• AgoraVox sur Twitter
  • RSS
  • Agoravox TV
  • Agoravox Mobile

Accueil du site > Culture & Loisirs > Voyages > Carnet de route. Thaïlande1. Départ et dépendances

Carnet de route. Thaïlande1. Départ et dépendances

 J’ai snobé l’Asie toute ma vie. Pourquoi ? Est-ce parce que dans mon inconscient, Indochine, Vietnam, Laos, Cambodge étaient des noms de guerre ? Est-ce parce qu’« Asie », phonétiquement, ne me plaît pas ? Trop bref. Pas mélodieux. (Les raisons les plus profondes sont souvent les plus creuses.) Mais l’an dernier, j’ai adoré la Chine au hasard d‘un voyage feuilleté au hasard. Et depuis j’ai rejoint la cohorte des victimes inconditionnelles de la douceur asiatique.

Adieu la France, pays de grognons !

Cette année : la Thaïlande.

Là aussi, ce nom « Thaïlande » a besoin d’un sacré coup d’éponge. Sur le tableau de notre imaginaire effaçons  Pattaya, les Mitterrand en goguette, cette putasserie voyeuse qui sous dehors d’enquête veut exciter et dire : « Allez-y, occidentaux en mal de baise !! » L’occident ! Le nom viendrait-il du verbe « occire ? » J’appartiens à une sale race, en fait…

Ce matin je suis sur une terrasse face à la rivière Kwaï. Le pont de la rivière Kwaï à Kanchanaburi ! J’y suis ! Je rejoins le mythe ! Est-il possible que je sois entrée dans le film ? Une image me revient : William Holden a échappé à l’enfer et il y retourne pour sa fameuse mission. Il jaillit dans une jungle jacassante.

Thaïlande, Go !

 

Partir, c’est mourir un peu…

Beaucoup si l’on s’en tient aux préparatifs de voyage que certains maîtrisent admirablement et d’autres pas du tout ! (Moi.) Ce n’est rien de partir, il faut organiser la survie de ceux qui restent : les plantes, les chats, les chiens, les poissons, les mémés, les amis, les dernières lettres à poster, l’ultime recommandé de la dernière prune. Quand je pars, quand la voiture démarre, j’ai des sueurs froides. L’argent ? Le passeport ? L’anti-moustique ? On a toujours l’impression que l’on part pour une jungle sans boutiques. Hélas,non !

Lors de mon départ en Chine, l’an dernier, habillée de pied en cap, la valise à la main, je me suis aperçue, terreur, que le pot d’arrosage au pied de l’eucalyptus était bloqué ! Trois semaines sans eau pour cette grande asperge que je retrouverai avec un air de balai chiotte, non ! Je me penche sur cet arroseur que je titille, jusqu’à ce que, surexcité, il m’explose à la tête me transformant en naïade de la fontaine de Trevi ! A vingt minutes du départ, bravo ! La valise s’est pris aussi quelques coups de jet ! Enfin, l’eau porte bonheur !

Cette année, aucun malheur, ce qui me permet de triompher de Blanche, ma belle-fille, qui nonobstant son sens aigu de l’organisation, est passée à deux doigts du crash total.

 Blanche c’est le genre de nana qui commence à repasser son linge trois semaines avant le départ, qui range matière par matière, couleur par couleur, qui a mis tous ses produits de beauté dans de petits tubes, qui a stabilobosé son guide, abondamment nourri de petits index selon les spots, les prix, les centres d’intérêts, que sais-je encore.

Elle me téléphone : « Et toi, tu es prête ? « 

En ce qui me concerne, quand je pars en voyage, je ne peux faire ma valise qu’une heure avant le départ. C’est une punition d’une vie antérieure. C’est comme ça. Je range le froissé avec le froissé car tout sort de la machine à sécher. Heureusement, le chat se couche sur tout et l’aplatit. Il veut partir avec moi ! Je le laisse ronronner et se faire des rêves le temps de trouver une dernière rallonge introuvable…

Blanche est même allée jusqu’à photocopier son passeport au cas où... Et là…Hihihihi !!!!

Le dimanche, vers dix-sept heures, au moment où elle range un dernier mouchoir dans ce qui est déjà rangé, elle s’aperçoit qu’elle n’a pas…son passeport !!!!!!

Je passe sur ces instants à la Sherlock Holmes où l’on remonte tous les indices : elle se souvient qu’elle a oublié son passeport à la poste de C… où elle était allée le photocopier !!Hé oui, les saints les plus admirables sont parfois sujets à faiblesses ! Or le lundi matin elle part à 9h 35 de Roissy. Hihihihi !!!

Et c’est là que ma Blanchounette se révèle dans toute sa splendeur ! Car peu importe la faute si tu la répares ! A sept heures un copain vient la chercher en moto. (En Harley Davidson, précisons. Si l’épisode est tourné...) A huit heures ils sont à la poste. Le passeport est là avec une cinquantaine d’autres. Oublier son passeport dans une photocopieuse est semble-t-il un acte commun. Tu es tellement étonné que la photocopieuse marche que tu t’en vas ravi en laissant tout ! Au même moment mon fils, amoureux de cette diablesse, lui porte sa valise à Roissy. La Harley Davidson arrive à 8h 30. Blanche saute sur sa valise cabine, saute sur la queue de deux cents mètres qui attend, expose son cas à la foule. (Elle est comédienne.) J’imagine le texte : « Oui, je suis une crétine mais laissez-moi passer ! » Tout le monde s’écarte comme les flots de la mer rouge devant Moïse car Blanche a les yeux bleus ce qui ne ne nuit jamais en cas de négociation dans les aéroports. Elle a enfin son vol !!!

Pendant ce temps, moi, cool Raoul , avec ma valise bourrée de linge froissé, j’embarque à Marseille pour Londres. Ce linge je le repasserai en Thaïlande ou jamais. Car généralement c’est ce qui se passe. Je pars avec du linge froissé que je ne repasse pas. Je m’achète des fringues neuves à trois baths six sous et le tour est joué….

Bon. Le voyage.

Nous avons pris des billets avec escale parce que c’est moins cher.

Blanche fait escale à Moscou et nous, ma fille son copain et moi, nous passons par Londres.

Le billet avec escale à Londres nous coûte six cents euros aller-retour. On économise 300 euros par rapport à un voyage direct. Ce qui signifie, en fait, que nous avons trois cents euros de shopping gratuit à Carnaby Street. Pas mal…

Je n’ai jamais mis les pieds à Londres. On arrive. Il a plu. Il va pleuvoir. Jusque là, rien que du prévisible. Mais dans le métro, un évènement merveilleux ! Un homme vivant est sur le quai pour renseigner les gens !!!! Comme nous courons pour attraper le train qui va de l’aéroport au centre ville, zut les portes se ferment !! C’est alors que cet homme vivant, dans un pays où pourtant, comme partout, on robotise, cet homme nous dit (c’est un homme qui parle encore) :

-Je vais vous annoncer une bonne nouvelle. Vous ne l’avez pas raté ! Il ne part que dans trois minutes ! Montez plus loin !

Il fait même de l’humour !! Je le regarde attentivement pour voir si ce n’est pas un robot de la Tyrell Corporation, issu de Blade Runner. Mais non !

Puis il nous explique gentiment où aller, que faire, que dire ! J’ai les larmes aux yeux. C’est tellement rare et tellement beau un humain qui dit des choses humaines à des humains !

Dans Londres, pour tout avouer, je suis très déçue par Buckingham Palace qui est posé sur du goudron rouge avec des grilles noir et or ! Oh ! La ! La ! Les Anglais ! Ca vous tuerait un peu de verdure ? Ah ! Non ce n’est pas Versailles ! Par contre j’adore le décor urbain, les cabs et les bus. Oui, c’est connu, je sais, mais quand on voit les choses en vrai pour la première fois, c’est comme entrer dans un livre d’images qu’on a feuilleté autrefois. Paris est nul en ce qui concerne les taxis. Dans toutes les villes du monde ça grouille de taxis colorés et nous, niet. Il paraît qu’en France ça ne se fait pas parce que quand les taxis vont en vacances chez leur belle-mère, ils ne veulent pas qu’on sache qu’ils sont taxis. Et comme ils se sont ruinés avant de commencer à rouler et comme une grève de taxi, ça fait mal, on reste les seuls à être vilains et gris ! En 2012, je vote pour celui qui nous offre des taxis et des bus fleuris ! Qu’on mette ça au concours auprès de tous les taggers ! Des taxis œuvre d’art ! Voilà un bon plan pour Paris !

Ce que j’adore aussi dans les cabs c’est leur petit salon à l’arrière. On peut s’asseoir face à face et déballer ces courses, bavarder. C’est cosy !

Le soir, London airport. Nous sommes arrivés à Gatwick, nous embarquons à Heathrow.

Je suis obligée de constater, une nouvelle fois, que Roissy est un des aéroports les plus moches de la planète. Certes, je ne les connais pas tous. Cela lui laisse une chance. Maigre. Plus gris, plus impersonnel. plus crade quand on regarde les verrières extérieures, difficile de faire mieux. Jolie, l’entrée en France !

Onze heures après, Bangkok met une nouvelle claque à Roissy ! Vaste, propre, lumineux, fleuri. Seul bémol les policiers de l’immigration qui se la jouent : « J’ai été formé aux US par la CIA. » Mais mis à part ce jeu de rôle, on peut se livrer rapidement à cette excitation qui fouette après douze heures de voyage :

Un nouveau monde !

Première découverte : L’écriture Thaï est « girly ». Avec des courbes et des points partout. Cela me rappelle ces lettres de correspondantes anglaises qui mettaient des petits ronds sur tous les « i » ce qui me paraissait le summum de l’exotisme.

Comment voyager ?

Au hasard. Je déteste savoir ce que je vais faire. Si peu de liberté, partout, mais quand il s’agit simplement de jouir et d’être heureux, laissons le hasard distribuer les cartes.

Je triche un peu quand même. Mes deux premières nuits sont réservées.

Ce sera “The Thaï house”. Je vous donne l’adresse car si vous débarquez à Bangkok, vous refaire du jet lag dans cette adorable maison de famille est vraiment un plan idéal. Superbe maison en bois. Magnifique architecture. On cuisine pour vous une nourriture raffinée. Les hôtes sont thaïs c'est-à-dire les plus gentils du monde. Le sourire est le visage des Thaïs. (La chambre pour trois personnes 30 euros. Le repas : 4 euros.) Nous prenons ces repas dans une immense salle à manger en bois exotique où je ne peux écrire que des chefs-d’œuvre tropicaux. Mais le plus merveilleux, caractéristique de ce pays, est que l’on ne peut entrer dans les maisons que pieds nus ! Quand je pense au supplice de mon enfance, moi toujours pieds nus, confrontée à une coalition de bien-pensants dont le leit- motiv était « Mets tes pantoufles ! Tu vas prendre mal ! » et là, c’est la règle, la bienséance ! Ah ! Marcher pieds nus, laisser les ondes bienfaisantes de la terre et des matières nous traverser de part en part ! Même les temples, pieds nus, même les musées !

Le lendemain nous empruntons un petit bateau qui nous fait découvrir les canaux de cette banlieue de Bangkok . Là encore nous sommes seuls, bien loin de l’ enfer du tourisme occidental. Sur les rives, il n’y a pas un être vivant qui ne réponde à nos sourires et à nos saluts. Je suis comme Lady Di. J’adore ce sport. Faire sourire les gens. Trop facile en Thaïlande. A New York, c’est plus risqué mais tout aussi efficace. Le plus grognon, si on lui sourit, vous le rend vite tellement heureux, tout compte fait, de pouvoir raconter, le soir, cette merveilleuse histoire : « Dans la ville, une inconnue m’a souri ! » (On dirait de la pub pour un déodorant !)

Souriez-vous les uns les autres !

C’est un sport qui vaut le jogging. On a le sang qui circule mieux. On se ramasse des joues roses.

La nuit, concert d’oiseaux.

 Il y a l’oiseau orgasme qui dialogue avec un copain ou se le fait tout seul :

 « Oh ! Ooh ! Oooh ! Ooooh ! Ooooooh ! »

 Et soudain plus rien. Coït interruptus. Cela fait des siècles que cela dure. Des milliards d’années peut-être. Il faudrait l’aider cette pauvre bête.

 Il y a l’oiseau qui sait compter :

« Un.. deux.. trois.. quatre-cinq six ! Un .. deux, trois, quatre-cinq-six » et qui en est très fier.

 Il y a l’oiseau joyeux : Oh ! la ! Oh !lal Oh la ! Hihihi !!! Oh ! la ! Oh ! la ! Hihihihi !!

Il y a l’oiseau prudent : hou…hou.. Houla !

 Mes compagnons de jet lag.

Autre délice : les fruits. Je croyais que j’avais mangé des ananas, des bananes et des mangues, mais non. C’est dans les pays tropicaux que l’on découvre leur vrai goût. On se fait avoir, nous ,avec nos fruits plastique ! Une mangue c’est comme du beurre d’or qui ruisselle sur mon menton, me coule entre les seins, dans une apocalypse inimitable de saveurs soyeuses et suaves ! Ce que c’est bon ! Comme la phrase est plate à côté de l’émerveillement du palais, qui pour une fois porte son nom : le palais de la vie parfaite aux créations parfaites ! Encore une mangue ?

Nous resterons deux jours à The Thaï house. Sur le départ je saute au cou de la dame de la maison qui en est stupéfaite et ravie. Ils ne se touchent pas dans ce pays. Mais mon tempérament révolutionnaire ne se soucie pas des protocoles.

Je ne sais pourquoi cet épisode me fait penser au départ de Candide de l’Eldorado. Quand il saute au cou du Roi qui en est tout chose. Et c’était un peu ça, cette première étape, si humaine, en pays Thaï : un Eldorado .

Au revoir the Thaï house !

A nous deux Bangkok, la ville barbe à papa fluo !

Ca va chauffer !

 

Je joins le lien du site de Fabrice Leroux qui prend des photos sensibles et originales pendant ce voyage. Cliquer sur l'onglet "Thaïlande"

http://fabriceleroux.com/

Voici également le lien de "The Thaï house"

http://www.thaihouse.co.th/


Moyenne des avis sur cet article :  2.28/5   (25 votes)




Réagissez à l'article

55 réactions à cet article    


  • Gabriel Gabriel 22 février 2011 09:17

    Merci Ariane pour cet instant d’évasion décrit avec tant d’humour. Par les voyages nous découvrons d’autres civilisations et ainsi nous nous enrichissons. Cela remet en perspective ce que nous pensions être la réalité et faisant ainsi vaciller nos certitudes nous amène inexorablement à progresser dans nos attitudes envers les autres et leurs différences.

    PS : Etant passionné de photographie je tenais à dire : « Chapeau bas pour le photographe, c’est un Pro ! Cela se voit dans ses cadrages, la maîtrise de la lumière et l’originalité de ses sujets, Respect ! ».


    • Ariane Walter Ariane Walter 22 février 2011 15:42

      Merci, Gabriel. je transmettrai à Fabrice !


    • Ronald Thatcher rienafoutiste 23 février 2011 07:44

      oui oui, bravo a son appareil photo numerique et a sa fonction « auto » qui permet de faire de jolies cartes postales les yeux fermes... ne pas oublier de retirer le cache de l’objectif tout de meme...
      ah, la Thailande et ses gigolos, hein, c’est beau l’Asie dans un hotel continental ? ne trouvez-vous pas que les prix sont eleves cette annee, putain de pauvres !
       smiley
      La walter bobo-ecrivaillon qui nous la fait carnet de voyage, faut pas pousser, restons dans nos domaines respectifs, sur qu’elle met du verni a ongles avec ses tongs...


    • Ariane Walter Ariane Walter 23 février 2011 18:44

      @ rienàfoutiste

      -J’adore écrivaillonne. C’est le mot que je préfère.
      -J’ai les pieds crades et pas de vernis.
      -Tous les photographes font du numérique, non ?

      Je ne parle pas de putes. Vous en parlez. Ca vous excite ?


    • Fergus Fergus 22 février 2011 10:19

      Sawat dee, Ariane.

      Un petit reproche : critiquer les Anglais pour l’absence d’espace verts à Buckingham alors que ce palais est, sous le regard des écureuils, au débouché de Green Park et Saint-James Park, il fallait quand même oser !

      Bangkok n’est pas une ville très séduisante, mis à part ses palais et quelques superbes temples, pas forcément les plus connnus. Sympathique, une ballade sur la Chao Praya et les klongs en long-tail boat. A ne pas rater : la magnifique maison de Jim Thomson et le marché géant de Chattuchak !

      Bon voyage !


      • Ariane Walter Ariane Walter 22 février 2011 15:46

        Bonjour fergus !
        Oui, Bangkok par 35°, c’est rude !

        Quant à Buckingham, certes entouré de jardins ,il n’en est pas moins au milieu de la circulation et sur un sol de goudron rouge assez laid. Enfin...Comme je n’y habiterai pas !

        J’ai vu la maison de Jim Thomson (agent de l’Oss !) et le fameux grand palais !!!
        Là je suis à la campagne après un tour sur la rivière Kwaï !


        • jak2pad 22 février 2011 16:13

          Je fais partie des gens qui lisent toujours le petit mot de présentation de l’auteur par lui-même.
          J’ai lu, et j’ai trouvé cela insipide.
          Travaillé, se voulant élégant et littéraire, assez laborieux.
          On peut se presser le citron sans qu’il en sorte beaucoup de nectar.

          Mais je suis sérieux et équitable, donc j’ai lu le reste.

          Et je n’ai pas été déçu !

          Tout est là : un feu d’artifice de lieux communs, les affirmations les plus étonnantes, les détails personnels qui peuvent intéresser une cousine de province à qui on inflige le récit étincelant d’une excursion banale au possible.
          Le ciment de tout cela : la recherche d’une élégante légèreté, qui comme un Graal promis à une agrégée bien bûcheuse et bien scolaire, tarde à se matérialiser.
          Il est bien normal qu’à force de parler des oeuvres des autres, on ressente le besoin d’écrire soi-même quelques lignes.
          Mais pourquoi refaire une fois de plus le célèbre exercice de nos instit’s adorés : « racontez-moi vos vacances » !


          • Ariane Walter Ariane Walter 23 février 2011 17:52

            « Elégante légèreté »....
            Merci.

             


          • velosolex velosolex 22 février 2011 19:03

            Point n’est besoin d’aller si loin pour ramener de si flagrantes platitudes
            Et polluer la planète. Que ce soit du haut d’une Harley-Davidson. Ou sur les ailes d’un jet !
            Une page que l’on croirait extraite d’un album de Bretecher ! Il ne manque plus que les petits dessins et les bulles.
            Cela ne vaut pas trois sous six baths !
             La touriste ramène les images complaisantes de son voyage, qu’il tente de superposer avec les clichés. Ce qui est de moins en moins facile, et nécessite un enthousiasme et une absence de sens critique touchant à la crétinerie.
            Qui peut se faire charmer par un tel récit, pétrit de vanité et de petits quant à soi dérisoires.Les kilomètres et les noms de ville lointains n’impressionnent pas plus que le nom des stations du métro Parisien ’ Stalingrad, Sébastopol, Kremlin-Bicètre.... Il ne suffit pas de faire des kilomètres pour devenir remarquable. Bien au contraire. Partout les même aéroports, les mêmes enseignes de supermarchés, les même regards avides des enfants repérant le gogo occidental, se croyant révolutionnaire, mais prêt à faire de bonnes affaires. Pour ce coup, le voyage reste un formidable révélateur de la médiocrité bavarde, qui s’épanche comme un loukoum au soleil .
            On est plus charmé en écoutant sa vieille voisine racontant sa journée, faite de petits rien teintés d’élégance et d’ironie, qu’elle n’irait pourtant pas mettre en prose : "Mais qui ça intéresserait mes histoires ?"
            Le monde s’est rétréci à toute allure, et l’on en vient à regretter celui d’hier. Mais l’aventure reste plus que jamais au bout de la rue, et dans la qualité du regard.
             Un voyage d’un an fait dans les années 70 fait en parcourant l’asie m’a vacciné à jamais contre ce genre de récit. Exotisme de pacotille, négation du réel des gens, volonté d’être le petit malin qui s’en tire, qui fait des affaires. L’esprit colonial est tout là.
             Un conseil. Lisez Stevenson : Son voyage avec un âne à travers les Cévennes. Ou encore Flaubert, avec son voyage en Bretagne fait avec Maxime Du Camp ( Voyage par les monts et par les plaines). Du reste ces belles régions continuent à se conjuguer au présent et restent de formidables terrains d’exploration, par encore trop touchés par la mondialisation. Bien sûr, au retour, ce sera peut-être moins facile d’impressionner les gogos. Mais est-ce là l’essentiel ?
            Mais chut, il ne faut le dire à personne. Gardez le secret.
             Et laissez les partir pour la chine !

            • Ariane Walter Ariane Walter 23 février 2011 18:46

              Merci pour la comparaison avec Brétecher qui est quand même plus que le velosolex de la bande -dessinée !!!


            • brieli67 22 février 2011 23:23

              «  Je suis comme les tigres qui ont au bout du gland des poils agglutinés avec quoi ils déchirent la femelle. L’extrémité de tous mes sentiments a une pointe aiguë qui blesse les autres, et moi même aussi quelquefois. »

              A Louise Colet. 25 février 1854.


              GUSTAVE FLAUBERT

              «  O que je donnerais bien de l’argent pour être ou plus bête ou plus spirituel, athée ou mystique,mais enfin quelque chose de complet, d’entier, une identité, quelque chose en un mot ».

              Tous des jaloux et vive l’avventura...


              • Ariane Walter Ariane Walter 23 février 2011 17:56

                Perso, quand je n’aime pas un article, je passe à un autre. Mais là, ça a l’air de vraiment les amuser. Pourquoi pas ? Déplaire fait partie du jeu.
                Bien le bonjour Briely !

                J’adore les citations.



                • Ariane Walter Ariane Walter 23 février 2011 18:01

                  C’est du tapin mis sur pied par les amerloques et entretenu par les frustrés occidentaux.
                  ce sont des zones que je ne visite pas.


                • brieli67 24 février 2011 12:42


                  les cougars ne seraient qu’ US ?

                  des Tours-operators en lice au Sénégal, Sainte-Domingue, Brésil.... Tunisie
                  l’Asie épargnée ?


                • Sergeant Pepper Sergeant Pepper 27 février 2011 20:49

                  Je n’ai jamais vu autant de commentaires pliés qu’à la suite de cet article.

                  @ Ariane,

                  Malheureusement vous avez tort si vous pensez que la prostitution a été mise en place par les GI américains et qu’elle est entretenue par les Occidentaux. Ce que mentionne le commentateur précédent, et dont vous connaissez l’existence, n’est que la partie immergée de l’iceberg.

                  Les premiers clients sont les locaux. Presque tous les villages thaïlandais, où les farangs en vacances ne mettent jamais les pieds, ont tous un bordel protégé, comme il se doit, par la police. Dans les villes, on trouve la même chose. Certains de ces bordels (qui, parfois, s’appellent karaokés) sont destinés aux Thaïs et d’autres, aux sino-thaïs.
                  Quoique cela se perde, il est de coutume pour nombre de jeunes mâles des milieux ruraux de faire dans ces lieux leurs « premières armes ». Cela se pratiquait régulièrement dans ma belle-famille.
                  Des milliers de familles du Nord et de l’Est du pays n’ont d’autres ressources pour vivre décemment que l’argent de leurs filles (dont seule une minorité travaille à Pattaya ou Patpong).
                  Une nouvelle forme de prostitution se passe très bien des bars et des bordels. Les filles sont des lycéennes ou des étudiantes qui tissent leur réseau sur le net et rencontrent leurs clients dans des Love Motels très discrets (Ils disposent de garages avec rideau pour cacher les véhicules des clients)

                  Il existe aussi ce que l’on appelle les « mia noï », littéralement des « petites épouses ». Parfois filles de bonnes familles, parfois prostituées, elles sont entretenues par des hommes mariés. Il en existe des millions en Thaïlande. Elles n’ont souvent d’autres rôles que d’attendre dans un appart ou une maison, dont le loyer leur est payé, et de satisfaire les besoins sexuels de leur « homme ». Bien sûr, elles touchent, pour ce travail, une rente mensuelle. Les plus chanceuses, celles qui satisfont les hommes les plus riches, font des milliers d’euros/mois. Presque tous les membres de l’élite (politiciens, bourgeois, officiers de l’armée et de la police) en entretiennent une. A commencer par le Prince héritier (dont la femme actuelle, ancienne prostituée, a commencé comme sa « mia noï »).

                  La Thaïlande que j’aime (ma Thaïlande, serais-je tenté de dire) n’est pas celle-ci mais dire que la prostitution est l’oeuvre des blancs (dont on estime qu’ils ne représentent que 5 % de la clientèle) est tout autant un cliché que de dire que la majorité des Thaïlandaises sont des putes. La plupart d’entre elles sont des femmes respectables, fortes, débrouillardes, indépendantes qui mènent leur barque seule, ou mènent leur mari/copain par le bout du nez, comme peu d’Occidentales savent le faire.

                  Passez un bon séjour dans ce pays où je suis très heureux d’avoir construit ma maison mais ne tirez pas de conclusions trop hâtives de vos quelques semaines au royaume de Bhumibol.


                • Sergeant Pepper Sergeant Pepper 27 février 2011 20:51

                  P.S. : Je n’ai pas encore lu votre texte.


                • Ariane Walter Ariane Walter 28 février 2011 02:01

                  Sergent pepper,

                  En ce qui concerne les commentaires repliés :
                  Ils concernent une personne qui critique tout et tous. J’ai répondu un temps car je le fais pour tout le monde, mais quand j’ai lu ses commentaires, l’oeuvre complète répétoriéepar AV, j’ai compris et j’ai arrêté là.

                  Ensuite c’est une liberté que l’organisation d’AV accorde . A ceux qui n’apprécient pas qu’ils s’en plaignent auprès de la modération.

                  En ce qui concerne la prostitution en Thaïlande, putain les mecs, ce n’est absolument pas mon propos !
                  Allez vous masturber ailleurs !

                  L’image de ce pays est salie par ça, Pattaya et tutti quanti, vous ne le savez pas, vous qui aimez ce pays ?

                  les Thaïlandais ont des putes, et des maîtresses ?
                  Les autres peuples, non, je crois.

                  Quant à Pattaya, il est tt de même exact ,historiquement, que c’est l’armée US qui a présidé au développement de la ville. Non ?

                  En ce qui concerne un voyage et des impressions de voyage, ce ne sont que des impressions , je crois.

                  mais j’ai un naturel joyeux, at home comme à l’extérieur, et c’est indigeste pour des mâles qui exercent leur virilité derrière un clavier...


                • Sergeant Pepper Sergeant Pepper 28 février 2011 16:46

                  « Putain, les mecs... Allez vous masturber ailleurs ! »
                  « ...des mâles qui exercent leur virilité derrière un clavier... »

                  Z’aimez les clichés, non ? smiley


                • easy easy 23 février 2011 03:21

                  Zemmour et Naulleau se sentiraient probablement humiliés d’avoir eu à lire ça.

                  Moi j’aime bien.

                  Je retrouve dans cet exercice d’Ariane, ce qui fait la féminité.

                  Lors d’une sortie, au cinoche, à l’opéra, au restau, les hommes, les femmes, tout ça se tient et on ne peut rien dire de spécifique sur les sexes. Mais en dehors de ces moment de parades sociales où la fusion prévaut, les hommes et les femmes ont des comportements qui se distinguent suffisamment pour me permettre d’en parler.

                  L’homme va le plus souvent vers la position de blasé (qui inclut le savoir, l’expérience voire la sagesse, donc, in fine, l’autorité et la domination, de soi et des autres, si on le décide). La femme se retrouve le plus souvent en position de spontanéité (qui inclut la découverte, la fraîcheur, l’innocence, la naïveté, l’étonnement voire la fascination, donc, in fine, l’admiration, la reconnaissance et la soumission. Et là, ce n’est pas décidé, ce n’est pas maîtrisé)



                  Ce qu’en tant que garçon je sais, c’est que notre position de maître, nous la surjouons. Ca me paraît logique puisque par essence masculine, nous sommes censés maîtriser, tout maîtriser. Il n’y aurait rien d’étonnant à ce que nous maîtrisions la maîtrise.

                  Ce que je sais moins c’est si les filles surjouent leur innocence. Mais je suis porté à croire que ne se posant pas en maîtresses (c’est bien trop péjoratif dans l’acception la plus courante) elles ne cherchent réellement pas à maîtriser.

                  On croit pourtant voir deux cas différents entre une Blanche qui cherche à tout ranger et une Ariane qui se suffit de mise en paquet.
                  C’est que la position de soumission de la femme (on aura compris que je parle de soumission à toute chose pas forcément aux messieurs et à leurs avatars) est bien entendu dangereuse. Il arrive donc fréquemment à la femme de refuser cette dépendance et d’essayer d’y échapper en contrôlant davantage les choses, d’où, par exemple, les soins que Blanche (prénom donné pour faire valoir l’innocence) accorde à un hyper rangement.
                  La femme qui n’a pas trop peur de son faible contrôle sur les choses, cette femme là, sera bien plus proche d’une Betty de 37°2 que de la Blanche du récit d’Ariane. Elle sera plutôt comme Ariane.

                  Je pose que ce n’est que pour la maternité que la femme développerait un certain contrôle des choses et refuserait sa dépendance habituelle à elles (c’est peut-être pour ça qu’elles exigent alors des fraises en hiver)
                  En dehors de la maternité et du maternage, la femme non peureuse, non angoissée serait comme cette Ariane qui s’émerveille du goût d’une mangue mangée sur place.

                  Jamais, sauf un cuisinier qui cherche à se faire valoir, un homme ne dira s’extasier sur le goût d’une mangue qu’il aurait redécouverte à la manger sur place. Il ferait volontiers le coup pour du vin ou du fromage car ce sont des produits travaillés, exigeants de maîtrise, mais pas pour un banal fruit d’étal quelconque.



                  Restons sur cette mangue pour bien saisir la différence homme./.femme.

                  La mangue sur laquelle Ariane nous raconte s’être extasiée, est une mangue banale, achetée sur un étal quelconque de Bangkok, sans la moindre expertise de la part de celle qui la déguste et sans expertise spécialement annoncée de la part de la vendeuse. Il n’y a aucune expertise dans cette histoire. Pas l’ombre d’un 007.

                  Si un homme lance des Oh et des Ah au sujet d’un fruit, d’un café, d’un cacao, d’un raisin, il sera ou il aura toujours préalablement posé que dans le circuit, de la production à la dégustation, il y aura eu une somme de maîtrises. Et ce que le dégustateur, alors expert ou grand amateur, expose alors à son auditoire, ce n’est pas tant le goût du fruit que son talent pour en parler.


                  Ariane dit explicitement être incapable de trouver des mots pour dire ses sensations gustatives. Et bien s’il prenait à un homme de parler du goût d’un fruit, il posera tant de mots dessus qu’on aura l’impression que c’est lui qui l’a fait, que c’est lui qui l’a inventé, que c’est lui le Créateur.




                  Marrant, vraiment marrant. Ya justement Brieli, qui nous livre, comme s’il en était un expert, un passage d’une lettre de Flaubert à son amie Louise Colet.

                  Or, ce qui ressort de ce passage au gland du tigre, c’est que Flaubert est expert. Il faut être sacrément fouilleur de toutes choses pour savoir dire autant de choses sur le gland du tigre et sur la déchirure de la tigresse ! Flaubert n’est pas émerveillé par les choses, il les sait, il en est blasé.

                  Mais ce n’est pas tout.
                  Citons justement Louise Colet dans une de ses oeuvres.




                  **************************

                  Elle dit au cocher de la conduire au cimetière du Père-Lachaise. La voiture roula rapidement ; l’air, le mouvement, la pensée toujours présente de Frédéric chassaient toute impression funèbre de l’esprit de Diane. Elle allait prier sur la tombe de sa grand-mère, mais son amant serait près d’elle ; ce coeur qui l’adorait serait là vivant près de cet autre coeur glacé qui l’avait aimée. Malgré le souvenir tendre qu’elle gardait à son aïeule, malgré l’image si récente de son agonie, la mort en cet instant, par un miracle de l’amour, était vaincue par la vie ; la douleur et le deuil, par la radieuse ivresse du bonheur pressenti. Que de trésors de consolations la Providence a mis dans les coeurs épris !

                  Lorsque Diane arriva au cimetière, la neige avait cessé de tomber ; sa couche épaisse, durcie et brillantée par un froid vif, couvrait la terre d’un linceul uniforme. Ce vaste enclos semé de sépultures était désert ; les monuments funéraires, couverts d’un blanc manteau de frimas, ressemblaient à des spectres qui à cette heure matinale, s’étaient levés de leurs tombeaux et erraient dans la froide enceinte sans craindre la rencontre des vivants.

                  Diane, accompagnée par un gardien, fut longtemps avant de pouvoir reconnaître le lieu réservé où avait été déposée sa grand’mère ; le tombeau n’était point terminé : un treillis en bois et des fleurs maintenant couvertes par la neige occupaient la place destinée au marbre du monument. Diane s’agenouilla ; Frédéric n’était pas encore arrivé. Le gardien s’éloigna et la laissa seule. Couverte de ses vêtements de deuil, immobile sur la terre glacée, la tête penchée sur sa poitrine en signe de recueillement, sa sombre silhouette se détachait telle qu’une statue de marbre noir sur le fond blanc du sol. Elle avait fermé les yeux comme pour échapper à toute distraction extérieure : elle s’efforçait même, mais en vain, d’éloigner l’image de Frédéric et d’élever tout entière son âme vers l’âme de sa grand’mère, qui, pensait-elle, se préoccupait dans un autre monde des sentiments qu’elle lui gardait. Elle se rappelait avec attendrissement les soins maternels dont elle avait entouré son enfance, sa jeunesse écoulée auprès d’elle, si sereine ; elle revoyait Valcy, ses frais paysages, son joli château ; elle replaçait dans ce salon qui s’ouvrait sur le parterre sa grand’mère élégante, aimable et bonne, et qui lui avait fait de si belles, de si insouciantes années ; puis ses souvenirs se reportaient à ce fatal mariage consenti un peu légèrement par l’aïeule mondaine, mais sur lequel elle avait été la première à gémir et à pleurer. Diane s’était vue consolée et soutenue par sa tendresse durant ses années d’épreuve, et elle ne l’avait jamais accusée. Dans cette âme un peu faible, mais si affectueusement dévouée, elle avait épanché toutes les douleurs et toutes les joies de sa vie. Il y a huit jours encore, elle lui faisait l’aveu de son amour pour Frédéric, et maintenant cette âme n’était plus là pour l’entendre ! Diane cherchait en vain à se remettre en communication avec elle ; ses aspirations les plus ardentes ne pouvaient la rappeler, ses sanglots n’éveillaient plus la voix aimée qui s’était éteinte dans la mort.

                  Quel désespoir dans l’impuissance de celui qui survit et qui voudrait en vain ranimer, ne fût-ce qu’un instant, l’être aimé qui n’est plus ! Nos désirs, nos larmes sont superflus ; la mort est inerte et muette, et semble railler par son silence éternel l’illusion de la douleur. Alors la douceur se rattache aux derniers échos de cette vie disparue sur laquelle on pleure.

                  C’est ainsi que Diane, agenouillée sur la tombe de son aïeule, pensait à ses suprêmes paroles, à cette nuit d’agonie où elle l’avait entendue la bénir et lui dire : « Sois heureuse, ma fille, heureuse avec celui qui t’aime ; je vais près de Dieu intercéder pour votre bonheur. » Ces paroles, les dernières sorties d’une bouche vénérée avaient été pour Diane une sorte de consécration de son amour ; et maintenant que l’heure approchait où elle allait s’abandonner tout entière à cet amour, son âme implorait, pieuse et attendrie, l’appui de cette âme protectrice qui veillait sur elle près de Dieu.

                  Perdue dans une sorte d’aspiration extatique, elle avait oublié jusqu’au lieu où elle se trouvait ; elle semblait se dérober par degrés aux sensations physiques : le froid l’avait insensiblement engourdie ; elle était pâle, glacée et immobile comme si la mort se fût emparée d’elle. ............



                  ************************************************


                  Allez-y les amis, vérifiez. Chaque ligne de cette pourtant poétesse, atteste qu’elle est soumise aux choses, que les choses s’imposent à elle et qu’elle les éprouve à défaut de les avoir créées. Nulle part elle ne ressort comme savante. Certes, elle raconte très bien et elle a adopté le verbe masculin, mais le fond dénote de la plus parfaite féminité en ce que nulle part elle ne prétend savoir et encore moins déjà tout savoir.




                  Se pose le problème suivant :
                   Il est impossible ou plutôt inadmissible, ridicule, pour un homme, de sortir de cette position de blasé, de se dire épaté par le fil à couper le beurre. Alors qu’il est davantage possible voire révolutionnaire, pour une femme, de quitter sa position naturelle pour marcher sur les plates bandes des hommes, pour leur disputer la maîtrise.

                  Tous les hommes d’aujourd’hui ont eu à constater qu’à l’école, leurs camarades filles apprenaient et savaient donc exactement autant de choses qu’eux. A cause de Jules Ferry, la position de maître du garçon est désormais très discutable. Concernant la maîtrise (de soi, des sentiments, et des autres) le garçon reste naturellement expert. Mais concernant le bête savoir, les filles en savent exactement autant.

                  Avoir réellement le sens et le goût de la maîtrise, mais ne pas avoir l’avantage du savoir, c’est castrant, ça fout les boules et ça rend agressif envers les filles qui la ramènent et qui semblent peu enclines à se soumettre pour rien, sans raison objective, aux garçons.


                  Alors chère Ariane, pour la mangue toute ordinaire, pour les pieds nus, ne changez surtout rien. Continuez à offrir aux autres votre ridicule. Continuez d’être volontairement ridicule. C’est une offre capitale pour l’humanité et déjà pour le genre féminin.


                  • Ariane Walter Ariane Walter 23 février 2011 18:38

                    Quelle lettre adorable vous m’envoyez là, cher Easy,

                    Vous ne pouvez savoir à quel point elle me touche parce que vous avez su voir ce qui est, sans que je le sache, une part de mon attitude dans la vie..
                    Je veux rebondir sur le mot « innocence ». est-ce une innocence feinte ?

                    Non, bien sûr, car si elle était feinte, elle donnerait moins de joie.
                    Oui, je suis insoumise aux garçons, en fait non pas aux garçons, mais aux maîtres, bien sûr.
                    mais aussi aux maîtresses , aux règles. je suis désobéissante.
                    Chaque fois que je me dis à moi-même « il faut », la défaite est consommée.Je ne le ferai pas. j’ai trop obéi, par force. A présent, je suis libre.

                    Le ridicule, les critiques qui peuvent naître de ma sincérité, ont pour moi autant d’importance que toutes celles que j’ai subies parce que je ne voulais en faire qu’à ma tête.
                    Et ce n’est même pas une pose. C’est un entêtement..

                    Suis-je une fille ? Il est vrai , comme vous le dites si bien, que je n’ai pas à étudier, à analyser le monde, à en présenter la matière et la manière. Je n’ai qu’à jouer.

                    Les hommes ont du mal à être « les maîtres » ?
                    C’est une position qui demande un « sans-faute ». Voilà pourquoi elle est délicate.
                    Il y a en eux un « sérieux » qu’il doivent maintenir.Et qui appartient à un ancien ordre.

                    je suis heureuse que vous ayez senti que l’indiscipline est chez moi une discipline.

                    Mais tout ceci n’est pas qu’egocentrique.
                    C’est une manière au contraire, en s’accordant à soi-même peu de valeur, non pas feinte modestie mais nécessité de se gommer pour mieux sentir tout le reste, de donner tout leur éclat aux petits détails de la vie qui sont, eux, les vecteurs véritables de nos jouissances.

                    Le passage de Louise Collet est admirable, dans son rythme d’écriture, dans sa précision d’analyse classique. un plaisir de lire cela dans un hôtel banal après une journée de train.

                    Oui, je vais continuer à être ridicule et...voluptueusement.

                    Quant aux mecs qui grognent et râlent, les excès de leurs ronchonneries, ne sont qu’une mangue de plus !.

                    relisez Stevenson !

                    Hihihihi !!
                    Mais je ne suis pas un mec, mec !
                    je suis une girl et je fais tourner ma robe dans la cour de récré !
                    Toute fière !
                    Intouchable et intouchée !
                    Grrrrrrrrrrrrrr !!!!

                    merci easy, vraiment de ce long message dont je vous remercie à nouveau.
                     


                  • easy easy 23 février 2011 21:08

                     Allez, une dernière couche, pour la route.


                    «  »«  Vous ne pouvez savoir à quel point elle me touche parce que vous avez su voir ce qui est, sans que je le sache, une part de mon attitude dans la vie..
                      »«  »

                    Voilà le genre de phrase qu’un homme ne dira pas ; jamais en piublic en tous cas. 

                    Vous avez la féminité très chevillée au corps car vous avez appris l’art de la maîtrise en passant votre agrégation. Selon cette formation, vous auriez dû nous la jouer savante de toute chose et rouler des yeux à chacune de nos fautes d’orthographe.
                    Mais non, vous rigolez de vos palmes, de l’académisme et vous vous contentez de nous faire profiter de vos sensualités.


                    Et puis il y a le Hihihihi !
                    Vous nous offrez régulièrement ce petit rire.

                    Le garçon, parce qu’il doit jouer au docteur, parce qu’il doit tout savoir par injection divine (il sait tout mais n’avoue jamais d’où il tient son savoir afin de donner à penser qu’il lui est consubstantiel) ne peut pas avouer sa faiblesse. Il est tenu de faire le coq (même Francis Huster, quand il reproche à d’autres hommes de tenir des propos machistes, le fait en levant le menton et en poussant des Pfff de mépris)

                    Alors le garçon, le maître, quand il rit, il donne dans le Ha ha ha ha ! Il cherche et parvient à tuer ses rivaux en ricanant de leur infériorité. Au maître, il est indispensable de savoir rire sur un registre gras, caverneux et à gorge déployée. Il doit s’esclaffer en levant le menton et en installant son regard au-dessus de l’assemblée.

                    La fille, celle qui a pigé les deux jeux de rôle et qui ne se laisse pas impressionner par les postures des coqs, celle qui ne ressent aucune envie d’imiter les docteurs, quand elle rit, c’est par le Hihihihi aigu, en mettant la main devant la bouche, en repliant le menton dans la gorge et en baissant les yeux.


                    A force, il est vraiment difficile de distinguer où, dans chacune de ces manières de rire, commence et où finit le surjeu. Car si l’on peut admettre une part de naturel liée au sexe de chacun, on ne peut écarter l’idée que chacun en vienne aussi à forcer le trait propre à son sexe.


                    Il y a surjeu et surjeu.

                    Je ne sais pas si les anciens pères surjouaient leur rire de stentor ni dans quelles conditions. Mais de nos jours, c’est certain, bien des pères surjouent, de manière volontairement exagérée, ce rire là face à leur enfant, face à leur fille bien aimée en particulier. Cela, rien que pour ressortir parfaitement grotesque ou ridicule (mais seulement face à leurs enfants, pas face à la concierge).
                    Je ne doute pas que Roberto Benigni fasse tout le temps cela, même face à sa concierge.
                    Il y a donc le surjeu très bien joué qui sert à briser le moral d’un adversaire et il y a le surjeu poussé volontairement à la caricature pour, au contraire, rassurer notre interlocuteur.

                    Ca c’est chez les garçons où il est indispensable voire vital de savoir distinguer entre lard et cochon, entre la fausse et la vraie agressivité de Jupiter.

                    Chez les filles, il est moins capital de faire le distinguo entre vrai et faux Hihihihi, entre vraie et fausse pudeur ou humilité. Du coup, il me semble que les filles n’ont pas un registre mimique aussi large avec leur Hihihi que celui des garçons avec leur Ha ha ha.


                    Enfin, il y a ce ridicule que la femme vraiment féminine accepte alors que l’homme, le vrai, le dur, ne l’accepte jamais, pas même devant ses enfants (Roberto Benigni et Woody Allen étant des exceptions)

                    La fille est donc bien plus disposée que le garçon à ne pas calculer son ridicule, même pour défendre la cause d’autrui, (Cf la reine Philippa de Hainau qui se met en pleurs pour obtenir d’Edouard III qu’il épargne les Bourgeois de Calais ou la légende d’Esther de Perse qui a supplié l’énormissime roi de Perse pour qu’il épargne les Juifs). Et puis il suffit de regarder qui se rend aux parloirs des prisons pour saisir cette différence d’appréciation du ridicule selon les sexes.

                    En 1966, ma mère, Picarde, avait couru après un douanier à l’aéroport de Saïgon avec une de ses chaussures à talon aiguille brandie au-dessus de sa tête « Je vais vous tuer, je vais vous tuer ». Le malchanceux avait repéré que nos visas de sortie étaient des faux et il nous avait fait redescendre de l’avion juste avant son envol vers la France. Paniqué, le poulet courait dans tous les sens, d’un pilier du hall à un autre, comme un coq déjà sans tête.
                    Mon père, Vietnamien, fonctionnaire de l’aviation, était stupéfait par l’échec de l’exfiltration, par la perspective des sanctions à venir et par le grand spectacle qu’offrait sa blanche épouse. Il n’avait donc pas bougé, comme sidéré, comme dépassé par la suractivité de ma mère. Mais de toutes manières, épouse s’esseyant au percement de crâne ou pas, il serait resté digne, au sens que les garçons accordent à la dignité.

                    Le flic s’en est tiré avec une simple frayeur et il a accepté de ne pas porter plainte. Sinon je ne serais pas là à vous écrire en francé.


                  • Ariane Walter Ariane Walter 24 février 2011 11:12

                    Cher easy,

                    Je viens de vous lire à la terrasse d’une école de plongée de Ko-Tao. le temps est merveilleux. l’eau tiède. la nourriture exquise. les gens aimables. (Bon, j’en remets une couche pour faire raler les « purs mecs », alors que vous, vous n’êtes qu’un petit garçon ! Chic !)
                    Ah ! la sensibilité ! On sait que ça énerve !
                    je veux vous raconter une autre histoire de mère. Avec un mec figé.
                    J’avais douze ans. Nous habitions une HLM avec une vue splendide sur Marseille.
                    Un jour mon père sort de la salle de bains en criant : « la bonbone de gaz est en feu ! » C’était un de ces chauffages montés sur roulette. Je jette un coup d’oeil. tout brûlait en effet. une immense flamme au-dessus de l’appareil. mon père est là ne fait rien. je suis aussi figée que lui. je m’attends à exploser kusqu’aux étoiles. On habite au 11 ème étage alors les pompiers. Ma mère ne fait ni une ni deux. Elle entre dans la salle de bains, ferme la bouteille. tout s’arrête....

                    je ne sais pourquoi votre histoire m’a rappelé celle-là. ces moments où il faut être fou.Face au danger. face à l’injustice. Et où « folle » est l’adjectif qui sort le plus souvent.

                    J’ai écrit qqchose sur cette différence homme-femme. mais je n’arrive pas à faire de copier-coller sur cette messagerie. Voulez-vous demander à AV mon mail ? Je vous l’enverrai.

                    Je vous avouerai que c’est un sujet qui m’intéresse bcp et que j’ai bcp de tendresse pour les hommes (puis-je le dire ainsi) car ils ont la tâche moins facile que les femmes. Ce sont eux après tout les grands romantiques.

                    Merci de votre gentille opinion de moi.


                  • brieli67 23 février 2011 08:38

                    L’Orient, figure féminine et séductrice en même temps que mère des civilisations, l’Orient constitue, dans l’inconscient de l’homme moderne, le contenu de tout voyage.



                    • jak2pad 23 février 2011 16:19

                      Cet article intitulé 1 ( y en aura-t-il un 2°, et peut-être même un 3° ? angoisse...) a l’air de plaire, et déclenche des avalanches de citations plus ou moins adaptées au sujet, mais si littéraires :
                       le pénis du tigre se télescope avec celui de Pierre Loti, le Père-Lachaise vient au secours des rêveries asiatiques de carte postale.
                      Preuve que le bobo-naïf a encore de beaux jours devant lui, et que se trouvant souvent à la retraite, il déferle sur la planète entière pour ramener toutes ces images d’Epinal.
                      Ces impressions si spontanées, cette sensualité si naïve ( on attend le récit du prochain fruit trop mûr, jusqu’où va-t-il couler ?), ces références si scolaires, c’est tout cela qui a fait flancher des générations de lycéens et les a dégoûtés de la littérature.
                      Lisez donc, puisque vous êtes en veine de lecture, le passage de Gombrowicz dans Fredydurke, où le prof explique à ses élèves atterrés qu’un grand poète, c’est un grand poète. Pourquoi ? mais parce que c’est un grand poète !
                      Dans cette histoire , il n’y a pas que les mangues qui sont blettes.


                      • SATURNE SATURNE 23 février 2011 17:06

                        Cher Jak2pad, vous me l’enlevez de la bouche (pas la mangue, le commentaire).

                        Je me suis toujours méfié des suites, et annoncer une suite à l’avance, c’est un peu impoli,immodeste, et en tout cas... préjuger de l’apétit des lecteurs.

                        Cela dit, ce que dit easy n’est pas idiot, même si un peu long et général.
                        Mais là, je crains que (homme ou femme), la motivation soit la même : « parlez-moi de moi, y’a que ça qui m’intèresse », disait la chanson.
                        Ah, le son du Buzz le soir au fond du bois, y’a que ça de vrai, hein, Ariane ?


                      • Ariane Walter Ariane Walter 23 février 2011 19:02

                        Cher saturne,
                        annoncer une suite signifie qu’on est en voyage et que ça dure plusieurs jours !!!

                        Vous savez je suis bien plus terre à terre que vous ne l’imaginez.
                        J’écris parce que ça me fait plaisir et pour faire plaisir à ceux qui me lisent..
                        Si j’échoue ,j’en suis désolée mais bon, c’est un peu inévitable, C’est la vie.

                        je finirai par une citation de Hugo qui disait à qq’un à qui on lui reprochait de parler de lui :
                        « O, insensé, qui crois que je ne suis pas toi ; »

                        J’essaie de retrouver des faits et des émotions communs. Partage agréable. Simple. Qu’allez-vous chercher des choses compliquées.
                        Des buzzs......Je suis plutôt « bises » pour tt vous dire...


                        • SATURNE SATURNE 23 février 2011 21:00

                          Bah...Je vais vous dire : c’est juste qu’aujourd’hui, j’ai lu ça, et que c’est une autre planète, comprenez-vous ?

                          http://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/porte-d-italie-89286

                          Bonne soirée quand même.


                          • easy easy 23 février 2011 21:24

                            Elle comprend.

                            Ariane aussi a ses moments pasionaria, ses moments compassionnels, ses moments politiques, militants. Comme elle a ses moments ...comment dit-on...d’ouverture de chacras c’est ça ?
                            Et là, il s’agit davantage de moments où l’on se retrouve face à soi-même, où l’on s’écoute soi-même et où, éventuellement, on s’offre à témoigner de son aventure intérieure.


                          • Ariane Walter Ariane Walter 24 février 2011 10:53

                            Hello Saturne,
                            j’ai lu le texte de Sandro qui est un très beau texte.
                            Un texte d’occidental qui évoque très joliment la déglingue humaine.
                            C’« est plus viril que mon histoire de mangue.

                            je me sens plus orientale. Plus dans le bonheur de l’ instant.

                            je veux parler de bonheur, si vous permettez. et de bonheur simple. En disant »je« qui plus est ce qui est tjrs une position inconfortable surtout quand ce »je" est vraiment tout cru.


                          • Ariane Walter Ariane Walter 25 février 2011 02:50

                            Bonjour Easy !

                            Petit matin dans les iles. Pus personne dans les rues genial.
                            Dans la vraie vie, je ne rends jamais personne jaloux ou agressif.
                            Parce que je suis reposante et absolument pas dominante. Mais ici il y a des dominants qui veulent avoir le dernier mot sans s incliner tout simplement devant la variete des caracteres. Pourquoi mepriser qui ne me ressemble pas ?


                          • jak2pad 24 février 2011 02:01

                            easy a découvert qu’il est un garçon, enfin plus ou moins, et ça l’extasie.
                            Il n’en revient pas, et cela l’empêche de dormir. Il est prêt à écrire des pages et des pages sur cette constatation exaltante.

                            Ariane, quand à elle, déclare qu’elle est une « fille » ( qui en doutait ?), et même une fifille.
                            Elle se regarde à travers une loupe, et l’image un peu étirée qu’elle en retire la ravit.

                            On attend avec impatience la suite de la saga.
                            Quelle tension ! Va-t-elle prendre le bus ? ou partir en stop ?
                            Peut-être, comble d’audace, ira-t-elle visiter le marché flottant ?

                            Moi je suis sûr que l’an prochain, elle se lance et elle va visite Hammamet.
                            Cela promet du torride !


                            • Ariane Walter Ariane Walter 24 février 2011 10:48

                              Amusant, Jack, amusant....Tu me fais rire sous les tropiques ce qui agrémente ma pauvre vie !

                              Tu sais ce n’est pas ce qu’on fait qui compte mais le plaisir que l’on en tire.
                              J’aime « astiquer » (comme Aladin), des moments simples et les partager.
                              Désolée si tu n’aimes pas. mais du moins tu prends plaisir, je l’espère, à me taquiner...
                              1à 1. La balle au centre !


                            • brieli67 24 février 2011 13:05

                              à l’encre Herbin violette ou au bleu des mers du Sud, madame Waterman ?

                              Aimer est le grand point, qu’importe la maîtresse ? Qu’importe le flacon, pourvu qu’on ait l’ivresse.

                              Salôôôôô de Musset

                              Vous êtes comme les roses du Bengale, Marianne, sans épines et sans parfum.

                              on lit bien Marianne


                            • Ariane Walter Ariane Walter 25 février 2011 02:58

                              Briely,

                              Super agreable de lire du Musset en ruisselant de sueur !
                              he oui, pas d epines et pas de parfum. Nous aimons les gens qui nous font souffrir.

                              Et si l on n a pas de parfum, on peut toujours en acheter... Pas Guerlain !


                            • jak2pad 24 février 2011 15:48

                              Me voilà promu à un stade enviable : Ariane me tutoie !
                              Cela ne me gêne pas, chère Ariane, et ma longue expérience de l’Educ’Nat, où chaque établissement compte un (au moins), ou plusieurs (c’est mieux) spécimens dans votre genre, m’a toujours rempli de bonheur : ces palpitants récits de voyage à la cantine, cette faim inassouvie de créer enfin quelque chose, cette envie d’impressionner les autres de dire négligemment qu’on a eu les fesses dévorées par les sangsues marécageuses.

                              Lorsque vous serez rentrée de vos excursions, après avoir bien palpé l’authenticité de ces tristes Tropiques, je vous conseille une chose, simple, distrayante et parfois même passionnante :
                              rédigez votre portrait sur Wikipedia, à petites touches subtiles ( Hihihi), et où vous pourrez étaler complaisamment tout le bien que vous pensez de vous, et de votre sensibilité.


                              • Ariane Walter Ariane Walter 25 février 2011 02:43

                                Cher Jack,

                                 Non, les Tropiques ne sont pas tristes. Quel mepris pour les gens si souriants si joyeux si equilibres de ces pays. Il faut etre un occidental pourri pour les charger de tous nos malheurs. (Oui, je connais « Tristes tropiques ») Mais une ville deglinguee de ces pays est mille fois plus radieuse qu une de nos capitales.

                                Ecoutez. restons en la, si vous voulez bien> je suis une bobo nunuche pretentieuse sans interet. Vous m etes humainement superieur. Je l accepte. Je m incline.
                                parmi les grands defauts de mon caractere, le mepris ne me nourrit pas.


                              • jak2pad 25 février 2011 04:14

                                Mort de rire !

                                Ariane nous déverse un tombereau de clichés supplémentaires.
                                Là il y en vraiment pour tous les goûts, pas un stéréotype ne manque : la misère qui est plus belle au soleil, ces bons sauvages si souriants, l’occidental pourri qui ricane honteusement, on se tord de bonheur !
                                Ariane, vous me fascinez , je suis parti à la recherche de vos oeuvres complètes, encore rien sur Wikipedia, mais vous allez y remédier, Evene qui avoue avec gêne que la biographie de cette écrivaine se limite pour l’instant ...à sa date de naissance !
                                et pour les connaisseurs exigeants, une citation qui vaut le détour : vos spectateurs ont-ils des orgasmes en somnolant pendant vos pièces ?
                                C’est une vraie question.

                                En tout cas, à vous lire, aucun frémissement érotique pour l’instant., chez moi du moins.
                                Pourquoi n’allez-vous pas dans le quartier chaud, cette odieuse invention des colonisateurs impuissants : au moins là-bas on rigole un peu plus qu’en lisant Musset par 45° à l’ombre.
                                Vous pourriez nous raconter comment ces adorables enfants souriants, mais un peu affamés, sont obligés de se pervertir au contact d’un tas de vieux salopards, dont certains Français, crois-je savoir, mais j’espère qu’ils restent radieux et accueillants, pas vrai ?

                                Nous sommes certainement fort différents : moi les blablas creux et exhibitionnistes ne m’intéressent pas, mais parmi mes rares défauts, j’arrive à trouver un peu de mépris pour les hypocrites.

Ajouter une réaction

Pour réagir, identifiez-vous avec votre login / mot de passe, en haut à droite de cette page

Si vous n'avez pas de login / mot de passe, vous devez vous inscrire ici.


FAIRE UN DON







Palmarès



Partenaires