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Accueil du site > Culture & Loisirs > Voyages > Extraordinaires îles d’Aran

Extraordinaires îles d’Aran

Elles sont trois : Inishmore, Inishmaan, Inisheer. Et quiconque est allé sur ces îles battues par les vents et vierges de tout boisement se pose la question : comment des hommes ont-ils pu, un jour, décider de s’installer dans cet univers minéral inhospitalier et régulièrement exposé aux fureurs de l’océan ?

En gaélique, elles se nomment Inis Mór (la Grande île), Inis Méain (l’île du Milieu) et Inis Oírr (l’île de l’Est). Situées à l’extrémité ouest de la baie de Galway, au sud du Connemara, elles sont un prolongement du Burren (comté de Clare), ce fascinant désert karstique fait d’immenses dalles de calcaire parsemées de blocs de roches (clints) et d’une multitude de crevasses (grykes) plus ou moins profondes, à l’image de nos lapiez alpins (Désert de Platé) ou pyrénéens (Pierre Saint-Martin).

Les premiers hommes se sont, semble-t-il, installé dans l’archipel il y a 4000 ans, deux millénaires après avoir pris possession du Burren. On prétend généralement qu’il s’agissait des Fir Bolg (hommes-culotte ou hommes-foudre selon les historiens), des artisans-guerriers au physique proche des saxons ou des vikings venus de l’actuelle Belgique. En réalité, personne ne sait réellement qui étaient ces audacieux conquérants. Ni ce qui les a poussés à coloniser des lieux si manifestement hostiles, si impropres à la vie ? Vaincus par des tribus ennemies, peut-être s’étaient-ils tout simplement enfuis, avec les pauvres biens dont ils disposaient et quelques bêtes, à bord de leurs embarcations primitives, ancêtres de ces fameux currgahs dont on voit encore quelques spécimens en baie de Galway.

Des murets, encore des murets, toujours des murets !

Après avoir sans doute essentiellement vécu de la pêche dans les premiers temps, ils ont cherché à diversifier leur nourriture en se faisant également agriculteurs. Patiemment, et durant des siècles, ces hommes et ces femmes courageux et opiniâtres ont utilisé les failles de la roche puis creusé des sillons dans le calcaire pour y déposer un mélange fertile de sable, d’algues et de fumier. Et plutôt qu’abandonner les pierres extraites du socle calcaire, ils ont entrepris d’en édifier des murets destinés à protéger les parcelles de culture des violences de l’Atlantique.

Car les îles d’Aran, c’est avant tout cela : des murets de pierres crues1 dont certains remontent à plus de... 3000 ans ! Des murets devant, des murets derrière, des murets partout ! Et une infinité de parcelles communiquant entre elles ou reliées par d’étroits chemins de terre (les boreens) eux aussi millénaires pour la plupart d’entre eux. Certes, il existe des murets en d’autres lieux, y compris en France (Auvergne et Bretagne notamment). Mais nulle part au monde les murets ne sont aussi nombreux, aussi spectaculaires que sur les îles d’Aran, où ils délimitent parfois, dans un maillage d’une extraordinaire densité, de minuscules parcelles de quelques dizaines de m² seulement pour les plus petites. À tel point que les spécialistes estiment que la seule Inishmore (pourtant limitée à 13 km de long sur 3 km de large) ne compte pas moins de… 1600 km de murets, d’une hauteur moyenne d’un mètre. Un fabuleux spectacle qui laisse dans la mémoire des visiteurs une trace indélébile. 

Mais, aussi spectaculaires soient-ils, l’intérêt des îles d’Aran ne se limite pas aux seuls murets. Habitées très tôt par les Fir Bolg puis occupées par des Ibères et des Celtes, les îles d’Aran sont un formidable musée de plein air où se côtoient les restes de chapelles édifiées dès le 5e siècle par les moines missionnaires après l’évangélisation des îles et surtout de prodigieux forts protohistoriques élevés très probablement entre la fin de l’Âge du bronze et le début de l’Âge du fer. Trois d’entre eux, remarquablement bien conservés se trouvent sur l’île d’Inishmore : Dún Aengus (du nom du Dieu de l’Amour et de la Jeunesse), Dún Dúchathair (le fort noir) et Dún Eoghanachta (du nom d’une tribu de l’ex-royaume du Munster). Si le dernier nommé, de forme circulaire, est situé à l’intérieur de l’île, les deux autres occupent une remarquable position défensive au bord des spectaculaires falaises du sud. En forme de cercle incomplet adossé à l’océan, ces deux là opposent leurs remparts minéraux (une triple enceinte pour Dún Aengus) et leurs chevaux de frises faits de pierres acérées aux éventuels assaillants sans que l’on sache si le cercle tronqué qui subsiste date de leur construction ou si une partie des forts s’est effondrée avec la falaise sous les coups de boutoir de l’océan.

Des pulls chargés d’une signification tragique

Libres de tout péage, ces impressionnants vestiges sont accessibles à pied ou à vélo depuis le chef-lieu de l’île, Kilronan (Cíll Rónain), où accostent les bateaux en provenance de Doolin2 (côte ouest du Burren) ou de Rossaveal (côte sud du Connemara). Quelques rares hôtels et une quinzaine de B&B, parfois spartiates, permettent aux visiteurs de dormir sur place. Une évidence pour ceux qui veulent s’imprégner de l’atmosphère particulière de cet étonnant archipel et pouvoir, tôt le matin ou en fin d’après-midi, s’immerger dans la protohistoire hors de l’agitation touristique.

À cet égard, il est évident que l’activité économique a connu une profonde mutation sur les îles avec le développement du tourisme. Les hommes sont de moins en moins pêcheurs et les femmes de moins en moins agricultrices. Il n’est pourtant pas loin le temps où la vie des îliens était encore principalement rythmée par ces deux activités. Le temps où les épouses tricotaient ces célèbres pulls en laine d’Aran en reproduisant, comme l’avaient fait avant elle leur mère et leur grand-mère, le motif familial pour pouvoir identifier à coup sûr les cadavres déchiquetés et rongés par le sel qui venaient s’échouer sur les grèves après un naufrage. La vie était alors d’une extrême dureté comme le montre « L’homme d’Aran  », le célèbre film tourné en 1934 par Robert Flaherty. Avec le tourisme, la vie s’est progressivement améliorée. Et s’il reste un peu d’agriculture sur l’île, c’est essentiellement parce qu’elle produit les meilleures pommes de terre d’Irlande, à l’image de Batz et Noirmoutier en France.

Un autre monde, celui des cormorans, des macareux ou des fous de bassan qui disputent les falaises aux goélands et aux mouettes ! Un monde caractérisé, au fil des siècles, par l’héroïque épopée de femmes et d’hommes simples confrontés à une nature dure et souvent ingrate. Une aventure humaine émouvante et encore partout présente, dans ces milliers de parcelles patiemment gagnées sur le désert minéral.

1 Les murets de pierres crues sont, comme les murets de pierres sèches, bâtis sans le moindre lien ni mortier. Seule différence : les pierres crues sont utilisées en l’état alors que les pierres sèches peuvent être retaillées.

2 Doolin (Dúlain, ou marais noir, en gaélique) est un minuscule port de pêche du Burren, situé à quelques kilomètres au nord des falaises de Moher, l’un des plus spectaculaires sites du comté de Clare. Battue par les vents de l’Atlantique, cette petite localité sans monument remarquable est pourtant connue du monde entier pour ses trois pubs musicaux. On y vient de partout, et même d’Afrique du Sud ou d’Australie. Gus O’Connors, le plus connu de ces pubs, ne ferme que deux jours par an : le vendredi saint et le jour de Noël.
 

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45 réactions à cet article    


  • jako jako 21 janvier 2010 12:17

     smiley Merci Fergus de nous apporter tant d’air frais et de si belles photos je connaissais le nom mais pas le visage de ces si jolies dames.


    • Fergus Fergus 21 janvier 2010 12:57

      Bonjour, Jako, et merci à vous d’avoir mis vos pas dans les miens sur les « boreens » d’Aran. Entre le Burren et les îles, c’est vraiment une expérience unique et inoubliable.

      D’autant plus qu’à la découverte des paysages s’ajoute celle de la flore, particulièrement riche dans ces lieux, les variations climatiques ayant amené là, vivant côte à côte dans les creux de la roche, des plantes arctiques (saxifrages), alpines (gentianes acaules) ou méditerranéennes (orchidées). Au total pas moins de 450 espèces !


    • jako jako 21 janvier 2010 14:10

      Merci pour cette info sur la flore il y a le meme phénomène sur certains terril dans le nord ,
      par contre y aller je ne le ferais pas parce que je ne voudrais surement plus quitter un tel endroit.


    • Fergus Fergus 21 janvier 2010 13:05

      Salut, Parkway.

      Eh oui, bonne question que je me suis déjà posée non seulement à propos de certains de mes articles mais aussi (et surtout) de ceux, parfois remarquables, d’autres rédacteurs d’AgoraVox pénalisés pour une raison inconnue.

      Bonne journée.


    • zelectron zelectron 21 janvier 2010 13:04

      C’est aussi le sujet de l’opéra d’Aran de Gilbert Bécaud ?


      • Fergus Fergus 21 janvier 2010 13:11

        Bonjour, Zelectron.

        Oui, les îles d’Aran sont la toile de fond de cet opéra de Gilbert Bécaud dont les deux héros se nomment Mickey et Maureen. L’un des morceaux, joué à la harpe, a d’ailleurs pour titre « La ronde d’Inishmaan ».


      • La Parole Argentée La Parole Argentée 21 janvier 2010 13:05

        Article bol d’air qui donne des envies d’évasion. Voilà un paysage qui pourrait inspirer nombre d’écrivains, poètes, et autres artistes.

        Merci beaucoup. smiley


        • Fergus Fergus 21 janvier 2010 13:15

          Bonjour, Parole Argentée (joli pseudo !).

          Merci pour votre commentaire. De fait, les îles d’Aran ont inspiré nombre d’écrivains de langue britannique. Et notamment le poète John Millington Synge qui a écrit de superbes carnets de voyages sur ces îles.


        • LE CHAT LE CHAT 21 janvier 2010 13:52

          paysages sompteux que je te remercie de nous faire partager !
          vivement la quille que je puisse aller y faire une virée d’heureux retraité !


          • Fergus Fergus 21 janvier 2010 15:39

            Bonjour, Le Chat.

            Je te souhaite vraiment d’aller un jour en Irlande. Et pas seulement pour le Burren et les îles d’Aran. Toute la côte Ouest est fabuleuse, depuis les péninsules du Sud (Beara, Iveragh ou Dingle) jusqu’aux sauvages échancrures du Donegal en passant, outre le Burren par le Kerry, le Connemara ou Achill Island, le lieu où l’on trouve le plus d’ex-flics américains d’origine irlandaise ! Cela dit, il y a également des coins magnifiques au Sud de l’Irlande et même à l’Ouest, au sud de Dublin (Wicklow Mountains). Sans oublier les lacs, les petites villes médiévales, les hauts lieux de culture et d’architecture et, bien évidemment…les pubs !


          • LE CHAT LE CHAT 21 janvier 2010 16:02

            j’éviterai toutefois l’ile de Man en mer d’Irlande , dès fois qu’on voudrait me couper la queue !  smiley je n’ai pas de pognon à y placer dans un compte off shore


          • Fergus Fergus 21 janvier 2010 16:17

            Je ne connais pas cette autre terre celtique qu’est l’île de Man. Il est vrai que je n’ai pas non plus de fric à placer dans un paradis fiscal.
            A noter le statut particulier de cette île qui n’appartient pas au Royaume-Uni sans être pour autant indépendante. 


          • Yannick Harrel Yannick Harrel 22 janvier 2010 03:14

            Bonjour,

            L’île de Man a été pendant longtemps une base logistique pour les expéditions vikings en terre Galloise puis Anglaise. Outre les vestiges de cette occupation, l’amateur de préhistoire et plus précisément de néolithique sera heureux de découvrir nombre de témoignages d’une très ancienne présence humaine. C’est une destination qui vaudrait le coup d’oeil à mon humble avis, tout autant que les îles d’Aran.

            Au passage j’en profite pour saluer votre article Fergus qui est très rafraîchissant  smiley

            Cordialement


          • Fergus Fergus 22 janvier 2010 09:19

            Bonjour, Yannick.

            Merci pour ces précisions. Je pense en effet que l’île de Man est tout à fait intéressante à visiter, à la fois pour ses paysages, son histoire et son patrimoine architectural.

            Les sites côtiers n’y sont toutefois pas aussi spectaculaires qu’à l’ouest de l’Irlande : moins déchiquetés, moins grandioses, ils s’apparentent plus à la Bretagne ou à Jersey, mais adossés à des reliefs plus élevés. 

            Cordiales salutations. 


          • Fergus Fergus 21 janvier 2010 15:42

            Salut, Waldgänger.

            Google Earth, voilà en effet une bonne idée. Je crois que je vais aller y faire un tour. En attendant, je viens de mettre, via Google Images, des liens avec d’autres régions d’Irlande que j’aime bien en réponse à Le Chat.

            Bonne journée.


          • Michel DROUET Michel DROUET 21 janvier 2010 15:26

            Bonjour FERGUS

            Souvenirs, souvenirs..

            J’y suis allé il y a une quinzaine d’année.
            Un bon bol d’air d’Irlande en ce mois de janvier breton frais et brumeux, ça fait du bien.


            • Fergus Fergus 21 janvier 2010 15:53

              Bonjour, Michel.

              Du temps frais et brumeux , ce n’est pas non plus ce qui manque en Irlande, y compris au mois de mai ou juin.

              Une année, mon épouse et moi avons enchaîné 9 jours de pluie d’affilée dans les comtés du Sud-Ouest (Cork et Kerry). Ce qui, par chance, n’enlevait rien au charme du pays ou à l’éclatante floraison des rhododendrons géants.

              Deux ans plus tard, également au printemps, nous avions eu droit à 2 semaines de grand beau temps dans les comtés du Nord (Mayo et Donegal).

              L’un des principaux attraits de ce pays, comme en Bretagne, est précisément que l’on n’est jamais sûr du temps qu’il fera. Mais qu’il fasse beau ou mauvais, personne ne fait la gueule et l’ambiance est toujours égale dans les pubs !


            • Salsabil 21 janvier 2010 15:49

              Bonjour Fergus,

              Belle évocation de lieux sans aucun doute magiques, rien que leurs noms sont déjà tout un voyage vers la légende.

              Merci de cet article clair et concis.

              Une question toutefois : Y a-t-il des tourbières sur ces îles ?

              Amicalement.

              G.


              • Fergus Fergus 21 janvier 2010 16:08

                Bonjour, Gül.

                Non, il n’y a pas de tourbières sur les îles, du moins pas à ma connaissance. Et pour cause : les tourbières résultent d’un assèchement progressif de lacs ou d’étangs peu profonds dû à la colonisation des eaux par les sphaignes (ou des plantes du même genre). Or, il n’y a d’eau pratiquement nulle part dans le Burren et les îles d’Aran.
                 
                Il y a en revanche des tourbières un peu partout ailleurs dans le pays, et notamment dans les comtés de Galway, du Mayo ou du Donegal. Des tourbières encore exploitées ici et là pour le chauffage des maisons à l’aide de briques de tourbe séchée. D’où l’odeur âcre qui règne dans certains villages ou hameaux ruraux.

                Je crois que ces paysages et les gens qui les habitent te plairaient beaucoup. Cela dit, attention sur les routes : elles peuvent être envahies au détour d’un virage par des brebis, voire des chevaux plus ou moins sauvages (poneys du Connemara)...

                Amicales salutations.


              • Salsabil 21 janvier 2010 16:16

                Merci de ta réponse, j’ai fait une confusion à la lecture en voyant la traduction du nom de Doolin, je n’avais pas fait attention à sa localisation, d’où ma question.

                Mais alors je me demande bien comment ont fait ces gens depuis des millénaires pour faire du feu ou se chauffer. Pas de bois, pas de tourbe... ???

                Et tu as tout à fait raison, je crains bien d’y rester si par bonheur j’y mets un jour les pieds !!! smiley


              • Fergus Fergus 21 janvier 2010 16:32

                Bonne question, Gül.

                En fait, il faut savoir qu’une partie du Burren était autrefois couverte de fôrets. Des fôrets qui ont été tellement exploitées par les hommes (comme à Haïti) qu’elles ont disparu et avec elles le peu de terre dans lequelles elles avaient réussi, au fil des millénaires, à s’implanter.

                Je ne crois pas en revanche qu’il y ait eu de végétation significative sur les îles d’Aran, beaucoup trop exposées aux tempêtes et par trop déficientes en sols fertiles. Dès lors, « comment faisaient les hommes pour vivre ? » est en effet une excellente question. Peut-être y a-t-il eu des arbres dans les rares lieux un peu protégés de l’est avant qu’ils ne disparaissent complètement comme dans le Burren. Peut-être également les épaves apportaient-elles suffisamment de matière (comme à Ouessant) pour alimenter les besoins des rares habitants. Une question à creuser...

                A propos d’épaves, il faut savoir qu’un grand nombre des navires de l’Invincible Armada de Philippe II d’Espagne ont coulé ou se sont échoué en baie de Galway. De grandes quantités de bois sont alors arrivées sur les grèves des îles, du Burren et du Connemara. Mais cela ne date que du 16e siècle et n’explique pas les deux millénaires précédents... 


              • Bobby Bobby 21 janvier 2010 16:40

                Bonjour,

                Belle promenade en paroles et en images ! merci !

                ça donne envie d’y aller faire un tour à pied, à bicyclette...


                • Fergus Fergus 21 janvier 2010 16:55

                  Bonjour, Bobby, et merci pour ce commentaire.

                  Ce sont en effet les meilleurs moyens pour visiter les îles d’Aran.

                  Cela dit, il y a désormais un minibus qui fait le tour de l’île d’Inishmore pour les touristes pressés ou soucieux de s’épargner les courbatures, mais c’est réellement dommage (sauf pour les personnes physiquement diminuées). De plus ils ne peuvent goûter le plaisir de se balader tranquillement au milieu des murets avec pour seuls compagnons les cris de goélands et le bruit du ressac...


                • herope kayen 21 janvier 2010 16:57

                  Trés bel article qui donne envie de si rendre, qui montre aussi la capacité de l’être humain a s’adapter a son environnement tout en le respectant.

                  www.fa-heropelyon.fr.gd


                  • Fergus Fergus 21 janvier 2010 18:42

                    Bonjour, Kayen.

                    S’adapter à un environnement rude, voire hostile, est un challenge qu’ont relevé nombre de peuples ou d’ethnies sur tous les continents. Et leur aventure relativise nos propres difficultés.
                    Pour autant, il importe de ne jamais baisser les bras car les dangers sont toujours présents sous des formes souvent plus insidieuses car induites désormais par l’Homme lui-même.


                  • Antoine Diederick 21 janvier 2010 17:11

                    merci pour cet article , une découverte.....

                    qui actualise les légendes des navigateurs flamands.....

                    a mon avis, l’ïle Noire d’Hergé, c’est là....

                    ya comme cette ambiance qu’il est possible de retrouver ds les films nordiques et ceux de Bergman...


                    • Fergus Fergus 21 janvier 2010 19:02

                      Merci pour ce commentaire, Antoine.

                      Eh oui, la plupart des légendes, des épopées héroïques, des sagas nordiques s’appuient sur des éléments de vérité.

                      Côté ambiance, il est vrai que l’on retrouve une certaine forme d’expression scandinave dans la vie sur ces îles désolées. Le film de Flaherty accrédite à cet égard parfaitement cette observation.

                      Quant à l’Île Noire, allez savoir où elle se situe réellement. Cela pourrait être là ou ailleurs, en Ecosse notamment où l’histoire est censée se dérouler et où certains châteaux pourraient coller au décor. Mais personnellement, c’est en bordure du Burren, pas très loin des îles d’Aran, que je situerais le château qui colle le mieux à ce fantasme : Dunguaire castle près du sympathique village de Kinvarra. En réalité, ce n’est pas une île mais une presqu’île. Qu’importe, le site est formidable et le pub de Kinvarra particulièrement accueillant avec sa population mêlée de jeunes, de moins jeunes et de vieux, tous venus boire une bière ou une orangeade au son du bódhran du fiddle et du tin whistle.

                      Cela dit, il existe au milieu de la baie de Morlaix, tout près du lieu où j’ai habité durant 10 ans, un îlot rocheux surmonté d’une vieille tour ; cet îlot se nomme en breton Enez Du, autrement dit…L’île Noire !


                    • Fergus Fergus 21 janvier 2010 19:05

                      Merci pour ces précisions, Waldgänger, elles me seront utiles ainsi qu’à tous les AgoraVoxiens qui, comme moi, ne sont pas des experts en navigation sur le web.

                      Bonne soirée.


                    • Lapa Lapa 21 janvier 2010 18:07

                      Toujours aussi passionnant Fergus. Votre capacité à nous faire partager ce qui vous a marqué ou vous intéresse m’impressionne.


                      • Fergus Fergus 21 janvier 2010 19:56

                        Un grand merci pour ce commentaire, Lapa.

                        En fait, je crois n’avoir pas grand mérite : j’écris les choses comme je les ressens et je ne parle que des sujets que je connais ou qui me passionnent. La meilleure garantie, me semble-t-il, pour espérer trouver un écho chez le lecteur.

                        Je vous souhaite une bonne soirée.


                      • ASINUS 21 janvier 2010 18:08

                        yep fergus , si tout vas bien au programme cet été


                        Asinus


                        • Fergus Fergus 21 janvier 2010 19:58

                          Salut, Asinus.

                          Cela devrait être un beau voyage. Pour ma part, je retourne en Irlande au mois de mai, et probablement passerai-je 2 ou 3 jours dans le Burren


                        • Imhotep Imhotep 22 janvier 2010 11:11

                          un paysage de conte de fées

                          de poésie
                          et de rêve


                          • Fergus Fergus 22 janvier 2010 11:25

                            Bonjour, Imhotep.

                            Vous avez parfaitement raison, et ce n’est pas un hasard si nombre de jeux de rôle ou de jeux vidéos se sont emparés des légendes celtiques et des paysages comme ceux d’Irlande ou d’Ecosse qui, c’est particulièrement vrai pour Aran, font travailler l’imagination et alimentent les fantasmes.

                            Mais au delà d’un imaginaire souvent guerrier, je suis d’accord avec vous pour mettre l’accent sur la poésie et le rêve qui se dégagent de ces terres insolites et fascinantes.


                          • Nobody knows me Nobody knows me 22 janvier 2010 11:22

                            Merci pour ce petit bout de rêve. Ce coin sera définitivement une de mes prochaines destinations.
                            Bon, je vous laisse, j’atterris dans 5 minutes au boulot... smiley

                            Cdlmt


                            • Fergus Fergus 22 janvier 2010 11:31

                              Bonjour, Nobody, et merci pour votre commentaire.

                              Aucun risque que vous soyez déçu : la réalité est encore plus spectaculaire. D’autant plus qu’il manque ici le bruit de la mer venant frapper les falaises et les cris des oiseaux qui nichent en quantité sur ces îles.

                              Bon courage pour le boulot, mais c’est toujours plus facile quand on garde à l’esprit une perspective d’échappée vers d’étonnants horizons...


                            • non666 non666 22 janvier 2010 11:36

                              Bonjour.
                              Tres intéréssant cet article.
                              Vous faites references aux boreens
                              Mais au niveau etymologie, y a t’il un rapport avec les hyper-boreens mentionnés dans les legendes ?
                              Car vu la situation de l’ile, si les boreens sont a l’ouest, les hyper-boreens ne peuvent etre qu’en Amérique.


                              • Fergus Fergus 22 janvier 2010 11:54

                                Salut, Non666, et merci à vous.

                                Non, il n’y a pas de rapport entre les Hyperboréens (ces enfants mythlogiques venus du grand Nord, à l’image du vent boréal symbolisé par le Dieu Borée). Le mot de « Boreen » est tout simplement une altération d’un mot gaélique, Bóithrín, qui désigne un chemin rural.

                                Bonne journée.


                              • bo bo 22 janvier 2010 12:34

                                Bravo Fergus, la terre est si belle que l’on se demande pourquoi les hommes s’ingénient à la gâcher.....
                                Allez porter vos pas en Ecosse et dans ses îles, vous en aurez aussi plein le cœur et les yeux, car l’histoire lie intimement ces deux pays.
                                Pour le chauffage on faisait avec des bouses séchées quand il n’y avait rien d’autres.
                                Un mot pour la splendide Bibliothèque du Trinity College Dublin (fondée en 1592) : voir The Book of Kells (mentionné dès 1007 : 680 pages presque toutes enluminées, considéré comme « la plus grande relique du monde occidental »). Elle contient des manuscrits enluminés parmi les plus beaux de la chrétienté.
                                L’irlande en a été un des berceaux avec Saint Columbus (AD 526-97) et c’est de là qu’est partie un des plus grands mouvements de la chrétienté qui a modelé les paysages irlandais et écossais.
                                Bonne balade !  smiley


                                • Fergus Fergus 22 janvier 2010 12:44

                                  Merci pour ces précisions, Bo.

                                  Vous avez raison pour l’Ecosse, elle présente en effet de grandes similitudes avec l’Irlande, à commencer par les landes de bruyère et les lacs, innombrables dans les deux pays. Sans oublier un passé celtique commun.

                                  Le « Book of Kells » est en effet une pure merveille, probablement l’un des plus beaux livres enluminés.

                                  Bonne journée.

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