Müller et Kroos ont manqué
Paul le Poulpe ne se sera pas trompé et c’est un euphémisme tant l’Espagne a eu l’emprise sur cette demi-finale : ce sont les ibériques qui ont naturellement créé le jeu mais la surprise venait de ces allemands incapables de se montrer dangereux en contres, faute à une fraîcheur physique bien entamée contre l’Argentine et l’Angleterre et surtout, un manque cruel de soutien à droite : l’absence de Müller s’est fait grandement ressentir...
C’est Trochowski qui a eu la charge de faire oublier le prodige bavarois mais force fut de constater que le joueur d’Hambourg n’eut pas le même apport offensif que son cadet, ne disposant pas de la même inspiration, la même rapidité et la même lecture du jeu. La titularisation de Toni Kroos aurait été plus judicieuse, car à 20 ans, ce milieu latéral est annoncé comme la future star du football allemand, et sur ce qu’il a démontré en fin de match, il n’a pas volé ce statut. L’Allemagne avait besoin de son génie, même en maturation. Prêté cette saison à Leverkusen où il a inscrit dix buts et s’est imposé comme un redoutable tireur de coup de pieds arrêtés, Kroos foulera l’an prochain les pelouses de l’Allianz Arena.
Il a manqué un grain de folie
Face à une équipe espagnole beaucoup plus dangereuse que ses cousins argentins, les allemands furent plus rigoureux dans leur positionnement, sans ce grain de folie de football total qui les habita contre l’Albiceleste. A la peine quand il s’agissait de trouver des solutions, les hommes de Joachim Löw ont du faire face au pressing implacable des espagnols. En première mi-temps, malgré la domination de la Roja, la défense allemande a bien tenu le coup, ce grâce à un Friedrich impérial.
Le danger est principalement venu de Pedro, le jeune ailier catalan qui a remplacé Fernando Torres dans le onze de départ a enrhumé les allemands mais trop individualiste, il a manqué une balle de match juste avant son remplacement. C’est Carlos Puyol qui fit craquer le verrou allemand (72") d’une tête puissante venue crucifier Neuer. 1-0, on sent que le match est plié. L’Allemagne se rue tête baissée devant mais s’expose aux contres : c’est un casse-tête dont la Mannschaft ne trouvera jamais la solution.
Rendez-vous pris en 2012 ?
Pas de quatrième étoile pour l’Allemagne qui tentera d’offrir à Klose, samedi contre l’Uruguay lors de la petite finale, un doublé qui permettrait au bavarois de devenir le meilleur réalisateur de l’histoire de la coupe du monde. Un final en beauté pour Miroslav Klöse, ce renard de surfaces qui nous aura tant fait vibrer mais force d’avouer qu’il n’aura jamais ramené à Berlin le moindre trophée : on en pleurerait...
On attendait le Portugal, l’Argentine, l’Espagne et la Hollande pour animer ce mondial sud-africain mais ce sont les allemands qui ont pris l’animation à leur charge. Cette revanche de la finale de l’Euro 2008 était le théâtre d’une étrange inversion des rôles : cette fois, les roublards réalistes et chanceux étaient espagnols. La beauté était allemande. On aurait aimé vivre une autre revanche, celle de la finale du mondial 1974, opposant l’Allemagne aux Pays-Bas. Il faudra repasser. Ou plutôt attendre. Attendre l’Euro 2012 où la génération des Kroos, Müller, Özil, Badsturber aura bien muri. Et gagnera, c’est certain.

| Don défiscalisé 10€ ou plus |
|
Obtenez une réduction fiscale de 66% avec un e-reçu. Un don de 10 € ne vous coûte que 3€40.
|
Grâce à votre aide, AgoraVox peut continuer à publier plus de 1000 articles par mois. En donnant à la Fondation AgoraVox, vous offrez un soutien à la liberté d'expression et d'information.
Pour réagir, identifiez-vous avec votre login / mot de passe, en haut à droite de cette page
Si vous n'avez pas de login / mot de passe, vous devez vous inscrire ici.
Bon allez, quand même, histoire de ne pas passer pour un gros con encore plus, je m’en (...)
09/07 01:36 - ΤυφῶνJe doute fortement que l’Espagne mette trois buts à la Hollande, et quand bien même, (...)
09/07 01:17 - Τυφῶν« L’Afrique commence aux Pyrénées » (Alexandre Dumas) Typhon
09/07 01:15 - ΤυφῶνEt c’est là que je m’aperçois comme un couillon que moi aussi j’ai fait une (...)
09/07 01:12 - ΤυφῶνLa domination et la possession de balle, ça ne veut strictement rien dire. Oui, les espagnols (...)
09/07 01:11 - anti-oligarchieJe n’ai jamais vu autant de bile et de vomi déverser sur l’équipe d’Espagne (...)
09/07 01:11 - Tetsuko Yorimasa
Pierre Lescure chante le rock
Taddeï l’anticonformiste, de Dieudonné à Chomsky
Violence des jeunes : vrai ou faux problème ?
Akhenaton : rap, religion et politique
Coline Serreau, la belle verte