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Accueil du site > Culture & Loisirs > Sports > OM-PSG : la guéguerre de Saint-Denis a bien eu lieu...

OM-PSG : la guéguerre de Saint-Denis a bien eu lieu...

...dans les vestiaires, à la mi-temps. Ce que relate L’Equipe dans son édition d’hier, avec dans les rôles principaux Mendy, Armand, Pagis, et surtout monsieur José Anigo.

Parce que le football est souvent une affaire de coups bas, il fallait bien qu’il en pleuve quelques-uns à la mi-temps du plus célèbre d’entre tous les matchs de l’hexagone, j’ai nommé OM-PSG de samedi soir, en finale de la Coupe, qui plus est. L’avant-match s’était plutôt bien passé, seulement une trentaine d’interpellations au sortir de maigres échauffourées. L’avant-avant-match s’était même très bien passé, avec une trêve presque pascale entre les deux présidents Diouf et Blayau, qui se serraient la main, le sourire forcé, qui échangeaient les maillots et en venaient même à jurer leurs grands dieux qu’il n’y avait jamais vraiment eu de rivalité entre les deux clubs.

Messieurs Diouf et Blayau n’inventent d’ailleurs là rien, puisque deux journalistes étaient venus en 2004 déjà étayer cette thèse, Daniel Riolo et Jean-François Peres, qui, dans un livre intitulé PSG-OM, les meilleurs ennemis, enquête sur une rivalité, montraient preuves à l’appui que la mayonnaise avait été montée par les deux présidents d’alors, eux, de vrais aigles, Tapie d’un côté et Denisot de l’autre, qui souhaitaient offrir au championnat un vrai duel saignant, une sorte de Milan-Inter français, de Barça- Real hexagonal, de Rangers-Celtic... laïque. Un duel pourri, truffé de coups tordus et sans le moindre esprit sportif. Ce qu’on appelle « le match de l’année », à la télé. Et c’est la télévision, Canal+ bien sûr, qui tirera le plus parti de ce vrai faux antagonisme-là. Mais aujourd’hui, donc, fini Nanard et ses envolées lyriques, fini Di Meco et ses tacles à la gorge, aujourd’hui et toute la semaine dernière, avant l’affrontement en finale des deux prétendus rivaux, les présidents avaient décidé d’éteindre tout début d’incendie.

A carreaux, ils se tiendraient, à carreaux ils se sont tenus. Côté terrain, ça fait quelques années qu’on n’assiste plus à des bagarres de trottoirs entre les deux clubs. Le PSG vient assez régulièrement à bout de l’OM, qui n’a plus, depuis dix ans, d’équipe vraiment compétitive pour les premières places. Quand on compte dans ses rangs défensifs un jeune homme de l’envergure de Taiwo, on ne peut prétendre au mieux qu’à la médaille du perdant. Donc, vint samedi soir, la finale, la présentation au président Chirac des équipes, la Marseillaise, les chants dans les virages, l’erreur de Taiwo, le but de Kalou, l’énorme faute de Mendy, je résume, qui détruit Pagis dans la surface sans que l’arbitre ne siffle rien, et la mi-temps qui arrive sur ce score logique de 1 à 0 pour un PSG qui n’a pas eu à s’employer. Et puis... et puis le reste, c’est hors caméra, c’est dans les vestiaires et leur couloir, et c’est Sylvain Armand, défenseur parisien honnête, qui nous le raconte : « On savait qu’il ne fallait pas péter les plombs et finir le match à onze. On savait aussi qu’Anigo allait foutre le bordel et il l’a foutu à la mi-temps. » Ca, c’est du OM-PSG ! En fait, comme le raconte L’Equipe dans son édition d’hier, Bernard Mendy, l’inénarrable et très limité balle au pied défenseur parisien, a voulu prendre des nouvelles de Pagis qu’il avait blessé lors de l’action sus-citée, mais Pagis, vexé, agacé et surtout bien blessé (on parle même d’une rupture des ligaments croisés du genou) a envoyé balader Mendy. Du coup, ce dernier insulte le Marseillais, le ton monte, et José Anigo arrive sur ces entrefaits pour insulter à son tour Mendy.

Quand il faut en rajouter en matière de mots plutôt gros, Anigo n’est jamais très loin. Alors Yepes, Colombien hargneux mais doué, se joint à la messe et éructe à son tour quelques compliments à l’adresse des Marseillais. Bousculade, petite mêlée, mais tout, finalement, d’après Guy Lacombe (le coach parisien) rentre dans l’ordre, grâce à la volonté (toujours selon Lacombe) exprimée par les Parisiens « d’être ensemble contre des gens qui avaient envie de faire autre chose que du football. » Anigo, lui, a sa version, évidemment : « Il y a effectivement eu souci entre Mickaël et Mendy. Certains joueurs se sont un peu attrapés entre eux. Moi j’y suis allé pour les séparer. Yepes est alors arrivé et m’a mal parlé. Je l’ai envoyé sur les roses, et ça s’est arrêté là en ce qui me concerne. » Il nie donc avoir « foutu la merde » comme Armand le prétend. « Je suis surpris d’entendre Sylvain Armand raconter des choses comme celles-là. Je ne vois pas, d’ailleurs, comment il aurait fait pour me reconnaître. Quand il nous croise, Armand, il regarde ses pompes. » Du Anigo dans le texte. Le côté « il connaît pas Raoul » de l’OM. Le soupçon de poésie qu’il a toujours fallu, de tout temps, dans ce club hors norme.

Un club dont l’international gardien, Fabien Barthez, n’est pas allé chercher sa médaille de finaliste malheureux (oui, au fait, pour la petite histoire, l’OM a perdu 2 buts à 1, deuxième but de Dhorasso, monsieur un-but-par-saison), Barthez donc, privé de protocole, la faute à « une envie pressante », déclare-t-il à L’Equipe ! Là encore, une histoire à la marseillaise. Il y a eu aussi Ribéry, meilleur joueur français du championnat, pris à partie à son retour à Marseille par un « élément isolé », comme le qualifie le journal, qui l’a un peu chahuté, devant toute sa famille, beaux-parents et enfants compris... Mais « il ne faut pas créer de problèmes où il n’y en a pas », déclare Pape Diouf, au sujet de cet incident. Pape Diouf, le président du directoire des phrases toute faites. Des problèmes, peut-être pas, mais au moins des histories, des histoires à remplir le Vieux Port, des histoires à la PSG-OM, duel inventé ou non, mais qui reste un cas à part dans notre football, un instant si ce n’est magique, du moins souvent très peu ordinaire du calendrier. Vivement la saison prochaine !

Lilian Massoulier


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8 réactions à cet article    


  • c florian (---.---.162.39) 3 mai 2006 10:59

    il fallait bien trouver une petite histoire pour entretenir la gueguere. en gros un joueur a envoyé ch... un autre qui l’avait blessé quelques minutes auparavant, le privant d’une bonne partie de la finale et de la fin du championnat. quelques noms d’oiseaux s’échangent entre les deux et quelques autres se mélent à l’histoire par solidarité (dans un groupe on défend son collégue avant de réfléchir). rien d’exceptionnel en somme.

    moi j’étais au stade de france et je retiens plutot qu’il n’y a eu aucun incident malgré 40000 personnes en zone neutre avec des marseillais et des parisiens, un match moyen sans geste déplacé, une bonne ambiance malgré un stade froid. si il y a des choses à pointer du doigt pour moi, ce n’est pas une altercation entre des adversaires tendus par l’événement, mais la diffusion de ralentis au début du match (tout le monde a pu revoir la faute de mendy dans la surface), le manque d’organisation pour les spectateurs en zone neutre, la fouille superficielle de ces mêmes spectateurs.

    même chirac ne s’est pas fait siffler, preuve du bon esprit à l’intérieur du stade.


    • Ludovic Charpentier (---.---.68.100) 3 mai 2006 11:46

      « l’énorme faute de Mendy, je résume, qui détruit Pagis dans la surface sans que l’arbitre ne siffle rien, »

      « tout le monde a vu le faute de Mendy dans la surface »

      Ben, tout le monde sauf les commentateurs alors. J’ai vu le match sur TF one et ni Larqué, ni Gilardi ne se sont apesantis sur cette intervention ’virile’, où on peut critiquer un jeu dangereux éventuellement nécessitant coup franc indirect, mais de là à penser que Mendy soit intervenu plus pour détruire Pagis que pour sauver son camp d’un but certain...

      Enfin, j’étais sûr que les supporters de l’OM gueuleraient là-dessus plus que sur le tacle de bûcheron d’Oruma smiley.

      Sinon, Dhorassoo, c’est peut-être monsieur ’1 but par saison’ mais il a rentabilisé son transfert en un but... tout comme Taiwo, à l’origine de plusieurs buts importants sur ses coups francs monstrueux (face à La Corogne, à Rennes en demi-finale...) et qui pour l’auteur se retrouve coupable de tous les vices sur une erreur (ou plutôt une intervention remarquable de Cissé)... Et après, on critique la versatilité d’un supporter vis à vis de Ribery... tsss, tsss...


    • c florian (---.---.162.39) 3 mai 2006 12:15

      sur l’action de mendy, pour moi il y a faute car sa semelle est à la hauteur de la poitrine de pagis et il lui rentre dedans sans avoir éfleurer la balle. aprés dire si il y a pénalti ou coup franc indirect ? selon JM larqué, les seuls coups francs indirects dans la surface, c’est pour les passes en retrait au gardien. personnellement, sans etre arbitre, je pensais qu’un jeu dangereux, même dans la surface, c’était coup franc indirect. remarque on a peut etre évité un mort si c’est taiwo qui tirait ! mais bon je ne pense pas que mendy avait de mauvaises intentions, c’est juste du bernard mendy. oruma il aurait pu prendre un carton rouge (tout comme cana peut etre bien que je n’ai pas revu les images), mais ça n’aurait pas beaucoup changer le match vu son apport. de toute façon l’arbitre n’a pas ete bon, dans la continuité du championnat et des matchs de league des champions, esperons que les hommes en noir se reservent pour le mondial.

      pour dhorasso, j’espere juste que domenech ne se basera pas que sur ce but pour faire son choix.


    • Ludovic Charpentier (---.---.68.98) 3 mai 2006 12:51

      Ben, même sans ce but, Domenech aurait sélectionné Dhorassoo... Va savoir, c’est peut-être son fils illégitime... (parce qu’à ce niveau-là, c’est plus que de l’amour). Remarques, s’il ne marque que pour les grandes occasions, il peut toujours le laisser sur le banc et ne le titulariser qu’en cas de finale du mondial...

      Le jeu dangereux, c’est, selon l’évangile du foot par Thierry Roland, coup franc indirect, même dans la surface, et non pénalty. En l’occurrence, Mendy (qui est assez bourrin comme joueur, je te l’accorde, avec Yepes, c’est la double lame du PSG) me semble bien avoir voulu faire opposition avec son corps. Sa seule erreur est de s’être jeté pied en avant et ainsi de taper le genou de Pagis qui avait amorcé sa reprise de volée, il ne me semble pas qu’il y ait eu une intention de blesser de sa part (c’est un mec gentil qui ne sait pas tacler...). L’arbitre a été il est vrai en revanche très laxiste, on se serait cru dans le championnat anglais... Bon, on ne va pas non plus faire que critiquer cette finale, il y a quand même eu trois beaux buts, on ne va pas cracher dessus...


    • SmeagolGollum (---.---.86.1) 3 mai 2006 16:29

      Petit complément à ton intervention :

      Je suis arrivé au stade par le côté parisien (rer B) et à proximité du stade, une bagarre a éclaté entre bandes rivales du psg, les CRS étant aussi sur place. J’ai contourné l’« émeute » pour traverser la longueur du stade pour aller rejoindre ma place, mais c’était vraiment pas rassurant de voir ça à 10m de soi...

      Sinon, je comfirme : rien à signaler de négatif une fois dans le stade. Les tribunes neutres étaient mixtes (pour info, avec une très forte tendance de marseillais apparemment), et le ton n’est jamais monté dans ce que j’ai vu. Si ce n’est un « petit vieux monsieur » (apparemment parisien d’après l’accent) qui, pour l’anecdote, était aigri de ne pas pouvoir regarder son match assis alors que toute la tribune « neutre de marseillais » regardait le match debout ! :D


    • c florian (---.---.200.77) 3 mai 2006 18:01

      c’est sur que séparer les parisiens entre eux est plutot difficile. il fallait bien séparer boulogne et auteuil.

      les gens qui vont au stade et rale parce que les gens se lévent ça me fait toujours rire. bientot ils vont se plaindre du bruit. le petit vieux doit etre un habitué du stade de france, un stade sans vie. c’est tellement mieux quand un stade vibre et que les spectateurs vivent le match.


    • SmeagolGollum (---.---.86.1) 4 mai 2006 10:39

      Oui, c’est clair, c’est ce qui fait la différence entre les stades aux ambiances mornes et les stades vivants. Le simple fait d’être debout change toute l’approche du match.


    • Cyrielle (---.---.16.46) 3 mai 2006 15:23

      Bonjour,je ne comprend rien à ce truc !!!!!!!!!!!!!!!!!!  !!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!

      AU REVOIR

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