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Accueil du site > Culture & Loisirs > Voyages > Tourisme alternatif : les blogueurs-voyageurs se questionnent

Tourisme alternatif : les blogueurs-voyageurs se questionnent

Tourisme alternatif : l'expression est évidemment très contestable, mais elle a le mérite d'interroger : quelles alternatives de voyage existe-t-il au tourisme, qu'il soit de masse ou consommation liée à un imaginaire préfabriqué. Nous avions mobilisé des blogueurs-voyageurs voilà un peu plus d'un an et demi ; nous revenons ici sur les réflexions et pistes qui ressortaient de cette opération collective de la blogosphère française du voyage.

Il y a un an et demi, nous avions sollicité divers blogueurs du voyage pour causer « tourisme alternatif ». Se posait bien sûr la question : alternatif à quoi ? Et puis, tout aussi bien : une certaine forme de tourisme (serait-elle dite « alternative ») peut-elle représenter une alternative au tourisme de masse, les deux relevant de l'activité commerciale et donc du rapport marchand ? À ces questions, sous-jacentes, certains ont voulu apporter des réponses en exposant des conseils et suggestions pour un voyage responsable, c'est-à-dire respectueux de l'environnement social et écologique.

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Vue du Full Moon Party
Une vue de la Full Moon Party (Thaïlande), un des nombreux exemples du tourisme de masse qui ravagent la planète.

 

Fred et Fanny ont ainsi publié sur Actisphère un « Manifeste pour un tourisme alternatif », invitant à chérir les imprévus, à vivre au plus près de la population. Car, écrivaient-ils, « Le folklore qu’on nous montre est souvent caricatural et uniquement destiné à la prise de clichés, au sens propre comme au figuré. Découvrir la vie des locaux, l’expérimenter, demande plus de temps mais marque le voyageur au fer rouge ».

Fabrice, auteur bien connu d'Instinct Voyageur a lui aussi soumis à ses lecteurs une série de conseils, sous le titre « Voyager responsable : le guide ». Comme le résume Julien dans un commentaire, le contenu « parait évident mais malheureusement ce n’est pas le cas de tout le monde ». Pareillement, Martin (du blog Candix), invitant à « Voyager de façon responsable », dénonçant les effets nocifs du tourisme de masse (« (...)enfants préférant mendier auprès de riches touristes plutôt que d’aller à l’école, rites traditionnels (...) qui se trouvent Disneylandisés »), livrant à ses lecteurs, lui aussi, quelques conseils en cinq parties :

  1. Limitez votre impact environnemental (il y mentionne notamment une initiative de compensation des émissions de dioxyde de carbone),

  2. Voyagez par vous-même,

  3. Renseignez vous sur la culture locale,

  4. Soyez tolérants,

  5. Conseils divers (sur le pourboire, la négociation, les enfants et la mendicité).

L'une des participations les plus intéressantes dans cette thématique, était venue d'Aurélie sur son blog En terre andine, qui a le mérite d'articuler le tourisme – considéré souvent comme une « parenthèse » et une « déconnexion », souvent pour le pire – et les choix de vie plus généraux. Il est vrai qu'il est absurde de parler de responsabilité et d'écologie s'il ne s'agit pas d'un choix de vie quotidien. « J'exerce une profession tournée vers l'humain, qui me confronte chaque jour à l'altérité, je tends vers une alimentation exclusivement biologique et végétarienne, je consomme peu et de manière réfléchie préférant l'occasion au neuf, l'échange à l'achat. Très logiquement, je tente de voyager selon ces principes (...) ». De ses expériences de voyageuse, elle expose : « Dans chaque pays, mon engagement s'est exprimé d'une façon différente, parfois par un geste très ponctuel, d'autres fois à travers une action un peu plus ambitieuse :

  • loger dans des guest-houses familiales , au lieu d'hôtels impersonnels ;

  • acheter de l'artisanat local produit de manière éthique (au Laos et au Cambodge notamment, de nombreuses boutiques permettent de consommer responsable) ;

  • passer quelques jours dans une communauté isolée via une agence de tourisme responsable (en Thaïlande par exemple, il existe de nombreuses possibilités pour aller à la rencontres des minorités ethniques vivant dans la province de Chiang Rai) ;

  • utiliser des produits de beauté simples qui ne laissent pas de déchets (un pain de savon d'alep plutôt qu'un gel douche ou une lessive, un démaquillage à l'eau plutôt qu'au coton...) ;

  • conserver ses déchets jusqu'à une ville bénéficiant d'un système de ramassage et de valorisation ou bien même jusqu'au retour en ce qui concerne les piles et autres matériaux particulièrement polluants,

  • limiter au strict nécessaire ses trajets en avion (préférer les transports en commun locaux) ».

Enfin, le blog Vivre en Islande, dans l'un des plus intéressants articles de ces trois mois, intitulé « Islande : berceau du tourisme alternatif », exposait l'évolution historique du tourisme en Islande, rendant compte d'une variété d'initiatives, du voyage à pied à l'immersion grâce au WWOOF, du slow travel et de la slow food à l'écotourisme (exploration de parcs naturels et aires protégées).

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Le Lagon bleu
Vue du Lagon bleu, en Islande (source : Commons Wikimedia)

 

Au total, se dessine une conscience des enjeux sociaux et environnementaux du voyage et du tourisme et un panorama d'initiatives diverses. Nous avons, depuis lors, sur Voyageurs du Net, eu l'occasion de présenter des intiatives diverses de cyclotourisme (notamment un couple voyageant de l'Alaska jusqu'à la Terre de Feu à vélo), en voilier, à pied, à la découverte de lieux insolites non touristiques, etc. Comme le résumait Darmon Richter, voyageur de l'insolite qui documente sur l'excellent TheBohemianBlog.com (en anglais) ses découvertes hors des sentiers battus, « Si vous voulez ressentir le monde dans toute sa gloire, embrasser la philosophie du voyage alternatif et moissonner les vastes récompenses qu’il implique, vous n’avez besoin de suivre que ces trois simples règles : préparez-vous, mais ne planifiez pas ; soyez prêt à prendre des risques ; et, peut-être le plus important, cessez de penser comme un touriste » (« Voir ce que personne ne va voir : conseils pour un tourisme (très) alternatif »).

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Virgile Charlot, à vélo
L’écrivain-voyageur Virgile Charlot parcourt avec sa compagne Marion Martineau l’Amérique depuis l’Alaska jusqu’à la Terre de Feu... à vélo.

 

Sans entrer dans le stérile débat « touriste ou voyageur ? » (car dans l'œil des autochtones du pays d'accueil, dont la majorité n'a souvent pas l'opportunité de jouir de congés payés et d'un salaire décent, l'étranger quel que soit son mode de voyage est toujours un touriste), voyager autrement ou faire du tourisme « alternatif », si tant est que l'expression soit défendable, c'est d'abord prendre son temps et non pas sauter en hâte de lieu en lieu, c'est porter sa curiosité autant que faire se peut là où ce n'est pas touristique. C'est surtout s'efforcer à être un individu authentiquement singulier, avec imaginaire et des désirs propres et non pas un « consommateur de voyages, [qui est] consommateur de clichés », comme l'énonçait Paul Ariès en intervioù.


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19 réactions à cet article    


  • ergdor ergdor 12 décembre 2014 13:31

    de l’air frais dans un monde que le mercantilisme étouffe, merci !

    j’ai ouvert presque tous les liens (celui de terre andine est mort), ça donne envie de prendre le large pour rencontrer nos frères et soeurs humains et cette magnifique planète.


    • Corinne Colas Corinne Colas 13 décembre 2014 14:32

      « passer quelques jours dans une communauté isolée via une agence de tourisme responsable »


      ... se passer des intermédiaires est préférable si vous allez au bout d’une démarche éthique ! Les communautés s’organisent, les touristes devraient se renseigner avant d’aller au plus facile pour leurs vacances. 

      Un exemple de soutien : la gestion du parc Amboro en Bolivie et du combat des locaux qui ont gagné. Si un touriste va ensuite à l’agence de tourisme de la ville d’à côté, leurs efforts d’investissement sont pratiquement perdus même si le camp de base à l’entrée est tenu par les gens du coin. Entre payer un guide via une agence avec le 4x4 qui va avec, et rémunérer un paysan pour la location de son cheval puis directement un guide « assermenté » du village, y’a pas photo : tout le monde y trouve son compte y compris l’environnement ! Mieux vaut suer pour s’y rendre comme les gens du cru, ça s’appelle mériter (un peu) « son billet d’avion » ... 


      « Conseils divers (sur le pourboire, la négociation, les enfants et la mendicité »

      Lire uniquement les informations pratiques du pays où vous vous rendez ; laissez chez vous les stylos et cahiers que l’on vous conseille de distribuer aux enfants « malheureux ». Quant aux conseils pour « la négociation », cela me rappelle la grande époque du « Routard » et de ses avis de voyageurs sur le marchandage soi-disant obligatoire en certains endroits, un conseil à l’origine de beaucoup de maladresse, d’impolitesse (pour ne pas dire plus) et d’incompréhension manifeste. 


      Sans entrer dans le stérile débat « touriste ou voyageur ? »

      Chacun fait ce qu’il peut comme il peut, il ne s’agit pas de critiquer l’un pour glorifier l’autre mais les « autochtones du pays d’accueil » qui n’ont jamais vu autant de monde passer, saisissent bien la différence au contraire car ils voient très peu de « voyageurs ».

      Si l’on est à faire un « débat stérile », c’est qu’on a oublié la finalité du voyage. Aller à la rencontre des autres « par »surprise« , c’est vivre une aventure à pied, à cheval, à vélo, en radeau sur un fleuve ou en bateau sur les mers, sortir des sentiers battus (même là ça devient difficile) et non collectionner des souvenirs en forme de carte postale que l’on raconte ensuite sur un blog. L’esprit voyageur » proprement dit, est facile à distinguer de celui qui fait du tourisme, le sac à dos ne suffit pas à transcender quelqu’un. 

      Et à moins de visiter les pays du Nord, rien de tel que des poches vides pour pratiquer réellement l’écotourisme en tout autre endroit... là ce ne sera pas du chiqué. 


      • Mike@VDN Mike@VDN 13 décembre 2014 16:20

        Bonjour Corinne et merci pour votre commentaire.

        Je précise bien que cet article n’est pas mon opinion personnelle : elle rend compte de réflexions énoncées par divers participants à une opération collective de réflexion sur le sujet du « tourisme alternatif ». Je partage votre avis : moins il y a d’intermédiaires, mieux c’est. Et je connais des cas analogues à celui que vous mentionnez relativement à la concurrence. Je vous renvoie seulement vers cet article : TRISTE, NAÏF OU HUMANISTE ? QUETZALTREKKERS, OU QUAND LES « GRINGOS » FONT VISITER LE GUATÉMALA

        Concernant ce que vous dites sur le pourboire et la négociation, nous avons publié sur Voyageurs du Net deux articles qui abordent ce sujet : l’un sur les marchés d’Asie, l’autre au sein d’un paragraphe sur le « voyageur radin » dans un article un peu provoc « Quel voyageur êtes-vous ? ». Dans ce dernier article, j’écris notamment : « Sauf que négocier quelques centimes ou quelques unités de moins dans la monnaie locale quand on vit du commerce informel ou d’une activité qui, même en rapportant raisonnablement, doit être pensée en rapport avec l’absence d’État-providence pour payer soins de santé ou retraite, c’est normal ; mais quand on a sur son compte bancaire quelques milliers d’Euros ou de Dollars et le luxe de pouvoir voyager, négocier quelques centimes en moins, c’est être une putain de pince – c’est être un minable. En plus de déprécier un travail souvent informel et ne permettant qu’à peine d’épargner, c’est témoigner d’une bassesse d’âme et d’une humanité sèche comme un portefeuille. »

        Ce que vous dites sur « touriste ou voyageur », n’est pas en contradiction avec ce que j’énonce : « dans l’œil des autochtones du pays d’accueil, dont la majorité n’a souvent pas l’opportunité de jouir de congés payés et d’un salaire décent, l’étranger quel que soit son mode de voyage est toujours un touriste » 
        Vous écrivez qu’« aller à la rencontre des autres « par »surprise« , c’est vivre une aventure à pied, à cheval, à vélo, en radeau sur un fleuve ou en bateau sur les mers, sortir des sentiers battus (même là ça devient difficile) et non collectionner des souvenirs en forme de carte postale que l’on raconte ensuite sur un blog »
        Personnellement, je n’aime que très peu le voyage. Je vis au Guatemala, où je me suis marié ; je vois passer les gens, les touristes ou les « voyageurs » ; et mon blog est assez peu destiné à vanter les joies naïves du voyage, et tente autant que possible d’interroger le comportement du voyageur/touriste. Allez donc y faire un tour, vous verrez. « Rencontrer les autres », ce n’est donc pas pour moi un « plan » ou « objectif » de voyage dont je raconterais les merveilles sur un blog, mais un quotidien intime dont je ne parle quasiment pas : la découverte de l’histoire, de la culture, des moeurs, du désastre anthropologique causé par l’Etat à la botte de l’oligarchie, et je vous en passe. Je suis peut-être le plus critique de la blogosphère du voyage, mais pas le seul à porter un regard analytique sur le fait touristique. Les souvenirs en forme de carte postale, cela existe, mais il n’y a pas que ça et il me semble que le fait touristique mérite d’être interrogé et pensé. 
        Cordialement,

        Mikaël


      • Corinne Colas Corinne Colas 13 décembre 2014 18:20

        Merci pour tous ces détails qui relativisent la portée de l’article. 

        ... Je connais l’envers du décors aussi. Certains évènements ne se vivent pas qu’à la télé chez moi non plus. De même, on ne fait pas qu’aller à la rencontre par surprise : un de mes enfants a par ex la nationalité bolivienne ainsi que sa propre famille, mes neveux sont kanaks grâce à ma chère soeur ; cela semble de tradition puisque ma grand-mère dont la généalogie est pourtant tracée jusqu’à plus soif, a eu un époux aux yeux bridés (un Chinois qui s’est perdu dans les vignes ?) et de leurs quatre enfants, une seule s’est mariée avec un Français. 

        Même si mes ancêtres ont participé plus que d’autres à l’histoire du pays, Mme Le Pen n’y retrouverait pas ses petits. En ce qui me concerne, je suis donc française mais à moitié espagnole et avec de l’Asie qu’il m’est impossible d’oublier. Ca ne fait jamais un mélange, juste des morceaux les uns à côté des autres parfois antagonistes...

        Bref, le film : « qu’est-ce qu’on a fait au bon dieu » s’applique très bien à notre tribu, il semble qu’il y ait différentes façons de voyager...et toutes explorées chez nous... 

        Pour qu’il n’y ait pas de malentendu, disons que j’ai la nostalgie d’un temps que je n’ai pas connu malheureusement : celui où dans les années 70, certains partaient à l’aventure avec plein de rêves en tête mais sans considérations philosophiques vaseuses ; quelques clochards naïfs parfois sur l’eau mais qui contestaient purement et simplement une façon de vivre. Le temps de grandir, je suis partie derrière 20 ans après et il a fallu regarder la réalité en face, c’était devenu pas bien beau, même là il a fallu s’opposer à la bêtise du touriste ; je me souviens par ex d’une requête de retraités voileux qui étaient insupportés par un gamin des rues vendant les gâteaux de sa mère à la sauvette sur un port mais la liste des infamies seraient trop longue, n’est-ce pas !

        Je prépare mon prochain départ en n’ayant aucune illusion car aujourd’hui le pognon s’affiche tellement sur l’eau que nous sommes tous devenus des cibles. Plus aucun compromis au vu de la détresse des gens ! Il y a eux, il y a nous et même sans un radis, je fais partie des riches .

        Et oui, j’ai l’overdose des sites de voyage, cela ne s’adresse pas spécialement à vous, j’ai des amis qui en ont de très intéressants, pourtant je suis contre....



      • bakerstreet bakerstreet 13 décembre 2014 15:14

        Ce Virgile Chalot n’a pas trop à voir dans un article qui parle du tourisme de masse. 


        Si la terre n’avait qu’à souffrir des dommages des cyclistes se lançant tout seuls comme des grands, à grands coups de pédales sur les sentiers et les routes, elle ne se porterait pas si mal !

        Les voyageurs n’ont pas grand chose à voir avec les touristes, bien que ces appellations, on s’en doute, ne soient pas d’appellation controlée 
        Du tourisme, même si on le pratique tous un peu, et là aussi à des regrets différents, reconnaissons que c’est une abomination. 
        N’ayons pas peur des mots et regardons la vérité en face !
        Uniformité du monde, prédation, bétise.... 


        • Mike@VDN Mike@VDN 13 décembre 2014 16:49

          Bonjour,

          L’article ne parle pas exactement du tourisme de masse, mais expose un ensemble de réflexion sur les possibilités d’un autre type de voyage.

          Les « voyageurs » ont bel et bien à voir avec les touristes si, lorsqu’on pense « voyageurs », on pense à ceux qui, sac au dos et sans agence, vont consommer du kilomètre, des paysages et des émerveillements en se pensant différents, alors que la démarche est celle, consumériste du touriste, dont il se rit volontiers. Je le répète : dans les yeux de l’autochtone, qui n’a pas le luxe de pouvoir bouffer des kilomètres et d’avoir seulement des congés payés, tout étranger est un touriste. 

          Si bien que la réflexion que lançait cette réflexion collective avait le mérite d’être proposée, à défaut d’avoir été très concluante : chacun estime que c’est son bon droit d’aller voir si l’herbe est plus verte ailleurs et si les quatre coins du monde sont pointus ou ronds... Mais vous-même, voyagez-vous ? Où ? Combien de temps ? Parlez-vous la langue locale ? Pourquoi allez-vous là ? Lorsque vous visitez un lieu archéologique, par exemple, avez-vous réellement la curiosité pour l’histoire de cette civilisation ou allez-vous seulement voir un empilement de pierres ? etc.

          Je vous invite à lire nos réflexions sur le voyage publiées sur Voyageurs du Net : http://www.voyageurs-du-net.com/editos-reflexions

          Il me sera plus facile d’assumer ce que j’ai écrit ou diffusé que de répondre de propos qui ne sont pas miens.

          Cordialement,

          Mikaël




          • bakerstreet bakerstreet 13 décembre 2014 15:53
            1.  

              J’imagine que vous n’y croyez pas trop vous même et que vous avez du sourire en donnant ces conseils.

               1 . Limiter votre impact environnemental : De toute façon il est considérable si vous prenez l’avion. Louez un vélo électrique après ça, ça ne servira qu’à vous donner bonne conscience, un truc de bobo. L’avion : Il serait urgent d’interdire ce genre de transport aux tourismes, et de ne le réserver qu’à quelques déplacements urgents et précis, en attendant d’avoir trouver un avion écologique, et ce n’est pas demain la veille.

              2. Voyagez par vous mêmes : C’est tout autant une cata, quant on ne connaît pas le pays…Bonjour l’arnaque, les mistakes…Remarquez que la qualité du voyage y gagne pour certains, c’est sûr, mais en dehors que voyager à vélo ou en 4.4 ce n’est pas tout à fait pareil, on remarquera que cet alinea rentre en contradiction avec la recommandation précédente.

              3. Renseignez vous sur la culture locale….C’est sûr. Mais le mot renseignement me paraît un peu limité. Savoir si l’on doit roter ou non à la fin du repas ne sera pas suffisant pour vous éviter de faire de grosses bourdes qui peuvent s’avérer dramatiques. « Dieu m’est témoin, je n’ai pas voulu ça… »

              4. Soyez tolérants.....J’ai bien peur que l’on demande surtout aux autochtones d’être tolérants, n’inversons pas le sens et la légitimité des choses.

               

              Quant à la mendicité, je peux vous dire tout de suite ce qu’on va vous conseiller : Si vous donnez à un, il faudra donner aux autres, aussi ne donnez pas, ou si vous donnez, ne montrez pas tous votre fric, il pourrait donner envie de passer à l’acte. De toute façon, ça ne sert pas à grand chose, ils savent déjà si vous êtes plein aux as, ou non

               

              Finalement, des vacances dans la creuse, ou dans l’aveyron, c’est pas si mal que ça, non ? La preuve : Y a des chinois qui viennent du bout du monde, rien que pour nous voir. Je suppose qu’ils lisent eux aussi ce genre de conseils.

              Quoique ça ne leur serve pas à grand chose. Il existe au japon des centres psychologiques de débriefing, pour les touristes de retour de paris. 


            • Mike@VDN Mike@VDN 13 décembre 2014 16:40

              Bonjour.

              « J’imagine que vous n’y croyez pas trop vous même et que vous avez du sourire en donnant ces conseils ».
              Je ne donne aucun conseil : je cite des personnes, qui se sont exprimées sur le blog.

               1 . Limiter votre impact environnemental : De toute façon il est considérable si vous prenez l’avion.
              Oui, mais il l’est davantage encore si vous prenez l’avion A/R pour un voyage de trois semaines. Si vous prenez l’avion et, sur place, vous déplacez à vélo, à pied et en transports en commun durant une année de séjours, en consommant sur les marchés, il est très vraisemblable que votre impact environnemental soit, au total, moindre que celui que vous auriez en demeurant en Europe, où le mode de vie urbain est plus énergivore. 

              L’avion : Il serait urgent d’interdire ce genre de transport aux tourismes, et de ne le réserver qu’à quelques déplacements urgents et précis, en attendant d’avoir trouver un avion écologique, et ce n’est pas demain la veille.
              Et qui, selon vous, pourrait prendre une telle décision dans un contexte de fanatisme croissantiste ? 

              2. Voyagez par vous mêmes : C’est tout autant une cata, quant on ne connaît pas le pays…Bonjour l’arnaque, les mistakes…

              Un voyage se prépare et l’on apprend aussi de ses erreurs. D’avoir été attaqué sous menace de machette une fois, puis de surin une autre fois, pour avoir été hors sentier, je vous garantis que ça vous inculque qq notions de base. Quand je prends les bus déglingués à Guatemala City, j’évite notamment d’avoir trop de pognon sur moi, ou alors seulement dans mes semelles. Ce n’est qu’un exemple.

              3. Renseignez vous sur la culture locale….C’est sûr. Mais le mot renseignement me paraît un peu limité. Savoir si l’on doit roter ou non à la fin du repas ne sera pas suffisant pour vous éviter de faire de grosses bourdes qui peuvent s’avérer dramatiques. « Dieu m’est témoin, je n’ai pas voulu ça… »
              Une amie est venue me visiter cet été au Guatemala, où je me suis marié. Bruyante, agitée, elle a pas mal choqué certains ; je me suis pleinement rendu compte que l’on observe ici plutôt une certaine retenue et pudeur. J’évoque un peu le sujet sur cet article : Radin ? Hippie ? Grégaire ? Quel voyageur êtes-vous ?

              4. Soyez tolérants.....J’ai bien peur que l’on demande surtout aux autochtones d’être tolérants, n’inversons pas le sens et la légitimité des choses.
              L’auteur a sans doute été maladroit ou a écrit vite, mais tâcher de surmonter ses réflexes et dégoûts ne me semble pas illégitime : si on veut comprendre une autre culture, il faut s’efforcer à comprendre la racine des apparences que l’on observe. A dire vrai, l’immersion longue est probablement la seule solution à ce sujet. 

              Finalement, des vacances dans la creuse, ou dans l’aveyron, c’est pas si mal que ça, non ? La preuve : Y a des chinois qui viennent du bout du monde, rien que pour nous voir. Je suppose qu’ils lisent eux aussi ce genre de conseils.
              Je suis d’accord avec vous. Le lointain a été survalorisé : résultat des hordes de gens déferlent ailleurs pour de la consommation rapide de lieux et de « culture » folklorisée, un élan prétendument allophile qui n’est qu’un argument commercial à la fin des comptes. J’ai largement exposé mon opinion sur ce sujet dans cet article : « Voy(ag)eurs à la recherche de l’authentique perdu ». Nous avons aussi publié ces articles (entre autres) réfléchissant sur divers aspect de ce phénomène : 
              - Le Pérou « authentique » (1e partie) : à la rencontre de l’Inca imaginaire 
              Le Pérou « authentique » (2e partie) : tourisme mystique et pièges à con 
              Derrière l’« authentique », la folklorisation et l’uniformisation du monde ? 
              Cancún : Anatomie d’une capitale du tourisme de masse 

              J’insiste encore : je ne suis pas l’auteur des citations de l’article : celui-ci fait le bilan d’une opération de réflexion collective dans la blogosphère du voyage début 2013. Les auteurs des citations sont mentionnées. Prenez le temps de lire les articles dont je vous ai donné les liens ici (ils sont longs, tous) et de visiter mon site : vous verrez que nous ne versons pas dans l’apologie béate du voyage et du bougisme. D’ailleurs, en 2015, la réflexion sera pas mal orientée, notamment par le biais d’intervioux, vers des réflexions sur le lien entre voyage et tourisme d’un côté, et décroissance, écologie, autonomie de l’autre.

              Cordialement,

              Mikaël


            • bakerstreet bakerstreet 13 décembre 2014 17:50

              Mike


              Inutile de prendre mon écrit au pied la lettre. 
              Je me suis seulement fait un peu plaisir, cherchant l’ironie facile, et exprimant malgré tout de même un certain relativisme par rapport à des clichés sur le tourisme exotique, et jouant au mouche du coche....
              Ce en quoi j’ai réussi
              Je suis d’accord avec l’essentiel de ce que vous dit. 
              Ceci dit, non, je ne peux pas être d’accord avec vous au sujet de l’avion, qui est une catastrophe au niveau du carbone. ...

              Après le 11 septembre, les astronomes du monde entier ont eu l’agréable surprise de voir la voie lactée comme il ne l’avait jamais vu. L’obscurcissement planétaire étant du aux traînées que laissent les avions derrière eux. 
              Pendant deux ou trois jours, les avions furent interdits dans le ciel des states
              Bon, je suis une exception c’est vrai, un dinosaure. 
              Je n’ai jamais pris l’avion, bien qu’ayant fait un voyage aux indes en stop, il y a 40 ans de ça, étant parti pour les deux mois d’été en Grèce. 

              De ce voyage j’ai été victime, acteur, témoin de pas mal de choses. 
              Et en particulier j’ai eu l’assurance,plus d’une fois, de participer à cette étrange déstabilisation des hommes, en particulier dans les endroits les plus reculés ou j’allais, que ce fut dans un village de pécheur du sud de l’inde, dans les hautes vallées de l’Himalaya, par tout un ensemble de petites choses insignifiantes, que ce soit au niveau de mon matériel, ( une simple montre et un tout petit appareil photo) ou de ce temps libre injustifiable ( que venez vous faire ici, comment peut on venir ici, comment peut on vivre sans rien faire.....). 

              Sans doute d’une façon moindre que ce groupe de français en voyage organisé que j’avais rencontré en Afghanistan, et qui chantait du Pierre Peret, à cent mètres de nomades abasourdis..Mais tout de même....

              .Il faut un certain temps pour ne pas faire d’impair, se perdre dans le motif, mais ce n’est qu’un leurre bien sûr. 
              Tout le monde n’a pas lu « l’usage du monde », de Bouvier, et n’a pas envie d’entrer dans ce genre de philosophie de la route poétique, ou les sentiments, et les rencontres importent bien plus que les kilomètres. 
              Kilomètres produisant parfois exactement le contraire de ce que l’on attendait : C’est à dire l’exotisme, la découverte de l’autre...

              J’ai fait plusieurs voyages depuis, les plus intéressants en vélo. 
              C’est dingue comment ce moyen vous rapproche des hommes et vous fait universel. 
              Le tandem est une bonne variation, ajoute cette capacité d’ironie et de curiosité des autres à votre démarche, qui s’autorisent à venir vers vous, et même en France où les gens habituellement sont si réservés..
              Un imbécile au bout du monde reste un imbécile, mais amplifie beaucoup sa prédation. 
              J’en ai rencontré bien peu qui pédalaient. 
              A pied à cheval ou a moto.


            • Mike@VDN Mike@VDN 13 décembre 2014 18:02

              Merci pour votre commentaire, avec lequel je suis d’accord.
              Et en particulier pour ce que vous dites au sujet du vélo. Du reste, cela rejoint les propos qu’énonçait mon pote Joffrey, dans cet intervioù : Intervioù : le vélo, « le meilleur moyen de voyager »
              Cordialement,


              Mikaël

            • Corinne Colas Corinne Colas 13 décembre 2014 16:29

              Mon fils aîné a lui-même fait ce périple en solitaire à pied et à vélo, accompagné de son chien.... 


              Ayant l’expérience du voyage au long cours et avec deux fils (l’un n’avait que 14 ans) qui ont traversé seuls les Andes puis construit un radeau pour descendre un bras de l’Amazone, je suppose sans même consulter le blog de ce monsieur Chalot qu’il n’a rien à voir non plus avec le « voyageur de l’insolite » et le site en avant de la photo... sinon il ne serait plus là pour en parler. 

               j’ai lu et j’ai été désolée de constater le monceau d’âneries à destination du faux alternatif pour ados attardés (un nouveau segment de marché ) mais « au bon dieu, les innocents », comme on dit« ... Il a notamment découvert la lune en dormant dehors, on est content (ou consterné) d’apprendre que l’ »expérience du camping imprévu« fut la plus excitante de son »road trip« . Ah ces urbains, il leur en faut peu pour sentir le frisson de l’aventure !

              D’autres la vivent au quotidien avec une autre étiquette :



              Les vrais alternatifs ne sont pas inconscients, justement ils n’aiment pas »prendre des risques« , ils n’en ont pas besoin : les ennuis leur tombent dessus sans le vouloir alors autant »tout préparer, tout planifier« pour tenter d’en avoir le moins possible puisque oui, tout ne se passe pas exactement comme c’est prévu. Et tant pis si cela semble paradoxal !

              Bon, dans la catégorie »Tintin« , le petit gars s’améliore, il dit qu’il oublie de moins en moins sa torche...

              C’est vrai aussi qu’il vaut mieux mourir en faisant ce qu’on aime mais le plus tard possible, c’est quand même mieux ; certaines des envolées lyriques prises au pied de la lettre, ça donne des faits divers »exotiques" particulièrement dramatiques, qui auraient pu être évités. 

              J’ai la dent dure mais j’ai trop rencontré de tels couillons : une mauvaise version du tourisme de masse en fait, je préfère ceux qui assument de rester sur la plage à bronzer sans prétendre quoi que ce soit !


              Et j’avoue que j’ai l’overdose de tous ces blogs ou sites de tourisme, vacances ou aventures qui racontent tous la même chose y compris les bouquins de voyage... Au final, on se retrouve tous dans les mêmes endroits car la terre est devenue trop petite. Et quand il a fallu souffrir, voire risquer sa vie pour y arriver, on se dit à chaque fois qu’on est bien bête de s’entêter à être différent... Surtout lorsque on voit passer les avions au-dessus de nos têtes....

              Pour vivre heureux, vivons cachés en attendant la fin du pétrole !


              • Mike@VDN Mike@VDN 13 décembre 2014 17:07

                « je suppose sans même consulter le blog de ce monsieur Chalot qu’il n’a rien à voir non plus avec le « voyageur de l’insolite » et le site en avant de la photo... sinon il ne serait plus là pour en parler. »

                Je note votre capacité à juger avant tout examen. Ce n’est pas exactement la démarche intellectuelle la plus conséquente. J’ai interviouvé Virgile Charlot ainsi que sa compagne Marion Martineau au début de l’année, lorsqu’ils sont passés au Guatemala, à Quetzaltenango, où je vis et réside depuis 2 ans. Ils venaient de l’Alaska et faisaient route pour la Terre de Feu ; aux dernières nouvelles, ils étaient en Bolivie. Leur voyage consiste à dormir sous tente tous les soirs, à vivre de peu. Ils ont un blog (Pignons Voyageurs) où Virgile, écrivain-voyageur qui avait déjà publié un livre et édité un documentaire relatant son voyage Paris-Le Cap, à vélo, rend compte des étapes du voyage. Ils sont financés par des sponsors, mais ce sont des financements très légers et que complètent des économies personnelles. 


                 j’ai lu et j’ai été désolée de constater le monceau d’âneries à destination du faux alternatif pour ados attardés (un nouveau segment de marché ) mais « au bon dieu, les innocents », comme on dit« ... Il a notamment découvert la lune en dormant dehors, on est content (ou consterné) d’apprendre que l’ »expérience du camping imprévu« fut la plus excitante de son »road trip« . Ah ces urbains, il leur en faut peu pour sentir le frisson de l’aventure !
                J’expose dans l’article des démarches de personnes qui partent à pied ou à vélo, voire en voilier, pendant des mois et vous y voyez des « urbains » (le mot « bobo », sans doute, n’était pas loin d’être décoché) en manque de frissons, alors que c’est d’un mode de voyage et d’un mode de vie différents qu’il s’agit et qui montrent que voyager sottement n’est pas une fatalité. Pourquoi vous paraît-il alors nécessaire ou utile de venir déposer un commentaire blasé ?
                Les vrais alternatifs ne sont pas inconscients, justement ils n’aiment pas »prendre des risques« , ils n’en ont pas besoin : les ennuis leur tombent dessus sans le vouloir alors autant »tout préparer, tout planifier« pour tenter d’en avoir le moins possible puisque oui, tout ne se passe pas exactement comme c’est prévu. Et tant pis si cela semble paradoxal !
                Donc, si je vous suis bien : puisqu’il existe de la misère, il ne faut pas voyager. Quel est le rapport ? Les personnes qui partent à pied ou à vélo, ne sont pas exactement des gens pétés de thunes, mais voyage au contraire très économe. Mais, étant donné que vous jugez avant examen, la présomption d’innocence n’existe guère et hop ! à la trappe, comme le bon vieux roi Ubu. 
                L’agressivité gratuite de vos propos me rappelle ce qu’énonçait le psychiatre et psychanalyste Charles Melman dans L’homme sans gravité  : « La violence apparaît à partir du moment où les mots n’ont plus d’efficace. A partir du moment où celui qui parle n’est plus reconnu. Dans un couple, la violence commence quand l’autre refuse de reconnaître, en celui qu’il a en face de lui, un émetteur de paroles, vivant et de bonne foi. Vivant, donc ayant sa propre économie, ses propres contraintes. Et considéré, quel que soit le désaccord, comme de bonne foi. Dès lors que cette reconnaissance n’a pas lieu, l’autre n’est pas reconnu comme sujet, et la violence survient. (...) Mais dans cette époque où nous vivons, de plus en plus souvent, le sujet n’est pas reconnu parce que, initialement il ne s’est pas mis en place. Alors, la violence survient à tout bout de champ. Une espèce de violence qui est devenue un mode banal de relation sociale ».
                Et j’avoue que j’ai l’overdose de tous ces blogs ou sites de tourisme, vacances ou aventures qui racontent tous la même chose y compris les bouquins de voyage... 
                Lisez donc le mien, ça vous changera. Notamment du côté des réflexions et éditos qui ne sont pas exactement le lot commun des blogs de voyage et sites de tourisme : www.voyageurs-du-net.com/editos-reflexions

                Cordialement,

                Mikaël

              • Corinne Colas Corinne Colas 13 décembre 2014 23:45
                Vous avez l’effort de me psychanalyser, ce qui n’est pas une mince affaire, je vous remercie pour ce travail. Je suis bien consciente de mon agressivité, l’astrologue chinois m’avait dit lui que c’était parce que j’étais « tigre », je n’ai pas eu la chance de naître sous le signe du lapin ou du cochon, la faute aux astres !

                « je suppose sans même consulter le blog de ce monsieur Chalot qu’il n’a rien à voir non plus avec le « voyageur de l’insolite » et le site en avant de la photo... sinon il ne serait plus là pour en parler. »


                ... je précise puisque ce n’est pas évident (j’ai donc écris trop vite) que ça fait suite au commentaire précédant à propos du voyage à vélo et du tourisme de masse et que je ne critiquais pas Chalot (le « monsieur », c’est pour éviter une familiarité mal placée lorsqu’on ne connait pas la personne et non un trait de cynisme)

                ... je disais juste (en connaissance de cause) que pour faire son voyage, il n’avait heureusement pas suivi les conseils du « voyageur de l’insolite » dont vous faites la promotion juste avant la photo justement.

                J’ai été ironique mais c’était trop facile (et je ne peux jamais m’en empêcher, faut pas m’en vouloir, c’est pire qu’un toc d’après la psychanalyse dont vous êtes friand). 

                Bref, il faut lire tous les mots avant de s’emporter, peut être regarder aussi le contenu des liens de son article, au moins l’en-tête :

                 « Nous vous avons présenté Darmon Richter, explorateur urbain, photographe et grand voyageur de l’insolite »

                je parlais bien de ce « grand voyageur de l’insolite » là !

                Je suis certainement blasée mais j’ai de bonnes raisons. Mon premier achat dès mes 18 ans : une roulotte à retaper et non une auto (le second : une moto). Après du temps en famille à pied, à cheval (4 à la maison, ne reste maintenant qu’un de cette belle époque, les autres devenus trop vieux sont partis malheureusement au paradis des chevaux), à vélo seule avec ma soeur et mon premier enfant dans une carriole (qu’il avait fallu fabriquer, ce n’était pas en vente - et beaucoup de frayeur pour lui avec les camions), à moto non (à part l’un de mes enfants depuis peu, il n’y a que moi avec l’ancien A3) et surtout... des années et des années de vie sur un voilier avec trois enfants ... Et un nouveau départ prévu (5 ans de préparation au lieu des 3 planifiés initialement) pour faire découvrir le monde au quatrième qui n’a rien connu de tout ça... Tiens au fait, celui-là connaît quand même l’Amazonie et à l’âge de 8 ans, a su ce que c’était que d’aller à pied à plus de 5000 m et sans tourisme de masse, pour juste une promenade de santé (d’autres en font tout un tintouin et s’habillent de pied en cape chez Décat tandis que certains font la même chose sans godasses ni bâton, je pense là à certaines communautés). Et j’ai pris une seule fois l’avion (un aller/retour quand même et longue distance) dans ma vie ! 

                Je crois que je peux me permettre d’être un peu critique non ? Tout comme de nombreux amis qui ont le même parcours sans en faire un fromage ! 

                Je n’encourage pas pour autant à rester chez soi car l’adage : « les voyages forment la jeunesse » est lui, d’excellent conseil pour peu qu’on ait les yeux ouverts. Je dis juste que l’époque aidant, aujourd’hui plus qu’avant : un couillon chez soi, c’est souvent un couillon chez les autres (pas plus). Et les jeunes ne sont pas épargnés... je dirai même que beaucoup voyagent comme des vieux... même en sac à dos. Certes, c’est un avis personnel et non consensuel mais c’est un retour d’expérience.

                Résumé : connaissant parfaitement mon sujet même si je n’écris pas là-dessus, ce n’est pas par arrogance que je ne m’intéresse pas aux sites de voyageurs (même ceux des copains), c’est juste que c’est du déjà vu pour ne pas dire du vrai marketing qui m’ennuie. Ce qui m’attire dans le voyage, c’est tout ce qui n’est pas dans les blogs et sites divers en fait. 

                D’autre part, je trouve que tout cela est très relatif au vu des vrais défis vécus au quotidien par beaucoup... j’ose le dire ! 

                Puisque il s’agit ici de réflexions des uns et des autres, je n’ai fait qu’apporter la mienne, elle dérange (une habitude) mais « quand je repartira, le vent soufflera » et « je n’en parlera pas ». Cela ne m’empêchera pas d’apprécier les messieurs et mesdames Chalot de par le monde (vous vous êtes mépris) lorsque « j’en rencontrera » et je leur dis : « à l’année prochaine si tout va bien ! » ... en touchant du bois.


                D’ici là, je vais encore rugir sur Agoravox de temps en temps... j’adore quand on fait appel à la psychanalyse pour ne pas dire simplement que quelqu’un vous agace (ce qui est votre droit, moi aussi certains me tapent sur les nerfs, c’est humain) ; c’est une pratique dont on a abusé au bon temps du goulag et un usage que l’on retrouve sur les forums de tous pays. On nous veut tellement policés que la contradiction est une agression en soi et s’en trouve médicalisée... Mais heureusement que vous êtes « cordial » dans votre formule de politesse... ça change tout, on se croirait à la Fnac.

                En attendant, je m’en veux d’être aussi caustique que la soude mais je ris de quelqu’un qui trouve excitante l’expérience d’avoir dormi sans tente. Si c’est un voyageur de l’insolite en 2014, que dire de celui qui mangera avec les doigts en 2015 ? 

                Quant à la violence dans un couple que vous évoquez, puisqu’on fait dans le divan, ne serait-ce pas un transfert ? 

                La séance est gratuite, je ne fais rien payer : 
                Si l’on reprend le registre des conseils de l’article, au contraire, il ne faut jamais s’arrêter de parler même si c’est en criant, la vraie violence c’est quand on devient silencieux, là c’est fichu ! Dans le mien, ça va très bien merci ! Au vu de mes aptitudes à rugir, on ne s’ennuie jamais... ça fait du spectacle pour les voisins !

                Ne le prenez pas mal, il n’y a pas de caméra mais je suis souriante... j’ai passé un agréable moment à vous lire.


                • Mike@VDN Mike@VDN 14 décembre 2014 01:20
                  Madame,

                  Je n’ai pas fait « l’effort de [vous psychanalyser] » ni « fait appel à LA psychanalyse » ; j’ai seulement cité un passage d’un livre d’un psychiatre et psychologue, qui s’applique assez à ce singulier phénomène si souvent vu d’une agressivité gratuite dans les commentaires ou sur l’Internet en général. Quant à me faire le coup du « ça rappelle les heures les plus sombres » et tout ça, por favor, à d’autres. Cela n’a rien d’un appel à être « policé », bien au contraire, mais d’un agacement à lire si souvent des gens qui, lisant une opinion contraire à la leur, semblent incapables de concevoir l’altérité (et pourtant si enclins à la agiter le mot « tolérance »), donc s’agacent comme si on leur pinçait la couenne. L’Internet, en particulier, qui virtualise l’Autre, qui facilite la dissolution de l’Autre dans l’abstraction parce qu’il n’y a pas de face à face où assumer la confrontation à autrui, est singulièrement propice à ce type d’énervements sots qui finissent presque immanquablement par des insultes et des points Godwin. Cette incapacité à tenir compte d’arguments d’autres personnes sans en venir immédiatement à l’ironie, aux procédés de ridiculisation, me paraît assez abject. Cela n’a rien à voir avec un appel à la pureté, au goulag ou au policé. 

                  Le « voyageur de l’insolite » Darmon Richter n’a pas fait un appel à l’imprudence irréfléchie, mais invite à sortir de la zone de confort, ce qui me semble être le cas de Virgile et une juste résolution pour le voyage et dans la vie en général.

                  Quant au reste, je crois que nous sommes à coup sûr bien plus en accord qu’en désaccord ; une fois de plus, le ton que j’ai cru cassant à l’écrit a conduit à un malentendu. Votre réflexion ne dérange pas ; si vous me lisiez, vous verriez que j’ai moi aussi la dent dure à l’égard des touristes et « voyageurs ».

                  « En attendant, je m’en veux d’être aussi caustique que la soude mais je ris de quelqu’un qui trouve excitante l’expérience d’avoir dormi sans tente. Si c’est un voyageur de l’insolite en 2014, que dire de celui qui mangera avec les doigts en 2015 ? »
                  Déformer le propos de son interlocuteur est un procédé comique pour se rehausser et se montrer le plus malin. Je n’ai pas écrit ce que vous m’attribuez.

                  « Quant à la violence dans un couple que vous évoquez, puisqu’on fait dans le divan, ne serait-ce pas un transfert ? »
                  Relisez l’extrait que je vous ai copié : l’auteur faisait une comparaison. Là encore, vous mésanalysez. Cela vous donne peut-être le sentiment d’être plus intelligente.

                  Pour le reste, je laisse pisser. Je me suis déjà trop attardé.

                  Bonne continuation.

                  M.


                • Corinne Colas Corinne Colas 14 décembre 2014 14:48

                  Vous parlez d’« argument » mais très clairement encore, vous faites une leçon moralisatrice sur la forme afin de discréditer le fond.


                  Il y a le chemin facile dans le voyage : le billet d’avion, l’agence de voyage, le train etc. Il y a le chemin difficile (relatif). Ce n’est que le difficile qui vous fait progresser. Au final, celui-ci n’est donc qu’une expérience très personnelle de dépassement de soi, un « égoïsme » assumé mais s’il s’efforce de ne pas nuire aux autres, il n’y a rien à redire. A l’heure de l’ordi et du congélateur sur les voiliers, une panne et un peu de mauvais temps remettent régulièrement les pendules à l’heure. Celui qui chemine à pied ou à vélo ou à cheval, le vit différemment à chaque km mais le résultat est le même. Et selon les lieux traversés, mieux vaut avoir un pétard dans la poche car un monde qui a faim, est un monde dangereux !

                  On peut ensuite raconter simplement ce parcours sur un blog, voire exposer ce qui a changé en nous grâce à ce voyage mais en prenant soin de ne pas se croire investi d’une mission conseil à l’adresse de ceux qui rêvent de partir. Nous sommes nombreux sur terre, il y a de plus en plus de gens qui circulent, qui le racontent sur des sites, et on trouve le pire et le meilleur.


                  Vu qu’il y a des millions de gens dans la rue par obligation et sachant que le premier des conseils du site est d’ »arrêter de penser en touriste », je n’ai pas besoin de déformer les propos de « mon interlocuteur » (en réalité un blog), toute personne sensée (et avec un cœur) ressent immédiatement l’immaturité, l’inconscience voire le gros égoïsme sous-jacent sous prétexte d’un refus des préjugés et d’invite à sortir des sentiers battus :

                  « N’ayez pas peur de dormir dehors non plus. Les SDF le font tout le temps ! Mon approche du voyage et de la sécurité humaine en général s’appuie sur l’hypothèse que nous sommes tous essentiellement semblables. En deçà des détails superficiels, vous verrez que chacun de nous n’est qu’un autre animal humain sorti du même moule. Si je vois quelqu’un dormir sous un porche d’entrée, je vois aussi bien une invitation à en faire autant qu’un potentiel copain. »

                   

                  « j’ai trouvé un vieux matelas derrière une benne et nous avons campé dehors pour une nuit dans un bâtiment de béton inachevé. Cette expérience de camping, imprévue, s’est avéré la chose la plus excitante (et la plus belle célébration de la vie) qui nous soit arrivé durant tout notre road trip. »

                   

                  On a les aventures qu’on peut ! 

                  J’ai été charitable en ne pointant que le côté ridicule car on ne peut en vouloir aux « innocents » du système. Les SDF sont nos potes, ce sont des humains comme nous, vivons comme eux le temps des vacances, ce sera une expérience excitante. Ne manquent plus qu’une émission télé et un club Med chez les exclus pour que le « tourisme alternatif » prenne ses marques de noblesse.

                   

                  En voyage, c’est banal de dormir à la belle étoile (voire de ne pas pouvoir dormir du tout pour surveiller ses arrières) mais même sous un porche, sur une plage, en forêt, dans un parking ou ailleurs pourtant je ne pense pas faire la même chose qu’un SDF malgré les apparences. Ce serait un affront envers lui !

                   

                  Vous direz encore qu’il n’y a pas que ça dans l’article. C’est vrai mais je ne vais pas faire une thèse dessus. Surtout qu’au sein d’un discours convenu (vivez comme les locaux etc.) qu’il est normal d’approuver, le segment de marché est celui-ci :

                  « Ou peut-être serez-vous intéressé à voir d’un pays ce qui n’est normalement pas exposé aux visiteurs étrangers : les scandales, les controverses ou les sites d’événements tragiques, que nombre d’opérateurs touristiques préfèrent cacher sous le tapis. Pour d’autres encore, cela peut impliquer de pénétrer des zones dont l’accès est interdit, des bâtiments abandonnés ou une infrastructure urbaine en zone interdite. »

                   

                  On a tout vu, on a tout fait et après ça plus haut, je ne vois rien d’autre que les morgues à visiter ensuite…

                   

                  Et je n’aurai aucune peine à vous le dire non virtuellement sur ce ton qui vous déplaît car le sujet ne porte pas sur les enfants morts de Palestine (quoique cela peut devenir un « site d’événements tragiques ») et à aucun moment, je ne vous ai insulté. Je n’ai pas non plus été vulgaire comme vous. Je vous laisse bien volontiers pisser sur vos chaussures... Chacun a ses limites, vous avez les vôtres… et ne chercherai pas à vous expliquer la différence entre l’humour et l’agressivité gratuite. Dans la vraie vie, je ne pense pas que vous pourriez me regarder en face tout en faisant un laïus sur l’abjection de mes « procédés » accompagné de considérations oiseuses sur mon intelligence.

                   

                  Vous avez écrit un article, je vous ai répondu, la réponse ne vous a pas plu. Faut faire avec ! 


                  (c’est valable pour moi aussi ainsi que pour tous les contributeurs d’Agoravox qui se confrontent à des opinions différentes... Vous n’y voyez que du négatif, je constate un grand souci d’échange - la qualité c’est autre chose- même chez ceux qui nous énervent ou que l’on énerve... C’est le principal. N’invoquez plus la psychanalyse, les psys sont les premiers à faire à ce qu’ils dénoncent)

                  • Mike@VDN Mike@VDN 14 décembre 2014 18:11

                    Bonjour, 
                    Je ne vous donne pas tort pour ce que vous dites sur les SDF et le fait que vous pointiez ces propos en particulier de Darmon Richter. Je n’ai pas voulu les retirer : ce sont ses propos et les enlever aurait retiré une partie de l’opinion qu’il expose. Mais je vous donne raison. L’un dans l’autre, le mec voyage vraiment pas avec des masses de thunes, mais très modestement. Cela n’enlève pas qu’il a, à la différence des SDF subissant une situation, le choix de son hébergement et la possibilité quand il rentre de dormir au chaud. 

                    Concernant le Club Med du « tourisme alternatif », ça existe déjà. Un exemple : http://www.philomag.com/lepoque/breves/de-faux-bidonvilles-pour-touristes-de-luxe-8616

                    Je trouve néanmoins intéressante la démarche de Darmon pour le fait qu’elle est fondée dans la curiosité pour ce qui n’est pas touristique, mais qui raconte une histoire : villes abandonnées, lieux de traumatismes de l’histoire, etc. Son travail, sur le blog, relève davantage de la coquetterie de raconter ses voyages « so different », mais souvent de reportages que je trouve intéressants et qui disent beaucoup sur la démesure humaine, les épouvantables effets des idéologies et de la mégalomanie : c’est une manière de voyager qui me semble plus curieuse et enrichissante que celle de celui qui prend l’avion pour rester 2 semaines dans la zone hôtelière de Cancun ou à Djerba. Il voyage souvent à peu de frais, va dans des endroits qui n’intéressent personne, interroge, photographie, etc. Je comprends votre réaction ; je vois le verre à moitié plein plutôt qu’à moitié vide, mais vos critiques sont fondées.

                    Concernant la psychanalyse, ce n’est qu’un angle du traitement du problème. Le sociologue étasunien Christopher Lasch avait traité la question du narcissisme de masse et de ses diverses formulations ; Jean-Claude Michéa évoque aussi çà et là la question : ce n’est pas un fait psychologique mais un fait anthropologique que l’incapacité à se relier à un sens collectif, que la privatisation du sens, que l’incapacité croissante à prendre autrui en compte. Permettez que je remette la pendule à l’heure : je ne vous désigne pas en personne, je désigne un fait constaté mille fois et que vous-même avez sans doute déjà observé. Et il me semble assez clair que de tout cela nous parlerions bien calmement en vis-à-vis ; la neutralité de l’écrit autorise favorise des réactions qui n’auraient pas lieu dans une conversation ordinaire. 

                    Sur ce, je pense que nous avons fait le tour de la question.

                    Merci pour vos commentaires, car au-delà des affaires de ton perçu et d’humour pas perçu, ce que réglerait n’importe quelle conversation dans le monde réel en 3D ; je vous souhaite bonne continuation. 

                    Mikaël

                    PS - Je vous envoie tout de même un article qui vous éclairera un peu sur mon opinion, loin d’être très favorable au tourisme en général : Voy(ag)eurs à la recherche de l’authentique perdu.


                  • Mike@VDN Mike@VDN 14 décembre 2014 18:14

                    Erratum : « Son travail, sur le blog, relèvedavantage que de la coquetterie à raconter ses voyages « so different » », d’une démarche de reportages que je trouve intéressants et qui disent beaucoup", etc.

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