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Accueil du site > Culture & Loisirs > Voyages > 4 : Rendez-vous avec l’Histoire !

4 : Rendez-vous avec l’Histoire !

Orléans – Nevers – Orléans

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Le voyage de l'Insolite

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Après le pique-nique offert par notre ami Alain de Cosnes, nous n'avions qu'une hâte, rentrer en Loire. Il fallait tailler la route et espérer ne plus attendre aux écluses, aller de saut de puce en saut de puce et ne plus perdre de temps dans les manœuvres. Nous n'avions que peu de temps devant nous et encore un chemin bien monotone.

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Malheureusement, à l 'écluse suivante, nos diverses tergiversations gourmandes ou mécaniques se payèrent cash. Nous devions attendre un magnifique bateau de loisir en rapatriement ! L'attente ne fut pas très longue et pendant quelques écluses, nous partageâmes nos descentes de niveau en sa compagnie. Le contraste était saisissant entre nos deux embarcations.

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Bien vite, les passagers tout confort nous plaignirent. Ils avaient chauffage et électricité et nous, nous voyagions de manière spartiate, à l'ancienne dirait Bibi. Nos chemins divergèrent bientôt. Eux poursuivaient par le canal moderne et passeraient par-dessus la Loire, sur le pont canal de monsieur Eiffel. Nous, nous avions rendez-vous avec l'histoire et l'émotion.

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Nous bifurquâmes sur le vieux canal Henry IV. Nous changions d'époque et de décor. Nous comprîmes bien vite que rien n'était plus pareil en ce lieu encore chargé des échos du passé, d'une époque glorieuse pour la marine de Loire. Les couleurs de l'automne, la végétation qui gagne sur une voie d'eau rarement empruntée nous offraient merveilleux environnement.

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Les écluses étaient plus étroites, plus jolies aussi. Nous devinions le bonheur des deux éclusiers de réveiller pour l'occasion des installations en sommeil. Ils avaient accepté de nous laisser le passage alors que nous aurions dû prévenir à l'avance de notre venue. Eux aussi étaient à la fête et nous ne les remercierons jamais assez.

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Nous progressions déjà dans un décor enchanteur et pourtant nous allions recevoir un coup de poing au cœur. Nous étions à Mantelot. Quel lieu magnifique ! Lae gare à bateaux, ce vaste espace d'eau qui autrefois était coiffé par la halle aujourd'hui transférée à Chateauneuf-sur-Loire. Nous imaginions à quel point ce devait alors être splendide avec ce splendide bâtiment métallique immense et majestueux …

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Les visiteurs, les curieux se pressèrent alors près de la dernière écluse. Eux aussi étaient de la fête. Ils allaient assister à ce moment rare de l'entrée en Loire d'un bateau venant du canal. La descente était particulièrement importante. Sur notre toue : « L'Insolite », nous étions deux à avoir les yeux écarquillés. C'était notre premier passage, un baptême marinier en quelque sorte !

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Nous avions les larmes aux yeux. Ce passage est si chargé d'histoire et de drames. C'est le témoin d'un passé glorieux, d'une épopée qui durant quatre cents ans a mis aux prises des mariniers et la rivière ( Fleuve ne convient guère à notre dame Liger). Nous passions de la mollesse tranquille du canal au mystère tumultueux d'un flot jamais identique, toujours à apprivoiser, à mériter avec respect et humilité.

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Les mots me manquent pour décrire ce moment qui ne peut que se vivre. Il y avait de la magie dans ce qui était pour nous une lucarne ouverte sur le passé. Pourtant, dans notre désir de Loire, nous manquâmes de cette humilité qui sied au marinier raisonnable. Nous voulions absolument naviguer sur la Loire et nous convainquîmes un Bibi fortement récalcitrant de pousser jusqu'à Gien, malgré l'heure tardive.

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La Loire ne se donne pas, elle se prête de mauvaise grâce et fait toujours payer les folies ou les choix déraisonnables. Il était bientôt 18 heures 30, la nuit tombait, nous allions naviguer à l'aveugle pour satisfaire les caprices de deux empressés. C'était absurde d'autant que devant nous se présenteraient deux obstacles majeurs : la passe de Saint-Firmin et le Gué D'argent.

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La fortune sourit parfois aux inconscients. Nous passâmes sans encombre mais pas sans alarme ces deux endroits si redoutés des mariniers d'alors. Nous étions dans le noir, le froid, la crainte de percuter des rochers, de briser notre moteur. Nous allions très lentement, la tension montait sur le bateau. Bibi se montrait très pinçant avec ces deux moussaillons qui l'avaient entraîné dans cette galère.

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Puis, ce furent les lumières de Gien, l'arrivée au port, le flot tumultueux sous le vieux pont de Gien. La quatrième arche et ses vagues agitées. L'accostage à contre-courant et l'amarrage dans l'obscurité. Nous avions réussi mais avions compris qu'il ne faut jamais se croire plus fort que la Loire. Nous avions froid, nous avions faim et nous savions qu'à Gien, il y avait sûrement vieux loups de Loire pour nous entraîner en bordée marinière. Cela ne manqua pas et vous en saurez d'avantage dans notre prochain épisode.

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Historiquement vôtre.


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2 réactions à cet article    


  • Brontau 15 novembre 2012 16:46

    Bonsoir Nabum.

    Finalement la linéarité de vos étroits canaux, peu fréquentés mais remplis d’histoire(s) et de souvenirs, tout comme la sinuosité de nos petits chemins de campagne gascons, constituent un merveilleux vivier pour combler nos désirs d’école buissonnière et nos besoins de ressourcement. Personnellement je ne navigue pas, je pédale… lentement ! Et souvent en bordure de rivière ou de ruisseau, voire de mon -unique- canal gersois, perpétuellement masqués par le relief ou la végétation, mais quelle récompense, quel éblouissement quand surgit le miroitement de l’onde au sommet d’une côte ou au détour d’une courbe.


    • C'est Nabum C’est Nabum 15 novembre 2012 17:49

      Brontau


      Dans votre commentaire je devine l’âme d’un épicurien et je n’en suis pas surpris de la part d’un ami du Gers, ce si beau département.
      Bons chemins l’amis, au détour d’une courbe l’aventure est toujours possible. Une belle rencontre, un paysage magnifique, un instant d’histoire ....

      Pourquoi sont-ils si nombreux à partir fort loin quand tout près de nous, il y a des merveilles !

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