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Revoir Venise

On nous avait dit : partir à Venise en novembre, c’est prendre le risque d’avoir à subir " l’acqua alta" soit l’eau haute et se promener dans la Sérénissime avec des bottes d’égoutier ou encore la visiter sous la pluie et dans la brume. Eh bien, nous avons eu raison de céder à notre désir et de nous rendre à Venise, en dehors des invasions touristiques qui sévissent d’avril à octobre, dans une ambiance joyeuse, certes, mais moins encombrée et par un temps quasi estival, sans un nuage, ce qui nous a procuré l’agrément de marcher des heures sans fatigue et de déjeuner au bord du Grand Canal ou des innombrables " rii" ( petits canaux ) en compagnie des chats, des pigeons et des moineaux. Comment parler de cette ville, quand on sait que tout a été écrit et par des plumes savantes, allègres et poétiques, dont les noms suffiraient à former la plus grande académie littéraire du monde, mais chacun a sa Venise comme on a son Saint-Pétersbourg, son New-York, son Istambul ou son Paris, et pourquoi se priver du bonheur de se remémorer cette plongée dans la beauté, cette félicité qu’éprouve le piéton que nous redevenons, loin des voitures et de ses désagréments urbains, lorsque nous nous laissons égarer dans la cité lacustre enclose dans le rempart liquide de sa lagune, et que nous déambulons, tout à loisir, au hasard du réseau compliqué de ses ruelles ( calli ), des recoins ombreux de ses places ( campi ), au long de ses venelles tortueuses, ce qui permet d’en respirer l’odeur marine, de s’imprégner de ses couleurs chatoyantes, d’apprécier la floraison architecturale de ses palais, ses tapisseries de marbre, de pierre et de brique et d’y contempler l’enchantement persistant de ses lumières. Et cette lumière, Venise la doit en partie à l’air marin qui l’enveloppe et agit comme un prisme, en rehaussant les tonalités infinies et jouant de l’effusion solaire pour parer ses dômes et campaniles d’un vernis doré, et les façades de ses palazzi d’une brillance d’émaux. Oui, comment s’empêcher de parler de Venise ?

Si l’on on peut à tout moment s’embarquer à bord d’une gondole ou d’un vaporetto, le voyage le plus dépaysant n’en reste pas moins celui que l’on accomplit dans l’histoire et la culture, tant celles-ci se sont inscrites dans la moindre de ses pierres, sous la plus modeste de ses voûtes, dans le ressaut de ses corniches et tant remonte loin l’épopée de cette ville unique au monde - vers l’an 421 - dit-on - lorsque les invasions poussèrent les habitants de la terre ferme à se réfugier dans les îles insalubres de la Lagune. L’une des premières à avoir été habitée se nomme Torcello, dont je vous parlerai ultérieurement dans un article que je consacrerai aux îles, du moins celles que j’ai eu l’opportunité de visiter. Pour l’instant, consacrons-nous à la Sérénissime qui captive tellement que l’on ne pense qu’à une seule chose, lorsque l’avion ou le train vous reconduit chez vous : revoir Venise !

Oui, cette histoire est frappée à l’angle du moindre fronton, sur la plus petite arcade, les voussures, galeries, ponts, arches, depuis le groupe mystérieux sur lequel on s’est longtemps interrogé et qui est formé par les quatre tétrarques de style égyptien-syrien du IVe siècle, ceux que la légende vénitienne nomme « Les quatre Maures" et qui, vraisemblablement, seraient l’empereur Dioclétien et trois autres chefs de la tétrarchie romaine. Ils sont de nos jours enchâssés dans le mur d’angle de la basilique Saint-Marc. La splendeur de Venise fut d’abord celle de ses doges, de son arsenal qui comptait 16.000 charpentiers et calfats au XVe siècle, de sa conquête des mers, de son génie du commerce et des affaires et de son gouvernement stable, constitué par un Grand Conseil, que présidait un doge. Le doge était le personnage central de la république vénitienne. Sa fonction était essentiellement représentative. Vêtu de pourpre et d’hermine, portant sur la tête le « corno ducal", il incarnait la grandeur et la richesse de la ville. Les limites de son pouvoir n’en étaient pas moins fixées dès son élection, le doge s’engageant, par serment, à ne jamais outrepasser ses droits. A l’un d’eux qui eut cette tentation, la tête lui fut séparée du corps. Son élection procédait d’un cérémonial extrêmement compliqué, mêlant divers scrutins et tirages au sort, afin d’éviter les intrigues. Mais l’existence de ce haut magistrat n’était pas forcément enviable. Sa famille était tenue à l’écart de certaines dignités, lui-même ne pouvait sortir seul ou quitter Venise et devait renoncer à ses activités commerciales et lucratives.

Cent vingt doges se sont succédés de 697 à 1797, à la tête d’un gouvernement de onze cents ans qui força l’admiration de l’Europe. L’âge d’or du commerce, du XIIIe au XVIe siècles, lié à l’extraordinaire expansion territoriale de la République et à la puissance de sa marine, s’explique également par la solidité de sa monnaie. C’est la pratique du compte courant qui naît, de même que celle de la lettre de change. Cependant en 1797, le glas sonne pour la République de Venise déjà affaiblie par la concurrence maritime des autres pays d’Europe et par le commerce qui s’est intensifié avec les Amériques. Un jeune général, un certain Napoléon Bonaparte, âgé de 28 ans, à la tête de l’armée française, est allé bousculer les Autrichiens et les a poursuivis jusqu’en Italie, où il a investi Vérone. Le 12 mai 1797, Bonaparte exaspéré par l’attitude des Vénitiens qui agissent par guérillas sournoises, leur déclare la guerre et finalement Le Grand Conseil, qui a louvoyé longtemps et n’a pas d’unanimité, accepte l’abdication du Doge, la suspension du Sénat et du Conseil des Dix, remplacés en catastrophe par un gouvernement provisoire. Le 18 Octobre, Bonaparte signe le traité de Campoformio par lequel l’Autriche et la France se partagent ce qui reste de la Sérénissime. C’est ainsi que le "Quadrille des chevaux de Saint-Marc", qui a heureusement retrouvé sa place depuis lors, orna un moment l’arc-de-triomphe du Carrousel aux Tuileries. En 1806, Napoléon reprendra Venise aux Autrichiens et proclamera son beau-fils Eugène de Beauharnais, vice-roi d’Italie ( 1805-1814). Après la chute du Premier Empire, Venise passera de nouveau entre les mains des Autrichiens, qui ne feront pas grand chose pour elle, avant d’être définitivement rattachée à l’Italie en 1866 à la suite d’un plébiscite. Désormais elle en partage le destin, ce qui lui a valu de nouvelles épreuves : bombardements entre 1915 et 1918, occupation nazie à la chute de Mussolini et, pour couronner le tout, des catastrophes naturelles : l’écroulement du campanile de Saint-Marc en 1902, les inondations de 1916 et de 1966, mais rien ne saurait l’abattre. Comme le phénix, elle renaît de ses cendres, et a renforcé, dès 1893, son prestige culturel en créant la Biennale internationale de l’art contemporain et, plus récemment, en 1932, la Mostra qui se déroule chaque fin d’été au Lido.

De nos jours, Venise doit faire face à trois problèmes : l’exil de sa population dans une ville où l’immobilier est devenu très cher, la préservation de la cité et de sa lagune, ainsi que la restauration et la sauvegarde de ses monuments. Elle s’y emploie grâce aux ressources d’un tourisme de près de 2 millions de visiteurs par an et par les dons octroyés par quelques puissants mécènes. Mais cela suppose également des désagréments d’un autre ordre.

Venise, née de l’onde et toujours en proie aux caprices des marées, dont la plus belle avenue est une voie d’eau, ce Canal Grande qui s’ouvre sur l’Adriatique et la Méditerranée, a vu se hisser et s’affaler les voiles de milliers de vaisseaux, ceux de la conquête d’abord, ceux du commerce ensuite, qui partaient chargés des bois du Trentin, du fer de Carinthie, des verres et cristaux de Murano, du cuivre et de l’argent de Bohême et de Slovaquie, et revenaient avec les cuirs de Chypre, les céréales de Crète, les parfums d’Arabie et les épices des Indes, que les marchands musulmans vendaient en Egypte. Que de caraques et de galères se sont croisées ici, à la pointe de la presqu’île de Dorsoduro occupée par la douane de mer ! Mais certains voyageurs ne se contentèrent pas de suivre ces itinéraires presque routiniers. Ainsi Marco Polo, qui a consigné le récit de ses expéditions lointaines dans le « Livre des merveilles" ( 1298 ), embarquera à l’âge de 15 ans et passera vingt-cinq années de sa vie en Asie, avant de se rendre en Chine, de traverser l’Anatolie, le Pamir et le désert de Gobi, d’escorter une princesse mongole jusqu’en Perse et de regagner enfin sa ville natale. A sa suite, les Vénitiens choisiront un autre itinéraire par le Tigre, l’Euphrate et la mer Caspienne pour se rendre à leur tour en Chine avec laquelle ils commerceront.

Souvenons-nous que l’art de la régate est une invention vénitienne. Ce genre de divertissement permettait à la "Reine des mers" de maintenir en excellente forme des rameurs capables de servir à tous moments sur les galères militaires. De tous les bateaux civils, aucun n’est plus populaire que la gondole, qui a tant frappé l’imagination des visiteurs et demeure le symbole de la ville. Chateaubriand, surpris de leur couleur noire, crut, en apercevant pour la première fois des gondoles, qu’il assistait à quelques funérailles ! Et il est vrai qu’à Venise les morts sont conduits au cimetière de San Michelle par bateau. Théophile Gautier sera ravi par le spectacle des gondoles auxquelles il consacrera ces lignes : " La gondole est une production naturelle de Venise, un être ayant sa vie spéciale et locale, une espèce de poisson qui ne peut subsister que dans l’eau du canal. (...) La ville est une madrépore dont la gondole est le mollusque ". Quant à son origine, elle reste obscure. Peut-être existait-elle déjà dans les premiers temps de la Cité ? Nous savons avec certitude qu’elle voguait sur les canaux vénitiens au détour du XIe siècle.

Mais revenons à nos doges qui, à l’exception de trois ou quatre d’entre eux, n’ont pas laissé dans l’histoire de leur ville un souvenir impérissable, sinon celui de bons gestionnaires, leur pouvoir restreint ne leur octroyant que la charge de veiller au bon fonctionnement de la Sérénissime, d’assurer une permanence et de faire respecter les lois que promouvait un gouvernement oligarchique très moderne de par ses structures souples et son esprit collégial. Non, en dehors de Enrico Dandolo qui contribua à la chute de Constantinople alors qu’il avait près de 90 ans, de Sebastiano Venier, vainqueur à Lépante en 1571 ou de Francesco Morosini qui reconquit la Morée ( Péloponnèse ) en 1694, leurs portraits s’alignent dans l’une des salles du palais sans nous évoquer de flamboyantes épopées. Au final, ce sont les artistes qui ont marqué la ville de leur empreinte persistante et non les détenteurs du pouvoir ou les grands marchands, dont ces 200 familles qui contribuèrent à sa fabuleuse richesse. Mais cette richesse aura eu le mérite d’être bien employée et de permettre à des artistes incomparables de donner leur mesure. Oui, la Venise que l’on admire aujourd’hui, dans laquelle on se plaît à flâner, qui a résisté aux outrages du temps et, parfois, à l’inconséquence des héritiers, est bien la Venise de Palladio, Sansovino, Tiepolo, Véronèse, Carpaccio, Tintoret, Lombardo père et fils, Coducci, le Titien, Bellini, da Ponte, Scamozzi, Longherra, Benoni, Longhi, Canaletto, Guardi, Falcone, Fumiani, Sardi, Tremignon, Rossi, Massari, Boschetti, Veneziano, Bassano, Ricci ou Canova. Ce sont eux qui ont édifié les palais, les ponts, les demeures patriciennes, les basiliques, les campaniles, les loggias, les galeries, les innombrables églises, ont réalisé les fresques, les mosaïques, les pavages, les statues, les plafonds peints, les sculptures, les ferronneries, eux qui surent allier les styles, le byzantin, le gothique fleuri, le néo-classique, le baroque, et faire de leur ville une patrie des arts et un hymne à la beauté. Ici les chefs-d’œuvre prolifèrent comme si le génie avait été contagieux et du palais des doges à la plus humble chapelle ne cessent de solliciter notre regard.

La ville, dans sa complexité urbaine, compte six quartiers, tous différents les uns des autres, organisés autour de son Grand Canal, merveilleuse artère, limpide ou sombre selon l’humeur du ciel et des saisons. En effet, rien de comparable entre l’animation populaire de la via Garibaldi à Castelo, le fourmillement commerçant du Rialto ou la douceur de vivre qui émane de certains coins du Dorsoduro. Et aucune similitude entre les abords du Grand Canal et ses luxueuses demeures et le calme presque villageois du nord de Cannaregio. Ville dont les limites sont définitivement fixée, elle se morcelle en une infinité d’îlots reliés par plus de 400 ponts à degrés, ce qui l’aura sauvée de la transformation brutale dont tant d’autres villes eurent à souffrir. Si bien que les Vénitiens d’aujourd’hui ont, à peu de choses près, les mêmes modes d’existence que leurs ancêtres et, ce, dans un décor intemporel. L’absence de véhicules à roues permet aux piétons de vivre leur existence de piéton en toute quiétude et de circuler sans danger, ni contrainte, se laissant gagner par l’harmonieux silence où ne se perçoivent que les voix, l’écho des pas, les chansons, le roucoulement des pigeons et… les cloches qui sonnent les heures. Menant la vie normale de l’agora et des forums, ce piéton conserve les privilèges de l’être humain à son meilleur stade de civilisation. A vivre ainsi au contact de la beauté ne retrouve-t-il pas naturellement sa bienveillance et son urbanité, celles même des Vénitiens toujours bien disposés à vous indiquer votre chemin lorsque vous vous égarez dans le bienheureux labyrinthe des calli.

Dans cette plénitude de beauté que nous devons à nos ancêtres, je n’ai déploré que deux fausses notes, dues à ces désagrément d’un autre ordre dont je vous parlais plus haut, soit la présence de plus en plus encombrante des marchands du temple et les graffitis qui viennent jeter sur les perfections d’antan les stigmates désolants de notre décadence.


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20 réactions à cet article    


  • L'enfoiré L’enfoiré 24 novembre 2009 10:29

    Bonjour Armelle,
     6 mois déjà, depuis mon « Revoir Venise »
     Vous parlez des graffitis. Je parlais des publicités envahissantes.


    • Paul Villach Paul Villach 24 novembre 2009 12:07

      @ L’auteur

      Comme vous, je ne résiste pas à l’appel de Venise. J’ai donc couru vers votre joli article dès que je l’ai aperçu.

      Dans un ouvrage qui sort ces jours-ci, « Béa de Capri à Carnon », mes amants passent par Venise évidemment :

       

      "(...) Nous ne venions pas à proprement parler visiter Venise, mais nous  immerger dans la beauté dont l’homme est capable en la créant de rien. Quand on songe qu’à l’origine de Venise, il n’y avait que bancs de sables plantés de roseaux à émerger à fleur d’eau de la lagune et que tout ce que l’on voit aujourd’hui, y a été apporté de mains d’hommes et de très loin, on tressaille devant cette création humaine et la souffrance qu’elle a dû coûter."

      ou encore :
       


      "(...) Nous laissions au hasard le soin de nous distraire de nous-mêmes. Nous avons, par exemple, trouvé amusante la mosaïque au tympan d’un portail de la basilique San Marco : elle représente l’enlèvement légendaire et comique par des commerçants vénitiens des restes de Saint Marc. Les  couches de lard salé qui les recouvrent, éloignent les contrôleurs musulmans d’Alexandrie qui s’en détournent dégoûtés en se pinçant le nez. "

      ou encore :

       

      "Le dernier soir, lorsque nous avons vu s’éloigner Venise, palais, dômes et campaniles en ombres chinoises sur le ciel rouge, respirant un air salé venu de la mer, Béa et moi étions à l’arrière du vaporetto, serrés l’un contre l’autre, accoudés au bastingage. Remonté de sa taille, mon bras avait porté ma main sous le globe de son sein. Des mouettes suivaient le bateau d’un vol qui semblait immobile. Nous n’osions pas un geste de peur d’attenter à l’harmonie du monde où nous étions entrés brûlant d’un désir que mes doigts impatients à palper l’élasticité de son sein, mesurait à l’érection du mamelon de Béa." Paul Villach 


      • L'enfoiré L’enfoiré 24 novembre 2009 13:45

        Cher Armelle et Paul,

        Venise est belle. Son histoire l’est peut-être un peu moins. N’oublions pas que la richesse de Venise est en partie provenue de la 4ème croisade (1202-1204) qui n’a plus rien eu à voir avec l’idée des croisés de conquérir les Terres Saintes pour des idées religieuses. Cela a été un détournement crapuleux. Ce fut Constantinople qui fut pillée et ses habitants sacrifiés. Si vous avez visité les prisons du Pont des Soupirs, vous avez compris que la liberté d’expression n’était pas le souci majeur. Les exécutions entre les deux colonnes, face à la mer, doivent avoir des souvenirs très peu reluisants. Une Venise peut en cacher une autre. Heureusement qu’il y a l’oubli.


      • french_car 24 novembre 2009 16:52

        Grands-dieux voilà que notre Danube de la Pensée vient exceptionnellement se commettre sur un autre fil que le sien. Il est vrai qu’il nous avait gratifié de quelques belles pages sur la Toscane, le Latium ou la Vénétie en son temps, sans autre intériconicité ni information extorquée quoiqu’ ici on le sente au bord du leurre d’appel sexuel...


      • french_car 24 novembre 2009 17:09

        Autant pour moi : le cher Villach venait juste se faire un coup de pub.
        Le « mes amants » n’ayant pas de connotations homophiles il fallait comprendre qu’il s’agissait d’amants dont il relate les palpitations latines dans un bouquin à paraitre - c’est dit dans son interminable autobiographie.
        Je trépigne d’impatience et salive à l’idée de l’article d’autocélébration dont nous allons être très bientôt gratifiés.
        Notons au passage qu’il n’a pas réussi à en faire la promo lors de son intervention chez Fogiel. Trop forts Fogiel et Carlier !
        Il y fait allusion - avec une belle faute de français à la premiere ligne - sous le pseudo de Raphael G. - référence au point éponyme ? - sur un blog du Monde, puis il en rajoute une lichette sous le pseudo de Villach, décidément Zorro n’a pas fini de nous amuser.


      • Yohan Yohan 24 novembre 2009 23:02

        Le point G (gag) est atteint smiley


      • snoopy86 24 novembre 2009 23:05

        C’est du Villach ou du Giscard ?


      • claude claude 25 novembre 2009 08:50

        en ce beau matin de ste catherine, bonjour à tout le monde,

        merci à l’auteur pour son article.... en lisant son titre, trenet fredonnait à mon oreille : « revoir paris... »

        léon, furtif et philippe,

        • Nous n’osions pas un geste de peur d’attenter à l’harmonie du monde où nous étions entrés brûlant d’un désir que mes doigts impatients à palper l’élasticité de son sein, mesurait à l’érection du mamelon de Béa.
          Manque une virgule après « geste » et Renève a raison : « mesuraient »
        moi, cette phrase , j’aurais mis plus de virgules, pour doner du rythme, et traduire la montée du désir insoutenable du héros :
        • Nous n’osions pas un geste,
        • de peur d’attenter à l’harmonie du monde où nous étions entrés,
        • brûlant d’un désir que mes doigts,
        • impatients à palper l’élasticité de son sein,
        • mesuraient à l’érection du mamelon de Béa.
        il me semble que comme cela, la lecture à haute voix, est possible,

        enfin, moi, ce que j’en dit....


      • Philippe D Philippe D 25 novembre 2009 08:58

        Décidément je ne comprends rien à l’art contemporain.  smiley


      • Paul Villach Paul Villach 25 novembre 2009 12:54

        @ l’Enfoiré

        Cher Guy, je suis d’accord avec vous. J’y fais allusion quand je parle de la création de Venise à partir de rien.
        Sans compter avec « la Bocca di leone » qui symbolise la délation érigée en système de gouvernement. Paul Villach


      • Paul Villach Paul Villach 25 novembre 2009 12:56

        @ Claude

        Merci de relever la coquille. Puisse-t-elle ne pas faire oublier son intérieur... PV


      • L'enfoiré L’enfoiré 25 novembre 2009 18:21

        Cher Paul,

         « Sans compter avec  »la Bocca di leone« qui symbolise la délation érigée en système de gouvernement »

         Je ne l’ai pas photographiée, mais je m’en souviens très bien. Cette boite aux lettres pour corbeaux qui veuille à votre bien, bien entendu. 

        Chère Armelle,
         Je me suis permis d’ajouter le lien à votre article sur mon site.
         Savez-vous que le lien avec le beau site du couple de Venise, et que j’ajoutais en fin d’article, je leur ai écrit.
         Ils avaient tellement de visites, que je n’ai reçu une réponse que récemment.
        A vous lire dans un de vos voyages ou ailleurs
         


      • Armelle Barguillet Hauteloire Armelle Barguillet Hauteloire 24 novembre 2009 14:28

        Bien sûr, il y a dans toute histoire d’un empire, d’une nation ou d’une ville une part sombre. Et celle de notre époque contemporaine n’a rien à envier aux temps féodaux : nos prisons sont pleines à craquer, nos réserves d’armes terrifiantes et notre indifférence toujours égale. Je vous invite à lire cette réflexion d’un grand historien britannique sur l’époque féodale, elle est éloquente :
        « Les hommes de ce temps savaient ce qui était juste, même s’ils ne s’appliquaient pas toujours à suivre la justice ; ils connaissaient l’existence d’une source de miséricorde, quoique eux-mêmes ne fussent pas toujours miséricordieux ; ils se montraient tolérants envers la bâtardise et ne s’étonnaient pas du péché  ; ils savaient que peine et châtiment sont les justes tributs du mal, même si ce n’est pas toujours en ce monde qu’il faut payer le prix de ses errements ; ils n’avaient pas le moindre doute quant à l’existence de Dieu, et croyaient tout aussi fermement à la prédominance de la sorcellerie qu’à la puissance de la Fortune et de sa roue. La masse n’avait qu’une intelligence primitive de l’homme, de la fonction et de la force des institutions, mais sans doute appréciait-elle plus vivement que nous l’aspect tragi-comique, le caractère absurde et merveilleux de l’existence humaine. Les amusements étaient rares mais intensément savourés ; l’ennui était inexistant, ou du moins méconnu ; la précarité de la vie était admise ; largement répandues, la souffrance et la pauvreté n’étaient pas déshonorantes. L’inhumanité de l’homme face à son prochain ne constituait pas une insulte au progrès : elle attestait tout bonnement la réalité de la chute et de l’expulsion du Paradis terrestre. La foi, l’habitude et la résignation venaient adoucir la dure existence de l’homme. En quelque sorte, le comportement humain venait s’inscrire entre les extrêmes du plaisir et de la souffrance, de la jouissance et de la misère, de la colère et de la repentance, de la violence et de l’inertie. Les hommes goûtaient la piquante saveur d’une vie aux contrastes violents.  » 

        Murray Kendall


        • L'enfoiré L’enfoiré 24 novembre 2009 15:50

          Armelle,
           Beau texte et bien ajustée aux réalités de l’époque.
           La vie n’avait pas la même valeur que dans notre occident d’aujourd’hui (surtout en temps de paix). La guerre était un passe temps et un moyen de gagner son paradis. L’honneur comme « instrument de torture » pour l’esprit.
           Hier nous avions « Kingdon of Heaven » à la télé
           Le film viendra probablement plus tard chez vous.
           Il retraçait l’ambiance des croisades avec une bonne justesse.
           La bataille de Hattin, en 1187, a été une boucherie (30.000 morts). Saladin gagnait la bataille.
           La fin du film, je ne suis pas sûr qu’elle ne soit pas un peu romancée.


        • L'enfoiré L’enfoiré 25 novembre 2009 12:29

          Salut Le Furtif,
           Là, tu m’as découvert.
           Paul a reçu plusieurs mails au sujet de son interview chez Fogiel.
           Mon article actuel est à contre courant comme d’habitude. Il est un peu le pendant de Paul.
           Je l’avais prévenu. Je ne prends jamais les gens en traitre.
           A tout il y a un revers de médaille à la pièce. Alors, parfois, la pièce tombe sur la tranche.
           J’ai aimé me retrouver seul contre tous. Cela ne date pas d’hier.
           Mon pseudo n’est pas une prise en charge avec un vent favorable.


        • pierrot123 24 novembre 2009 19:53

          Merci pour ce beau texte, nourri de solides références culturelles.

          Il me rappelle le superbe et puissant texte « Venise » écrit par Fernand Braudel, et illustré des clichés de Folco Quilici, dans les années 80. (introuvable aujourd’hui, sans doute).


          • Yohan Yohan 24 novembre 2009 23:09

            C’est dur de vieillir de la plume


            • Armelle Barguillet Hauteloire Armelle Barguillet Hauteloire 25 novembre 2009 10:51

              On a la désagréable impression en lisant les commentaires d’AgoraVox qu’ils sont avant tout des règlements de compte et n’ont plus grand chose à voir avec le sujet de l’article. Dommage !


              • Armelle Barguillet Hauteloire Armelle Barguillet Hauteloire 25 novembre 2009 18:31

                Réponse à Le Furtif :

                C’est du pur Kendall dont le livre sur Louis XI et son époque est remarquable.


                • jack mandon jack mandon 30 novembre 2009 12:48

                  @ Chère Armelle

                  Venise...mort à Venise, Thomas mann, L. Visconti, Armelle...
                  Tout le monde a le droit d’aimer et de rêver à Venise.
                  Venise lumineuse aux couleurs sépias,
                  Venise aux accents étreignant de la mort majuscule,
                  Venise, l’adagietto de G. Malher romantique finissant,
                  Venise comme Armelle à l’assaut de l’Adriatique.
                  C’est peut être ce qui fait le charme de Venise et d’Armelle ?

                  Merci Armelle.



                   

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