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Accueil du site > Culture & Loisirs > Voyages > Sous le regard des vautours : bienvenue sur le Causse Méjean

Sous le regard des vautours : bienvenue sur le Causse Méjean

Les causses majeurs sont au nombre de quatre : Sauveterre, Méjean, Noir et Larzac. Ils sont séparés par des gorges profondes : le Tarn, la Jonte et la Dourbie. Chacun de ces causses mérite, à bien des égards, d’être parcouru, pour ne pas dire exploré tant les surprises y sont nombreuses. Mais le plus spectaculaire d’entre eux est incontestablement aux yeux des visiteurs le causse Méjean, celui du milieu comme son nom l’indique...

Il arrive parfois, pour différencier les causses du Quercy (les plus connus étant ceux de Gramat et de Martel) des causses aveyronnais et lozériens, que l’on utilise le terme de « grands causses » pour désigner ces derniers. Cette appellation est toutefois sujette à confusion car sont ainsi mêlés dans ce terme générique les quatre géants (Sauveterre, Méjean, Noir et Larzac) et leurs satellites plus petits, mais aussi moins caractéristiques, comme les causses de Séverac, de Blandas ou Campestre, pour ne citer que ces trois-là. C’est pourquoi je préfère les qualifier de « causses majeurs », et cela d’autant plus qu’au delà de leur superficie, ces quatre causses présentent, souvent de manière spectaculaire, tous les caractères des reliefs karstiques, enrichis de surcroît par des témoignages précieux et émouvants de l’activité humaine dans ces lieux rudes, à l’image de la superbe petite cité templière de La Couvertoirade sur le Larzac ou des bergeries traditionnelles aux voûtes de pierre sèche.

Répartis sur les deux départements de la Lozère et de l’Aveyron, les causses majeurs forment, dans le paysage montagnard du Massif central, un terroir à part dont les plateaux sont cousins des grands espaces karstiques du Jura et surtout du Vercors avec lequel ils présentent le plus de similitudes. Une différence pourtant : il existe peu de lapiez sur les causses. En revanche, les gouffres souterrains y sont tout aussi nombreux et parfois imposants si l’on en croit les spéléologues. Appelés « scialets » dans le Vercors, ces gouffres – souvent signalés en surface par une modeste ouverture – sont dénommés « avens » dans les causses. Les plus spectaculaires sont de véritables merveilles de la nature où le public peut admirer stalactites, stalagmites et draperies calcaires parmi les plus belles du monde. L’un de ces gouffres d’exception, l’Aven Armand, se situe sur le causse Méjean, à deux pas des gorges de la Jonte. Non loin de là, de l’autre côté de ces gorges, un autre aven, la grotte « rose » de Dargilan, a été façonné, quant à lui, dans les profondeurs du causse Noir.

La situation du causse Méjean est d’autant plus exceptionnelle qu’il est très largement enserré entre deux joyaux du système hydrographique français, les gorges du Tarn au nord et les gorges de la Jonte au sud, l’extrémité du plateau venant buter à l’est sur le col de Perjuret, marchepied des versants ouest du massif de l’Aigoual, autrement dit des Cévennes. D’un côté, le calcaire et la dolomie formant de grands espaces désertiques ; de l’autre, le granit et les micaschistes, couverts d’un important manteau végétal réimplanté pour limiter les effets de l’érosion et notamment, du côté gardois de l’Aigoual, les phénomènes potentiellement dangereux de pluies cévenoles.

On ne présente plus les gorges du Tarn. Mondialement réputé, ce canyon, qui atteint par endroits 600 m de dénivelée, offre au visiteur une suite de paysages grandioses, particulièrement lorsqu’on peut le découvrir depuis les belvédères aménagés en bordure des causses, à l’image du cirque de Pougnadoires au creux duquel se niche le très joli village de Saint-Chély du Tarn. D’autres localités, baignées elles aussi par le Tarn et bien connues des adeptes estivaux du canoë ou du kayak, méritent une visite : La Malène, et surtout la médiévale Sainte-Enimie, toutes deux construites pour l’essentiel sur la rive Sauveterre du Tarn. Plus en amont, Quézac et Florac, l’une des plus petites sous-préfectures de France avec ses 2000 habitants, méritent également une visite. Et les amateurs de vieilles pierres restaurées ne manqueront pas de faire halte à hauteur des hameaux de La Croze, Hauterives ou Castelbouc pour admirer l’architecture typiquement caussenarde de leurs maisons.

Près d’un millier de vautours

Á Florac, la route abandonne le Tarn pour monter vers le col de Perjuret avant de redescendre vers le tranquille village de Meyrueis, localité chargée d’histoire qui constitue une base idéale pour découvrir les causses Noir et Méjean, les gorges de la Jonte et, côté cévenol, le massif de l’Aigoual. Moins connues naguère que les gorges du Tarn, les gorges de la Jonte se sont désormais taillé une belle réputation. Non seulement liée aux paysages spectaculaires qu’elles offrent en descendant vers Le Rozier, point de confluence du Tarn et de la Jonte, mais surtout à l’omniprésence des vautours aux abords du Truel et des falaises qui dominent le village.

Impossible de manquer ces rapaces : ils sont là par dizaines, nichant dans les chaos rocheux ou sur les promontoires escarpés. Le moment venu de partir en quête des carcasses de brebis dont ils se nourrissent, les impressionnants rapaces accèdent au causse en utilisant à merveille les courants ascendants qui se développent le long des falaises. Décimés au cours du 19e siècle puis définitivement éradiqués de la région durant la première moitié du 20e siècle, les vautours ont été réintroduits progressivement dans les années 80 grâce à une action conjointe du Parc des Cévennes et de la LPO. Une réintroduction initiée dans un premier temps par les naturalistes Jean-François et Michel Terrasse. Ces pionniers avaient installé une volière d’acclimatation sur le causse, à proximité du hameau de Cassagnes et des corniches du Méjean. Dans le même temps ils organisaient des réunions et des projections pour convaincre les populations locales. On pouvait alors observer de très près ces vautours aux abords des sentiers, souvent à quelques mètres seulement. Certains jeunes, pas encore complètement habitués à ce retour à la vie sauvage, confondaient même parfois la route des gorges avec une piste d’atterrissage sur laquelle ils se promenaient tranquillement, telles des volailles échappées d’un poulailler. Souvenirs...

Les temps ont bien changé, et les vautours sont aujourd’hui totalement autonomes, avec pour terrain de chasse un immense territoire tantôt désertique, tantôt dédié au pâturage des brebis. Deux espèces sont en permanence présentes dans les causses : le vautour fauve (celui de la réintroduction initiale) dont la population s’établit désormais à plus de 800 individus, et le vautour moine (réintroduit au début des années 90) qui compte un peu moins d’une centaine d’individus. Á ces deux espèces viennent de surcroît s’ajouter depuis quelques années en période estivale des vautours percnoptères qui repartent vers le sud l’automne venu. Ne manque plus à l’appel que le gypaète barbu, pourtant présent dans les Alpes, les Pyrénées et la Corse. Tout cela pour dire que c’est un formidable spectacle qui est offert aux randonneurs du causse. Quant aux touristes motorisés, ils peuvent, à proximité du Truel, visiter le Belvédère des vautours ; ils y trouveront des longues-vues mises à disposition pour observer les vols planés des grands rapaces ou les jeunes restés au nid, et pourront assister au repas d’une partie de la population, grâce aux carcasses de brebis collectées auprès des éleveurs.

Les gorges visitées, il est temps de monter sur le causse Méjean. Une douzaine de routes y conduisent. Mais si celles qui montent de Meyrueis ou du Perjuret sont faciles, d’autres le sont nettement moins, quand elles ne sont pas carrément à proscrire aux personnes impressionnables, avec leurs chaussées étroites, leurs virages très fermés au bord du précipice, et parfois des débris de roche tombés sur l’asphalte. Mais cela fait partie du plaisir et accentue le soulagement lorsqu’après les émotions de la route l’on débouche sur le plateau.

Dans les « rues » de Nîmes-le-Vieux

Un plateau pas si plat que cela car il est constitué de nombreuses ondulations et jalonné de collines. L’habitat y est parcimonieux, limité à des villages minuscules, à des hameaux ou à quelques rares fermes isolées. La faute au manque d’eau dans cet univers calcaire transformé en gruyère au cours des millénaires. L’habitation traditionnelle caussenarde tient évidemment compte de cette particularité, et les anciennes fermes disposent toutes d’une grande citerne sous la forme d’une cave soigneusement entretenue et rendue étanche par l’emploi de marnes du causse. Des vieilles maisons remarquables – auxquelles il convient d’ajouter les bergeries –, il en est un peu partout sur le Méjean, de La Volpillière à Nivoliers, en passant par Drigas ou Le Buffre. Cela dit, sauf à en connaître les habitants, il n’est pas toujours évident de pouvoir pénétrer au cœur d’une maison traditionnelle caussenarde. C’est pourquoi la visite de l’écomusée de Hyelzas s’impose. Tout comme, pour ceux que la marche ne rebute pas, celle du hameau de Fretma, en cours de restauration, à condition d’en négocier l’accès avec le propriétaire ; au début du 20e siècle, pas moins de 60 personnes, maîtres, valets de ferme et bergers, vivaient entre ces quelques murs !

Reste les curiosités naturelles du causse Méjean. Quiconque l’a arpenté sait à quel point elles sont nombreuses. Impossible de les lister toutes. Il en est pourtant deux qui me tiennent à cœur : les corniches du Méjean, incontournables, mais aussi le site de Nîmes-le-Vieux, nettement moins connu mais si attachant à mes yeux.

Les corniches du Méjean, il y a deux façons de les aborder : soit en montant du Rozier, dans la vallée de la Jonte (ou plus exactement du hameau de Capluc, situé un peu au dessus du village), soit en partant du hameau de Cassagnes, sur le plateau. Dans le premier cas, le randonneur doit s’attendre, via le sentier Jacques Brunet, à une montée très rude avec de délicats passages dans les rochers. Dans le second, l’accès est nettement plus aisé car il s’effectue sous la forme d’une approche facile à travers pins et chênes. Dans les deux cas, la récompense est au rendez-vous. Tout d’abord sous la forme de belvédères naturels idéalement placés pour observer les vautours montant de la Jonte. Puis en donnant accès à ces splendeurs que sont le vase de Chine et le vase de Sèvres, tous deux posés au sommet de falaises vertigineuses. Superbe !

Nîmes-le-Vieux n’est pas une ville mystérieuse posée sur le causse, mais une suite de chaos ruiniformes formés par l’érosion de la dolomie à l’extrémité est du Méjean entre les hameaux de Gally, L’Hom et Veygalier. Chacun peut voir dans ces rochers ce que bon lui semble en laissant aller son imagination au détour des sentiers. C’est à un pasteur de Vebron, Paul Arnal, que le site doit son nom, par analogie avec un site semblable – quoique plus imposant – sur le causse Noir : Montpellier-le-Vieux, ainsi dénommé par le grand spéléologue Édouard Martel. Se balader dans les « rues » de cette ville en ruine est un vrai régal tant l’alternance de rochers insolites et de petites pelouses cachées attise la curiosité.

Impossible de quitter le causse Méjean sans en mentionner deux habitants caractéristiques : la stipe pennée et l’azuré. Plus communément appelée « plumet », la stipe pennée est une herbacée blanche qui recouvre en début d’été des parties imposantes du causse, au point que l’on pourrait le croire enneigé. Quant à l’azuré du serpolet (ou azuré de la sarriette), c’est un petit papillon méridional qui monte jusque sur le Méjean établir ses quartiers d’été. Malgré sa taille modeste, il est difficile de le manquer car il vit généralement en bande et forme, avec ses congénères, de superbes ballets sans cesse renouvelés. Merci à lui et à tous les habitants du causse, qu’ils appartiennent au règne végétal ou animal, y compris les chevaux de Przewalski amenés naguère de Mongolie pour peupler la « steppe » de Nivoliers. Grâce à eux et à la beauté des sites, les aléas de la vie sont mis entre parenthèses, et cela fait un bien fou !

Documents joints à cet article

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45 réactions à cet article    


  • Fergus Fergus 21 août 2012 08:52

    Légendes des illustrations :

    1 Chaos dolomitique de Nîmes-le-Vieux entre Gally et L’Hom
    2 Corniches du Méjean : le vase de Sèvres vu du vase de Chine
    3 Ferme caussenarde à Hyelzas
    4 Les gorges du Tarn à Saint-Chély (cirque de Pougnadoire)
    5 L’azuré de la sarriette
    6 Les gorges de la Jonte entre Meyrueis et Le Truel
    7 Sédum
    8 Le causse couvert de plumets entre Drigas et Le Buffre

     

     


    • Fergus Fergus 21 août 2012 13:49

      Bonjour, Inthesky.

      Merci pour ce commentaire. Un article sur les Cévennes, je laisse cela à d’autres car je connais moins cette région.

      En revanche, il me plairait d’écrire sur la Margeride pour un ensemble de raisons : parce que j’y ai de la famille en différents lieux et que ma mère y est née, pas très loin du Malzieu ; parce que j’ai passé une partie de mon enfance en bordure de cette région superbe ; parce que je l’ai arpentée à pieds et, plus difficilement pour mes mollets, en vélo. Alors, oui, pourquoi pas ?


    • Fergus Fergus 22 août 2012 09:06

      Bonjour, Inthesky.

      Effectivement, toute cette région est superbe, mais je dois reconnaître avoir un faible pour la vallée de la Truyére et ses environs qui ont été souvent mon terrain de jeu. A chaque fois que j’y retourne, c’est un plaisir toujours renouvelé.

      Côté végétation, la meilleure période pour découvrir la Margeride est le mois de juin car, outre les multiples fleurs qui surgissent ici et là, on assiste à l’explosion de la floraison des genêts et des ajoncs. En certain lieux, et notamment au mont Lozère, le gris du granit mêlé au jaune dominant est une splendeur.

      Je vois que vous connaissez bien ce secteur...


    • Fergus Fergus 22 août 2012 12:13

      Tout cela est effectivement superbe. J’attire toutefois l’attention dee lecteurs sur la confusion qui est parfois faite entre l’arnica et le doronic, également très présent dan la région.

      L’Aigoual est un lieu très particulier où l’on peut aussi bien être confronté à des vents d’une extrême violence qu’à un calme plat dans une ambiance surchauffé. Cela dit, la cime est généralement très ventée, ce qui la rend très séduisante aux gens qui, comme moi, apprécient d’être bousculés par les éléments.

      Bonne journée.


    • Asp Explorer Asp Explorer 21 août 2012 09:19

      La découverte de ce beau pays est bien plus facile depuis que l’autoroute y passe, et la promenade est agréable en été. J’y ai passé quelques hivers voici vingt ans, et on pouvait se croire au bout du monde.


      • Fergus Fergus 21 août 2012 09:31

        Bonjour, Asp Explorer.

        Le fait est que l’A75 permet à de nombreux automobilistes peu familiers des monts et des plateaux du Massif Central de découvrir de nouveaux paysages et un patrimoine souvent très bien préservé. C’est ainsi que Millau n’est qu’à une vingtaine de kilomètres du Méjean mais au pied du causse Noir et du Larzac.

        Cette impression de « bout du monde » n’est pas fausse, et ce n’est pas un hasard si, régulièrement, l’on parle de steppe en évoquant une Mongolie hexagonale. Peut-être est-ce cette analogie qui a incité l’association Takh (du nom mongol du cheval de Pzrewalski) à l’introduire sur le causse Méjean pour le plus grand plaisir de ceux qui croisent le troupeau semi-sauvage entre Hures et Nivoliers.


      • PhilVite PhilVite 21 août 2012 10:35

        Bonjour Fergus,

        Pffff ! Mais quelle désolation ! Alors qu’on est si bien à s’écraser les arpions sur la plage du Lavandou avant de se baigner dans une espèce de soupe chaude d’huile solaire et de pipi !! smiley smiley


        • Fergus Fergus 21 août 2012 12:09

          Bonjour, Philvite.

          Par chance, grâce à l’A75 les plages de la Grande Motte sont devenues accessibles en un temps record. L’instinct grégaire, un moment oublié sur le causse, peut donc s’y exprimer dans toute sa plénitude sur fond de barres immobilières autrement plus attractives que les chaos dolomitiques.


        • Georges Yang 21 août 2012 10:36

          La Mongolie française ! C’est un peu le Causse Méjean, loin de tout ou presque, avec un paysage lunaire

          Dans le Marianne du 4 aout , on ose le Causse mongol (on me l’a apporté à Kampala)

          Dans les années 70 c’était encore le désert avec des paysans isolés, 5kms à pieds pour acheter un paquet de clopes, des gens rudes qui n’avaient jamais entendu parler de José Bové, pas de touristes ou si peu, bref, le bout du bout du monde

          Pas de bistro, on buvait la gnôle à domicile

          Certains imbibés attendait l’assistante sociale ou les représentants de la DDASS avec un fusil de chasse : « si elle remet les pieds ici, cette s**** je lui colle un coup de fusil » Anecdote d’une assistante sociale de Lozère venue à Paris pour un stage de formation sur "la ruralité’ (ça ne s’invente pas !)

          Mais c’est aussi un pays fantastique qui risque de devenir une destination favorite des randonneurs, où l’on se bousculera sur les chemins comme sur les voies d’accès au Mont-Blanc

          Début 80 j’allais souvent à Florac, Ste Eminie et environs je n’y suis hélas pas retourné depuis En hiver, on pouvait rester coincé par la neige, les routes, se sont peut-être améliorées (hélas ??)


          • Fergus Fergus 21 août 2012 12:29

            Bonjour,Georges.

            En réalité, les choses ont finalement peu changé sur le Causse depuis depuis les années 70. Des bistrots (ou équivalents), je n’en connais que trois : la buvette-casse-croûte de Cassagnes, tenue par une brave dame originaire du lieu, le resto-bistro dégustation de fromage de la coopérative de Hyelzas, et la ferme-auberge du Veygalier. Je crois que le bistro de La Parade a disparu. Sans doute y a-t-il une autre buvette à l’Aven Armand, mais en général mieux vaut avoir une bonne gourde qu’espérer boire un pastis ; pour cela, mieux vaut attendre d’être redescendu dans les vallées.

            Pour ce qui est de la bousculade des randonneurs, il n’y a pas grand risque dans la mesure où les corniches du Méjean sont difficiles d’accès, y compris en se rendant à Cassagnes en voiture ; la route n’est plus le chemin de terre d’autrefois, mais elle reste en effet en mauvais état, et même s’il y a moins de risque d’y crever son carter à huile comme cela m’est arrivé naguère en allant voir la volière des frères Terrasse, beaucoup de gens sont dissuadés de s’y engager.

            Florac, j’aime bien car la localité est jolie, tranquille et constiue un bon point de départ pour le causse et le mont Lozère. Les bords du Méjean au dessus de Florac sont superbes.

            Sainte-Enimie aussi est très intéressante pour son patrimoine historique et architectural. Mais ses ruelles médiévales, livrées aux activités touristiques, lui confèrent désormais un caractère de village-musée qu’a amplifié le classement dans les « plus beaux villages de France ».


          • Aita Pea Pea Aita Pea Pea 21 août 2012 12:38

            Vu les reliefs ,il vaut mieux marcher dans les causses avec un petit poids.
            Merci du voyage .


            • Fergus Fergus 21 août 2012 13:41

              Bonjour, Aita Pea Pea.

              Sur le plateau, pas de problème, on peut parcourir de grandes distances sans réelle fatigue, sauf lorsque la météo est au cagnard. Se souvenir alors que, dans le secteur des corniches, il n’y a qu’une seule source (côté Tarn), la fontaine du Teil. Sur le, plan fatigue, il en va différemment sur les sentiers qui montent des gorges, mieux vaut là être en bonne forme physique et le moins chargé possible.


            • Gabriel Gabriel 21 août 2012 14:45

              Bonjour Fergus,

              Magnifiques photos ! Nous avons grimpé dans les gorges de la Jonte juste sous le vase de sèvre dans une voie 6B, 6C nommée « Les femmes et les grimpeurs d’abord » Cette voie comporte cinq relais d’où, assurant le partenaire dans son escalade, on peut contemplé des vols de vautours en contre bas avec en fond le village du Rosier.

              • Fergus Fergus 21 août 2012 16:35

                Bonjour, Gabriel.

                Belle escalade dont j’ai entendu parler. Il en est une autre dans le secteur qui, sauf erreur de ma part, porte un autre nom amusant : « les pets de Damoclès ». Mais n’étant pas grimpeur, je ne les ai jamais pratiquées.

                J’ai en revanche monté les échelles pour accéder au rocher de Capluc et, plus impressionnant, celles qui permettent, par des passages parfois au dessus du vide et en alternance avec des crampons métalliques, d’accéder au sommet du rocher de Cinglegros. De là, vue sublime sur les gorges du Tarn et, sur la rive Sauveterre, les hameaux troglodytes nichés dans les falaises. Rien de bien difficile, mais évidemment impraticable par les gens sujets au vertige.

                Pour ce qui est des vautours et du vase de Sèvres, j’ai, il y a de cela un quart de siècle, cassé la croûte un jour avec mon épouse et mon fils sur une corniche située tout près du vase, un espace parfaitement plat et dégagé de quelques m². Soudain, une grande ombre a surgi au raz du rocher et nous est passé juste au dessus de la tête dans un souffle de planeur. Impressionnant !


              • alinea Alinea 21 août 2012 15:01

                Les vautours, je les ai vus en bandes, si proches que je pouvais imaginer les toucher, sur le causse noir, de l’autre côté de la Jonte !
                Est-il admis que l’on se réjouisse à ce point de voir des animaux qui n’auraient jamais dû quitter notre environnement ?
                Ce bonheur, est-il vraiment heureux ou est-il tout bonnement le signe de la fin des haricots ? ( de la vie sauvage !)


                • Gabriel Gabriel 21 août 2012 15:21

                  Bonjour Alinéa,

                  Se réjouir que des espèces quittent leur environnement, je ne le pense pas. Mais dans le décor naturel de la Jonte j’avoue avoir trouvé leurs vols sublimes. Est ce précurseur d’une fin ? Certes, les déséquilibres écologiques sont de plus en plus nombreux et notre écosystème de plus en plus souillé par les déchets et le comportement d’une consommation tant illusoire qu’effrénée. A part un comportement individuel le plus sain possible, je ne vois pas comment lutter contre la bêtise et la cupidité généralisées. Si vous avez une solution, je suis preneur.


                • Fergus Fergus 21 août 2012 16:44

                  Bonjour, Alinea.

                  Vous avez dû les voir du côté des ruines de l’Ermitage Saint-Michel qui fait face aux corniches du Méjean. Un autre endroit superbe et relativement méconnu, bien qu’il soit facilement accessible depuis l’autre ruine, très romantique celle-là, de l’église Saint-Jean-de-Balme. L’ermitage constitue un lieu privilégié d’observation.

                  Oui, les vautours n’auraient jamais dû quitter cet environnement où il avaient parfaitement leur place pour nettoyer les causses des cadavres de brebis. De nos jours, après une réintroduction réussie, ce sont les lois sur l’équarrissage obligatoire qui les menacent. Un accord a pourtant été trouvé avec les éleveurs pour que des carcasses soient déposées en divers points des causses afin de permettre aux vautours de continuer à vivre de manière naturelle. Mais cet accord est fragile et régulièrement remis en question par des technocrates imbéciles. Croisons les doigts pour que la sottise ne l’emporte pas sur le bon sens...


                • alinea Alinea 21 août 2012 16:45

                  Je n’ai pas de solution Gabriel : dieu sait que je suis heureuse de voir encore des troupeaux de biches, de rencontrer des sangliers et de voir ces vautours ; la question que je me pose est : si nous en somme si heureux, comme un cadeau rare, une exception, c’est que c’est un évènement en voie de disparition !
                  La nature et ses habitants semblent faire partie d’un grand musée protégé, et plus du tout l’évidence d’une vie, ensemble, dans ces environnements.
                  Ma joie rit jaune, quand je rentre chez moi.
                  Les espaces encore larges que nous possédons dans notre pays sont le lieu de ressourcement de nos citadins actifs.
                  Je ne vais pas me plaindre de l’existence de ces lieux, je me pose la question de la scission entre l’existence évidente de ces lieux et notre regard, désormais.


                • Fergus Fergus 21 août 2012 17:15

                  @ Alinea.

                  Je ne crois pas qu’il faille broyer du noir. Certes, des pans entiers du territoire sont voués à une dénaturation catastrophique, mais il en est d’autres, finalement assez nombreux, notamment dans les secteurs montagneux, où les équilibres écologiques restent globalement satisfaisants.

                  Que l’époque soit aux ravages du fait de la bêtise, de l’incurie ou du cynisme d’une minorité de décideurs et d’industriels, c’est un fait, mais n’oublions pas qu’à d’autres époques les hommes avaient déjà commis des fautes énormes contre l’environnement, notamment dans les Cévennes où ils avaient presque totalement déforesté certains massifs, avec deux conséquences : voir les terres arables emportées par les eaux, et celles-ci se transformer en crues meurtrières en déferlant dans les villages gardois.


                • alinea Alinea 21 août 2012 18:57

                  Oui Selena : j’aurais aimé que la nature garde sa voie, avec nous comme admirateurs, protecteurs ; contrairement aux apparences,je ne boude jamais mon plaisir , cependant, me dire que la nature sera plus forte que nous, ce dont je ne doute pas une seule seconde, ne me console pas, car j’aurais aimé y être !


                • alinea Alinea 21 août 2012 20:50

                  Selena : je prends le rôle de l’araignée, OK ! j’aime bien ces bestioles.


                • alinea Alinea 21 août 2012 21:59

                  Selena : j’ai été apicultrice pendant presque vingt ans, donc les abeilles, pas de problème ; quant aux guêpes qui nichaient volontiers dans les creux de nos portails, puisque j’étais apicultrice, « on » décrétait que je n’en avais pas peur. Je réussissais souvent à ouvrir les portails sans me faire piquer et, si je me faisais piquer, je serrais les dents, regardais ma main gonfler et basta.
                  Non, globalement, je n’ai peur de rien ( ceci, sincèrement, en toute modestie !)


                • alinea Alinea 22 août 2012 00:08

                  Selena, je suis désolée, mais je ne voudrais pas, dans une autre vie, t’attraper dans ma toile et être obligée de ne pas te dévorer parce que je te reconnaîtrais !
                  Tu comprends ? Abeille et guêpe, si tu veux ! c’est plus simple, pas de rivalités, pas de prédation ; j’aime autant !


                • alberto alberto 21 août 2012 15:20

                  Bonjour Fergus,

                  Et merci pour la ballade !

                  Mais dis moi, en ce moment, y doit faire y faire bon l’après midi, sur le Causse...

                  Et n’oublie pas, STP de saluer le Père Noptaire, un copain.

                  Bien à toi.


                  • Fergus Fergus 21 août 2012 16:52

                    Salut, Alberto.

                    Le causse, j’y étais début juillet, et vu les températures de ces derniers jours, je me félicite d’y avoir trouvé une fraîcheur inhabituelle. Car le plateau devient vite une fournaise lorsque la canicule s’installe. Un jour, ma femme et moi sommes revenus, malgré nos provisions d’eau, physiquement très éprouvés et au bord de la déshydratation d’une rando circulaire entre La Couvertoirade et Le Caylar sur le Larzac. Renseignement pris, il avait été mesuré ce jour-là 38° à La Cavalerie. Nous étions nettement plus jeune et, il faut le reconnaître, quelque peu imprudents.

                    Je n’ai évidemment pas manqué de saluer le Père Noptaire mais sans savoir alors qu’il s’agissait d’un copain à toi.

                    Bonne journée.


                  • TSS 21 août 2012 15:44

                    Heureusement tout cela sera bientôt terminé avec les forages pour le gaz de schiste (humour) !!


                    • Fergus Fergus 21 août 2012 17:00

                      Bonjour, TSS.

                      Des menaces continuent effectivement de peser sur le causse en matière de forage. Les pouvoirs publics oseront-ils franchir le pas ? Pas sûr car ils risqueraient de susciter des réactions d’utant plus virulentes que les 2/3 du causse font partie du Parc des Cévennes. Un parc qui a demandé son inscription au patrimoine mondial de l’Unesco. Un vote positif pourrait sonner le glas définitif des espoirs industriels. Si tel n’était pas le cas, la combativité des locaux se réveillerait sans aucun doute, avec le soutien de nombreux Français. Gardarem lou Méjean !


                    • Fergus Fergus 21 août 2012 17:25

                      Bonjour, Séléna.

                      Merci pour ce témoignage d’une autochtone. Merci également de rappeler que la nature, on l’apprécie telle qu’elle est, avec les yeux ou en lui portant le moins possible atteinte.

                      Les causses ne sont en effet pas menacés par le tourisme. Pour une raison simple : celui-ci se pratique surtout l’été et la majorité des visiteurs préfèrent canoter ou se baigner dans le Tarn plutôt que d’aller griller sur des plateaux où il n’y a même pas de bistros. Tant mieux pour les commerçants de Meyrueis, Le Rozier ou Sainte-Enimie, qui font du chiffre à la terrasse de leurs établissements, et tant mieux pour les résidents du causse, assurés de ne pas être dérangés, ou si peu.


                    • Fergus Fergus 21 août 2012 22:45

                      @ Selena.

                      Je ne connais le Pas de l’Escalette que de nom, mais voilà un commentaire et des liens qui aiguisent la curiosité. Je ne doute pas d’y faire un tour si mes pas me conduisent dans ce secteur, ce qui pourrait s eproduire assez rapidement dans les prochaines années tant j’ai envie de retourner sur le Larzac, notamment pour me balader dans les gorges de la Vis et le cirque de Navacelles.

                      Bonne soirée.


                    • Clojea Clojea 21 août 2012 16:24

                      Salut Fergus. Merci pour l’article, j’habite pas loin, donc j’apprécie.....


                      • Fergus Fergus 21 août 2012 17:26

                        Bonjour, Clojea.

                        Merci pour la visite. Une petite balade sur le causse, rien de tel pour se changer les idées....


                      • brieli67 21 août 2012 18:24
                        merci Fergus pour me plonger en mes eaux passées 

                        J’avais déposé mes valoches ( style ermite, jeter loin la cognée) au nord de Castres

                        Des saisons avec 2 hivers dans ce qui allait devenir cette communauté de communes 
                        Ce ne sont ni les Causses ni les Cévennes.
                        Mais z’alors...

                        Certes je n’y étais pas pour soigner la Nature ( quoique la mise en eaux des gorges du Guijou et de l’Agout restait d’actualités) j’y étais sur place entre Vabres et Alban pour de l’humain .

                        Je me suis jamais fait à l’ « Occitanie » 




                        • Fergus Fergus 21 août 2012 20:00

                          Bonjour, Brieli.

                          Jolie région que celle-ci, entre les brebis des monts de Lacaune et les chaos du Sidobre.

                          Dommage de ne pas s’être fait à l’Occitanie car outre le terroir, il y existe également de belles richesses culturelles. Sans oublier la cuisine !


                        • keiser keiser 21 août 2012 19:08

                          Salut Fergus !

                          C’est marrant , ton article tombe vraiment bien car nous venons de faire un virée dans ce coin magnifique .

                          La copine de mon fils ayant eu son bac avec mention et ne connaissant pas notre région (elle est de Nantes ) .
                          Pour marquer le coup , je les ai emmené faire un tour et devine !?
                          Une journée au parc des loups à Marvejols , suivi d’une petite semaine à saint Chely , ainsi qu’une étape à Ganges en passant par le mont Aigoual avant de rentrer vers la région Toulousaine .
                          Sans oublier l’Aven Armand qui à déclenché ma passion pour la spéléo quand j’avais 12 ans

                          Ils ont été enchantés de cette ballade et avaient les boules en quittant saint Chely .
                          Sans compter les vautours qui prennent les vents ascendant devant le resto du parc de sainte Lucie et qui vous frisent les oreilles quand ils redescendent pour viser la viande des loups .

                          Ciao Fergus !


                          • Fergus Fergus 21 août 2012 19:52

                            Salut, Keiser.

                            Ce ne sont ni les coins magnifiques, ni les pôles d’intérêt qui manquent dans la région. Pas étonnant que les jeunes aient été enchantés.

                            Cela dit, Nantes et sa région, ce n’est pas mal non plus . Et puis, si l’on en croit les mariniers de la Loire, « le muscadet qui brille nous fait aimer les filles ». Comme quoi, il y a du bon partout.

                            Bonne soirée.


                          • alinea Alinea 21 août 2012 22:08

                            Fergus : c’est sûr que pour le vin et la gastronomie ( les filles , je ne sais pas) les causses, c’est pas terrible !


                          • Fergus Fergus 21 août 2012 22:24

                            @ Alinea.

                            Pour le vin, difficile de dire le contraire. Mais on peut y déguster d’excellents fromages de brebis et de l’agneau de qualité.


                          • Joel Spiggott Joel Spiggott 21 août 2012 21:30

                            Article très complet et photos magnifiques. Que demander de plus ? Sans doute mes plus belles vacances depuis 20 ans avec peut-être la Corse.


                            • Fergus Fergus 21 août 2012 22:29

                              Bonsoir, Joël.

                              Merci pour ce commentaire.

                              La Corse, c’est également très bien, des rocher roses de Calvi aux aiguilles de Bavella en passant par les calanques de Piana, les gorges de la Restonica ou le lac de Nino. Superbe également !


                            • Georges Yang 22 août 2012 07:42

                              Je me souviens du train de nuit qui s’arrêtait à Marvejols et remontait sur Paris, ce n’était pas vraiment une gare

                              On attendait dans le noir, un agent SNCF descendait du train avec une grosse lampe et faisait monter 3 ou 5 voyageurs

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