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Accueil du site > Culture & Loisirs > Voyages > Le « bouldras », roi du causse

Le « bouldras », roi du causse

Ils sont superbes, les vautours fauves, avec leur belle livrée brune, leur collerette de duvet blanc et leurs grandes ailes aux rémiges caractéristiques. Quoi de plus beau que l’envol de ces rapaces dans les cirques escarpés ? Quoi de plus majestueux que leur vol plané sur les immensités du causse ? Ce spectacle, les rares habitants des gorges de la Jonte peuvent l’admirer tous les jours...

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Vautour fauve (photo Cyrille Le Goaziou)

Les aïeux des Caussenards d’aujourd’hui pouvaient également admirer ce spectacle autrefois : les vautours fauves étaient en effet chez eux dans les Causses durant la première moitié du 20e siècle. Décimés par les poisons destinés à éliminer loups et renards ainsi que par les tirs de stupides chasseurs en quête de trophées spectaculaires, ces magnifiques rapaces pouvant atteindre 2,90 mètres d’envergure ont disparu de ce territoire sauvage en 1950 pour le dernier des « bouldras* ». Mais il était écrit que le vautour fauve reviendrait un jour entre Tarn et Jonte, par la volonté de quelques hommes acquis à sa cause... 

Ce temps est revenu, et elle semble désormais loin l'époque où les premiers bouldras réintroduits dans les Causses, se conduisaient comme de vulgaires volailles, faute d’avoir complètement réappris à se nourrir seuls des carcasses de brebis mortes sur les étendues caussenardes. En 1982, on pouvait même voir, de temps à autre, un vautour déambuler tranquillement sur la route, du côté du hameau du Truel, en amont du Rozier.

L’aventure de la réintroduction du bouldras dans les Causses avait commencé beaucoup plus tôt. Dès 1970, des volières avaient été installées sur la partie ouest du causse Méjean, près du hameau de Cassagnes, sur une initiative conjointe du Parc National des Cévennes et du Fonds d’Introduction des Rapaces (FIR), intégré depuis à la Ligue pour la Protection des Oiseaux (LPO). À l’origine de cet audacieux projet, trois naturalistes passionnés par cet objectif, trois hommes auxquels il convient ici de rendre l’hommage qu’ils méritent : le regretté Michel Brosselin et les frères Michel et François Terrasse dont le remarquable travail de pédagogie auprès des populations locales a largement contribué au succès d’une opération en forme de défi.

Le choix de Cassagnes s’était imposé comme une évidence aux spécialistes. Situé entre les canyons du Tarn et de la Jonte, le hameau occupait en effet à leurs yeux une situation idéale pour tenter une expérience de réintroduction. D’une part, pour sa proximité avec les immensités austères du causse, lieu traditionnel de pâture des troupeaux de brebis, et par conséquent « garde-manger » potentiel de ces magnifiques rapaces. D’autre part, en raison de la présence toute proche des spectaculaires corniches et cirques des gorges de la Jonte, cette profonde entaille dans le calcaire qui sépare le causse Méjean du causse Noir. Le vautour n’est effectivement pas capable de s’élever seul dans les airs pour aller prospecter les environs à la recherche des carcasses. Il doit pour cela attendre que le soleil ait suffisamment chauffé l’air pour créer des courants ascendants le long des falaises.

D’abord captifs, puis semi-captifs, des vautours fauves provenant de différents parcs zoologiques et centres de sauvegarde de la faune, notamment pyrénéens (français et espagnols), ont été progressivement acclimatés à leur nouvel environnement dans les volières de Cassagnes. Rendus inaptes par des maladies ou des blessures, une partie d’entre eux n’étaient pas destinés à participer à l’aventure, mais au moins trouvaient-ils là un environnement en rapport avec leur milieu naturel d’origine.

En 1975, un premier lâcher de cinq vautours échoue : trois d’entre eux, venus d’Espagne, disparaissent, sans doute repartis vers les sierras ibériques ; un autre meurt électrocuté sur une ligne EDF ; le dernier est abattu par un chasseur myope qui l’aurait confondu avec un faisan !

Rendus méfiants par cet échec, les maîtres d’œuvre du projet se montrent désormais prudents, et ce n’est qu’en 1981 (le 15 décembre) qu’ils procèdent au deuxième lâcher de vautours. Les volières de Cassagnes comptent alors 86 pensionnaires, tous bagués. Cinq couples obtiennent le visa définitif de sortie. La réussite est cette fois au rendez-vous : les bouldras installent leurs nids dans les chaos rocheux et sur les vires inaccessibles des falaises de la Jonte, où ils peuvent se reproduire en liberté et partir progressivement à la conquête de leur territoire. Ils sont aidés dans leur nouvelle vie par une dérogation à la loi qui rend obligatoire l’équarrissage des animaux morts : moyennant un abattement de 40 % sur la taxe d’équarrissage, les éleveurs de brebis volontaires déposent les carcasses d’animaux sur des « placettes d’alimentation » dont le nombre évolue avec la population des oiseaux (on compte aujourd'hui environ 70 placettes). D’autres lâchers de vautours suivent jusqu’en 1986 avant de cesser définitivement après la mise en liberté du 61e bouldras, les processus de reproduction naturelle permettant l’augmentation naturelle de la colonie.

En 1990, malgré la mortalité due aux lignes électriques**, on recensait une centaine de vautours fauves sur le Causse, puis le double en 1996. On compte aujourd’hui environ 400 couples de vautours nicheurs dont la plupart restent attachés aux gorges de la Jonte dans le secteur Le Rozier - Le Truel. Mais un nombre croissant de rapaces colonise désormais les gorges du Tarn et, au sud du Causse Noir, les gorges de la Dourbie. Ces colonies attirent même des vautours venus d’ailleurs : on a relevé la présence d’oiseaux issus d’Espagne et du Portugal, ainsi qu’un vautour croate arrivé dans les gorges de la Jonte en 2003 !

Depuis 1992, les vautours fauves ne sont plus seuls dans les Causses. En collaboration avec la Black Vulture Conservation Foundation, la LPO et le Parc National des Cévennes ont réussi à réintroduire également des vautours moines. On en recense désormais environ 80 dont une moitié de couples reproducteurs. Les deux espèces cohabitent sans problème et participent même conjointement aux curées. C’est d’ailleurs là qu’il est le plus facile d’observer les vautours moines, nettement plus discrets dans leur mode de vie que les vautours fauves, du fait notamment d’un habitat moins décelable dans les pins sylvestres.

Autres hôtes des grands causses, le gypaète barbu dont quelques individus ont été réintroduits avec succès en 2012, et le vautour percnoptère – joliment appelé « Marie-Blanque » en Béarn – dont plusieurs couples sont venus spontanément s’installer dans la région ces dernières années.

Pour observer ces vautours au plus près, le mieux est de procéder en deux temps. Tout d’abord monter le matin à Cassagnes pour emprunter le sentier des corniches de la Jonte en direction du col de Francbouteille via les superbes Vase de Chine et Vase de Sèvres. On est là au cœur de la zone de nidification des bouldras, parfaitement placé, même sans jumelles, pour les voir s’élever le long des falaises en profitant des courants ascendants pour partir en quête de carcasses sur le causse. On peut ensuite se rendre au Truel pour aller visiter la Maison des vautours. Outre les espaces d’exposition sur le milieu naturel et le mode de vie des oiseaux, la Maison des vautours offre un remarquable belvédère sur un cirque calcaire où les rapaces peuvent être observés en détail grâce à d’efficaces longues-vues. Un équipement vidéo permet en outre de voir en direct les sites de nidification grâce à des caméras braquées sur les aires d’habitat. Idéal après l’éclosion des œufs !

Je devais cet article au bouldras et je le remercie sincèrement de me l’avoir inspiré. C'est en effet à ce rapace que je dois mon plus intense souvenir ornithologique. Alors que mon épouse, mon fils et moi faisions une pause casse-croûte sur une étroite dalle au bord d’une vertigineuse corniche à proximité du Vase de Sèvres, un vautour, porté par le courant, a surgi du cirque qui s’ouvrait en contrebas. Ses 2,80 m d’envergure sont passés dans un bruissement de planeur à quelques dizaines de centimètres au-dessus de nos têtes. Un souvenir inoubliable... 

 

Nom occitan du vautour

** On estime à une centaine le nombre des vautours tués par le réseau électrique depuis 1981. Outre les balises colorées placées sur les câbles pour signaler leur présence aux oiseaux, d’autres dispositifs de dissuasion sont à l’étude.

 

Autres articles sur la Lozère :

Une cloche dans la tourmente (juillet 2014)

Aux sources du Tarn : noces d’or lozériennes (juin 2014)

Aubrac : du granit, des vaches, et une incomparable sérénité (août 2012)

Sous le regard des vautours : bienvenue sur le Causse Méjean (août 2012)

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34 réactions à cet article    


  • gruni gruni 11 août 2014 09:28
    Bonjour Fergus

    Et merci pour cet article. Une réintroduction de rapaces n’est pas forcément souhaitée par les éleveurs du coin. Ces passionnés ont donc un mérite certain d’avoir su convaincre que l’homme et le rapace peuvent vivre en harmonie. 
    Mais peut-être que cet oiseau qui vous a survolé était lui aussi un peu myope pour vous confondre avec un troupeau de moutons.

    • Fergus Fergus 11 août 2014 10:22

      Bonjour, Gruni.

      Les éleveurs caussenards ont accepté sans trop de difficultés la réintroduction des vautours qui met à l’abri les troupeaux de brebis de risques d’épizootie liée à la présence ce cadavres pourrissant sur le causse que les grands corbeaux et les milans étaient impuissants à éliminer seuls. N’oublions pas non plus qu’en alimentant les placettes d’alimentation, il s bénéficient d’un important dégrèvement de la taxe d’équarrissage. Bref, tout le monde est gagnant.

      A noter que des histoires d’attaques de jeunes bovins vivants par des vautours ont couru dans les Pyrénées. Ces prétendus faits, montés en épingle par la presse locale, sont vivement contestés par les spécialistes de la LPO qui les considèrent comme des bobards sans fondement.

      Le vautour qui nous a survolés ne pouvait pas nous voir car il utilisait les courants ascendants et à débouché au ras de la corniche, sans doute aussi surpris que nous de cette rencontre. Nous avions déjà été survolés par des vautours, mais évidemment jamais d’aussi près.


    • Gasty Gasty 11 août 2014 10:27

      Dans les gorges du Tarn, au dessus du village de La Malène il y a le roc de serre, un endroit idéal pour voir ces magnifiques planeurs passer à quelques mètres de l’à pic sans un bruit.

      C’est impressionnant et inoubliable ! Mais il faut être là au bon moment et ça c’est le plus dur.


      • Fergus Fergus 11 août 2014 11:23

        Bonjour, Gasty.

        Oui, je connais bien cet endroit d’où l’on a une vue magnifique sur le Tarn et le village de La Malène. Idem pour un autre point de vue situé non loin de là, le roc des Hourtous, accessible également depuis le hameau de Rieisse. En ces deux endroits, l’on voit en effet de plus en plus de vautours nicheurs du Tarn, un peu moins toutefois qu’entre Les Vignes et Le Rozier. Superbe spectacle lorsqu’on a la chance de voir les « bouldras » évoluer dans les airs ou s’élever le long des escarpements chaotiques.


      • Alex Alex 11 août 2014 10:40

        Fergus,
        Bel article... en apparence du moins.
        Je m’interroge en effet sur le « hasard » qui nous vaut un article valorisant ces rapaces peu de temps après qu’ils se soient fait une sinistre réputation dans un autre pays...
         smiley


        • Fergus Fergus 11 août 2014 11:27

          Bonjour, Alex.

          Merci pour ce lien. Voilà des vautours infiniment plus dangereux pour nos sociétés et pour les peuples que nos braves « bouldras ».

          Dommage que ces informations ne soient pas plus diffusées et mieux connues du public !


        • caillou40 caillou40 11 août 2014 10:48

          Un bien bel oiseau en vérité...mais pour combien de temps... ?

          Une espèce animale ou de plante disparaît toutes les 20 minutes soit 26280 espèces disparues chaque année. Près d’un quart des espèces animales et végétales pourrait disparaître d’ici le milieu du siècle en raison des activités humaines... !

          • Fergus Fergus 11 août 2014 11:38

            Bonjour, Caillou.

            Vous avez raison, de nombreuses espèces animales ou végétales disparaissent chaque jour.

            Cela dit, les vautours ne sont pas près d’être une espèce menacée dès lors qu’ils ne sont pas victimes, comme dans les Causses, des poisons ou d’une chasse débile, voire de lois sur l’éradication des carcasses animales qui pourraient mettre leurs survie en péril.

            Mais comme les aigles, les buses les milans ou les grands corbeaux, étant en bout de chaîne alimentaire, ils peuvent se trouver exposés, par concentration dans les organismes des proies, à des pratiques agricoles favorisant massivement les pesticides ou, bien que ce soit strictement interdit en Lozère et dans l’Aveyron, des poisons comme la strychnine destinés à éradiquer, outre les renards, les taupes ou certaines espèces de mustélidés.


          • Croa Croa 11 août 2014 17:35

            Je me ferais moins de soucis pour le vautour que pour le loup... Il gêne moins !

            Au delà il y a toutes les espèces moins emblématiques que personne ne défend d’où ces chiffres hélas !


          • Fergus Fergus 11 août 2014 18:06

            Bonjour, Croa.

            Vous avez raison, il y a tant d’espèces menacées dont on se soucie peu, notamment chez les insectes, moins faciles à défendre, eu égard à la défiance des humains, et qui fournissent moins facilement des peluches destinées à soutenir leur sauvegarde.

            Quant au loup, il est d’autant plus dans le collimateur par rapport au vautour qu’il s’attaque au vif là où le rapace s’en prend aux cadavres.


          • alinea alinea 11 août 2014 12:02

            Superbe !!
            Une chose pourtant m’intrigue, comment fait-on pour reconnaître « le » vautour croate ?
            Sinon, c’est vrai qu’au début, on les guettait depuis la Jonte ; aujourd’hui, on ne peut pas ne pas en voir, et si on est sur le Causse ( noir en ce qui me concerne) on peut les voir tout près au dessus de nous ! C’est toujours une belle rencontre !! plus, un cadeau !
            C’est curieux, j’avais souvenir que les premiers qu’on avait vus, étaient plutôt du côté du Sauveterre !


            • caillou40 caillou40 11 août 2014 12:06

              Simple...il parle croate.. !

              humour !

            • Fergus Fergus 11 août 2014 12:18

              Bonjour, Alinea.

              Quasiment tous les vautours des Causses sont bagués, les jeunes nés en liberté l’étant de manière acrobatique par des ornithologues qui descendent dans les falaises à l’aplomb des nids. Ces bagues peuvent être désormais lues à distance, notamment sur les charniers. Je suppose que ce brave vautour croate était lui-même bagué.

              Il était possible de voir des vautours sur le Causse de Sauveterre dans la mesure où ces oiseaux peuvent planer dans les airs jusqu’à 100 km par jour ! Quand à ceux du Causse Noir, c’est également dans le secteur de la Jonte, sur les corniches de la commune de Veyreau, qu’ils sont les plus nombreux. Deux endroits superbes à visiter dans ce secteur : le Point sublime pour la vue, et l’Ermitage Saint-Michel pour ses ruines romantiques, deux lieux où l’on est assuré d’être survolé par les « bouldras ». Cela dit, on en voit désormais de plus en plus au sud du Causse noir depuis que les premières nidifications sont intervenues sur les falaises de la Dourbie.

              Une anecdote amusante : le 8 juin, un vautour fauve a été observé à... Athis-Mons, commune connue pour être riveraine de l’aéroport d’Orly. Peut-être ce rapace, mû par une sorte de mégalomanie aérienne, se prenait-il pour un Airbus...


            • alinea alinea 11 août 2014 12:48

               smiley  !!
              Enfin on rêve quand même d’avoir un espace aussi large que le leur !!! je veux dire sans subir les fouilles et les attentes aux aéroports !!!!


            • Fergus Fergus 11 août 2014 13:16

              @ Alinea.

              Rêver est bon pour le moral.

              C’est pourquoi j’aimerais pouvoir voler le long des côtes d’Irlande, d’Ecosse et de Norvège, sans oublier, plus au sud, la Corse, mais aussi la Savoie et la Suisse pour leurs fabuleux paysages alpins.

              En revanche, j’aimerais nettement moins me nourrir dans des charniers.


            • alinea alinea 11 août 2014 14:53

              Alors il faut être un martinet qui « gobe » les insectes !!!!
              Mais, tu sais bien quand même que l’homme aussi est un « charognard » ; certes il cuit et épice ses cadavres, mais bon !! smiley  ( pardon !!j’ai pas pu m’empêcher !!)


            • Fergus Fergus 11 août 2014 15:37

              @ Alinea.

              Disons que l’homme est un charognard plus raffiné dans sa tenue à table et qui, depuis quelques décennies, mange les cadavres un peu moins faisandés !

              J’aime beaucoup le martinet pour son prestance et son élégance en vol. Parmi tous ceux qui « gobent » les insectes, il en est un autre, très difficile à observer, pour qui j’ai un faible. C’est sa manière de capturer les insectes en vol qui lui a valu son très joli nom : l’engoulevent !


            • Alex Alex 11 août 2014 16:05

              Les très beaux winglets de la photo m’ont rappelé une autre espèce de vautour aujourd’hui disparue, que j’ai côtoyée quelques mois dans ma jeunesse ; son « avantage » était de fournir une nourriture abondante aux vautours dont vous parlez. smiley
              Leur vol était beaucoup plus bruyant et moins majestueux que celui des vôtres.


              • Fergus Fergus 11 août 2014 16:17

                @ Alex.

                N’étant pas très calé en aviation militaire, je n’ai pas reconnu l’appareil en question. Tout au plus m’a-t-il semblé être un chasseur-bombardier...

                Comme le souligne votre photo, le rôle des winglets d’un avion est très exactement celui des rémiges primaires d’un oiseau, particulièrement planeur.


              • Alex Alex 11 août 2014 17:42

                C’était effectivement un chasseur-bombardier que j’ai vu de près pendant mon service militaire, il y a « quelques » années...
                Ces rapaces ont un vol plané particulièrement admirable et écologique !
                En revanche, leur cou déplumé et leur tête poilue justifieraient qu’ils dissimulent le tout sous un casque intégral, comme celui porté par notre président lors de ses envols vers Cythère, quand il rejoint son Aphrodite.


              • alberto alberto 11 août 2014 16:21

                TarasS Bouldras, un pote à Marie Blanque ?

                Des méchants, ces oiseaux : un jour que je me baladais dans le causse j’ai assisté à une tentative d’attaque sur mon fils de 2ans 1/2 que j’ai pu contrarier de justesse...

                Mais il (mon fils) a aujourd’hui 35 ans doit déjouer les attaques de charognards d’un autre gabarit...

                Un monde dangereux ?

                Bien à toi Fergus.


                • Fergus Fergus 11 août 2014 16:50

                  Salut, Alberto.

                  Tarass Bouldras, un Ukrainien réfugié sur le Méjean ?

                  Marie-Blanque, je ne sais pas si les coureurs du Tour connaissent cette appellation du percnoptère, mais quelques-uns ont eu l’occasion de franchir naguère le col éponyme, sur les hauteurs d’Oloron-Sainte-Marie.

                  Etonnante, cette histoire de ton fils, les vautours étant d’un naturel très pacifique. Sans doute vous étiez-vous trop approchés d’un nid sans le savoir ?

                  Pour ce qui est de l’agressivité des oiseaux (en période de nidification), ce sont les goélands que je crains le plus. J’ai déjà été attaqué à deux reprises par ces oiseaux, une fois en Irlande, sur une portion de côte très sauvage et désertique, une autre fois à proximité de l’Hôpital Caroline aux îles du Frioul. Pas sympathiques du tout, les « gabians » lorsque les petits commencent à sortir du nid pour gambader aux environs.

                  Bonne journée.


                • BOBW BOBW 11 août 2014 18:04

                  En  1990 alors que vers 3000 m ,je survolais le Mont Pelat et les environs du lac d’Allos en planeur, j’ai eu le bonheur de me retrouver en spirale dans la même ascendance qu’un Aigle royal (Aquila chrysaetos) ,diamétralement opposé à 20 mètres de distance (En général quand on repère un oiseau de proie,buse ,vautour ou aigle le pilote essaie de s’en rapprocher car par instinct et grâce à leur mode de vue sensible aux infrarouges ils détectent automatiquement les forts courants d’air chaud ascendants,5 à 10m / seconde)

                  C’est rare,majestueux et féérique d’autant plus que l’oiseau ne s’est pas effarouché, du fait que je virais à la même vitesse que lui et nous avons tourné ensemble pendant 20 à 30 minutes, (Il a du probablement prendre mon planeur pour un autre aigle).
                  24 ans après, je garde encore cette image mentale intacte et fidèle smiley... (Mon avatar a été inspiré par cette aventure originale)

                  • Fergus Fergus 11 août 2014 19:20

                    Bonjour, Bobw.

                    Cette expérience, en forme de rêve pour tout pilote de planeur, a dû sans aucun doute être un formidable moment, très loin de toutes les contingences de notre vie quotidienne. Et l’aigle royal est un oiseau magnifique. Personnellement, je n’en vu de près qu’un seul, il y a bien longtemps : malheureusement, il gisait mort dans la haute vallée du Gyr, au cœur du massif des Ecrins.


                  • Croa Croa 11 août 2014 22:14

                    En fait les vautours ont leurs habitudes et des préférences qui feraient presque douter de leurs qualités volières (Ils ont leurs coins et n’éprouvent pas toujours le besoin de monter ; attention un vautour ne pique jamais : il se laisse tomber !) Ce sont donc plus souvent les buses que l’on trouve aux hautes altitudes et, en montagne, les aigles. Mais il y a encore plus beau : La migration des cigognes. Nous sommes en août et ça devrait donc donc tout juste commencer. Elles font ça en vols de groupe à l’occasion de météos favorables aux thermiques. Terriblement efficaces elles cheminent plus qu’elles ne spiralent et en général il n’est pas possible de les suivre longtemps d’autant qu’elles n’ont pas peur de passer dans les nuages parfois (une chose rigoureusement interdite aux planeurs.  smiley )


                  • Fergus Fergus 11 août 2014 23:02

                    @ Croa.

                    Les buses, les aigles, mais aussi les milans noirs et royaux, très nombreux par exemple dans le massif central.

                    Pour ce qui est des vautours, il existe des différences importantes dans leurs modes selon les espèces. Mais bien que le vautour fauve soit assez grégaire et effectivement sujets à quelques habitudes, nombre d’entre eux couvrent de grandes distances.

                    Pour ce qui est de la migration des cigognes, c’est en effet un superbe spectacle.

                    Bonne nuit.


                  • Croa Croa 12 août 2014 14:13

                    Le milan aurait tendance de son coté à faire plutôt du radada. En plaine sur les lisière de bois et ailleurs en bordure des dépressions ; Il aime aussi suivre les routes... C’est un bel oiseau à observer du sol vu qu’il n’est jamais bien haut. Les royaux qu’on trouve plutôt en Espagne sont bien plus beaux que notre très commun milan tout noir.


                  • Fergus Fergus 12 août 2014 15:20

                    @ Croa.

                    Les milans sont effectivement d’observation très facile. S’il y a une très large majorité de milans noirs en Auvergne et dans les Causses, on voit également quelques milans royaux. Ces oiseaux, et les nombreux corbeaux, faisaient partie de mon univers lorsque je partais garder les vaches étant gamin.


                  • chuppa 11 août 2014 18:09

                    Bel oiseau , le Vercors accueille également ces planeurs, voir ici http://vercorsnature.free.fr/vautours.htm


                    • Fergus Fergus 11 août 2014 19:06

                      Bonjour, Chuppa.

                      Merci pour cet excellent lien qui décrit parfaitement le mode de vie des vautours que l’on peut observer dans nos régions.

                      Le Vercors, soit dit en passant, un très beau massif, assez semblable aux causses du fait de la prédominance de plateaux calcaires percés, ici et la, de nombreux scialets (l’équivalent des avens de causses).


                    • olivier cabanel olivier cabanel 13 août 2014 19:42

                      merci Fergus de ce magnifique article, hommage vibrant à ces vautours.

                      pour ma part, celui qui emporte mon adhésion, c’est le gypaète barbu qui approche les 3 mètres d’envergure.
                      il est intéressant parce qu’au bout de la chaine biologique, se nourrissant principalement de ce que les vautours ont laissé : les os !
                      encore bravo.

                      • Fergus Fergus 13 août 2014 19:55

                        Bonsoir, Olivier.

                        Merci pour ton commentaire. Le gypaète barbu est un oiseau superbe. Personnellement, je n’ai encore jamais observé de près ce « casseur d’os ». Mais grâce à sa réintroduction dans les Causses, je ne désespère pas de pouvoir le faire lors d’un prochain séjour dans la région ou en Corse.


                      • marmor 13 août 2014 21:43

                        Il y a aussi des gypaètes en Ariege, quant au milan, je ne le classerais pas dans les charognards, mais je peux me tromper !!


                        • Fergus Fergus 13 août 2014 22:41

                          Bonsoir, Marmor.

                          Vous avez raison pour le Gypaète, il y en a effectivement en Ariège, de même que dans les Hautes-Pyrénées.

                          Raison également pour le milan qui n’est pas un charognard. Mais à la différence de rapaces comme l’aigle, la buse ou le faucon, particulièrement redoutables comme chasseurs, le milan, moins adroit, doit souvent compléter sa nourriture vive par des charognes ou des déchets récupérés dans les décharges. Lorsque j’étais jeune en Auvergne, il m’arrivait souvent de déceler la présence d’une carcasse au nombre des milans présents sur les lieux.

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