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Accueil du site > Culture & Loisirs > Voyages > Grèce – La résignation

Grèce – La résignation

- De Santorin à Thessalonique -

Nous avons fait trois voyages touristiques en Grèce à un an d'intervalle chacun (1). Ce n'est pas une mauvaise périodicité pour tenter de sentir les évolutions.

  • Il y a deux ans, révolte politique. Syriza vient au pouvoir. Les Grecs souffrent mais ils ont aussi la fierté de ceux qui résistent.
  • Il y a un an, abattement. Cette révolte s'est soldée par une défaite cuisante. La finance internationale, qui dirige notre partie du monde, la leur fait payer cher. A l'oppression s'ajoute l'humiliation.
  • Cette année, intériorisation, qui va même au-delà de la résignation.
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Front de mer à Thessalonique

Toujours plus de pauvreté

La pauvreté n'arrête pas d'empirer. Les salaires et les retraites continuent de baisser. Les petits salaires sont couramment de l'ordre de 500 Euros/mois. Une dame nous explique que sa retraite a été divisée exactement par deux et que le nouveau train de mesures va encore l'amputer de façon importante. Et en même temps les prix ont beaucoup augmenté, à cause notamment des hausses de TVA. En Grèce continentale, les produits alimentaires locaux, l'hôtellerie et la restauration sont en dessous des prix français et les autres prix sont souvent comparables. Santorin est chère, même par rapport à la France. L'essence est à peu prés aussi chère en Grèce continentale qu'en France, et nettement plus à Santorin.

Les classes moyennes ne sont pas du tout épargnées, mais l'écart se creuse entre ceux qui avaient un peu de fortune et ceux qui n’en avaient pas du tout. Ces derniers basculent dans la misère. On nous a dit qu'à Thessalonique il y a maintenant des mendiants, ce qui n'était jamais arrivé jusqu'ici, et effectivement nous en avons vu.

La fraude fiscale a diminué, mais il est toujours très bien vu de payer en liquide et les pourboires ne sont jamais refusés. A Kalambaka (Thesssalie), nous dînons à trois dans un des meilleurs restaurants de la ville, dont le propriétaire est prospère. Lorsque nous sortons une carte de crédit, le serveur nous demande fermement de payer en liquide ; « malheureusement », nous n'avons brusquement plus d’argent liquide… et nous n’y retournerons pas.

Crise économique, une expression discutable

Pour la situation économique et sociale en Grèce je ne saurais être plus clair que la première partie de l'article de MARTINEZ sur Agoravox (2).

Des Grecs que nous avons rencontrés parlent de crise économique et la voient comme mondiale.

Éliminons d'abord un malentendu. Le chômage n'est pas la crise économique. C'est au contraire un des facteurs de la rentabilité des capitaux. Le libéralisme ne vise jamais le plein emploi, bien au contraire ; le chômage, ils y tiennent... et dans tous les pays. Karl Marx parlait d'« armée de réserve du capital ». L'expression « crise économique » a deux connotations : fatalité et durée limitée. Elle sous-entend un avenir meilleur. Quelque part, son utilisation systématique contribue à faire accepter la situation. Or, si le PIB grec a énormément diminué, c'est dû principalement à la prédation du capital financier international sur ce pays et, accessoirement, à l'évasion fiscale et financière des très riches, pas à une « crise » venue d'on ne sait où. En ce qui concerne les perspectives d'avenir, l'optimisme est à mesurer. Les mêmes causes risquent de continuer à produire les mêmes effets. Cf. l'article de Thémis Tzimas sur le site en Français de l'organisation de gauche Union Populaire (3).

On n'a pas pour autant l'impression d'un pays en déliquescence. Le tourisme est florissant et entraîne d'autres secteurs de l'économie. On construit encore beaucoup, pour héberger les touristes. Des cimenteries sont arrêtées, mais d'autres sont en pleine activité, par exemple avec un écriteau « Lafarge béton ». L'agriculture (oliveraies, vignes, etc.) paraît souvent prospère et s'accompagne d'industries agroalimentaires (produits laitiers, vin, bière, etc.).

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Vigne à Santorin

Enfin des entreprises internationales profitent d'une main d’œuvre bien formée, bon marché et probablement peu exigeante sur les conditions de travail. On voit ici et là des bâtiments très modernes...

A noter la place des capitaux allemands parmi ceux qui profitent de la situation. C'est ainsi que la société allemande semi-publique Fraport s'est offerte les 14 aéroports régionaux les plus rentables à des conditions très favorables, avec l'appui des autorités de Bruxelles. Quant aux conséquences en termes de service, je raconterai plus loin notre expérience de celui de Santorin. Et partout les Lidl fleurissent, si on peut dire

Le tourisme de masse

Les ressources du tourisme sont vitales pour la Grèce actuelle. Il ne s'agit pas partout d'un tourisme de masse, mais à Santorin, ça l'est. Une franco-grecque vivant à Santorin, rencontrée par hasard, nous dit que les touristes qui passent des nuits sont surtout Chinois, Français, Allemands et qu'il y a de plus en plus d'Indiens.

  • Les Chinois ont des aides pour faire un voyage une fois dans leur vie ; ce sont les seuls qui viennent aussi l’hiver. Nous en verrons beaucoup. Leur principale activité semble être de se photographier en groupe, en couple, voire individuellement, mais ils ne paraissent voir les sites que comme des arrière-plans.
  • Nous croiserons pas mal de Français et d'Américains, et une fois des Indiens, mais je ne me souviens pas d'un seul Allemand en deux semaines.
  • Les Américains viennent notamment dans des bateaux de croisière de masse où ils passent la nuit. Dans la journée, les passagers débarquent à Thera où leur nombre contribue à rendre le bourg difficilement praticable. Fin mai, l'ordre de grandeur était de deux de ces bateaux, que je préfère appeler HLM flottants, par jour.
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HLM flottants à Santorin

En juillet-août, Santorin doit être presque invivable (et chère).

Nous repartons par l'aéroport de Santorin, qui est géré, rappelons-le, par un groupe mené par l'allemand Fraport. Le samedi 27 mai est assez chargé, mais ce n'est quant même pas la haute saison. A l'arrivée, on nous ordonne de nous mettre à la fin d'une longue queue à l'extérieur de l'aéroport lui-même. Ce sera pour l'enregistrement des bagages. A la suite de quoi, on nous ordonne de ressortir de l'aéroport pour prendre une deuxième queue. Ce sera pour l'enregistrement des passagers. Pour la troisième queue, le contrôle de police, il y a un progrès : c'est entièrement à l'intérieur. En revanche, les agents sont encore plus secs que les précédents. Où est la Grèce que nous avons connue ? Mais nous n'avons encore rien vu.

Nous nous retrouvons dans une salle d'attente commune à tous les vols et totalement bondée. L'heure de décollage théorique étant 11 h 35, un retard est annoncé vers 11 h 25, alors que nous devrions être déjà embarqués, puis il est prolongé. Vers 13 h 10, l'écran annonce « boarding ». Problème : l'avion que nous devons prendre n'atterrira dans l'aéroport que nettement après cet affichage. Mon épouse et une autre Française se partagent un bout de tablette basse pour s'asseoir ; les maris restent debout, et serrés. Une passagère fait une crise de nerfs et ses cris perçants s'entendent de partout. Un des passagers arrive enfin à obtenir un début d'explication. Ce serait la capacité de parcage des avions dans l'aéroport qui ne suffirait pas. Possible, mais cet aéroport n'est pas très grand ; ils doivent la connaître, leur capacité de parcage, et les vols sont prévus longtemps à l'avance. Nous décollerons avec deux heures de retard. Je n'ai pas entendu d'excuses de la part de l'aéroport.

La rentabilité, c'est d'entasser le maximum de touristes, même au delà du raisonnable. Quand le capitalisme mondialisé organise le tourisme, le touriste n’est plus un hôte, ni même un client ; ce n’est qu'une marchandise.

Le poids de l'église orthodoxe

En Grèce l'orthodoxie est religion d'état. L'église orthodoxe a d'importants privilèges.

Il est notoire qu'elle est riche, et cela se voit à de nombreux détails.

Les églises et bâtiments religieux sont pimpants.

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Eglise à Megalochori (Santorin)

Nous entrons quelques minutes dans le monastère de Saint Jean le Théologien, à Souroti (Macédoine). C'est un vaste domaine, avec notamment un grand bâtiment d'habitation (pour les visiteurs ?), plusieurs dômes d'églises, etc. Partout, il donne une impression d'opulence.

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Monastère à Souroti

Les popes se déplacent en ville avec des sacs très « cadre », qui doivent souvent contenir des ordinateurs.

Il y a certainement des Grecs qui désapprouvent cette richesse, mais la majorité de la population semble l'accepter sans réserves. Car leur piété est sincère et n'hésite pas à se montrer. Au monastère de Souroti, beaucoup baisent les icônes ; une femme nous encourage à aller dans l'église où se déroule un office, à grands renforts de sourires et, faute de vocabulaire religieux commun, de signes de croix. Je lui réponds « It's not our deal ». Elle ne nous en veut pas.

Le 28 mai, à Kalambaka (Thessalie), une commémoration historique donne un aperçu de l'articulation entre sentiment national, religion et politique : il s'agit de la commémoration de la prise de la ville par les Turcs, au 14ème siècle.

Dans la rue, trois femmes âgées assises sur un muret s'étaient adressées à nous pour nous inciter à y aller ce soir-là : « Ce sera très beau ».

Une sorte de château en carton, assez naïf, a été dressé devant la vieille et belle église byzantine, dont le clocher est souvent éclairé par des projecteurs de couleur (4).

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Coommémoration à Kalambaka

L'organisation est bonne et la sono excellente. Il y a beaucoup de monde. Le premier à parler est en costume de pope. Le maire suit peu après. Je devine que les principaux discours ont deux phases, l'évocation nostalgique d'un passé où l'orthodoxie était encore plus dominante que maintenant, puis le présent. Je voudrais comprendre les messages... Il y a aussi des déclamations de textes, danses folkloriques en costumes, chants, etc.

Un mélange donc de nationalisme et d'autorité religieuse. A en juger par l'affluence, mais aussi par l'écoute, ça marche.

En Grèce, la religion n'est pas qu'une affaire individuelle, ni même collective. C'est aussi un pouvoir multiforme. Ce pouvoir influence probablement l'opinion publique vers la droite, voire l'extrême- droite. On disait dans le temps que ce n'était pas le cas en Crète.

Adaptation ou acceptation ?

La Grèce semble avoir retrouvé son animation. Par rapport à l'année dernière à la même époque, il y a plus de monde dans les cafés ou sur les promenades. Quand ils ne sont pas au café, ils discutent là où ils le peuvent. Nos interlocuteurs plaisantent davantage. Ils nous suggèrent aussi plus facilement des sites à visiter ou des activités auxquelles assister.

Bref, la Grèce semble avoir un peu retrouvé de son ambiance traditionnelle.

Avec quand même une exception. Dans la aéroports souvent, mais aussi dans des lieux à visiter, on rencontre de employés qui font appliquer rigidement et pas toujours courtoisement des règlements, même quand c’est superflu. Et cela, ce n'était pas grec du tout. Peur de perdre leur travail ? Aigreur devant la dégradation de leur vie ? Un exemple : nous visitons les ruines du vieil Akrotiri à Santorin. Il y a peu de monde. Nous n'avons pas fait attention aux flèches qui indiquent des sens de circulation. Nous sommes au milieu d'une passerelle assez large et d'une quarantaine de mètres de long, seuls et sans que personne ne fasse mine d'y entrer, lorsqu'une gardienne nous intercepte et nous oblige à rebrousser chemin sans vouloir rien entendre.

Le dernier soir de notre voyage, je dis à une personne qui tient un petit restaurant à Souroti que les Grecs me semblent plus gais et plus animés que l’année dernière. Elle réfléchit un peu et dit que c‘est probablement vrai. Les gens ont pris la mesure de la crise économique. Elle veut espérer qu'il y aura une plus belle vie, au moins pour elle-même. Elle fait le nécessaire pour cela ; par exemple, elle apprend des langues (Russe et Ukrainien, en plus du Français, de l’Allemand et de l’Anglais)

Individuellement, c'est tant mieux et ils ont raison. Mais la grande finance internationale a, là encore, gagné. Ils intériorisent la compétition effrénée et impitoyable aux faibles comme une fatalité pour survivre. Et ils ne croient probablement plus beaucoup à la résistance collective.

Et les élections françaises ?

Deux personnes nous ont parlé de M. Macron. L’un d’eux, proche des milieux franco-grecs nous a dit « Si j'avais été français, j'aurais voté au deuxième tour pour Marie (sic), parce qu’elle, au moins, elle aime la France ». L’autre nous a interrogés avec une curiosité amusée ; quand je lui ai répondu que M. Macron était venu de la banque Rothschild, sa curiosité a instantanément disparu ; affaire classée !

Laissons le mot de la fin à une jeune Française qui aide son compagnon grec à tenir un restaurant. Elle nous entend commenter une communication par Facebook et demande de quoi il s’agit. Je lui réponds qu’une personne que nous connaissons est susceptible d'être élue députée macroniste, mais que nous n’y sommes pour rien. Elle me fait expliquer le terme « macroniste », et dit « la politique ! »

 … avec une mégatonne de mépris.

(1) http://www.agoravox.fr/culture-loisirs/voyages/article/tourisme-a-corfou-c-est-deja-aider-167743 et http://www.agoravox.fr/culture-loisirs/voyages/article/grece-un-an-plus-tard-181591

(2) http://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/la-grece-continue-de-couler-la-193343

(3) https://unitepopulaire-fr.org/2017/01/03/lhistoire-dune-absurdite-economique-commentaire-sur-leurogroupe/

(4) http://www.kalabakacity.gr/images/stories/Ekdiloseis/kalabaka_alosi_tis_polis_2017/alosi_kalabaka_IMG_0540.jpg et http://www.kalabakacity.gr/eidhseis/35371-kalampaka3a-tin-tetarti-ekdilosi-gia-tin-alosi-tis-polis-apo-tin-im-stagon-kai-meteoron-kai-ton-dimo-kalampakas.html


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27 réactions à cet article    


  • ZEN ZEN 14 juin 12:30

    Bonjour,


    Merci pour ce billet très intéressant.
    Où on apprend que les Allemands continuent à faire de fructueuses affaires, après Siemens et les autres...
    Nous avons programmé un voyage à Santorin pour juillet. Ce n’était peut-être pas la meilleure idée...
    Sur le continent, les choses se passent plutôt assez mal, si on sort des zônes touristiques
    Les problèmes restent entiers, malgré les investissements chinois (ports), canadiens (mines) ...
    Herr Doktor Schaüble ne veut pas changer sa doctrine ordo-libérale, malgré des voix discordantes au FMI...et bien que la Deutsche Bank, qui a fait là-bas ses choux gras, est en grave difficulté.
    Bien à vous.


    • Pierre-Yves Martin 14 juin 14:03

      Bonjour,

      Santorin a de très belles qualités. La vue le soir en bateau depuis la Caldera est célèbre à juste titre. Il y a aussi à Thera un très beau musée, avec une partie des trouvailles les plus spectaculaires d’Akrotiri.

      Juillet, ce n’est pas génial. Si vous n’avez pas encore réservé pensez à Pyrgos, moins cher et un peu plus calme, car c’est à l’intérieur. Nous ne sommes pas allés entre Thera à Oia ; c’est la partie considérée comme la plus touristique, donc peut-être à éviter en haute saison.

      Je ne suis pas loin de penser que les îles vont souffrir relativement plus, avec la disparition des taux préférentiels de TVA. Mais évidemment, Santorin ou Mykonos partent de relativement haut. Les zones touristiques souffrent aussi sur le plan social. On noue a dit que, même à Santorin, les salaires avaient baissé.


      • Phalanx Phalanx 14 juin 17:44

        « Un mélange donc de nationalisme et d’autorité religieuse. A en juger par l’affluence, mais aussi par l’écoute, ça marche. »


        Y’a t il autre chose qui n’ait jamais marché ? En France la religion et maintenant la nation sont en voie de destruction ... si vous imaginez une seconde que ca va bien finir vous êtes un grand naif.

        Autre chose concernant la Grèce, Aube Dorée va faire son retour en froce et c’est tant mieux. Les Grecs sont en train de se rendre compte de l’arnaque gauchiste (qui promet monts, merveilles, et remplacement ethnique ... et qui fini avec misère ... et remplacement ethnique).

        • Pierre-Yves Martin 14 juin 17:59

          @Phalanx
          Si je comprends bien, pour vous, la religion est un accessoire du fascisme.
          II y en avait aussi un qui croyait que Dieu l’aidait à installer ses abominations pour mille ans.
          Aube Dorée peut continuer à faire des blessés et quelques morts. Ils augmenteront probablement leurs nombres d’élus. Mais ne prenez pas vos désirs pour des réalités : ils resteront marginaux, et heureusement.
          Et vous, vous continuerez à aboyer dans votre salon.


        • Phalanx Phalanx 14 juin 20:38

          @Pierre-Yves Martin

          La religion n’est pas forcemment un accesoire du fascisme/totalitarisme (ie : Khmer, URSS, Nazisme, UE etc ...) mais c’est généralement pire sans (voir les exemples cités précédemment).

          Les blessés, la politique de diversification ethnique en engendre des centaines par jour en Europe, Aube Dorée n’est qu’une saine réaction de population indigène n’acceptant pas la domination de l’occupant... et, naturellement, ils vont revenir en force sur le devant de la scène politique greque (comprenez moi, je vous dis juste que c’est un moindre mal comparé a votre folie génocidaire).

          De toute façon le débat sur Aube Dorée ne peut se faire si vous n’en connaissez que les caricatures que les médias de l’UE (qui ont bien compris le danger mortel pour leurs intérêts) en font. 

          (Pierre Jovanovic a récemment interviewé le président d’Aube Dorée, interessant : http://www.jovanovic.com/blog.htm)


        • Pierre-Yves Martin 14 juin 21:50

          @Phalanx
          Je garde ma folie-machin, mais même si vous me mettez une camisole, vous n’arriverez pas à m’empêcher d’écrire.


        • Phalanx Phalanx 15 juin 16:12

          @Pierre-Yves Martin

          Ah ah ah ... qui vous parle de vous empecher d’écrire ? :)) 

          N’ayez crainte, vous êtes du côté des puissants, dénoncez le génocide des indigènes européens et vous pourrez commencer à comprendre ce que la répression de la liberté d’expression signifie. 

          Et croyez moi, vos potes de l’UERSS, savent trés bien comment faire pour empêcher leur opposants d’écrire.

          Le fascisme, c’est votre système.


        • Pierre-Yves Martin 15 juin 16:26

          @Phalanx
          Pour ma part, j’arrête cette polémique.
          Je fais quand même une précision pour ce qui me concerne personnellement : je me considère certes comme marxiste, mais je n’ai jamais été membre d’un parti communiste quel qu’il soit.


        • Sergio Sergio 14 juin 18:56

          Grèce - La résignation


          Grèce - La Retsina en action

          • Pierre-Yves Martin 14 juin 19:15

            @Sergio
            La retsina, c’est en effet un peu comme la Grèce. Il y a celle pour les touristes, en bouteilles et assez fade, et il y a celle en vrac, la vraie, bien râpeuse et qu’on aime ou pas.
            Je suis content : cette année j’en ai trouvé de la deuxième.


          • Sergio Sergio 14 juin 19:17

            @Pierre-Yves Martin


            Bonsoir, je pense que la photo des cépages était un clin d’œil, alors je me suis permis de m’en inspirer

            Bien à vous !

          • Pierre-Yves Martin 14 juin 21:47

            @Sergio
            Abomination et hérésie : la vigne de Santorin pour faire de la retsina !
            Le cépage cultivé à Santorin est spécial. Son rendement est extrêmement faible et il sert à faire des vins blancs très spécifiques.

            Oui, il faut bien s’amuser un peu, surtout qu’en ce moment...


          • Jao Aliber 15 juin 01:11

            « Le libéralisme ne vise jamais le plein emploi, bien au contraire ; le chômage, ils y tiennent... et dans tous les pays. Karl Marx parlait d’« armée de réserve du capital  » »


            Au contraire ! L’ idéal de l’Etat capitaliste-salarial est le chômage zéro mais cela entre en contradiction avec la propriété privée c’est à dire en contradiction avec le profit et le salaire.Le capitalisme(salariat) a très peur du chomage car c’est la promesse de sa mort prochaine.

            Marx n’ a pu découvrir la plus grande loi de toute l’histoire : la lutte des superclasses.C’est pour cette raison qu’il n’ a pas pu saisir la nature profonde du chômage : les chômeurs ne sont pas « l’armée de réserve du capital » mais les éléments de la future société communiste en devenir.Au contraire, ce sont les salariés qui constitue « l’armée de réserve du capital » car les capitalistes tirent toute leur force économique(la plus-value) des salariés.Force économique qui sert à entretenir armée, police, services secrets pour le maintient du système capitaliste.

            Les chômeurs doivent être majoritaires dans la population active pour rendre possible leur émancipation future.

            En résumée : armée de réserve du capital= salariés et armée de réserve de la future société communiste= chômeurs.Le rapport de force économique(qui détermine grandement le rapport de force militaire) est le taux de chômage de la population active.





            • CN46400 CN46400 19 juin 08:50

              @Jao Aliber

              Le chômage a tendance a faire baisser le prix de la force de travail. C’est pour cela que « l’armée des chômeurs » est, non seulement, l’armée de réserve du capital, mais aussi un moyen d’accroître l’exploitation des prolos en favorisant le taux de profit du capital.


            • Pierre-Yves Martin 15 juin 07:38

              Dans la partie du monde où nous sommes (je ne parle pas de la Russie, de la Chine, de l’Inde, etc.), les états ne sont plus guère que les exécutants d’un groupe très restreint de mandataires de quelques méga-intérêts capitaliste, en gros le niveau dirigeant des Bildenberg.
              Ceux-ci n’ont qu’un but : garantir la toute-puissance des grosses concentrations de capitaux. Et cela passe par la priorité absolue au profit, donc par la suppression de toute protection des salariés (c’est pourquoi la priorité de M. Macron est de supprimer le code du travail et de rétablir un droit pratiquement absolu de licencier) et le chômage.
              Bien entendu, pour eux, il n’y a pas de future société communiste. Je ne sais plus lequel d’entre eux disait en substance « Mais oui, la lutte des classes existe et nous l’avons gagnée ». Et c’est vrai, actuellement et malheureusement pour longtemps.
              Pour le temps long, je ne sais pas ce qu’ils mijotent, mais je crains le pire. Il est vrai que dans l’histoire le pire n’est pas toujours sûr.


              • Trelawney Trelawney 15 juin 09:38

                @Pierre-Yves Martin
                les états ne sont plus guère que les exécutants d’un groupe très restreint de mandataires de quelques méga-intérêts capitaliste, en gros le niveau dirigeant des Bildenberg.

                Il ne faut pas toujours croire que l’humain est malin et une minorité d’entre eux dirigent et imposent leurs vison au reste du monde.
                Si les états ne changent pas de politique, c’est que le système économique mondialisé ne fonctionne que d’une seule façon et ne croyez pas que l’état chinois, comme l’état indiens peuvent diriger leur pays comme il l’entendent, car ils sont dans la même barque que nous et doivent aussi tenir compte du système économique. La seule chose qui est certaine, c’est que si ce système économique s’écroule, il s’écroulera partout (Russie, Europe USA, Chine) avec la même violence
                Le cas de la Grèce est un cas d’école. Tout d’abord le FMI, l’UE etc ont essayé de limiter l’ampleur de la crise à la Grèce intra-muro, car s’ils avaient dit dès le départ : « La crise grecque peut s’étendre à d’autres pays, donc on va annuler la dette grecque et les laisser repartir », c’était avouer au monde entier que le système économique et surtout bancaire n’était pas fiable. Aussi, pour se dédouaner, ils ont fait porter le chapeau aux grecques

              • Pierre-Yves Martin 15 juin 09:58

                @Trelawney
                Ces gens-là ont les moyens de se payer (cher) les meilleurs cerveaux. En réalité ils ont tous les moyens et s’en servent. ils ont aussi les moyens de cacher ce qu’ils pensent et de dissimuler ce qu’ils font.
                Russie, Chine ou Inde ne font pas bien sûr tout ce qu’ils souhaiteraient, mais, contrairement à l’U.E. et aux états « occidentaux », ce ne sont pas que des exécutants du grand capital mondialisé.
                Le FMI, l’U.E., etc. n’ont eu aucune approche économique des problèmes de la Grèce. Leur approche a été principalement juridique et comptable, mais aussi punitive (pour avoir osé contester leur toute-puissance et jeter les graines d’une contestation populaire).


              • Trelawney Trelawney 15 juin 10:24

                @Pierre-Yves Martin
                Russie, Chine ou Inde ne font pas bien sûr tout ce qu’ils souhaiteraient, mais, contrairement à l’U.E. et aux états « occidentaux », ce ne sont pas que des exécutants du grand capital mondialisé.

                Détrompez vous ! Eux comme nous n’ont pas les coudés franches car ils sont interdépendants de l’économie mondiale
                Il y a une interview de Poutine qui résume assez bien cela. Il dit que Obama aurait voulu fermer Guantanamo, mais qu’il n’a pas eut la possibilité de le faire et dit : « Il y a ce que l’on rêve de faire et ce qui est possible de faire ». Ce qu’il disait pour Obama, il le disait aussi pour lui.
                Je commerce avec la Chine, l’Inde et l’Asie du sud-est et je peux vous dire que les critères et la réglementation est 100% identique à l’Europe. Je ne suis absolument pas dépaysé. Et les réglementations chinois comme indiennes sont les même qu’ici. Le monde est global et tout est fondu dans le même moule économique. Les seules différences sont d’ordre culturelles (pour ainsi dire folklorique).
                Ne pas intégrer cette donnée, c’est faire une grosse erreur et hypothéquer notre avenir. C’est pour cela que je suis très méfiant vis à vis de politique comme Mélenchon, Lepen, Asselineau etc qui nous font croire que l’on peut revenir comme au temps des 30 glorieuses, alors que c’est le monde entier qui a changé et qu’on ne fera jamais machine arrière

              • Pierre-Yves Martin 15 juin 11:03

                @Trelawney
                Qu’ils appliquent des techniques commerciales semblables pour faire du commerce international n’implique pas en soi qu’ils aient renoncé à leur souveraineté. On voit bien en particulier que ce n’est pas le cas de la Russie.
                Le monde a changé, évidemment, mais ce n’est pas une raison pour abdiquer la démocratie, le droit de choisir, l’éthique, etc. ni d’accepter de revenir à bien pire que le 19ème siècle.
                Il s’agit actuellement de résistance.
                Nos désaccords touchent en partie aux analyses, mais beaucoup plus aux choix.


              • Trelawney Trelawney 15 juin 09:26

                Depuis la crise, la Grèce a perdu 30% de sa richesse. Cela veut dire que tous les grecs sont moins riches de 30%. Chez certains ça se remarque moins car quand on passe de 1M d’euro par an à 700 000 euros ça se remarque moins que lorsqu’on passe de 600 à 400 euro par mois.

                L’UE va mettre en application avec plusieurs années de retard ce qu’elle aurait du faire dès le début, mais que l’Allemagne (surtout Merkel) c’est toujours refusé de faire à savoir : transfert de la totalité de la dette grecque vers la BCE (création d’euro). Mais je dois dire que c’est trop tard.
                En effet les grecs se sont habitués à cette crise et s’organisent autrement. Le travail au noir est devenu une pratique courante. Même si les banques limitent considérablement la diffusion de cash, le troque a fait son apparition et est devenu un système courant. Je viens ramasser tes olives contres des oeufs, du lard et une volaille.
                C’est l’effet pernicieux d’une crise mal gérée depuis le début. les villes se vident de leurs travailleurs, les campagnes se remplissent. Les taxes, impôts et cotisations sont devenus tellement énorme que les entreprises ont du mal à embaucher. Et même si elles embauchent, l’absentéisme est tellement important que la production n’est plus fiable.

                Le grecque est fier et débrouillard il continuera à vivre dans son pays, mais sans administration, sans banques et complètement désorganisé.

                PS : Santorin n’est pas un bon exemple pour observer la Grèce. C’est comme juger l’économie française depuis Saint Tropez ou le Mont Saint Michel

                • Pierre-Yves Martin 15 juin 09:47

                  @Trelawney
                  Je crois que vos remarques sont très pertinentes.
                  Je n’ai pas dit que Santorin est représentatif de la Grèce. Je crois même avoir laissé sous-entendre le contraire. Mais, cette fois-ci, nous y avons passé plusieurs jours.


                • kirios 15 juin 11:17

                  j’ai bien sur recommandé votre article ; je pense cependant qu’il manque une information concernant Santorini : qui sont les propriétaires des établissements touristiques ou dépensent ils leur argent , ou le placent ils ? qui sont les principaux bénéficiaires de cette économie ?
                  votre information sur l’aéroport de Santorini nous révèle que l’invasion est non seulement économique mais aussi culturelle : nous assistons à l’effacement d’un Pays et on voudrait reprocher au peuple grec de se tourner vers Aube dorée ???


                  • Pierre-Yves Martin 15 juin 11:57

                    @kirios
                    Pour les propriétaires, je n’ai pas d’éléments, sauf en ce qui concerne un bon restaurant à proximité de notre hôtel : il s’agit d’une affaire familiale, que le fils a rénovée.


                  • marko 15 juin 14:52

                    Bonjour , j’aimerais si vous le permettez apporter quelques corrections à votre articles intéressante par ailleurs mais écrit avec des yeux de touriste. je suis grec et français, médecin, je soigne mes compatriotes deux fois par an du coté de Corinthe, et ai de ce fait de nombreux contact avec la Grèce profonde.

                    La fête que vous évoquiez à Kalambaka est le 29 Mai et commémore la chute de la ville de Constantinople, qui est effectivement une catastrophe nationale pour nous. L’église Orthodoxe a effectivement beaucoup d’argent, mais à la différence de l’église catholique en France, elle pourvoit abondamment à beaucoup de besoins de la population. 
                    Effectivement , les allemands sont omniprésents financièrement, pas seulement dans les aéroports locaux ; cela commence à créer des remous. Pourquoi les grecs ne se révoltent-ils pas devant toutes ces mesures d’austérité à répétition, la question est vaste et compliquée et n’amanbe pas qu’une seule réponse. Mais c’est un autre débat.
                    Merci en tout cas pour une vision relativement objective de la situation la-bas .

                    • Pierre-Yves Martin 15 juin 16:17

                      @marko
                      Autant pour moi : j’ai confondu chute de Constantinople et chute de ce qui deviendrait Kalambaka.

                      Je sais que l’église orthodoxe insiste sur son rôle social, et certainement avec raison. Mais le problème, avec la charité religieuse, c’est qu’elle peut difficilement être équitable. Je doute que l’église orthodoxe aide autant l’athée que le pieux.


                    • sokom 16 juin 11:51

                      La religion orthodoxe que vous semblez mépriser a quand même permis de sauvegarder quelques choses des peuples serbes et grecs resté prisonnier 500 ans de l’occupation ottomane.

                      Elle a été pendant 500 ans notre seul espoir et notre seul réconfort et aujourd’hui, on devrait lui tourner le dos, lui reprendre ses terres, ses églises et monastère... et on en fait quoi, on les vend au chinois et allemands ?

                      Elle (l’Eglise) avait tout son pouvoir avant la crise, elle l’aura bien après. Elle n’a pas provoqué la chute du niveau de vie de la population, ce son les banques. Pourtant vous nous inviter à l’abattre en bonne athée convaincu que vous êtes. Invitez les à taxer les banques, elles sont bien plus puissante que l’église orthodoxe, et même leur patrimoine est bien plus grand.

                      C’est comme si un malade avait une tumeur au cerveau, et on lui disait qu’il faut opérer les poumons.

                      Quand on réapprendra a vivre simplement et dignement, peu importe nos salaires, nous vivrons bien mieux qu’aujourd’hui. La société de consommation s’effondrera et nous reviendrons ainsi aux fondamentaux. C’est a ça que vous invite chaque églises et chaque religion. Vos histoire que la religion engendre des guerres, oui chez tout ces idiots, avide de pouvoir d’achat et d’envie de consommer...

                      • Pierre-Yves Martin 16 juin 12:20

                        @sokom
                        Je ne crois pas avoir été méprisant vis-à-vis de qui que ce soit dans mon article. j’ai au contraire la conviction d’avoir été respectueux. Avec une seule exception : les gestionnaires de l’aéroport de Santorin.
                        J’ai écrit que l’église orthodoxe est religion d’état, qu’elle a des privilèges et qu’elle est riche. Personne ne le conteste, pas même vous.
                        Quand voues écrivez « vous nous inviter à l’abattre en bonne athée convaincu que vous êtes » où allez-vous chercher cela ? Il n’y a rien dans ce que j’ai écrit que l’on puisse interpréter ainsi. C’est probablement parce que j’ai répondu à quelqu’un d’autre que je me considère comme marxiste, d’ailleurs essentiellement au sens de la théorie économique et politique, que vous construisez à ma place mes propres convictions.
                        Dans un autre article, j’ai écrit que, pour moi, la laïcité au sens de la loi française de 1905 est satisfaisante. La laïcité n’implique nullement d’abattre les religions. Je suis d’ailleurs fermement et ouvertement hostile aux attaques anti-musulmanes en France.
                        Je ne suis pas Grec. Si je l’étais, je serais probablement favorable à une solution un peu similaire vis-à-vis de l’église orthodoxe.
                        Enfin, sur les banques, nous somme d’accord avec une nuance. Pour moi, les vrais fautifs sont les grands groupes financiers mondiaux, à commencer par Goldman Sachs, et très secondairement les banques anciennement grecques.

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