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Accueil du site > Culture & Loisirs > Sports > Roland-Garros : le choix du compromis

Roland-Garros : le choix du compromis

Roland-Garros restera à Paris. L'espace réduit, les projets concurrents ambitieux et la montée au créneau des écologistes et riverains parisiens n'auront pas eu raison du site historique du tournoi. La Fédération Française de Tennis a voté à la majorité (deux tiers des votes) le maintien du tournoi dans la capitale, un compromis entre histoire et modernisme.

Tout ça pour ça serait-on tenté de penser après le verdict des votes de la Fédération Française de Tennis. Roland-Garros se voit donc maintenu à Paris sur le site qui était le plus petit des quatre projets en concurrence. Comme souvent dans notre pays, c'est le choix du compromis qui a été privilégié. 

La fin de la concession prévue pour 2015 avait donné une occasion historique de bâtir un Roland-Garros moderne, plus adapté aux exigences sportives du XXIème siècle. Par le passé, les australiens n'avaient pas hésité à délocaliser le tournoi de Kooyong vers Melbourne, en proie à l'époque aux même problèmes que la FFT aujourd'hui. 

Ce qui était principalement reproché aux trois autres projets était leur coût (environ 550 millions d'euros contre 235 pour l'agrandissement à Paris) et l'éloignement du centre de Paris. Au-delà de ces paramètres, le critère historique a pesé dans le choix du site, à l'image d'un pays plus conservateur qu'il ne veut le laisser paraître. 

Une décision loin de faire l'unanimité

Néanmoins, cette décision est lourde de conséquence et n'est pas sans poser un grand nombre de problèmes : 

- un choix à "court terme" : une fois agrandit, le site atteindra sa capacité maximale. Autrement dit, si des nouvelles contraintes logistiques se présentent dans quinze ou vingt ans, les organisateurs n'auront pas de solution d'agrandissement à proposer. Or il est légitime de penser que le sport, qui a pris depuis une vingtaine d'années une place croissante dans l'économie d'un pays, imposera des exigences plus grandes à un tournoi aussi important que Roland-Garros. 

- les conditions d'accès au site. L'agrandissement du site engendrera une hausse de la fréquentation de 5 à 6000 personnes. Actuellement, le stationnement aux alentours du stade est très compliqué, les conditions de circulation à Paris vont se durcir et l'usage du métro ne se fera pas sans heurts. 

- pas de session de nuit. C'est le point noir sportif du projet. Contrairement à l'Open d'Australie ou à l'US Open, Roland-Garros ne pourra pas organiser de session nocturne car la couverture du court Philippe Chatrier ne sera adaptée que pour la pluie. Une situation difficile à comprendre pour certains sportifs comme Amélie Mauresmo. En effet, les sessions de nuit offrent une dimension supplémentaire à un tournoi et permettent, en outre, une couverture médiatique internationale plus importante. 

- la fronde des riverains. Depuis longtemps, les riverains sont opposés à l'extension du site et sont même, dans leur majorité, favorable à la délocalisation du site. Cette opposition est renforcée par la présence des écologistes à la Mairie de Paris. Ceux-ci se sont fortement mobilisés contre l'extension du site et, malgré la décision, ne comptent pas en rester là. Agnès Popelin, secrétaire générale d'Ile-de-France Environnement a même annoncé que le projet était mort-né et fera usage de tous les recours juridiques possibles pour bloquer le projet. 

L'histoire n'est plus un critère suffisant

Face à ces problèmes, le projet élu avait reçu le soutien de joueurs de tennis emblématiques tels que Rafael Nadal, Roger Federer ou Yannick Noah, évoquant le caractère historique du site, pointant sans le vouloir du doigt la complexité de la société française, balancée entre un conservatisme puissant mais silencieux et un modernisme prudent mais réel.

Le choix du maintien du site est pourtant dangereux car il est utopique de croire que l'histoire du tournoi pourrait à elle seule repousser des réalités économiques et concurrentielles. Plusieurs pays, notamment l'Espagne, se sont déclarés très intéressés pour organiser le tournoi du Grand Chelem sur terre battue. Ion Tiriac, propriétaire du tournoi madrilène, avait même déclaré en 2010 que Roland-Garros était un tournoi du XIXème siècle, Madrid du XXIème siècle. Le modèle économique mondial actuel, brisant tous les critères moraux au profit de réalités économiques et financières, n'accorde que peu de considération à l'histoire de Roland Garros. La suffisance française à se croire intouchable sous ce prétexte-ci est dangereuse car elle pourrait conduire, à terme, à la délocalisation du tournoi au-delà de nos frontières... 


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7 réactions à cet article    


  • zelectron zelectron 15 février 2011 10:26

    Que d’argent gaspillé qui pourrait servir je ne sais pas, par exemple à l’éducation nationale ...


    • worf worf 15 février 2011 14:43

      mais d’où va venir les fonds : privés ? publics ? prêts de banque ?


    • TSS 15 février 2011 15:48

      quand tout va mal quoi de mieux que de promouvoir les jeux de toutes sortes(idem pour Annecy)cela permet de detourner les gens des vrais problemes !


      • Surya Surya 15 février 2011 17:37

        Et que vont devenir les serres d’Auteuil ? Les démolir (ou les déplacer) alors qu’elles sont tout aussi historiques, pour un tournoi qui dure deux semaines par an ? Je comprends l’opposition des riverains à ce projet d’agrandissement du site initial. Bizarre quand même qu’on dépense des millions pour la rénovations des serres du Jardin des Plantes, et qu’après ça la Ville de Paris ne soit pas dérangée à l’idée de démolir celles d’Auteuil. La logique m’échappe.

        D’un autre côté, que serait devenu le site initial en cas de délocalisation totale ? C’aurait été dommage de tout démolir, et là les raisons historiques sont justifiées. Le site historique serait donc resté, et il aurait servi à quoi ?
        De plus, les Australiens ont déménagé leur tournoi pour l’installer dans la 2ème ville du pays. Nous l’aurions déménagé pour l’installer assez loin de Paris tout de même.

        Si en plus vous dites que le problème risque de se poser à nouveau dans vingt ans... Alors pourquoi n’ont-ils pas choisi un super compromis consistant à laisser l’actuel Rolland Garros tel quel, continuer à utiliser le site, qui est là et à priori sera toujours là, et construire ailleurs des nouveaux courts hyper modernes avec par exemple un central adapté au sessions de nuit ? Ces courts pourraient servir par exemple pour les matches à partir des quarts ou demi finales. Ca aurait couté moins cher pour tout le monde, car effectivement qui va devoir payer ? et ça aurait également contenté tout le monde.


        • Renshaw Renshaw 15 février 2011 17:49

          C’est compliqué de créer deux sites pour un seul tournoi. Il y a quand même pas mal de contraintes (construction de courts, sécurité, vestiaires, zones d’accès, deux organisations = multiplication des problèmes...). 


          Je suppose que le problème va se représenter dans 20 ans car le sport évolue aujourd’hui à une vitesse telle qu’il est demandé sans arrêt aux Fédérations et pays de moderniser leurs infrastructures, on le voit dans le football, en Formule 1 et même en tennis où Wimbledon et l’Open d’Australie vont encore moderniser leur site dans les prochaines années. 

          Pour ce qui est du remplacement, il y aurait sans doute eu soit un parc aménagé, soit, le plus probable, la construction de nouveaux immeubles d’habitation. L’espace mobilisé est quand même immense (13,5 ha).

          Néanmoins, les riverains et les écologistes vont utiliser tous les recours juridiques possibles pour faire échouer le projet. L’affaire n’est peut-être pas encore finie... smiley


        • Surya Surya 15 février 2011 18:06

          C’est vrai que c’est pas évident de créer deux sites différents, mais ça se fait pour les jeux Olympiques, et si vraiment le problème se repose dans vingt ans, alors tant pis pour eux. Ils se gratteront la tête en se demandant comment s’enlever cette nouvelle épine du pied, et pourquoi ils n’ont pas pensé à plus long terme. Affaire à suivre, donc.

          Pour ma part, tout ça ne me gêne qu’en tant que contribuable, car le tournoi, je le regarde confortablement installée devant la télé, je suis sûre que je suis beaucoup mieux là que tout en haut des tribunes d’un court central. smiley Je me suis d’ailleurs toujours demandée comment le public arrivait à voir la balle quand elle est fausse !

          Juste une petite erreur, Renshaw, la superficie actuelle est de 8, 5 ha, c’est après l’agrandissement qu’elle passera à 13,5 ha. Mais 8, 5 ha de logements supplémentaires, c’est déjà pas mal ! Et en plus la préservation des serres. On manque déjà cruellement d’espaces verts à Paris, alors ayez pitié de nous !! smiley


        • LE CHAT LE CHAT 15 février 2011 23:04

          il fallait construire tout ça à Genève au frais des helvètes , ils y crèchent tous en Suisse pour pas payer d’impôts !  smiley

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