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Nouvelles enquêtes participatives sur Agoravox

Agoravox lance une nouvelle forme d’enquêtes journalistiques indépendantes. Dirigées par un journaliste professionnel, ces enquêtes seront complétées, modulées et enrichies par les internautes.

La spécificité d’Agoravox par rapport aux médias en général, mais aussi par rapport à d’autres sites participatifs, c’est de placer le citoyen au cœur du dispositif d’information.

Cela ne nous empêche pas, le cas échéant, de travailler en collaboration avec des experts ou des journalistes indépendants pour pousser plus loin certaines enquêtes nécessitant des vérifications. Mais le cœur du dispositif demeure le citoyen.

L’intérêt de la collaboration entre Agoravox et un journaliste professionnel réside dans la grande complémentarité des deux démarches. Réactivité du terrain, indépendance vis-à-vis des pouvoirs politiques et économiques, temps illimité, tels sont nos trois atouts essentiels par rapport à la “grande presse” traditionnelle, qui doit compter avec la pression publicitaire et que l’on soupçonne souvent d’être trop proche des pouvoirs institutionnels.

La première enquête va toucher les vaccinations et sera coordonnée par un rédacteur d’Agoravox, Jean-Luc Martin-Lagardette, journaliste professionnel, professeur de journalisme et essayiste. Elle sera lancée cette semaine sur le site.


Des faits, pas des opinions

Le point fort de la démarche, outre sa garantie d’indépendance, est qu’elle devrait susciter une participation des internautes non plus sous la forme d’opinions, mais d’informations. Nous vous invitons à donner des renseignements précis, circonstanciés, si possible complets. Ou à nous suggérer des pistes de recherche.

Un fait brut consiste à répondre à ces questions : qui ? quoi ? où ? quand ? comment ? pourquoi ?

Il ne s’agit donc pas de livrer une opinion, mais bien d’apporter des éléments factuels. Par exemple, vous n’irez pas simplement protester ou dénoncer telle attitude de telle personne ou de telle action. Vous expliquerez précisément qui a fait quoi, où et quand, en apportant au journaliste les moyens de vérifier ce que vous affirmez. Ou de moins en lui indiquant où il peut se renseigner pour vérifier vos dires. Vous donnerez les références des textes et des paroles que vous citez, etc.

En pratique

Le schéma est simple :

1) Le journaliste publie sur le site un premier article sur un thème précis, présentant la problématique et les interrogations.

Ce thème est choisi par le comité d’Agoravox à partir de ses propres perspectives ou à partir de thèmes que vous avez vous-mêmes proposés par ailleurs. Les sujets les plus demandés sont traités en priorité.

2) Vous réagissez en signalant au journaliste des faits bruts (et non des articles rédigés ni des simples opinions) pour compléter, préciser, corriger ou contredire cet article.

Vous avez le choix entre :

- publier un post signé de votre nom ou de votre pseudo (votre signature est alors visible sur le site)

- envoyer votre texte par mail au journaliste. Ce post sera invisible sur le site. Le journaliste, s’il ne cite pas votre nom (à votre demande), connaît cependant forcément votre identité (pour tout vérifier avant publication). Il garantit la protection de ses sources tant vis-à-vis du public que du pouvoir judiciaire. C’est-à-dire qu’il s’engage à ne pas révéler le nom de ses sources d’information. Le secret des sources du journaliste est un droit reconnu par le Cour de justice européenne et le droit français.

3) Au vu de vos contributions (visibles ou non sur le site), le journaliste approfondit son enquête. Il vérifie les données recueillies, les complète, demande des précisions aux acteurs compétents, etc.

A la fin, il rédige une synthèse complète qui contient à la fois les apports des internautes et le résultat de ses propres recherches. Le texte final est publié sur le site.


Objectifs

Sur Agoravox, on commente beaucoup l’actualité, avec des éclairages souvent originaux, mais on observe plus rarement un véritable travail d’enquête (même si parfois certains rédacteurs essayent de s’en rapprocher). Il n’y a pas suffisamment d’articles qui apportent des news inédites et de véritables investigations.

Pour cette raison, par le passé nous avions déjà décidé de lancer sur Agoravox une plate-forme de wiki pour mener des enquêtes collectives en faisant collaborer plusieurs rédacteurs entre eux.

La procédure sera simplifiée par rapport aux wiki enquêtes, jugées un peu trop complexes d’utilisation, mais on aura toujours les citoyens au cœur du dispositif de recueil de l’information avec un journaliste d’investigation pour vérifier.

Cette approche, même si elle n’est pas du tout militante, peut évoquer la démarche des enquêtes citoyennes de Ralph Nader que j’ai récemment décrite dans un article :

« Nader appelle à lui à de jeunes diplômés, les "Nader’s Raiders" [littéralement ceux qui mènent des raids, des incursions] qui enquêtent dans tous les secteurs sur les abus de la consommation, et organisent plusieurs groupes qui deviennent des lobbies de défense du consommateur et du citoyen - contre le patronage, le pantouflage, le pouvoir de l’argent en politique et la corruption. Les attaques de Nader se concentrent ensuite sur l’industrie bancaire, l’assurance, l’énergie nucléaire, etc. (...) Le travail des raiders permit ainsi de publier un nombre important de rapports polémiques très riches. »

En conclusion, comme j’ai déjà eu l’occasion de le rappeler, notre but est de faire cohabiter la forme traditionnelle de journalisme citoyen que nous avons développée jusqu’ici avec une nouvelle forme de journalisme d’investigation « open-source » ou participatif.



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    Par Marie Pierre (xxx.xxx.xxx.138) 24 juillet 2007 13:59

    Bonjour Carlo,

    Dans votre article, vous parlez du temps illimité, que ne peut se permettre la presse quotidienne classique. Il y a un bon moment que nous réclamons la lisibilité des articles de fond que certains rédacteurs ont écrit. Or, ils ne sont que très difficilement accessibles.

    Je pense aux articles sur les OGM, sur les conséquences des carburants végétaux, et il y en a d’autres, dont le principe était justement d’argumenter, par des liens, toutes les connaissances des commentateurs.

    Pour en revenir à votre proposition, si je comprends bien, ce ne sont pas les internautes qui suggèrent un thème, mais l’équipe en place. Nous nous contentons de compléter l’article par nos commentaires argumentés. Et si nous désirons vous suggérer un thème ? Est-ce possible ? Faut-il avoir un nombre de signatures ? Car nous risquons de tomber dans une structure pyramidale qui fait de nous de simples lecteurs légèrement actifs.

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    Par Gasty (xxx.xxx.xxx.137) 24 juillet 2007 17:29
    Gasty

    Petite rectification à :

    Je connais bien ça, car essayez de mettre des artistes ensemble et vous verrez les susceptibilités s’exacerber.

    Il faut lire :

    Je connais bien ça, car essayez de me mettre d’autres artistes à côté de moi et vous verrez ma susceptibilité s’exacerber.

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    Par Fuchinran (xxx.xxx.xxx.27) 24 juillet 2007 14:41
    Fuchinran

    Ne crois-tu pas que c’est déjà un peu ce qui se passe ? Des concepteurs définissent un modèle, des outils, des fonctionnalités avec des objectifs. Les outils sont mis à la dispositions des internautes avec des usages théoriques assez clairs, mais ils sont toujours détournés, car l’appropriation même du territoire par les internautes, à travers leurs usages, passe par l’adhésion à des normes déjà en vigeur et l’évolution vers de nouvelles normes. En même temps, il faut dans toute communauté (grand public, même avec un haut potentiel culturel, intellectuel, socio-professionnel), une dimension agonistique. Qu’est-ce à dire ? Il s’agit de voir comme les outils permettent la mise en place d’enjeux de pouvoir, d’influence, de reconnaissance... ce qui débouche aussi sur des conflits. Ils sont essentiellement révélés par les piliers - supposés, autoinvestis ou réels -, les trolls, les perturbateurs voire les indésirables ; ce sont des personnages qui définissent le paysage communautaire : au milieu évoluent les usagers transitoires ou les suiveurs, qui préfèrent observer et éventuellement contribuer ou réagir de temps en temps sans prendre pour autant part aux définitions de la vie du site.

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    Par valentin1979 (xxx.xxx.xxx.167) 24 juillet 2007 15:00

    Bonjour,

    Moi ce que j’ai compris, c’est que l’internaute n’est pas un journaliste. C’est, je pense, l’attaque du Monde envers les "de pseudos médias alimentés par de pseudo-journalistes" ( http://www.lemonde.fr/web/article/0... ) qui, je pense, a donné envie aux dirigeants d’AgoraVox d’apporter une caution à la démarche du site en mettant en place une action basée autour d’un journaliste, pas "pseudo".

    Si les internautes peuvent participer à la remontée d’informations, permettant au journaliste d’avoir un panorama des plus complets sur un thème précis, cela met en place les meilleures conditions pour aborder un thème.

    Ce sera au journaliste en charge du dossier/de l’article de réaliser (ou non) un bon travail à partir de ces informations.

    Je pense que cela peut-etre intéressant, parce chacun peut avoir ses petites sources, ses vécus personnels, ses magazines à diffusion limitée, etc. Les journalistes qui ont une démarche dégagée de pressions commerciales (annonceurs de publicités, lignes de la rédaction par exemple, mais je reconnais ne pas être expert de ce domaine) peuvent parfois ne pas avoir accès à de telles sources presque clandestines, voilà pourquoi la contribution des internautes peut être utile.

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