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Accueil du site > Culture & Loisirs > Voyages > Coups de cœur londoniens : 1) les « mews »

Coups de cœur londoniens : 1) les « mews »

Il ne s’agit pas là d’évoquer les royales écuries du palais de Buckingham où sont entreposés les carrosses et les calèches de Mme Windsor, mais ces « mews » de Londres, nettement moins aristocratiques, qui se cachent dans les quartiers chics. Á l’écart des circuits touristiques habituels, ces lieux souvent méconnus contribuent pourtant au charme de la capitale britannique...

 Londres est une ville attirante à bien des égards, et ceux qui ont déjà eu la chance d’y aller n’ont qu’une envie : y retourner. Et cela d’autant plus que le fog a quasiment disparu. Comme en Bretagne, la météo s’y révèle d’ailleurs en général beaucoup plus clémente que l’affirment les clichés. Et s’il pleut à Londres, ce qui se produit quand même de temps à autre, les touristes peuvent toujours mettre à profit les intempéries pour retourner visiter gratuitement (puisse le Louvre s’en inspirer un jour !) les galeries du British Museum, de la National Gallery ou de la Tate Modern ; ou bien assister, tout aussi gratuitement, à l’un des concerts classiques donnés chaque jour dans l’église Saint-Martin-In-The-Fields.

 Lorsque l’on parle de Londres aux Français qui l’ont visitée, ce sont les grands sites et les principales curiosités qui sont le plus souvent évoqués : Le Parlement et Big Ben, l’abbaye de Westminster, la Tour de Londres, le Tower Bridge, le London Eye, Covent Garden, sans oublier l’incontournable « Changing of the Guard  » et le non moins incontournable magasin Harrods d’où il est impératif de ressortir avec un sac siglé. Moins évoqués sont les parcs londoniens, pourtant si séduisants avec leurs arbres vénérables et leurs légions d’écureuils si familiers qu’ils viennent parfois manger dans la main des promeneurs. Moins évoqués également les superbes ensembles urbains de maisons victoriennes, les brocantes et les puces de Portobello Road ou de Camden Lock, sans compter le très secret quartier du Temple et les marchés couverts. Quant aux mews, cachées dans les replis urbains des beaux quartiers, très peu en parlent car très peu les connaissent, et c’est bien dommage.

 

Des cochers aux bobos

 Que sont les mews ? Des « carriage houses », autrement dit des maisons à la fois étables pour les chevaux et remises pour les calèches, cabriolets et autres tilburys des grandes maisons de l’époque victorienne, les cochers habitant le plus souvent un logement de fonction situé à l’étage. Construites pour la plupart au cours du 19e siècle, les mews prennent en général la forme de maisons mitoyennes de part et d’autre d’une ruelle pavée située à l’écart ou en retrait des grandes maisons de maître afin de ne pas incommoder les propriétaires et leur famille par les bruits d’attelage et les odeurs animales lorsque les maîtres ne faisaient pas usage des calèches. Avec la disparition des voitures à cheval, les mews ont progressivement été transformées en duplex d’habitation d’autant plus appréciés par les bobos londoniens que la majorité d’entre eux occupe une situation très calme au cœur d’une ville pourtant particulièrement bruyante.

Des allées de mews, il en existe des dizaines dans Londres, et c’est avec un grand plaisir que l’on sillonne les rues de la ville pour les découvrir, quelquefois signalées par un grand porche de pierre. La plupart de ces mews sont à chercher dans les quartiers chics du centre et de l’ouest de la capitale, de Marylebone à Notting Hill, en passant par Bayswater ; ou de Mayfair à Kensington via Chelsea et South Kensington, le fief des frenchies. C’est d’ailleurs dans ce dernier secteur que l’on trouve les plus séduisantes ruelles de mews, constituées de rangées de maisons simples aux façades colorées, d’autant plus charmantes qu’elles sont souvent agrémentées de vigne vierge, de glycine ou d’arbustes à fleurs entretenus avec soin par les propriétaires. Mes préférées : Kynance Mews et Ennismore Gardens. Mais il en est de nombreuses autres, tout aussi pittoresques. Á chacun de les découvrir, au gré des balades dans ce Londres aux multiples attraits...


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10 réactions à cet article    


  • nico31 25 octobre 2012 16:49

    Je réalise en vous lisant que le personnage John Steed dans « Chapeau melon et bottes de cuir » habite dans une mew.

    http://fr.wikipedia.org/wiki/Fichier:Duchess_Mews_-_geograph.org.uk_-_432370.jpg


    • Fergus Fergus 25 octobre 2012 17:04

      Bonjour, Nico

      Si cette photo montre le lieu où « habite » John Steed, c’est en effet dans Duchess Mews, à quelques centaines de mètres du très animé Oxford Circus. Dommage que cette allée ne soit pas fleurie comme tant d’autres.


    • Emmanuel Aguéra Emmanuel Aguéra 26 octobre 2012 08:47

      Je réalise en vous lisant, Nico, que « mews » n’existe qu’au pluriel...
      Quand au fait qu’il en existe des dizaines à Londres, j’aurais pour ma part parlé de centaines, si de n’est de milliers ! En fait rares sont les quartiers purement urbains, c’est à dire constitués de voies bordées de « blocks » (immeubles« ) ou de  »terraces« , ces maisons en bande continue, au contraire des quartiers que l’on appellerait chez nous »pavillonnaires« , formés de »detatched« ou  »semi-detached«  dwellings (habitations), rares sont-ils ceux qui n’ont pas de mews derrière, ceux que les cabmen appellent dans leur jargon les »backstreets« ou, lorsque qu’elles débouchent de 2 côtés et donc peuvent servir de raccourcis opportuns dans les embouteillages, les »backdoubles« .

      En deux mots, dès qu’on parle de  »block«  (patés de maison, cette fois !), on parle de mews. là où il n’y en a pas, c’est simplement que le  »masterplan« (plan d’urbanisme) a été refondu.

      Votre photo est belle et me rappelle mes années londoniennes. Je ne connais pas ce mews mais il me rappelle l’un de mes préférés qui est Napier Close, ce coin merveilleux niché entre Napier Place et Holland Rd, la 1ère à droite après le feu de Hight.St Kensington... je crois que le  »two-up/two-down«  (deux pièces par niveau) se négociait déjà dans les mid-90s à plus de  »one-milion quid« ... Comme vous dites... le quartier »français"... Pas n’importe lesquels. Le prix pour une glycine ou un rosier centenaire courant sur la façade d’une impasse tranquille aux pavés résonnants de Dickens...


    • Fergus Fergus 26 octobre 2012 10:11

      Bonjour, Manu.

      Un grand merci pour ce commentaire et ces précisions.

      Des centaines de mews, sans aucun doute si l’on sort des burroughs centraux. Je ne connais pas celles (je mets mews au féminin, par analogie avec écuries) qu tu cites, du côté de Napier Road, mais il ne fait aucun doute qu’il en existe de très jolies à l’écart des quartiers touristiques.

      Certaines mews de Londres n’ont d’ailleurs pas été aussi radicalement transformées en habitation, certains propriétaires ayant conservé l’espace « carriage » du rez-de-chaussée pour y garer leur voiture.

      Le secteur situé du coté de Holland Park est effectivement l’un des plus séduisants de la ville.


    • Emmanuel Aguéra Emmanuel Aguéra 26 octobre 2012 08:52

      Tiens, j’ai cliqué là où il ne fallait pas... et voilà mon commentaire posté...

      Il manque donc le « Hiyall ! » au début et le « Thx for this welcome and unexpected paper » que j’avais rajoutés in extrémis...

      Il est vrai que j’attends les suivants avec impatience et avidité...

      Bon vent, Fergus


      • Fergus Fergus 26 octobre 2012 10:26

        @ Manu.

        Au moins deux autres volets suivront. L’occasion pour toi de les compléter utilement par ton expérience londonienne.

        Bon vent également à toi.


      • Surya Surya 26 octobre 2012 10:06

        Bonjour Fergus,

        J’ai raté votre article hier, je viens de le découvrir. J’adore la photo moi aussi. Londres est une ville pleine de charme et on pourrait y passer des mois, si toutefois c’était possible, à la visiter. C’est curieux mais j’ai du mal à utiliser le mot « ville » pour désigner Londres, c’est tellement grand ! Métropole je trouve que ça ne va pas non plus, personnellement ça m’évoque plus une ville de type américaine avec beaucoup de bâtiments élevés. Londres doit être inclassable, c’est peut être ce qui fait en partie son charme.
        Vous avez cité les principaux spots touristiques, et parlé de South Kensington. Connaissez vous le musée des sciences à South Kensington ? Il est totalement hallucinant, et si vous ne l’avez pas encore vu, à ne rater sous aucun prétexte à votre prochaine visite !  smiley (et en plus gratuit, si si ! Mais on peut toujours mettre une petite pièce ou deux dans la boîte à soutien)

        Bonne journée à vous,


        • Fergus Fergus 26 octobre 2012 10:41

          Merci pour cette visite, Surya.

          Londres est évidemment une ville pleine de charme. L’arpenter dans tous les sens est un réel plaisir, et cela bien au delà des seuls quartiers centraux (je pense par exemple à des lieux très intéressants sur le plan urbain comme Greenwich et Hampstead, mais où l’on peut en même temps s’oxygéner dans de superbes parcs. Même les nouveaux quartiers ultra modernes desservis par le DLR sont à voir.

          Je n’ai jamais visité le musée des Sciences, mais je note la suggestion avec intérêt.

          Bonne journée également.


        • Emmanuel Aguéra Emmanuel Aguéra 26 octobre 2012 12:18

          Entièrement d’accord avec Surya ; je connais ce musée et approuve pleinement.

          Aux passionnés, je recommande « London, the Biography » de Peter Ackroyd, éditions Vintage.
          Exceptionnelle saga, promenade historique et sociologique dans la Capitale, de la préhistoire à Canary warf en passant par le Great Fire, the Plague, Jack the Ripper et le Blitz... je ne sais pas, mais j’en doute fort, s’il a été traduit... Mais attention ! réservé aux courageux : 800 pages !

          Go where we may, rest where we will,
          Eternal London haunts us still.

          (Thomas Moore)


        • Fergus Fergus 26 octobre 2012 13:18

          @ Emmanuel.

          Merci pour ce conseil de lecture réservé aux... très motivés, capables d’affronter les 800 pages en étant peut-être munis d’un bon dictionnaire, ce qui serait assurément mon cas.

          Personnellement, j’ai bien noté ce musée dans mes tablettes en vue d’un prochain séjour à Londres.

          Cordialement..

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