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En Jordanie, à la recherche des civilisations perdues

 Aqaba, un nom chargé d’histoire et, pour les Jordaniens, leur seule fenêtre ouverte sur la mer Rouge. L’histoire de ce port remonte très loin dans le temps, puisqu’il était déjà prospère à l’époque du roi Salomon et pendant les premiers siècles de l’Islam. Hélas ! la ville n’a conservé que peu de traces de son passé glorieux, en dehors du Qast ( le Fort ), une construction ottomane massive, flanquée de quatre tours, édifiée au XVIe siècle afin de protéger les pèlerins qui se rendaient à la Mecque. C’est sa prise, en avril 1917, par des Bédouins rebelles, conduits par le colonel Lawrence et le prince Fayçal, qui signe la défaite de la garnison turque et le début de la marche victorieuse vers l’indépendance, ainsi que la naissance de l’actuel royaume hachémite de Jordanie.
A Aqaba, nous n’avions rien à faire de particulier, sinon le tour de la ville très plaisante et fleurie, devenue également une station balnéaire de renom pour les Jordaniens privés de façade maritime, et n’avions qu’une hâte : nous rendre au plus vite dans le désert du Wadi Rum, étendue lunaire où convergent d’antiques wadis ( cours d’eau ). Aussi incroyable que cela puisse paraître, c’est une région où les sources abondent et où la végétation est telle que le lieu était devenu, dans les temps reculés, une étape obligée pour les caravanes qui transportaient épices et encens du royaume de Saba ( l’actuel Yémen ) jusqu’aux portes de la Méditerranée. En effet, le Wadi Rum a, durant des millénaires, relié l’Arabie à la Palestine et ses pistes de sable ocre, qui cheminent entre de hautes parois de grès, étaient déjà utilisées par les Nabatéens, avant d’être exploitées plus tard par les Romains.

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Notre jeep nous attend non loin des 7 piliers qui forment avec une majestueuse élégance le porche de cette cathédrale en plein vent, où nous allons naviguer pendant plusieurs heures - et le verbe convient parfaitement - tant la conduite sur les sables a quelque chose d’assez proche de celle sur les vagues. Les descendants des anciens habitants du Wadi Rum, dont on sait par les inscriptions rupestres découvertes en maints endroits qu’ils remontent au paléolithique, sont les Bédouins qui élèvent des chèvres et des dromadaires et dont les fils s’enrôlent traditionnellement dans la légendaire police du désert. Connu pour ses rochers aux formes étranges et la diversité de ses couleurs qui, à la tombée du soir, semblent prendre feu, ce dernier est, par ailleurs, le symbole de l’indépendance nationale jordanienne, car c’est ici que les troupes, commandées par le colonel Lawrence, plantèrent leurs tentes avant de lancer leur assaut final sur la forteresse d’Aqaba.

La lumière est intense, alors que la jeep parcourt les étendues de sable plus rouges d’être coulées sous un ciel si bleu, et traversées d’ombres, lorsqu’un pinacle rocheux, plus haut que les autres, vient à couper soudain la ligne indécise de l’horizon. On se tait. Le silence a quelque chose de solennel qu’il paraitrait inconvenant de rompre. Au loin, on discerne les silhouettes de quelques Bédouins oscillant selon le rythme lent de leur monture, coiffés de leur kefiah rouge et blanc. Ils vivent une existence austère dans des campements de fortune, existence qui n’a guère changé depuis les âges les plus reculés. Leur nombre est évalué à 45.000. Ils nous offriront le thé et quelques dattes avec une gentillesse nullement mercantile.

 

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Après le Wadi Rum, notre seconde visite en terre jordanienne sera pour Petra, dont les légions de Trajan, en 106, prirent possession, condamnant au silence la civilisation nabatéenne. Mais qui étaient donc ces Nabatéens, qui bâtirent Petra, ville re-découverte, comme sortie d’un songe en 1812 par l’explorateur et orientaliste suisse Johann Ludwig Burckhardt, dont le séjour fut hélas très bref, les lieux étant habités alors par des tribus rivales en perpétuelles luttes les unes contre les autres. La nouvelle s’étant répandue en Occident, d’autres voyageurs et aventuriers se rendront à leur tour sur les lieux. Parmi eux, le peintre écossais David Roberts, dont les admirables dessins feront le tour du monde et sensibiliseront l’opinion sur l’importance de cette découverte. Après la vague d’explorateurs romantiques, vint celle des archéologues et des chercheurs accrédités et débuta l’exploration de la zone archéologique. Les Nabatéens, dont on parle déjà dans la Bible, n’étaient autres que des nomades issus de la péninsule arabique. Même, si aujourd’hui, leurs origines restent encore inconnues, il est certain qu’il s’agissait d’un peuple déterminé et industrieux qui sut rapidement sortir des limites de la société nomade pour s’installer avec succès dans un système plus important, fondé sur des relations politiques et économiques. En effet, dès la fin du IVe siècle av. J.C., les caravanes des marchands nabatéens se déplaçaient de l’Arabie à la Méditerranée, le long de l’axe nord-sud, et de la Syrie à l’Egypte, le long des routes directrices qui allaient de l’est à l’ouest. Ils parlaient l’araméen, la langue commerciale qui était utilisée à l’époque dans le Proche-Orient. Décrits, dans les premiers documents historiques, comme des habitants du désert, voués à l’élevage et ne connaissant pas l’agriculture, ils changèrent de mode de vie progressivement, bien que ces diverses phases d’adaptation restent assez énigmatiques. Ce qui est certain, c’est que la terre occupée par les Nabatéens disposait de peu de ressources, en dehors de quelques mines de cuivre dans le Wadi Arabah et du bitume de la Mer Morte, exporté vers l’Egypte, qui l’utilisait pour la momification des défunts.

Leur habileté commerciale était de savoir distinguer les marchandises les plus précieuses et les plus recherchées et, ensuite, de les acheminer dans des pays situés aux confins des routes de communication, en d’immenses caravanes que l’historien Strabon comparait à de véritables armées. Au sud de l’Arabie, ils achetaient la myrrhe, l’encens et les épices qu’ils revendaient à Gaza, à Alexandrie et dans les divers ports de la Méditerranée. Les autres marchandises étaient l’or, l’argent, le verre, les tissus de Damas et les soieries de Chine. Les énormes bénéfices, qui s’en suivirent, enrichirent de plus en plus les marchands nabatéens qui purent ainsi user de leur influence du Golfe Persique à la lointaine Abyssinie. Entre le troisième et le premier siècle av. J.C., il y eut une sorte de "révolution culturelle" qui entraina la naissance du royaume nabatéen et cela, d’autant mieux, que s’affaiblissait le royaume Séleucide, en conflit avec l’expansionnisme romain. C’est ainsi que, consolidant le contrôle de la région qui allait de la Palestine au désert Arabe et du Golfe d’Aqaba aux actuelles frontières de la Syrie, les Nabatéens se sédentarisèrent et instaurèrent un régime qui évolua du type tribal à celui d’une monarchie, s’inspirant dès lors du modèle helléniste contemporain. Le "Livre des Macchabées" mentionne un roi, du nom d’Aretas, que l’on considère comme le premier souverain de ce royaume. L’évolution de cette société fut probablement rapide ; des villes furent édifiées, non seulement Petra, mais également Advat, Mamshit et Shivta dans le Negev. C’est sous le règne d’Aretas IV ( 8 ans av.J.C. et 40 après ) que le royaume parvint à son apogée, contrôlant les territoires de l’actuelle Jordanie, du Negev, du Sinaï et une partie de l’Arabie, et que Petra, de par sa position stratégique, fut choisie pour capitale. Et c’est en 106 de notre ère que la ville fut annexée à l’empire romain d’Arabie par les légions de Trajan. Malgré cette annexion, Petra restera, pendant des décennies, un centre commercial florissant. A la fin du IIIe siècle, sous Dioclétien, la ville devint un épiscopat et l’on vit surgir basiliques et monastères ornés de mosaïques, tandis que de nombreux édifices rupestres étaient transformés en églises. Puis le site fut touché par deux séismes en 363 et 419 et entra en agonie, sombrant dans une obscurité quasi absolue jusqu’aux premières années du XIIe siècle, le temps d’une brève période durant laquelle la ville abandonnée fut fortifiée par les Croisés. Et à nouveau le silence, jusqu’à sa re-découverte par Burckhardt en 1812.

Le site est immense. On y accède en s’engageant dans une faille profonde, causée par un gigantesque remous tellurique, faille appelée SIQ qui conduit jusqu’au Khasnè, l’édifice le plus fameux de Petra, dont l’état de conservation ne peut manquer de susciter l’émerveillement, surtout quand il vous apparaît auréolé par la lumière méridienne. Appelé également "Le trésor" pour la simple raison que les Bédouins crurent longtemps qu’il s’y cachait le fabuleux trésor d’un pharaon. Mais de trésor, il n’y eut point. On pense aujourd’hui que le Khasnè aurait été un temple funéraire consacré à la mémoire de l’empereur Aretas IV. 
Mais Petra ne se limite pas à la splendeur de ce monument et à la profondeur du canyon ocre qui y conduit ; une fois passé le Khasnè, la vallée s’ouvre subitement, découvrant une large voie où s’alignent des structures qui composent la plus admirable nécropole architecturale, structures si diverses qu’elles confirment l’hypothèse que différents modèles et styles furent utilisés au cours des âges. Magnifique témoignage laissé par une civilisation perdue, se révèlant à nous comme figé dans sa grandeur passée, succession impressionnante de tombes, de portes antiques, de fortins,de colonnades, de locaux publics, certis au coeur d’un paysage grandiose, dont on peut aisément imaginer la vie intense qui l’anima. Aujourd’hui, la vie est encore présente, assurée par les touristes, mais également par quelques familles bédouines, la plupart appartenant à la tribu Bedoul, qui s’y sont installées, nouveaux habitants de l’inoubliable ville pourpre. La majorité d’entre eux occupent des tombes rupestres adaptées à leurs nécessités et vivent de l’élevage et de petits commerces. On est frappé de leur amabilité. Aucun ne fait l’aumône. Habitués à vivre de rien, ces anciens nomades sédentarisés s’encombrent le moins possible et mènent une existence d’une étonnante simplicité et rusticité, si différente des nôtres, surchargées de superflu. Une dame, ayant apporté avec elle des jouets en bois, offrit l’un d’eux à un enfant, assis auprès de sa mère, occupée à vendre de modestes bijoux travaillés dans les pierres semi précieuses de la région. Ses yeux s’illuminèrent de joie, bien qu’il n’osa pas s’en saisir. Une fierté ancestrale qui s’harmonise avec la noble beauté des lieux et émouvante image de Petra, ville ressuscitée.

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15 réactions à cet article    


  • Pyrathome pyralene 30 mars 2010 12:57

    Très bel article , j’ai découvert cette civilisation de Pétra il y a peu , nul doute que la capacité à « tailler » directement dans la roche , en l’occurence à Khasneh , la géologie est composée de grès et de roche détritique , révèle un très haut niveau technologique et de savoir faire...bien supérieur au notre !!
     Et quel gigantisme et quelle beauté !! merci pour cet exposé clair et pertinent !


    • finael finael 30 mars 2010 16:22

      Très intéressant et instructif !


      • Armelle Barguillet Hauteloire Armelle Barguillet Hauteloire 30 mars 2010 16:42

        à Renève

        Je veux bien l’admettre et j’aurais dû écrire :
        « ses yeux, subitement, s’illuminent de joie, bien qu’il n’ose pas s’en saisir ». Ou bien mettre « qu’il n’osât »
        J’imagine que si vous pratiquez votre science quotidiennement à l’usage de chacun des articles de ce média, vous ne devez pas manquer d’ouvrage.


        • Arunah Arunah 30 mars 2010 18:16

          « Ils nous offriront le thé et quelques dattes avec une gentillesse nullement mercantile. »

          Las ! Armelle, désolée de vous décevoir ! Mais les Bédouins qui offrent l’hospitalité à des non-bédouins sont discrètement rémunérés par les agences de tourisme... Les Bédouins haissent et méprisent les touristes et les citadins. Ils les tolèrent sur leur territoire uniquement pour en tirer parti.


          • Pyrathome pyralene 30 mars 2010 18:30

            Totalement faux....les bédouins ont leurs propres codes , comme les gitans , la première règle est l’hospitalité , ils ont de sacrées bonnes leçons à nous donner ! ne vous déplaise...


          • Arunah Arunah 30 mars 2010 20:27

            @ Philippe Renève

            Dans toute la zone ( Egypte, Yémen, etc... ) les agences de tourisme bakchichent villageois et bédouins pour éviter qu’ils ne caillassent les visiteurs ( touristes ou citadins du coin ). 
            Moyennant quoi, ils se contentent de crotter sur les sites archéologiques et dans les monuments peu surveillés... ( Jordanie, Syrie... etc.. ). Cela peut attrister les naïfs, mais c’est ainsi ! Les Bédouins ne sont nobles et généreux que dans un contexte purement traditionnel, dès qu’ils sont en contact avec la modernité, ils deviennent vite assez désagréables... 
            On peut d’ailleurs déplorer que ces particularités culturelles ( caillassages, déjections en des lieux inapropriés... ) aient été importés sous nos latitudes...


          • Affreujojo Affreujojo 30 mars 2010 20:51

            @ Arunah :
            Dites-moi qu’est-ce qui vous permet d’affirmer tout cela vis-à-vis des bédouins ?
            S’agit-il de votre propre expérience ?
            Et si oui y avez vous séjourné longtemps ou juste comme touriste ?
            J’ai vécu 8 mois à Aqaba et je peux vous dire que vous vous plantez totalement !
            Mais peut-être y êtes vous allé avec la mentalité du touriste néo-colonialiste franchouillard qui râle sur tout...


          • Hieronymus Hieronymus 31 mars 2010 01:00

            Reneve, figurez vous que je viens de vous plusser (et Arunah au passage) car ce coup la vous m’avez vraiment fait rire, comme quoi tout arrive smiley
            oui les articles d’Armelle, c’est exactement cela ; l’univers de la carte postale, une sorte de dissertation oiseuse, d’eternelle insouciance, de vacuite jouissive et autosatisfaite, elle me fait toujours penser au titre de ce fameux film « la vie est un long fleuve tranquille » c’est vraiment l’impression qu’on ressent a sa lecture, car ds ses voyages tout le monde y est beau et gentil, bref tout est lisse et y glisse ds une sorte d’harmonie qui me parait bcp plus fantasmee que reelle ..
            certes Armelle ecrit bien, bcp d’images habilement composees, une ecriture plutot academique ou (mais peut etre n’ai je rien compris) je ne percois ni humour ni ironie, ni meme une quelconque distance vis a vis de soi meme mais plutot une sorte de preciosite et qq chose de l’ordre de la satisfaction narcissique, comme on dit qu’il y a des gens qui s’ecoutent parler (et c’est desagreable pour les auditeurs) il semble qu’il y ait des gens qui se regardent en train d’ecrire, comme amoureux de leur propre ecriture, et cela finit par peser a la longue ..
            au global cela ne fait pas de mal, Agoravox est un site generaliste et il y faut un peu de tout, tout de meme je prefere le debat d’idees, je pense que c’est la fonction premiere de ce site, or qu’y a t il a debattre ds le monde parfait d’Armelle qu’aucune inquietude ni interrogation ne semble jamais heurter ?
            cordialement


          • Arunah Arunah 31 mars 2010 03:05

            Bonjour Hiéronymus !

            Ne soyons pas vachards ! Les articles d’Armelle sont agréables à lire et constituent un délassement et une évasion bienvenus. Elle adopte le point de vue de l’honnête touriste qui n’ira pas chercher le contact avec les damnés de la terre, les drogués, les criminels, etc... et s’en tiendra au ghetto touristique. Ce qui est d’ailleurs fortement conseillé dans nombre de pays où les autorités n’aiment pas que les étrangers mettent leur nez dans leurs affaires. Et puis, le ghetto à toutous a ses charmes... le confort, la prédictabilité, le personnel parlant anglais, la nourriture hygiénique... Pas d’hypocrisie ! Les journées d’un touriste sont harassantes ! La chaleur, les bestioles, les sollicitations pas toujours bienvenues... on est souvent bien content de se reposer sur l’agence et le guide...
            On peut certes noter des « dysfonctionnements » et des horreurs sur le plan social sans toutefois en faire part au retour... D’ailleurs, ça n’intéresse personne ! On vous répondra ( comme souvent sur AV ! ) « mais ici aussi, il y a des pauvres... »
            Je n’aime pas le voyeurisme ( nous ne pouvons rien faire pour améliorer la situation ) et je trouve choquant d’étaler complaisamment la misère. Il est donc plus décent d’assumer sa condition de toutou... et de s’en tenir aux sujets touristiques et culturels...

            Non, ce qui m’a vraiment choquée c’est la gestion discutable des déjections... et je ne pense pas que les touristes puissent être incriminés... Pour des raisons obscures, la jeunesse désoeuvrée éprouve le besoin de déposer son obole dans tous les recoins disponibles... par exemple dans chaque tombeau de Pétra... ou au Krak des Chevaliers...ou dans toute ruine archéologique... Cela reste pour moi une énigme... Vous allez me répondre qu’on trouve la même chose dans certains halls d’entrée à Paris...

            On peut avoir des contacts extrêmement agréables et enrichissants avec des citadins éduqués... mais les Bédouins sont des nomades qui comme tous les nomades haïssent les sédentaires et cela, aucune vision romantique ne pourra le faire disparaître... Depuis l’apparition des bâtons de feu, ce sont les sédentaires qui ont finalement pris le dessus après des millénaires d’exactions et de pillages de nomades... Oui, je sais, c’est bête pour les nomades...

            Et surtout, j’adore être politiquement incorrecte...


          • Hieronymus Hieronymus 31 mars 2010 15:21

            Arunah
            j’apprecie bcp votre prose, sa finesse d’analyse ainsi que son cote politiquement incorrect mais concernant les articles d’Armelle, n’ayant jamais ete traine ds la plupart des endroits qu’elle nous decrit, ma critique se situe un peu a un autre niveau, je ne fais nullement le reproche a Armelle de rester ds les clous d’une occidentale bien eduquee, ces reporters de « gauche » placant tout sur le terrain de la contestation sociale et meprisant tout romantisme ds l’ecriture sont pour moi bien plus insipides a lire, perso qd je vais me balader ds des coins recules de Russie, meme si j’y bouffe parfois ds des cantines minables et y dors ds des endroits qualifiables d’exotique la chaleur en moins, je le fais sans risque aucun car le Russe est tout sauf mechant, juste parfois un peu rustre et grossier, en bref je me garderais bien de me poser en donneur de lecons de morale sur ce qu’il convient de faire ou ne pas faire qd on voyage, il y en a deja assez comme cela ..

            ce qui m’ennuie et qui fait qu’au bout de qq § bien svt je renonce a lire plus loin Armelle, c’est cette impression de neant absolu meme si le paysage est magnifique a contempler .. il me semble qu’Armelle et moi nous ne vivons pas exactement sur la meme planete, car la ou je vis, je vois des etres humains, je scrute des visages, je rencontre des individus et leurs propos, leurs attitudes ou meme simplement leurs regards me renvoient a moi meme et me font m’interroger sur ma personne, je ne voudrais pas employer de formule pedante et qq peu ridicule mais les voyages doivent permettre a la fois une decouverte de l’autre et par retour un approfondissement de la connaissance de soi ..
            or j’ai beau guette au detour d’un phrase le petit ajout ou meme le mot qui nous renseignerait de facon fugace sur la personnalite ou le vecu interieur d’Armelle, sur sa reflexion personnelle, l’enseignement qu’elle retire de toutes ses « decouvertes », un debut de pensee philosophique ? eh bien rien, quedalle, nada ! homme qui souffre et t’interroge sur ton destin, passe ton chemin, ici on parle de tout sauf de l’etre et de sa substance !
             c’est juste une peinture de paysages ou les nombreux epithetes tiennent lieu de couleur, c’est comme ds les entreprises le mur pres de la machine a cafe ou sont epinglees les cartes postales adressees par les employes en voyage, juste beau a regarder mais ne dit rien de plus, ne dit meme rien du tout, point.
            se peut il que parfois les paroles de l’Ecclesiaste « vanite des vanites, tout est .. » resonne aux oreilles d’Armelle, qui sait peut etre ? en tout cas pas a sa lecture !

            un peu d’humour et d’ironie vis a vis de soi meme permettrait encore de racheter pour beaucoup ce « defaut de philosophie » mais la aussi chou blanc, je n’ose croire qu’Armelle ne serait qu’une enfant gatee a laquelle tout est du depuis la naissance ?

            je rends neanmoins hommage a son talent d’ecriture
            je salue egalement au passage mes 2 nouveaux laudateurs
            bonne journee a Tous


          • Arunah Arunah 31 mars 2010 19:33

            @ Hiéronymus

            Re-bonjour Hiéronymus !

            Le « Hiéronymus sous Armelle » restera d’anthologie ! (avec le « Bon, les jeunes, le bar ferme à vingt heures ! » )

            Par ailleurs, je m’étonne qu’une simple remarque sur un fait connu de tous ( à savoir que les villageois et bédouins sont rémunérés par les agences de tourisme pour éviter les caillassages et les dédommager pour le thé ou le café qu’ils offrent aux visiteurs afin de respecter la traditionnelle hospitalité bédouine ) ait pu susciter un tel fil de commentaires, certes fort divertissants. 

            Vos pérégrinations dans la Russie profonde me font rêver... mais il est impossible de comparer ces contacts où d’emblée vous êtes accepté en raison de votre physique, raccord avec celui des locaux, votre intériorité, perceptible pour des êtres aussi sensibles que les Russes avec un voyage de quinze jours dans des pays où tout vous signale comme étranger, et pire ! infidèle... J’ai bien pris soin de faire la différence avec les citadins, cultivés, parfois très occidentalisés avec qui des contacts passionnants sont faciles et les éléments les plus rustiques aux yeux de qui vous resterez toujours un réservoir à dollars et un être méprisable de par son infidélité supposée et, justement, ses dollars ( ils nous imaginent toujours plus riches que nous ne sommes réellement... ). 

            Hiéro, vous écrivez : « je vois des être humains, je scrute des visages... » Certes, mais cela est strictement impossible dans ces pays-là ! En ville, les Arabes solvables portent des lunettes de soleil, justement pour éviter tout contact visuel avec leurs semblables... Et chez les Bédouins, il n’est pas convenable de rencontrer le regard de l’autre... A fortiori si vous êtes étranger, pire, infidèle ou comble de l’horreur, une femme occidentale aux avant-bras découverts... Vous êtes impie, impur, etc... ( les flammes de l’enfer vous attendent, et on vous le fait sentir... ). C’est simple, le seul regard chaleureux que j’ai rencontré dans le campement bédouin était celui d’une chevrette aux yeux tendres et humides... Dans les autres, l’animosité, l’envie, le mépris, la réprobation, l’ennui du fonctionnaire qui « fait » son troisième groupe de touristes de la journée... ( je parle des adultes, les enfants sont plus spontanés ).
            Tout à fait d’accord avec votre conception du voyage qui permet l’approfondissement de soi, mais cet enrichissement au contact des autres n’est pas possible lorsque les relations sont par trop asymétriques... Et, dans ces régions-là, une femme part avec un sérieux handicap ! Bien sûr, en ville, tout est différend... Et le russe peut se révéler fort utile à Damas ou à Alep, dans le bazar. Là, les contacts sont faciles et agréables... Bien sûr, il est exclu d’accepter une invitation à la maison qui mettrait votre hôte en danger ( au minimum une convocation à la police... ). Mais les rendez-vous pour dîner dans des endroits publics ne posent pas de problème.
            De plus, dans certains pays, les voyages individuels sont impossibles. En Egypte, par exemple, les agences ne prennent tout simplement pas les réservations individuelles... Et pour sortir de Louqsor, vous devez impérativement être escorté par des véhicules de l’armée... Alors, les contacts humains... Et puis, on est tellement mieux dans les musées, maintenant climatisés... 
            Tout ceci pour défendre le point de vue touristique d’Armelle, parfaitement justifié dans cette zone, si on n’a pas la vocation du martyre...
            Et puis, depuis vos latitudes boréales, vous semblez ignorer le facteur chaleur qui anesthésie toute réflection philosophique... ( quoique... les pieds glacés, aussi... )

            Cordialement


          • Hieronymus Hieronymus 1er avril 2010 01:32

            Arunah
            bon va falloir cloturer afin de ne pas trop abuser de la patience de notre bonne Armelle
            si je connais mal le proche orient, je ne pense pas que votre argumentaire d’une difficulte de contact sur place expliquant le silence de l’auteur sur le genre humain soit juste, pour vous en convaincre il suffit de vous reporter aux articles ecrits sur la Russie par Barguillet Hauteloire, c’est du pareil au meme (tak je samoye), absolument confondant, la carte postale et rien que la carte postale car vous n’y rencontrez aucun russe (tchelaviek) c’est bien simple on a l’impression qu’ils n’existent pas, ces articles (voir sa fiche) auraient tres bien pu etre ecrits grace a une habile compilation de differentes sources obtenues sans trop de peine sur la toile, inutile de se rendre en Russie pour ecrire ce qu’elle a ecrit ..
            oui c’est un peu dur mais « ueberzeugen Sie sich selbst » :
            http://www.agoravox.fr/culture-loisirs/culture/article/peterhof-ou-la-maison-de-pierre-64496
            http://www.agoravox.fr/culture-loisirs/culture/article/tsarskoie-selo-ou-la-splendeur-61898
            http://www.agoravox.fr/culture-loisirs/culture/article/pavlovsk-ou-le-sourire-d-une-nuit-60423
            http://www.agoravox.fr/culture-loisirs/voyages/article/saint-petersbourg-ou-le-songe-de-59742
            vous savez comme moi que les Russes ne sont pas specialement compliques ds leur approche et rarement agressifs, il est donc inutile de tourner davantage autour du pot en cherchant de fausses raisons, en fait la dissection psychologique, la reflexion existentielle ne constituent pas des sujets pouvant inspirer peu ou prou Armelle, elle me ferait vaguement penser a ces personnels d’Ambassade qui entre les attaches, les detaches et autres entaches ne semblent meme pas s’apercevoir qu’ils vivent ds un pays au milieu d’autres etres humains pas forcement moins interessants ni dignes d’estime qu’eux .. combien j’en ai croises de ces diplomates a la fois conformistes, indifferents et pretentieux, le genre d’individus qui vous deprime totalement par sa parfaite superficialite a tel point qu’en comparaison n’importe quel indigene du lieu vous semble un etre delicieux a vivre, bon je vais peut etre un peu trop loin a comparer l’auteure de cet article avec cette caste de fonctionnaires d’une suffisance svt epouvantable, je retire donc mes accusations a ce niveau et j’en terminerai la ..
            cordialement


          • ZEN ZEN 30 mars 2010 18:46

            Merci à l’auteur pour cette initiation et les vidéos
            Une préparation à un circuit jordano-syrien programmé dans 15 jours


            • Armelle Barguillet Hauteloire Armelle Barguillet Hauteloire 31 mars 2010 11:25

              Oui, en effet, pourquoi pas un peu d’humour ( c’est tout de même plus fin et subtil que la dérision ) sous la forme d’une fable de mon cru, en vous souhaitant à tous une excellente journée :

              Un jour,
              Qu’au centre de la forêt,
              Se tenaient les Etats Généraux
              De nos amis les animaux,
              Les uns et les autres se plaignirent,
              Qu’à leur égard, les humains
              Affichaient trop de dédain.
              Ecoutez plutôt
              Ce que le tigre, le premier
              Vint raconter à l’assemblée.
              Bigre ! dit-il non sans courroux,
              Ne sommes-nous pas traités de jaloux
              Par des quidams qui le sont
              Bien davantage que nous ?
              Jaloux comme un tigre, disent-ils.
              Ah ! Ah ! s’exclama une oie,
              Qui se trouvait à passer par là.
              A votre tour, comprenez mon émoi
              Quand je surprends alentour,
              Des propos fort discourtois.
              Il me revient aux oreilles,
              Que l’on traite telle jouvencelle
              De bête comme une...

              Ces ragots sont intolérables, en effet,
              S’indigna le chimpanzé.
              Heureusement que j’ai la chance
              D’être mieux considéré.
              Ne voyez pas d’irrévérence
              Si je vous confie, mes amis,
              Que l’on me subodore plus malin
              Que bon nombre de pékins.

              Suffit ! répliqua le corbeau
              Qui, du haut de son perchoir,
              Drapé dans sa houppelande noire,
              Jouait, non sans morgue,
              Au tribun vénérable.
              Malin comme un singe, dites-vous ?
              Voilà un compliment
              Qui recèle, assurément,
              Plus de fiel que de miel.
              A votre place, mon cher,
              Je ne serais pas si fier
              Qu’on me flattât de cette manière.

              C’est alors qu’entra en scène
              Sa Majesté le lion.
              Sa présence suscita
              Une vive émotion.
              Vous parlez à tort, dit-il,
              Plus sentencieux encore
              Que le docte corbeau.
              Les hommes, comme nous autres,
              N’ont jamais respecté
              Que la loi du plus fort.
              Aussi ne soyez pas étonnés
              Si je passe pour bien né.
              Ils m’ont même proclamé roi.
              Et sachez que, chez eux,
              Ce titre-là est prestigieux.

              Hélas ! gémit une colombe,
              D’une voix d’outre-tombe,
              N’arrive-t-il pas que, parfois,
              Au milieu de leurs peuples en liesse,
              On coupe la tête des rois ?
              Certes, certes, poursuivit le lion,
              Les hommes ne sont pas des agneaux,
              Ils ont même tant de défauts
              Qu’ils nous les mettent sur le dos.

              Les doléances n’en finissaient pas.
              C’est ainsi qu’une tortue
              Se plaignait qu’on la jugeât lente,
              Qu’un renard se demandait
              S’il devait se vexer
              Qu’on le prît pour rusé,
              Alors que, dans l’hémicycle,
              Un paon protestait contre ceux
              Qui osaient lui reprocher
              D’être un brin vaniteux.

              Pour clôturer le débat,
              Une couleuvre demanda :
              Qui de moi ou de la gent humaine,
              Qui me juge paresseuse,
              Vous semble la plus venimeuse ?
              La réponse allait de soi.
              Les hommes, qui ne sont pas charitables,
              A trop médire ne retirent
              Que des succès peu louables.
              Tant il est vrai que l’on est plus enclin
              A rire des autres que de soiUn jour,
              Qu’au centre de la forêt,
              Se tenaient les Etats Généraux
              De nos amis les animaux,
              Les uns et les autres se plaignirent,
              Qu’à leur égard, les humains
              Affichaient trop de dédain.
              Ecoutez plutôt
              Ce que le tigre, le premier
              Vint raconter à l’assemblée.
              Bigre ! dit-il non sans courroux,
              Ne sommes-nous pas traités de jaloux
              Par des quidams qui le sont
              Bien davantage que nous ?
              Jaloux comme un tigre, disent-ils.
              Ah ! Ah ! s’exclama une oie,
              Qui se trouvait à passer par là.
              A votre tour, comprenez mon émoi
              Quand je surprends alentour,
              Des propos fort discourtois.
              Il me revient aux oreilles,
              Que l’on traite telle jouvencelle
              De bête comme une...

              Ces ragots sont intolérables, en effet,
              S’indigna le chimpanzé.
              Heureusement que j’ai la chance
              D’être mieux considéré.
              Ne voyez pas d’irrévérence
              Si je vous confie, mes amis,
              Que l’on me subodore plus malin
              Que bon nombre de pékins.

              Suffit ! répliqua le corbeau
              Qui, du haut de son perchoir,
              Drapé dans sa houppelande noire,
              Jouait, non sans morgue,
              Au tribun vénérable.
              Malin comme un singe, dites-vous ?
              Voilà un compliment
              Qui recèle, assurément,
              Plus de fiel que de miel.
              A votre place, mon cher,
              Je ne serais pas si fier
              Qu’on me flattât de cette manière.

              C’est alors qu’entra en scène
              Sa Majesté le lion.
              Sa présence suscita
              Une vive émotion.
              Vous parlez à tort, dit-il,
              Plus sentencieux encore
              Que le docte corbeau.
              Les hommes, comme nous autres,
              N’ont jamais respecté
              Que la loi du plus fort.
              Aussi ne soyez pas étonnés
              Si je passe pour bien né.
              Ils m’ont même proclamé roi.
              Et sachez que, chez eux,
              Ce titre-là est prestigieux.

              Hélas ! gémit une colombe,
              D’une voix d’outre-tombe,
              N’arrive-t-il pas que, parfois,
              Au milieu de leurs peuples en liesse,
              On coupe la tête des rois ?
              Certes, certes, poursuivit le lion,
              Les hommes ne sont pas des agneaux,
              Ils ont même tant de défauts
              Qu’ils nous les mettent sur le dos.

              Les doléances n’en finissaient pas.
              C’est ainsi qu’une tortue
              Se plaignait qu’on la jugeât lente,
              Qu’un renard se demandait
              S’il devait se vexer
              Qu’on le prît pour rusé,
              Alors que, dans l’hémicycle,
              Un paon protestait contre ceux
              Qui osaient lui reprocher
              D’être un brin vaniteux.

              Pour clôturer le débat,
              Une couleuvre demanda :
              Qui de moi ou de la gent humaine,
              Qui me juge paresseuse,
              Vous semble la plus venimeuse ?
              La réponse allait de soi.
              Les hommes, qui ne sont pas charitables,
              A trop médire ne retirent
              Que des succès peu louables.
              Tant il est vrai que l’on est plus enclin
              A rire des autres que de soi


              • Armelle Barguillet Hauteloire Armelle Barguillet Hauteloire 31 mars 2010 15:41

                à Hieronymus :

                Comment voulez-vous qu’en une page, simple compte-rendu de voyage, on puisse faire oeuvre de philosophe ou de penseur. Ce serait bien prétentieux. Et davantage de juger des populations que vous croisez, puisque je ne suis restée, hélas ! qu’une journée à Petra et une autre dans le Wadi Rum. Je me contente d’exprimer les sentiments que ne peuvent manquer de vous suggérer des lieux d’une telle beauté. C’est un peu une invitation au voyage. Mon ambition est donc des plus modestes et je ris de constater l’enflure que vous lui attribuez. Si vous désirez en savoir plus, lisez mes livres.

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