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Roland Jourdain : double alizé gagnant

Roland Jourdain
En remportant dimanche 14 novembre pour la seconde fois consécutive, La Route du Rhum-La Banque Postale dans la catégorie des monocoques 60 pieds sur Veolia Environnement, Roland Jourdain alias « Bilou » prouve qu’à 46 ans, il est toujours l’une des figures de proue de la course au large. Pratiquement en tête pendant toute la course, il a su tenir en respect ses dangereux poursuivants (Armel Le Cleac’h et Marc Guillemot) avec un bateau déjà ancien et spécialement loué pour la course. Rencontre avec un navigateur au grand cœur. 
 
Roland Jourdain est un marin comme on les aime. Sympathique, hâbleur et bien sûr bourlingueur, il ne passe pas sa vie dans les salles de musculation, mais préfère pour maintenir sa forme fendre du bois en famille dans sa maison de Quimper ou affronter les vagues de la mer d’Iroise solidement campé sur une planche de surf. « Je me suis associé avec un préparateur sportif pour peaufiner quelques détails et rester dans le coup passé 45 ans. Chacun a ses préparations qui allient le physique et le mental, même si une bonne partie de l’entrainement se fait avant tout sur l’eau » explique le marin.
 
En remportant pour la seconde fois consécutive la plus belle des transatlantiques en solitaire, le Finistérien qui n’avait rien gagné depuis 2006, s’impose comme l’un des plus grands skippers de sa génération dans la catégorie des monocoques 60 pieds. « J’étais heureux en 2000 de partir sur le Vendée Globe dans la catégorie Imoca, parce qu’il y avait une belle dynamique sportive à construire et que les bateaux me paraissaient très sains. Cette série qui regroupe de grands noms de la voile est aujourd’hui une grande réussite internationale. Mais cela ne m’empêchera pas d’entamer la saison prochaine sur trois coques » confie t-il après cette éclatante victoire qui conclut de la plus belle des manières dix années d’engagement total en monocoque. 
DEFIS OCEANIQUES
 
En bouclant sa traversée en 13 jours, 17 heures, 10 minutes et 56 secondes, à la moyenne de 12,02 nœuds, le navigateur bigouden n’est pas descendu en dessous de son temps de référence de 2006 qui était de 12 jours et 11 heures. Mais ce magnifique régatier à la personnalité si attachante qui a couru indistinctement en monocoque et en multicoque en solitaire et en équipage, a su surtout prouver qu’il était capable de défendre son titre pendant dix jours consécutifs face à une meute de dangereux poursuivants, Armel Le Cléac’h (Brit Air), Marc Guillemot (Safran), Jean-Pierre Dick (Vibrac Paprec 3) ou Vincent Riou (PRB). « Veolia Environnement est l’ancien bateau de Sébastien Josse (BT) que j’ai spécialement loué pour partir sur la Route du Rhum-La Banque Postale. Je l’ai récupéré au mois d’avril et je dois dire que je me suis plus adapté à la bête que l’inverse. C’est un plan Farr qui a de bonnes capacités à remonter contre le vent aux allures portantes mais je savais également qu’il aurait des trous de vitesse par rapport à la jeune génération. Après, il y a un océan à traverser et c’est parfois aussi l’expérience qui parle... » rappelle t-il simplement. 
 
Il y a quatre ans, le contournement de la Guadeloupe avec un Jean Le Cam (VM Matériaux) déchainé qui revenait avec du vent par derrière avait eu pour Roland Jourdain un faux air d’ultime parcours du combattant. 
Roland Jourdain
« Avec le petit matelas d’écart que j’avais sur Armel et les autres, ça m’a permis de vivre ma fin de course intensément. Je pense toujours que la victoire ne peut pas se jouer entre Basse-Terre et l’arrivée. Aujourd’hui avec du recul, je me dis que quand ça passe c’est tout de même merveilleux, et que je fais le plus beau métier du monde ». De retour en Bretagne après quelques nuits de liesse guadeloupéenne collective, notre Bilou de mer aura à cœur de reprendre ses activités de plein air et de relever avec son équipe les nouveaux défis océaniques qui l’attendent. Nul doute qu’il ira poser son sac du côté de Concarneau, à quelques brasses de Port-la-Forêt et de sa légendaire vallée de merveilleux fous voguant qui s’embarquent régulièrement à bord de leurs drôles de machines. « C’est vrai que j’ai eu l’occasion de voyager et de me poser ailleurs. Mais malgré tout, la Bretagne, ce sont mes racines. J’aime ses côtes, ses saisons, quand il fait chaud et quand il fait froid. Et tout cela, c’est profondément ancré en moi ».

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