repris ses médailles, on veut les remettre à un Ulrich propre ?". "Tout le monde tombe à bras raccourci sur un homme que chacun a encensé ; çà me dérange", dit-il.

Il revient sur son métier de "journaliste de sport et non journaliste sportif", souvent déconsidéré, sur sa passion. "Une des meilleures formations pour un journaliste" c'est de couvrir les évènements sportifs.

Actuellement "l'armada des consultants" fausse le jeu. "Des évènements sont commentés depuis Paris avec les coupes budgétaires" qui tombent.

Il n'hésite pas à dévoiler les coulisses des retransmissions qu'il a animées ou des articles qu'il a délivrés.

Comme aux derniers J.O. d'hiver où il est "secours antenne" depuis Paris au cas où une rupture de faisceau intervienne, ou pour un commentateur défaillant. "Thé et miel pour tenir trois heures". "Il faut y aller". Le direct : "le moindre mot de travers et on voit les conséquences, avec Candeloro" par exemple.

Comme lors de l'interview de Jean Borotra le numéro 1 français de l'histoire du tennis.Il enregistre tout et au retour à la maison il se rend compte que la bande est restée vierge ! Il doit tout recommencer. Le même Jean Borotra 92 ans lorsque la coupe Davis est gagnée par la France avec Noah et Forget. Sourd et dans un bruit assourdissant il déclare : "il faut maintenant gagner le double", alors que Forget et Noah se congratulent.

Ou encore Driss Maazouzi coureur de 1500 m franco-marocain. Interrogé le 1er août sur son choix de courir sous les couleurs marocaines ou françaises, il annonce avec un fort accent : " Lundi 2 on décide". Nelson Monfort le presse de répondre sans attendre et Maazouzi explique : "le président ou l'entraineur décident, l'un des deux !"

Il est très conscient que "la complicité, les échanges avec les champions, la cordialité"ce n'est pas l'amitié". "L'amitié c'est autre chose". Il l'a pour Philippe Candeloro, dont il raille la pingrerie que celui-ci affiche."Depuis 2006 il m'a offert seulement un coca... light et nous l'avons partagé".

Il se dit ami d'Arnaud Boetsch le tennisman, avoir été ami de Laurent Fignon, de Luis Ocana ( une seule victoire dans le tour de France).

Avec les téléspectateurs, les lecteurs, les auditeurs, il sait que son sérieux joue gagnant à tous les coups."Le respect du téléspectateur c'est pratiquer le sport que l'on commente". Il égrène la liste de ses sports favoris : "hockey dès 7-8 ans, tennis, golf, natation,jogging,ski, neige et glace".

Il espère, à la suite du succès télévisuel de la diffusion d'émissions historiques, une série sur les exploits sportifs. Il aimerait bien s'impliquer dans un tel projet. "Pour rendre les gens heureux", pour que " les téléspectateurs passent un bon moment".

Tout en gardant la tête froide : "tout cela ce n'est que du sport".


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1 réactions à cet article    


  • Dwaabala Dwaabala 24 mai 2014 19:02

    Il n’y a rien de surprenant : l’humaniste du sport vend un bouquin luxueux... qui sera bradé sur les étals dans quelques mois.

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